01 avril 2013

En Lituanie, le pays de l’âme

Le n°52 des Cahiers de l'association Les Amis de Milosz vient de paraître aux éditions L’Harmattan. Dirigée par Janine Kohler, la revue propose comme à chaque année une moisson d’articles relatifs à Oscar Milosz (1889-1939), le poète lituanien d’expression française. Sous le titre générique "En Lituanie, le pays de l’âme", ce numéro de la revue offre notamment une très intéressante série de textes associant Milosz au peintre Kazys Šimonis, à son cousin Prix Nobel Czeslaw Milosz et au grand poète Adam Mickiewicz. Il nous plonge également dans la région natale du poète, celle de Czereïa dans la Lituanie historique, aujourd’hui en Biélorussie. L’Harmattan, 2013, 166 pages, 15 euros.

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13 mars 2013

La Lituanie dans le livre d’un forestier britannique du XIXe siècle

John Croumbie Brown (1808-1895) fut un naturaliste renommé, connu pour ses travaux au Cap de Bonne Espérance et professeur de botanique au South African College. D’origine écossaise, il était révérend de l’église presbytérienne. Ses fonctions religieuses, ainsi que son intérêt pour la science, sont à l’origine de nombreux voyages. Il est connu pour avoir été un véritable pionnier des sciences forestières dans les pays anglophones. En 1877, il adressa, au Conseil municipal d’Edinburgh et au Royal Scottish Arboricultural Society, un projet d’organisation de l’enseignement forestier à l’université et un arboretum. Lors de ses voyages, il étudia et compara diverses traditions et méthodes de gestion forestière. Il fut aussi l’un des premiers à découvrir une relation entre la politique forestière et les changements climatiques. Brown avait de nombreux liens avec la France. Membre de diverses sociétés savantes, il fut l’auteur de publications sur l’ordonnance forestière de 1669 de Colbert et sur les plantations des pins sylvestres en France. C’est à lui que le monde anglophone doit la découverte des travaux de Pierre André de Vilmorin (1766-1862) et la reconnaissance de l’importance de l’école forestière française. Les voyages de recherches ont amené ce scientifique également en Lituanie et en Pologne. En 1885, il publia "Forest and Forestry in Poland, Lithuania, The Ukraine and the Baltic Provinces of Russia with notice of the export of timber from Memel, Dantzig, and Riga". Ce livre est non seulement une importante description de l’économie forestière (avec des remarques sur les lois forestières datant de XIVe siècle) et de l’agriculture. C’est aussi une précieuse source pour l’histoire. Brown nota plusieurs observations sur la société de l’époque, les coutumes, la culture et surtout sur l’administration tsariste qui lui était, par ailleurs, peu sympathique. Plusieurs dizaines de pages de cet ouvrage sont dédiées à l’histoire de la Lituanie et de la Pologne. Bien évidemment, ces fragments ne sont qu’une compilation de diverses sources historiques. Cependant, elles jouèrent probablement un rôle important en faveur de la popularisation des connaissances en langue anglaise sur l’histoire de ces pays ; d’autant plus qu’elles étaient lues par des cercles différents de lecteurs, y compris les amateurs de livres historiques et politiques. Les nombreuses remarques de Brown viennent néanmoins de ses propres observations ou de témoignages directs de personnes qu’il a rencontrées. Notons des fragments sur l’insurrection de 1863, son admiration pour l’indépendance des paysans lituaniens qui, même pendant des périodes de disette, refusaient l’aide du gouvernement russe ou encore ses notes sur le nombre de déportés polonais et lituaniens en Sibérie (il l’estimait par le nombre de demandes du Nouveau Testament) et leurs rôle pour le développement économique de cette région. Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz, Muséum national d’histoire naturelle à Paris :
piotrdas@mnhn.fr

