28 novembre 2006

Entretiens avec Jonas Mekas

Lors de trois entretiens récents, le cinéaste Jonas Mekas revient sur son parcours à New York comme sur le Journal filmé, la Lituanie, la nature, la critique de cinéma, Soho, Fluxus, les imperfections techniques, le montage, Warhol, Dali ou la famille Kennedy. Il y évoque également les tableaux de films qui marquent son apparition dans le circuit artistique international. Jonas Mekas, poète, précise : « c’est par hasard que les meilleures choses sont arrivées dans ma vie. ». A lire dans « Entretiens avec Jonas Mekas », par Jérôme Sans, Morgan Boëdec et Léa Gauthier (Cahier n°24 de Paris Expérimental, novembre 2006, 40 p.).
http://www.paris-experimental.asso.fr/
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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26 novembre 2006

Se venger de son passé sur Moscou ?

Qu’est-ce qui pousse la Pologne, soutenu en cela par la Lituanie, à bloquer le mandat de la Commission européenne pour ouvrir des négociations avec la Russie sur un nouvel accord de base ? Selon Alexander Rahr (photo), le spécialiste de la Russie à la Société allemande de politique étrangère (DGAP), "la raison principale de la démarche de Varsovie est le désir des Polonais de faire connaître à l’Union européenne leur attitude envers la Russie". Le plus grand risque est que, si l’accord de coopération et de partenariat n’est pas reconduit, l’UE et la Russie vont être obligées de le réécrire. Cela signifie que chaque pays de l’UE devra le faire ratifier par son parlement et ce processus pourrait durer des années. Depuis le dernier élargissement, les pays de l’Union européenne divergent de plus en plus fréquemment sur le facteur Russie. Les vieux membres de l’UE, à savoir l’Allemagne et la France, préconisent une approche stratégique des relations avec la Russie. Mais, selon A. Rahr, certains nouveaux membres, qui ont eu des relations particulières avec elle par le passé, ont apporté dans l’Union leurs "vieux démons", des souvenirs et plaies encore ouvertes de l’époque soviétique, voire de celle de l’Empire russe du XIXe siècle, ainsi que leurs problèmes intérieurs, et cherchent maintenant à se venger de leur passé sur Moscou. Certains Etats est-européens se fixent pour objectif principal d’isoler la Russie, de la pousser plus loin à l’est, dans les bras de la Chine, de renoncer à la coopération russo-européenne. La Pologne veut à présent renoncer à l’alliance énergétique. Varsovie estime que l’Union européenne peut stopper la construction du gazoduc de la Baltique sur lequel se sont entendues la Russie et l’Allemagne. Pourtant, la Russie, elle, bâtit une politique suffisamment judicieuse et avantageuse à l’égard de l’Union européenne. L’effet du blocage polonais est que Vladimir Poutine parle désormais moins avec l’ensemble de l’UE et mène un dialogue bilatéral avec les pays qui sont prêts à accepter la coopération la plus étroite avec la Russie : l’Allemagne, la France, l’Italie, la République Tchèque et la Hongrie. Pour pérenniser le succès acquis, le président russe pourrait proposer sa coopération aux républiques baltes. Et se déplacer dans ces pays au moins une fois afin de renforcer les positions russes et obtenir davantage de confiance. Selon Vladimir Tchijov, représentant permanent de la Russie auprès de l’UE, "c’est une tentative de chantage, mais pas contre la Russie. Contre les autres membres de l’Union européenne. Nous ne voyons aucune raison de prendre des contre-mesures. C’est à l’Union européenne de statuer sur la décision de l’un ou de l’autre de ses membres".
http://www.dgap.org/fi/mitarbeiter/rahr.html

