26 février 2007

Aleksandras Stulginskis, président de la République, prisonnier du Goulag

Le destin de Aleksandras Stulginskis (1885-1969), homme politique lituanien du XXe siècle, épouse celui, tragique, de son pays. Né un 26 février dans une famille nombreuse du village de Kutaliai, près de Raseiniai, il étudie au séminaire catholique de Samogitie à Kaunas, poursuit ses études à la faculté de philosophie théologique de l’université d’Innsbruck en Autriche. Renonçant à la prêtrise, il entreprend des études à l’institut agricole de l’université de Halle en Allemagne, qu’il achève en 1913. Rentré en Lituanie, il s’installe comme agronome près d’Alytus. Fin 1917, il participe à Vilnius à la création du parti démocrate-chrétien, qu’il présidera plus tard, et s’engage dans le mouvement indépendantiste lituanien. Il est élu à la Taryba et, le 16 février 1918, il cosigne l’Acte d’indépendance de la Lituanie. Opposé à la mise en place d’une monarchie, il participe à l’organisation de la défense du pays contre les agressions extérieures des Bolcheviks et des Polonais. De décembre 1918 à mars 1919, il est ministre en charge de l’organisation de l’armée nationale dans le gouvernement de Mykolas Sleževičius, puis occupe plusieurs portefeuilles ministériels dans celui de Pranas Dovydaitis. En 1919, Aleksandras Stulginskis fonde la Banque Economique (Ūkio bankas), puis préside l’Assemblée constituante. En 1922, il est élu Président de la République de Lituanie. En 1927, il se retire de la vie politique et s’occupe de son domaine de Jokūbavas dans le district de Kretinga. Jusqu’en 1941, il est membre du conseil des coopératives Lietūkis et Linas. Le 13 juin 1941, le pouvoir soviétique l’arrête avec son épouse comme «ennemi du peuple» et le déporte dans le camp de travail de Rechioty, près de Krasnoïarsk. En 1952, il est jugé et condamné à 25 ans de prison, mais est affecté comme ouvrier agricole en république autonome des Komis au nord de l’Oural, dans une exploitation sylvicole de Kvitkevoso, puis dans un kolkhoze de Pezmag. En 1956, dans le cadre de l’amnistie de Khrouchtchev, il peut renter avec son épouse en Lituanie où travaille jusqu’en 1959 dans une station horticole. Aleksandras Stulginskis meurt le 22 septembre 1969 à Kaunas.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aleksandras_Stulginskis
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24 février 2007

Le théâtre selon Oskaras Korsunovas

A l’occasion du Festival des Boréales de 2003, les Presses universitaires de Caen et le Centre régional des lettres de Basse-Normandie ont publié un petit recueil de textes comprenant un panorama du théâtre lituanien contemporain (1990-2002) ainsi que quatre entretiens avec un des grands metteurs en scène contemporains de Lituanie, Oskaras Koršunovas, et dix articles sur ses spectacles principalement rédigés par des critiques lituaniens. Textes rassemblés par Rasa Vasinauskaite et traduit du lituanien par Catherine Facérias. "Le théâtre d'Oskaras Korsunovas", 120 pages, 15 euros.
http://www.unicaen.fr/services/puc/

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20 février 2007

Jurga Ivanauskaite : une grande romancière disparaît !

La femme de lettres contemporaine la plus connue en Lituanie, Jurga Ivanauskaitė, vient de s’éteindre à l’âge de 45 ans, le 17 février, des suites d‘un sarcome osseux. Diplômée de l'Académie des beaux-arts de Vilnius, Jurga Ivanauskaite se fit connaître en 1985 par son recueil de nouvelles L'année des muguets, et surtout par La sorcière et la pluie, le roman qui avait provoqué une intense indignation auprès de ses compatriotes au moment de sa parution en 1993. Par son exploration de la passion sexuelle féminine, Jurga Ivanauskaitė était devenue la voix des jeunes gens rebelles et déçus. Au coeur de la controverse se trouve la scène dépeinte par l‘écrivaine d'un prêtre catholique en train de faire l'amour. Elle fut vécue en Lituanie comme une offense aux sensibilités morales et religieuses d'un pays à la forte tradition catholique, juste après la chute du régime totalitaire athéiste. La sorcière et la pluie a un point de départ contemporain mais fait également un bond en arrière de plusieurs centaines d‘années, car l'histoire est également racontée par une sorcière médiévale et par Marie-Madeleine. Les divers aspects et les zones d’ombre de la passion amoureuse et sexuelle sauvage, ensorceleuse et désastreuse d’une femme trouvent une intensité de persuasion exprimée dans un texte littéraire accompli et recouverte par la tournure dramatique des événements. Cette intensité, habilement enveloppée dans une forme littéraire impressionnante, permet de considérer La sorcière et la pluie comme son meilleur roman. Il a été traduit en plusieurs langues, mais malheureusement pas en français. Le 28 février devrait sortir en Lituanie son adaptation cinématographique par le metteur en scène Algimantas Puipa. Travaillant sans relâche, Jurga Ivanauskaite a publié de nombreux romans, réalisant elle-même les couvertures de ses livres. Elle était aussi très connue pour son soutien à la cause du Tibet où elle avait fait de nombreux et longs voyages à but spirituel. C‘est grâce à elle que le Dalaï Lama s‘est rendu deux fois en Lituanie. Frappée par la maladie depuis un an et demi, il lui a été donné de vivre un retour à la foi chrétienne. Elle a été enterrée ce jour au cimetière d’Antakalnis à Vilnius, sur la colline des écrivains.
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf