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08 mars 2013

Les sutartinės à l’honneur à l’UNESCO

Le 18 mars prochain, à l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie, un concert de sutartinės - chants traditionnels lituaniens à plusieurs voix - sera donné au siège de l'UNESCO à Paris. Inscrits en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, les sutartinės (du mot sutarti – être en accord) représentent une forme de musique polyphonique chantée par les femmes dans le nord-est de la Lituanie. Les chants ont de simples mélodies, avec deux à cinq hauteurs de ton, qui comprennent deux parties distinctes : un texte principal significatif et un refrain qui peut contenir des paroles de circonstances. Il y a près de quarante styles et manières différents d’interpréter les sutartinės. Ils sont principalement interprétés en secondes parallèles par deux chanteurs, par trois chanteurs en canon strict, qui chantent tous ensemble les deux phrases de la mélodie à des intervalles décalés, par deux groupes de chanteurs, le chanteur principal de chaque groupe interprétant les couplets, tandis que le partenaire chante le refrain, avant que le second groupe le reprenne. Les textes poétiques abordent des thèmes aussi variés que le travail, les rituels du cycle calendaire, les mariages, la famille, les guerres, les événements historiques et autres moments de l’existence. La chorégraphie n’est pas compliquée et les mouvements sont modérés, souvent solennels : marche en cercle ou en forme d’étoile, en se tenant les bras et en tapant du pied. Les sutartinės sont interprétés dans des circonstances solennelles, ainsi qu’à l’occasion de fêtes, de concerts et autres rencontres sociales. Leur exécution contribue à promouvoir le partage des valeurs culturelles et donne un sentiment d’identité culturelle, de continuité et d’estime de soi. Les sutartinės sont essentiellement chantés par des femmes, mais les hommes en jouent une version instrumentale à la flûte de Pan, au cor, à la longue trompette en bois, à la flûte à conduit ou au cistre.
http://www.cahiers-lituaniens.org

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02 mars 2013

Vient de paraitre : le tome VIII de la Feuille Lituanienne


Les Presses universitaires de Limoges (PULIM) viennent de publier le 8e tome de la "Feuille de Philologie comparée Lituanienne et Française". L’Afrique, l’Europe et le Proche-Orient sont largement représentés dans la liste des auteurs qui ont contribué à la rédaction de ce nouveau volume. On y trouvera un lexique associant au français et au lituanien le berbère, langue de la famille afro-asiatique et hypothétiquement de la macrofamille nostratique, ainsi que plusieurs études portant sur l’indo-européen (la transformation de ses catégories), sur le lituanien (ses anthroponymes, leur transcription réglementée et les incidences sur le statut civil de la femme) et sur le français contemporain (la cataphore ; Romain Gary et Vilnius). À cela s’ajoutent de brèves réflexions sur l’état actuel de l’enseignement de l’occitan en France et une présentation de la place de la francophonie dans l’éducation en Lituanie. Dirigée par Jean-Pierre Levet, la Collection Lituanienne est née d’une coopération entre l’Université pédagogique de Vilnius et l’Université de Limoges. Outre la "Feuille de Philologie comparée Lituanienne et Française" qui accueille des études relatives aux langues et littératures ainsi qu’à divers aspects de la vie en France et en Lituanie et des monographies, sont publiés les travaux de chercheurs des deux pays (et notamment de jeunes érudits lituaniens engagés dans des études doctorales) concernant ce que l’on pourrait appeler, autour d’analyses lexicales et littéraires portant principalement les aires balte et romane, une philologie européenne. Tome VIII, 504 pages, 12 euros.
http://www.pulim.unilim.fr/

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01 mars 2013

Le Mois de la Francophonie 2013 à Kaunas


A l’occasion de son 20e anniversaire, le Centre Robert Schuman de Kaunas organise cette année à nouveau, tout au long du mois de mars 2013, le "Mois de la Francophonie" avec un programme bien chargé et de nombreux intervenants. Présidé par Birute Straksiene, le centre, qui est le relais local de l’Association Lituanie-France, bénéficie du soutien de la Faculté des Sciences Humaines de l'Université Technologique de Kaunas et de l’Ambassade de France en Lituanie. Interviendront notamment : Maryse Berniau et Peter Lescouhier, respectivement ambassadeurs de France et de Belgique en Lituanie, Anele Butkuviene et Viktorija Skrupskelyte, professeurs de littérature, Caroline Paliulis et Inesa Paliulyte, comédiennes, Maïssa Bey, écrivaine algérienne, Tomas Sodeika, professeur de philosophie à l'Université de Vilnius, Philippe Perchoc, chercheur à l'Université de Louvain, Gilles Ribardière, ancien directeur de la culture de la ville de Rennes, Gilles Dutertre, spécialiste de la Lituanie et de la Lettonie. Voir le programme détaillé : http://www.robertschuman.ktu.lt/

