12 décembre 2018

Cahiers Lituaniens : Kaunas et son architecture de l’optimisme


Le numéro 17 de la seule revue française entièrement dédié à la Lituanie vient de paraître avec un article central consacré à l’architecture de la ville de Kaunas entre 1918 et 1940. Alors que l’ancienne « capitale provisoire » de la Lituanie redécouvre aujourd’hui l’héritage de son architecture moderniste de l’entre-deux-guerres, Marija Dremaitė, professeur à la Faculté d’histoire de l’Université de Vilnius, y explique ce phénomène d’optimisme propre à plusieurs capitales d’États nouvellement indépendants au lendemain de la Grande Guerre et qui transforma si radicalement le centre-ville de la deuxième cité de la Lituanie durant la première partie du XXe siècle. L’article est précédé par une analyse de Sylvie Lemasson, l’ancienne directrice du Centre culturel français de Vilnius, qui transporte le lecteur un siècle plus tôt, quand les empereurs Alexandre et Napoléon, après leur célèbre rencontre en territoire lituanien à Tilžė (Tilsit), échafaudèrent chacun son plan pour un nouveau destin de l’ancien grand-duché. Suivent les portraits de deux hommes politiques qui furent contemporains, le Lituanien Eduardas Turauskas (1896-1966) et le Français Louis Jung (1917-2015). Chacun à sa manière et dans un contexte différent, outre les fonctions publiques qu’ils assurèrent dans leur pays et au niveau européen, ils ont notamment œuvré en faveur du rapprochement de la France et de la Lituanie. Les auteurs de ces courtes biographies les ont connus personnellement : Caroline Paliulis, nièce du diplomate lituanien, et Philippe Edel, qui côtoya à plusieurs reprises le sénateur français. Avec le naturaliste L.H. Bojanus – un personnage souvent étudié dans la revue car très emblématique de la relation France-Lituanie – est abordé l’étonnant opuscule scientifique qu’il fit éditer à Vilnius en 1821 : le Parergon. L’exemplaire le plus connu de ce précieux ouvrage est incontestablement celui conservé au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris, annoté de la main de Georges Cuvier, qui y est décrit par un chercheur du muséum, l’historien des sciences Piotr Daszkiewicz. Enfin, comme de tradition, le numéro s’achève avec une sélection de poèmes – cette fois de Vytautas Stankus – présentée en lituanien et dans une traduction de Jean-Claude Lefebvre et Liudmila Edel-Matuolis, et précédée d’une introduction à la vie et l’œuvre du poète par Eglė Kačkutė.
En deux décennies, les Cahiers Lituaniens sont devenus la revue de référence en France dans le domaine des études de lituanistique. Pour en savoir plus :

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