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18 février 2007

Suites Baltes : Ruta et Zbignevas Ibelhauptas

Ce dimanche 18 février débutent les "Suites Baltes", une série d'événements musicaux et cinématographiques permettant de présenter au public parisien des musiciens, compositeurs et artistes issus des rivages de la Baltique, des artistes encore méconnus en France et qui ne s'y produisent que très rarement. Le cycle commence sous le signe de la Lituanie avec le duo de pianistes originaires de Vilnius, Ruta et Zbignevas Ibelhauptas. Tous deux diplômés de l'Académie de Musique de Lituanie où aujourd’hui ils enseignent, Ruta et Zbignevas Ibelhauptas se produisent en duo depuis 1989. Lauréat de concours internationaux, le duo participe régulièrement à de nombreux projets musicaux en Lituanie et à l'étranger. Ils se sont produits lors de festivals en Slovénie (Festival d'été de Ljubljana), en Pologne (L’Automne de Varsovie, Journées Silésiennes de Musique Contemporaine), en Allemagne (Klassik im Grünen) et bien d'autres encore. Ils ont également donné de nombreux récitals en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Lettonie, en Ukraine et en Russie, partageant la scène avec l'Orchestre symphonique national de la radio polonaise, l'Orchestre symphonique national de Lituanie sous la direction de Saulius Sondeckis, Juozas Domarkas, David Geringas, Arturo Tamayo, Pavel Berman et Robertas Servenikas. Ces concerts ont été diffusés par la télévision lituanienne et par des stations de radio européennes. Le répertoire de Ruta et Zbignevas Ibelhauptas inclut des pièces pour deux pianos ou des pièces à quatre mains, de l'époque baroque à nos jours. Les deux artistes collaborent souvent avec des compositeurs contemporains et ont inspiré beaucoup d'ouvres nouvelles. Au programme de la soirée qui se déroule à l’Archipel de Paris, des œuvres de Schubert, Schumann, Edward Grieg, Ravel, Tchaïkovski, Rachmaninov, Dvorak … et bien sûr de M.K. Čiurlionis, sur des arrangements de Kęstutis Grybauskas.
http://www.tempogiusto.org/concertstg.html
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16 février 2007

Jonas Basanavicius, le père de la Renaissance nationale

En Lituanie, le 16 février est un jour férié car on y commémore le rétablissement de l’indépendance du pays en 1918. C’est aussi un 16 février qu’est mort, il y a 80 ans, Jonas Basanavičius (1851-1927), le père de la Renaissance nationale. Issu d'une famille de gros propriétaires terriens, et malgré son goût pour les lettres, Jonas Basanavičius opta pour des études de médecine à l'université de Moscou, car c’était la seule profession qu'un Lituanien pouvait alors espérer exercer dans son pays natal. Après quelques années en Bulgarie, il revint en Lituanie où il fonda la première revue en langue lituanienne, Aušra (L’Aurore) en 1883. Aušra faisait une large place aux poètes dont les œuvres exaltaient inlassablement l'héroïsme des aïeux qui surent tenir tête aux Chevaliers Teutoniques et les exploits des grands-ducs que leurs chevauchées menèrent jusqu'en Crimée pour barrer le chemin aux hordes tatares. L’exaltation du passé glorieux de la grande Lituanie, la sacralisation de la patrie, resteront les principaux thèmes de la littérature de l'entre-deux guerres et le ciment du subconscient collectif de la nation qui lui permettra de traverser les épreuves du XXe siècle sans mettre en doute son identité et sa légitimité. La revue dut rapidement cesser de paraître mais l'impul­sion fut donnée. Jonas Basanavičius se tourna vers la politique. Il fut l’un des organisateurs de la « Grande Diète de Vilnius » en 1905, membre de la Taryba de 1917 et cosignataire de l’Acte d’indépendance de la Lituanie, le 16 février 1918. Pour en savoir plus, lire « La littérature lithuanienne » de Ugnė Karvelis :
http://www.cahiers-lituaniens.org/litterature.htm