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18 février 2013

Forum France-Lituanie 2013 à Paris

Le 17 février s’est tenue dans une salle de l’église Saint-Augustin à Paris le forum annuel de la Coordination des associations France-Lituanie, présidée par Anne-Marie Goussard, avec la participation de Jolanta Balciuniene, ambassadeur de Lituanie en France, et de Linas Maknavicius, président de la Communauté lituanienne en France. La Coordination réunit une trentaine d’associations à travers la France qui elles-mêmes fédèrent plus de 500 membres amis de la Lituanie en France. http://www.france-lituanie.org

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13 février 2013

L’ensemble lituanien Duo Barocco à Paris le 22 février

A l’initiative de l’ambassade de Lituanie en France, l’ensemble lituanien Duo Barocco donne un concert de musique baroque ancienne le 22 février à 19h30 au Temple, 117 rue du Château à Boulogne-Billancourt. C’est en 2010 que les mezzo-sopranos Renata Dubinskaitė et Saulė Šerytė se sont réunies pour former le Duo Barocco. C’est l’un des rares ensembles de musique ancienne en Lituanie proposant dans son répertoire des duos de l’opéra et des arias, des madrigaux, des motets ainsi que la musique de chambre vocale. Depuis 2011, les deux artistes collaborent aussi avec des interprètes français de musique ancienne. http://www.cahiers-lituaniens.org

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06 février 2013

Johann Georg Pinsel, un sculpteur baroque de la République des Deux Nations

Du 22 novembre 2012 au 25 février 2013, le Musée du Louvre à Paris propose dans sa salle de la Chapelle une petite exposition originale intitulée "Johann Georg Pinsel, un sculpteur baroque en Ukraine au XVIIIe siècle". Ce sculpteur – totalement méconnu en France – fut actif en Galicie, dans une région d’Europe de l’Est aujourd’hui aux confins de la Pologne et de l’Ukraine, et qui faisait partie au XVIIIe siècle de l’Union polono-lituanienne. Ce territoire, autour de la ville de Lviv, réunit des populations de trois confessions chrétiennes différentes : catholiques romains, catholiques grecs (ou uniates) et orthodoxes. L’unique salle de la chapelle qui abrite l’exposition réunit une trentaine de sculptures d’un baroque exacerbé et expressionniste très original. On comprend vite que ces sculptures devaient appartenir à des ensembles décoratifs plus complexes, comme le confirment des photographies prises avant 1937. Il s’agit en réalité de reliquats ayant échappé à la politique de destruction systématique menée par le régime soviétique dans les années ayant suivi la Seconde guerre mondiale, de la volonté forcenée de détruire tout un héritage culturel religieux qui, manifestement, gênait la mise en place de la glorieuse dictature du prolétariat. Ce n’est qu’à l’action de quelques historiens de l’art, au premier rang desquels Boris Voznitsky, qui fut pendant cinquante ans le directeur de la galerie nationale des beaux-arts de Lviv, que l’on doit la sauvegarde de nombreuses sculptures qui auraient sinon totalement disparu. http://www.cahiers-lituaniens.org