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24 novembre 2006

Kestutis Grigaliunas à St-Art

Du 24 au 27 novembre 2006 se tient à Strasbourg la 11e édition de la foire européenne d’art contemporain St’Art. L’objectif de St’Art est d’accueillir des galeries de grande renommée pour présenter les principaux courants de l’art contemporain de ces cinquante dernières années et de plus jeunes galeries qui font la promotion d’artistes émergeants. L’artiste lituanien Kęstutis Grigaliūnas y est présent sur le stand "Carte blanche à …" de la Municipalité de Strasbourg, un des partenaires culturels de St’Art. Ce stand dédié cette année aux projets réalisés par les dix-huit artistes qui ont été en résidence à Strasbourg récemment, comme Kęstutis Grigaliūnas. D’octobre 2005 à janvier 2006, Grigaliunas a en effet résidé à Strasbourg où il a pu expérimenter de nouvelles formes d’expression plastique. Plusieurs toiles composées durant cette période par Grigaliunas sont exposées à St'Art (l'acrylique ici représentée s'intitule Place Kléber à Strasbourg).
http://www.st-art.fr/
http://www.club-strasbourg.eu/
http://www.cahiers-lituaniens.org/artistes/grigaliunas.htm

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20 novembre 2006

Marcelijus Martinaitis, le poète lituanien le plus traduit en français

Marcelijus Martinaitis est l'un des poètes les plus populaires de Lituanie, grâce notamment aux Ballades de Koukoutis dont beaucoup ont été mises en musique. Pour Ugnė Karvelis, "ces Ballades sont des sortes de comptines où s’expriment avec humour et tendresse la façon d’être, la maladresse, les rêves, les espoirs, les déconvenues et les travers d’un brave paysan enraciné dans sa réalité locale, face aux phénomènes d’un monde en mutation." Il s'agit d'une critique très implicite du régime soviétique. Né à Paserbentis dans le district de Raseiniai il y a 70 ans, en avril 1936, Marcelijus Martinaitis était professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Vilnius quand il prit une part active dans Sajūdis, le mouvement qui a mené au rétablissement de l’indépendance lituanienne en 1990. Il a publié plusieurs volumes d’essais, une douzaine de recueils de poésie et de nombreuses traductions. En France, près de huit publications lui ont été consacrées, en partie ou entièrement, tel que le recueil de poèmes Passerelle de nuages (Éditions Parole d'Aube, Vénissieux, 1997).
http://lt.wikipedia.org/wiki/Marcelijus_Martinaitis
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf

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19 novembre 2006

Colloque : l’URSS, un paradis perdu ?

Du 15 au 17 novembre 2006, l’université Paris-Sorbonne a accueilli un colloque international intitulé « L’URSS, un paradis perdu ? ». Organisé par le professeur Francis Conte, il a réuni des universitaires de diverses spécialités venus de plusieurs centres français, mais aussi de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de Suisse, de Russie et de Bulgarie pour se pencher sur l’image utopique voire paradisiaque de l’URSS et la confronter au vécu quotidien, mais aussi sur la lecture du passé récent en Russie postsoviétique et la vision que l’on pouvait en avoir du "paradis" de l’extérieur. Le colloque a, semble-t-il, suscité un vif succès auprès du public universitaire français. On peut cependant être étonné d’un tel intitulé quand on connaît le nombre effrayant de victimes qu’a causé cette idéologie totalitaire ainsi que son effet régressif sur toute la moitié orientale et baltique de l’Europe.
http://www.paris4.sorbonne.fr/fr/
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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16 novembre 2006

Elvyra Katalina expose à Strasbourg

Du 15 novembre au 24 décembre 2006, Elvyra Katalina Kriaučiūnaitė expose à la Galerie Nord-Est à Strasbourg. Née en 1942 à Buenos Aires, elle est diplômée de l’Académie des arts de Vilnius où elle travaille depuis 40 ans. Elvyra Katalina crée ses gravures à partir de papiers qu’elle fabrique, véritables œuvres d’art eux-mêmes, sur lesquels elle intègre ses créations, maniant différentes techniques avec une grande aisance. Mais quand l’artiste lituanienne utilise le papier standard, elle le transforme en y imprimant des reliefs. La force de ses œuvres prend ainsi source dans la fusion totale entre le papier et sa haute maîtrise graphique. Son univers de couleurs donne l'impression qu'il se limite au jaune et au brun. Parfois des couleurs éloignées telles que le bleu, le vert ou le rose y apparaissent, tout en s'y fondant naturellement. A chaque édition des gravures, les reliefs et les couleurs changent, les collages s'ajoutent, ce qui fait de chacune d'elles une pièce unique. C'est la seconde fois qu'Elvyra Katalina Kriaučiūnaitė expose à Strasbourg. [Galerie Nord-Est, 18 rue Division Leclerc, ouvert du lundi au samedi, 13h - 19h30]
nordest@infonie.fr
http://www.culture.lt/ArtDB/Elvyra.htm
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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14 novembre 2006

Humour : une Victoire lituanienne qui inspire !