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11 février 2007

Un Office de Tourisme de Lituanie à Paris

Devant ouvrir en avril 2007, le nouvel Office de Tourisme de Lituanie s’adressera aussi bien aux professionnels du tourisme qu’aux particuliers et associations désireux d’obtenir des informations touristiques sur les villes, régions, monuments historiques et événements culturels de la Lituanie. La Lituanie, par la richesse de sa nature et de son patrimoine, la beauté de sa côte baltique, la qualité et la diversité de ses infrastructures hôtelières, est une destination que les Français sont de plus ne plus nombreux à découvrir, mais en nombre encore trop modeste par rapport aux autres grands pays européens. Désormais, l’Office, qui sera dirigé par Inga Lanchas et déjà présent au Salon Mondial du Tourisme, du 15 au 18 mars à la Porte de Versailles à Paris, pourra contribuer au développement touristique du plus grand des Etats baltes en aider les Français dans la préparation de leur voyage en Lituanie. Office de Tourisme de Lituanie, 72 rue Pierre Demours, 75017 Paris, Tél/Fax : 01 46 22 53 84.
http://www.infotourlituanie.fr/
infotourlituanie@orange.fr

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07 février 2007

Kristina Zmailaite, une soprano lituanienne à Paris

Le 24 mars prochain à 20h, la jeune soprano lituanienne Kristina Zmailaité donnera un récital chant et piano à The Scots Kirk, 17 rue Bayard à Paris, avec le ténor Thomas Morris et Mary Dibbern au piano, sur une musique de Balys Dvarionas et Juozas Gruodis. Née à Šiauliai, Kristina Zmailaitė a fait ses études à l’Académie de musique et théâtre de Lituanie à Vilnius et au Conservatoire de musique à Rostock, en Allemagne. Elle a aussi étudié dans les masterclass avec Renata Scotto et Katia Ricciarelli. Elle chante cette saison aux théâtres de Kaunas et Klaipėda. Ses rôles d'opéra ont été Adina dans L’Elisir d'amore (Donizetti), Juliette dans Roméo et Juliette (Gounod) et Mrs. Ford dans Les joyeuses commères de Windsor (Niccolai). Le concert du 24 mars est organisé par l'Eglise américaine de Paris et est sponsorisé par Sing for Hope. Pour tout renseignement ou réserver des places :
psnelgrove@noos.fr
http://www.mary-dibbern.com/
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02 février 2007

La Colline des Croix, lieu sacré en reconstruction

Située dans le nord-est de la Lituanie, près de la ville de Šiauliai, la Colline des Croix est l’un des sites religieux et nationaux les plus représentatifs du pays. La colline est entièrement couverte de croix de bois et de fer de toutes les tailles. On pense que les premières croix furent installées au sommet de la colline pour honorer ceux qui se révoltèrent contre le régime tsariste dans les années 1830, et que l’on en ajouta d’autres après la révolte des années 1860. Dans les années 1950, les Lituaniens érigèrent des croix en mémoire des déportés, morts en Sibérie sous le régime soviétique. En 1961, le pouvoir soviétique ordonna d’écraser les croix à coups de bulldozer et près de 5 000 furent brûlées, mais les habitants continuèrent à dresser de nouvelles croix. Depuis l’indépendance, des Lituaniens du monde entier en ont ajouté des milliers, au point que, selon l’Eglise de Lituanie, on comptait près de 200 000 croix. Malheureusement, un incendie a gravement endommagée le site le 28 décembre 2006. Quatre brigades de pompiers avaient dû intervenir pour éteindre les flammes qui ont ravagé 50 m² de la colline. Selon Mgr Eugenijus Bartulis, évêque de Šiauliai, « les croix qui avaient le plus de valeur ont été heureusement épargnées. Le dommage est davantage moral que matériel. » Depuis l’incendie, les habitants des environs ont déjà commencé à placer de nouvelles croix dans la zone ravagée par l’incendie et l’endroit ne restera ni vide, ni désolé pour longtemps.
http://www.tourism.lt/
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