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28 janvier 2013

Le Ogar Polski, un héritage du grand-duché de Lituanie

Au XVIe et XVIIe siècles, l’art de la chasse était une des activités préférées de la noblesse polono-lituanienne. Les chiens tenaient une place très importante dans cette culture. Nous avons connaissance de ces pratiques grâce aux traités anciens et surtout grâce aux livres de Jan Ostroróg (1565-1622), homme d’Etat, palatin de Poznań qui, après ses études à Bologne et à Strasbourg (il fut l’élève de Jean Sturm), est devenu conseiller et percepteur du roi et grand-duc Sigismond III Vasa. Passionné d’art de la chasse, il publia O psiech gończych i myślistwie z nimi (1608) [Sur les chiens de chasse et la vénerie avec eux] qui fait partie d’un ouvrage plus important : Myślistwio z ogary (1618) [La chasse avec les limiers]. Les célèbres limiers de Pologne (ogar polski), comme on appelait cette race, avaient pour origine les chiens de Saint-Hubert. On suppose qu’ils ont été croisés avec des limiers originaires d’Italie, puis avec la race des foxhounds d’Angleterre. La disparition de la République des Deux Nations et l’histoire tourmentée de la Lituanie et la Pologne furent la cause de la disparition de cette race, jadis si populaire. Ce n’est qu’en 1959 qu’un cynologue, Piotr Kartawik (1918-1969), a réussi à retrouver en Lituanie quelques chiens correspondants aux anciennes descriptions. L’élevage fut une réussite et, en 1966, cette race fut officiellement enregistrée par la Fédération Cynologique Internationale. Rappelons également une autre tradition cynégétique, liée par contre, elle, à l’histoire du braconnage. L’hybridation de chiens avec des loups était très répandue dans le grand-duché de Lituanie. Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) a décrit ces hybrides au XVIIIe siècle. Les naturalistes français étaient particulièrement intéressés par cette question car, comme Georges Buffon (1707-1788), l’intendant du Jardin du Roi à Paris, ils n’avaient pas réussi eux-mêmes à réaliser de telles hybridations, malgré de multiples tentatives, alors que les braconniers lituaniens y arrivaient aisément à l’époque. Contact : Piotr Daszkiewicz, Muséum national d’histoire naturelle à Paris : piotrdas@mnhn.fr

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20 janvier 2013

Destin familial entre Klaipėda/Memel et Strasbourg, un témoignage de Michael Vorbeck