Lors d'un Sommet européen ce printemps à Strasbourg, un aparté entre le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, alors président du Conseil de l'Union européenne, et le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker n’était pas passé inaperçu (cf. photo). En effet, au détour d'un couloir du Palais de l'Europe, leur entretien semblait très inspiré. Si le contenu de ce conciliabule n'a semble-t-il pas été révélé, la source de leur inspiration a pu, quant à elle, être identifiée : il s’agit de la statue Niké réalisée par le sculpteur lituanien Petras Mazūras et que l’on distingue très nettement derrière les deux hommes. Elle avait été offerte en 1999 par le gouvernement de Lituanie au Conseil de l'Europe. Souhaitons-lui d’inspirer encore beaucoup de grands de ce monde, l'intégration européenne restant une tâche ardue mais combien exaltante !
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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11 novembre 2006

Plus de 70 poètes et écrivains lituaniens traduits à ce jour en français

Après l’allemand, l’anglais, le russe, le polonais et le letton, c’est vers le français que les œuvres littéraires lituaniennes sont le plus fréquemment traduites. A ce jour, ce sont ainsi plus de 70 poètes et écrivains lituaniens dont les œuvres ont été traduites dans la langue de Molière, comme le recense la revue Cahiers Lituaniens sur son site web (cf. le lien ci-dessous). La plus grande partie concerne la poésie, presque toujours publiée dans des revues spécialisées (Poésie, Europe, etc.). Puis viennent les nouvelles, le plus souvent éditées dans des anthologies à l’occasion d’évènements littéraires (Les Boréales de Caen, par exemple). Viennent enfin quelques rares romans, la plupart datant de l’époque soviétique. L’auteur lituanien le plus traduit est Marcelijus Martinaitis, suivi "d’anciens" tels que Maironis et Salomėja Nėris, de "modernes" comme Justinas Marcinkevičius et Judita Vaičiūnaitė, de "contemporains" tels que Marius Ivaškevičius, Jurga Ivanauskaitė et Vladas Braziūnas, ou d’"émigrés" tels que Jonas Mekas et Icchokas Meras. Les deux tiers des traductions ont été publiées durant les quinze dernières années, notamment avec le soutien de l’agence Lietuviškos knygos et popularisées par la revue anglophone Vilnius Review. A noter le cas particulier d'Oscar Milosz, poète originaire de la Lituanie historique mais ayant écrit en français.
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf
http://www.booksfromlithuania.lt/
http://test.svs.lt/?Vilnius

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08 novembre 2006

George Maciunas : il aurait 75 ans !

Né Jurgis Mačiūnas le 8 novembre 1931 à Kaunas, l'inventeur du célèbre mouvement artistique Fluxus était lituanien. En 1944, il quitte la Lituanie avec sa famille au moment de l'annexion soviétique pour s'installer d'abord en Allemagne, puis aux Etats-Unis. Après des études d'art à New York, il travaille comme designer puis ouvre une galerie d'art avec son compatriote Almus Šalčius en 1961, l'année où il anglicise son prénom. Le désormais George Maciunas fonde en 1962, à Wiesbaden en Allemagne, où il s'est réinstallé, son groupe Fluxus. Ce mouvement néo-dadaiste cherche à concilier art et quotidien. Sous le terme de Fluxus qu'il invente, Maciunas organise ainsi des événements d'art expérimental, associant différentes formes artistiques : musique avant-gardiste, parodies théâtrales, cinéma expérimental, voire gags gestuels. Il le fait avec d'autres artistes américains et européens, dont ses compatriotes Jonas Mekas et Leonas Letas. Maciunas initie des festivals Fluxus dans de nombreuses villes, en Europe, puis aux Etats-Unis. Il meurt prématurément de maladie en 1978.
http://en.wikipedia.org/wiki/George_Maciunas
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04 novembre 2006