Ma famille est très européenne. Ma mère, Eva Vorbeck née Godlowsky (en photo avec son père Max), est née en 1909 à Klaipėda, à l’époque nommé Memel et faisant partie de la Prusse Orientale. Son père Max Godlowsky, probablement d’origine polonaise, était avocat. En tant que lieutenant de l’armée impériale allemande, il trouva la mort en 1915 près de Grodno (Bélarus). Alfred Valentin, le grand-père d’Eva, né en 1856 à Kaunas, était conseiller juridique (Justizrat) prussien, avocat et notaire. Plus tard, jusqu’à sa mort en 1936, il fut directeur du tribunal de première instance à Klaipėda. Meta Valentin née Butkus, sa femme, était probablement d’origine lituanienne. L’un des deux grands-pères de Meta Butkus était Johann Christian Kretschmer, armateur de voiliers à Klaipėda. En 1929, donc après la mort de son premier mari, tombé à Grodno, la mère d’Eva Vorbeck, Mme Gerda Godlowsky née Valentin, se remaria avec Erich Tuch, un homme d’affaires d’origine allemande, habitant Londres. Le couple s’installa à Londres et obtint la nationalité britannique en 1947. Erich Tuch avait l’habitude de venir régulièrement à Klaipėda pour acheter du bois dans les forêts lituaniennes au nom de sa compagnie Morris & Co qui fabriquait des tonneaux à whisky. Les troncs d’arbres achetés, avant leur transport par bateau, étaient stockés à l’Aschhof, un terrain près d’un petit lac à Klaipėda, derrière l’ancienne église luthérienne de Saint Jean (Johanneskirche) et la digue sur laquelle se trouve encore aujourd’hui le presbytère protestant. Ce lac était relié à la rivière Dange. En 1909, ce terrain fut vendu devant le notaire Alfred Valentin à Marie Tuch, la sœur d’Erich Tuch, également domiciliée à Londres. Au moment du rattachement du Territoire de Klaipėda à la Lituanie en 1923, ce terrain était donc en possession britannique. Actuellement, ce terrain est un parc, mais il est question d’y construire des immeubles. Max Godlowsky, le père d’Eva Vorbeck, avait un frère nommé Paul, qui était lieutenant dans l’armée prussienne et passa son service militaire – comme son frère Max et Alfred Valentin, le beau-père de Max, – à la caserne de Klaipėda, aujourd’hui transformée en université. En 1898, Paul Godlowsky était trésorier de son régiment. Un soir, il prêta six marks de la caisse à un collègue qui avait fait des dettes de jeu et qui lui promit de les rendre dès le lendemain matin. Une révision de caisse inopinée eut lieu le lendemain à 8 heures. Le réviseur constata l'absence de ces 6 marks. Paul alla dans le bureau adjoint et se tira une balle dans la tête. Un sens de l’honneur tout à fait prussien ! La croix de fer forgé sur son tombeau dans le cimetière au centre-ville de Klaipėda (transformée en parc par les Soviétiques en 1945/46) fut sauvée par un Lituanien. Aujourd’hui, on peut admirer cette croix dans la cour du musée municipal. Voilà les racines lituaniennes, polonaises et prussiennes de la famille Vorbeck ! Maintenant, parlons des relations lituaniennes du côté de mon père. Mon grand-père Adam Vorbeck (Adamas Forbekas, 1873 – 1954) était né à Aschaffenburg en Basse Franconie (Bavière). Après trois ans de lycée, il entra au service de la Cellulose de Bavière dont le siège était à Aschaffenburg. A partir de 1902, il fut chargé de s’occuper de l’achat de bois dans les forêts russes et lituaniennes, ce qui l’obligea à passer plusieurs mois par an à Saint-Pétersbourg ou à Klaipėda (Memel). Afin d’économiser le coût du transport du bois par bateau de la mer Baltique jusqu’à Aschaffenburg par le Rhin et par le Main, une unité de production avait été créée à Klaipėda dès la fin du XIXe siècle : la « Memeler Zellulose », plus tard rebaptisée « Klaipėdos Kartonas ». A la fin de la Première Guerre mondiale, les dirigeants de la société craignaient la séparation du Territoire de Klaipėda de l’Allemagne et – par conséquent – la confiscation de la Cellulose de Klaipėda comme propriété de l’ennemi. Ainsi, dès novembre 1918, les supérieurs d’Adam Vorbeck l’envoyèrent à Klaipėda avec mandat de transformer la Cellulose de Klaipėda en société anonyme indépendante, ce qu’il réussit à faire en janvier 1919. Probablement le notaire Alfred Valentin l’avait aidé dans cette mission. Maria Vorbeck née Simonis, la première épouse d’Adam Vorbeck, déjà atteinte d’un cancer, l’avait suivie à Klaipėda. En 1920, elle mourut à l’hôpital de Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad) et fut enterrée au cimetière central de Klaipėda. L’année suivante, Adam Vorbeck se maria avec Hildegard Eckmüller, l’infirmière qu’il avait engagée pour soigner sa femme malade. Devenus citoyens lituaniens en 1923, ils vécurent à Klaipėda jusqu’à 1932. En 1932, ils achetèrent un petit château baroque à Dettenheim en Bavière et déménagèrent de Klaipėda à Dettenheim. Le maire de Dettenheim leur établit un permis de séjour en tant que citoyens lituaniens. En 1940, dans le contexte de l’annexion de la Lituanie par les Soviétiques, le couple perdit sa nationalité lituanienne. Jusqu’en 1927, Adam Vorbeck était l’un des deux directeurs de la Cellulose de Klaipėda. En 1923, l’entreprise lui avait fait construire une villa de fonction, entre le centre-ville et l’usine. Elle existe toujours et sert, bien restaurée, comme église néo-apostolique. Depuis 1919, mon père Emil Vorbeck (1899-1989), le fils unique d’Adam, était inscrit comme habitant de Klaipėda. Il fit des études à l’université de Berlin puis retourna en 1923 s'installer à Klaipėda. En 1928, il se maria avec ma mère, Eva Godlowsky, dont il avait fait connaissance en 1926, lors de la mise en scène de la comédie « Ein Glas Wasser » (« un verre d’eau ») au lycée Louise (Louisen-Gymnasium). Lors de son mariage, il avait encore son passeport lituanien. A partir de 1928, Emil et Eva s’installèrent à Potsdam où Emil travaillait comme écrivain, journaliste et poète. Suite à une maladie grave de ma mère, mes parents furent obligés de quitter Potsdam et de s’installer à Oberstaufen dans les Alpes de Bavière. En 1923, Adam Vorbeck acheta une ferme à Dovilai (Dawillen), à 24 km de Klaipėda, à laquelle était rattaché un moulin (pour lequel le roi Frédéric II de Prusse, ami de Voltaire, avait octroyé le droit au meunier de l’époque). Emil Vorbeck consacrait tout son temps à la décoration de l’intérieur de la ferme avec des papiers peints et des meubles anciens. Devant la ferme, il y avait un étang, et tout le terrain était entouré d’un joli parc. En 1927, Adam Vorbeck vendit la ferme aux frères Silbermann, deux agriculteurs juifs (qui furent obligés d’émigrer à Kaunas à cause des nazis en 1939, puis qui, plus tard, furent internés et trouvèrent la mort dans un camp de concentration). Aujourd’hui, seul le rez-de-chaussée de la ferme subsiste et tout le terrain se trouve dans un état délabré. En 1927, Adam Vorbeck quitta la Cellulose suite d’un différent avec les dirigeants. Il restait cependant à Klaipėda et entreprit une carrière politique. Il adhéra au Parti Populaire de Klaipėda (Memeler Volkspartei) et fut élu membre de la Diète (Landtag) du Territoire de Klaipėda. Par ailleurs, il accepta la vice-présidence de la Chambre de commerce et d’industrie. Plus tard, il fut nommé membre du Directoire (gouvernement) de Klaipėda, l’autorité créée sous le statut d’autonomie du territoire, une modèle d'autonomie pouvant servir encore aujourd’hui de modèle pour le Conseil de l’Europe. Au sein du Directeur, Adam Vorbeck était en charge des questions de l’agriculture, des forêts et des finances. En cette qualité, c’est lui qui accorda le permis de construire à Thomas Mann, Prix Nobel de littérature, qui voulait faire construire un chalet de vacances à Nida, sur la Neringa, dans une zone naturelle protégée. La maison de Thomas Mann est aujourd’hui un musée. Adam représentait le Territoire de Klaipėda auprès de la Ligue des Nations à Genève. Il voyageait aussi souvent à Kaunas pour des entretiens avec le Président de la Lituanie et son gouvernement. De 1920 jusqu’en 1932, la famille Vorbeck jouait un certain rôle dans la société de Klaipėda. La famille maintenait de bons contacts avec les autorités françaises (1920 – 1923), avec les notables de la ville ainsi qu’avec les fonctionnaires lituaniens qui étaient venus après le rattachement du Territoire à la Lituanie. Bien sûr, Adam se sentait bavarois, mais il servit loyalement l’Etat lituanien et refusa de soutenir les fractions qui étaient en faveur du rattachement du Territoire à la Pologne ou au Reich allemand. Plus tard, quand Adam Vorbeck se réfugia en Bavière, il put refuser d’adhérer au parti nazi sous prétexte qu’il était toujours Lituanien. Au musée historique de Klaipėda, toute une vitrine lui est consacrée. Dans les années 1920 à 1932, mon père Emil Vorbeck, toujours actif comme écrivain, écrivit de nombreux articles sur la vie à Klaipėda et dans son environnement, par exemple pour le « Memeler Dampfboot », le journal de Klaipėda, ainsi que pour plusieurs autres périodiques de langue allemande. Il mettait en scène aussi des pièces de théâtre et organisait des activités de carnaval. En ce qui me concerne, je suis né à Munich en 1935. Je passais mon enfance à Dettenheim en Bavière, dans le petit château de mon grand-père Adam. Je connaissais bien toute l’histoire de notre famille à travers les récits de mes parents, de mon grand-père Adam et de ma grand-mère anglaise, Gerda Tuch née Valentin veuve Godlowsky. Chaque année, je passais des vacances chez ma grand-mère à Londres. En 1956/57, j’y fis même des études de droit à l’University College de Londres, après avoir étudié le droit et l’administration à Cologne et à Bonn. En 1957/1958, je terminai mes études à l’université de Munich et j’y eus mon doctorat. Je devenais donc juriste comme mon grand-père inconnu Max Godlowsky et mon arrière-grand-père Alfred Valentin, mais finalement, je me retrouvais dans l’administration comme mon autre grand-père Adam. Après différents stages, je commençais ma carrière à la préfecture de la Franconie centrale, à Ansbach au mois de mai 1963. En 1964, je fus appelé au ministère de l’Education Nationale de la Bavière à Munich. En 1966, la République Fédérale d’Allemagne me fit suivre une formation spéciale pour le service international, ce qui impliquait six mois de stage au Conseil de l’Europe à Strasbourg. A partir de mars 1968 jusqu’à ma retraite en novembre 1998, je fus donc fonctionnaire international au Conseil de l’Europe, notamment comme chef de la section de la recherche et de la documentation pédagogiques et comme chef de la section de l’enseignement supérieur et de la recherche. Après le rétablissement de l’indépendance de la Lituanie, je devins membre de l’Association Alsace – Lituanie. Suite aux destructions de la Deuxième Guerre mondiale et à l’annexion soviétique qui suivit, la municipalité de Klaipėda ne disposait que de peu de documents sur la période 1920 – 1932 dans ses archives, alors que mon grand-père Adam avait rapporté avec lui, lors de son déménagement de Klaipėda à Dettenheim, tous ses dossiers et documents et les avait soigneusement gardé dans ses tiroirs. Après la reconnaissance de l’indépendance de la Lituanie en 1991, je rentrai en contact avec le Dr. Jonas Genys, le directeur du Musée historique de Klaipėda, en lui confiant tout ce dont il avait besoin en documentation et dossiers de mon grand-père. Ainsi se créa une profonde amitié entre nous. En tant que fonctionnaire du Conseil de l’Europe, j’eus plusieurs fois l’occasion d’aller en Lituanie en mission (Vilnius, Palanga et Klaipėda). En 1993, ma mère Eva Vorbeck m’accompagna pour revoir Klaipėda, la première fois depuis son départ en 1930. Elle y fut honorée comme hôte de la Ville et hébergée aux frais de la Mairie. Depuis 1993, j’ai pu visiter Klaipėda déjà cinq fois et je m’y sens comme dans ma deuxième patrie. En 2001, quand je travaillais comme conseiller spécial à la Représentation permanente de la Principauté de Liechtenstein auprès du Conseil de l’Europe, dans le contexte de la Présidence de ce pays au Conseil de l’Europe, je me trouvais lors des réunions à côté du délégué de la Lituanie (à cause du classement alphabétique des pays). Quelle coïncidence ! Quelques années plus tard, en coopération avec le Musée historique de Klaipėda, la Représentation permanente de la Lituanie et l’association Alsace-Lituanie, j’avais contribué à faire venir l’exposition « Les Français à Klaipėda (1920 – 1923) » à Strasbourg où elle fut installée au foyer du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe. Je me sens donc étroitement lié à la Lituanie. Je garde soigneusement les anciens passeports lituaniens de mon père et de mon grand-père et je possède une collection complète des timbres du Territoire de Klaipėda ainsi une collection presque complète des timbres de la Lituanie à partir de 1918. http://www.cahiers-lituaniens.org