Aleksandras, roi et grand-duc, de la mer Baltique à la mer Noire

Pour le 500e anniversaire de la mort du souverain Aleksandras (Alexandre 1er Jagellon), qui fut grand-duc de Lituanie de 1492 à 1506 et roi de Pologne de 1501 à 1506, le Musée national de Lituanie organise dans sa section des arts appliqués, du 6 juillet 2006 au 7 juillet 2007, une exposition qui lui est entièrement consacrée. Né au château royal du Wavel à Cracovie, fils de Kazimieras Jogailaitis (Casimir Jagellon) et d’Elisabeth d'Autriche, le souverain lituanien épousa Helena, la fille du grand-duc de Moscou Ivan III. Il régna sur un territoire qui s’étendait de la mer Baltique à la mer Noire, englobant la quasi totalité des actuelles Lituanie, Pologne et Biélorussie, une grande partie de la Lettonie (Livonie, Latgale) et de l’Ukraine (Galicie, Polésie, Volhynie, Podolie, région de Kiev), ainsi que des régions occidentales de la Russie (Smolensk, Briansk), pendant que son frère, Ladislas, régnait sur la Hongrie et la Bohême. Pour l'opinion publique aujourd'hui en Pologne et en Lituanie, l'énorme Etat ainsi constitué au XVIe siècle était harmonieusement multinational, multiculturel et fondait ses composantes dans un idéal civique de liberté, d'égalité et de tolérance. Or, pour les historiens, cette expansion territoriale et l'occidentalisation des terres ruthènes qu'elle entraîna causèrent beaucoup de drames et d'erreurs. Ainsi, pour Daniel Beauvois, professeur d'histoire à la Sorbonne et grand spécialiste de cette période, "ces valeurs de liberté et d'égalité n'étaient qu'une logomachie car elles ne concernaient qu'une petite oligarchie nobiliaire. Elles étouffaient la bourgeoisie et maintenaient toute la paysannerie dans le servage. Les conversions d'orthodoxes vers le catholicisme creusèrent vite un abîme entre le peuple paysan (90% de la population) et ses maîtres, vite assimilés à des Polonais". L'annexion à partir du XVIIe siècle par la Russie des terres ruthènes de la Pologne-Lituanie a certes amplifié la complexité de leur situation ethno-religieuse qui reste encore aujourd'hui explosive, notamment en Ukraine.
http://www.ldm.lt/TDM/Alexander_en.htm
http://www.diploweb.com/forum/ukraine06112.htm
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03 novembre 2006

Les ombres de la retraite de Russie à Vilnius

A lire absolument dans le prochain numéro des Cahiers Lituaniens (n°7, à paraître fin novembre), le témoignage de l’équipe française d’anthropologie biologique (UMR 6578 CNRS) de l’Université de la Méditerranée à Marseille, qui étudia sur place, sur un chantier dans la banlieue nord de Vilnius, les dépouilles découvertes en 2001 des soldats de la Grande Armée de Napoléon disparus au cours de la campagne de Russie de 1812.
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01 novembre 2006

Photographies de Romualdas Rakauskas : à l’abri du vent

Du 19 octobre au 14 novembre 2006 se tient à la photo-galerie de la rue Stiklių à Vilnius une exposition consacrée à Romualdas Rakauskas, intitulée „Užuovėja“ (A l’abri du vent). Né en 1941 à Akmenė, diplômé de journalisme de l’université de Vilnius en 1962, Romualdas Rakauskas travaille successivement comme photoreporter pour les journaux Literatūra ir menas (1961-1963), Mūsų gamta (1963-1967) et Nemunas (depuis 1967). Grand classique de la photographie lituanienne, Romualdas Rakauskas poursuit sa voie créatrice en respectant la tradition des vues romantiques, plaisantes et pleines de rêves. Il est membre de l’Union des artistes photographes de Lituanie depuis 1970.
http://www.photography.lt/
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