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16 janvier 2013

La Lituanie dans les cartes du XVe au XVIIIe siècle, une exposition aux Archives nationales à Paris

À la suite de la rencontre des deux ministres de la Culture français et lituanien en 2011 et dans le cadre de la présidence du Conseil de l'Union européenne assurée par la Lituanie au second semestre de l’année 2013, une "Saison lituanienne" a été lancée en France en 2012 – 2013. Sous le titre Voyage en Lituanie, de nombreuses manifestations offrent la possibilité aux Français de mieux connaître le pays redevenu indépendant en 1990 et membre de l’Union européenne depuis 2004. Ainsi, les Archives nationales de France présentent à l’hôtel de Soubise une exposition d'une quarantaine de cartes anciennes (XVIe – XVIIIe siècles) provenant des collections du Musée national de Lituanie, ainsi que de photographies contemporaines (XXe siècle) permettant d’appréhender territoire et paysages de la Lituanie. L’exposition se tient du 12 décembre 2012 au 11 février 2013. A noter que le 30 janvier à 18h, Gilles Dutertre y donnera une conférence sur "Les Français dans l’histoire de la Lituanie". Hôtel de Soubise, Archives nationales, 60, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris. Entrée libre. http://www.cahiers-lituaniens.org

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14 janvier 2013

Vins d’Alsace avec Albert Seltz à Vilnius

Le 16 janvier, le propriétaire et gérant du restaurant Balzac à Vilnius Thomas Teiten recevra le vigneron alsacien Albert Seltz de Mittelbergheim pour permettre à ses clients de goûter et d’échanger sur ses meilleurs vins, gewurztraminer, riesling, sylvaner et pinot gris d'Alsace, qui accompagneront les mets préparés par le chef. Albert Seltz est de la 14e génération d'un domaine né en 1576 et implanté au cœur du vignoble alsacien et de la Route des vins d’Alsace. Rappelons aussi que "Mittelbergheim" est le nom d’un poème qu’a écrit, dans ce village alsacien dans les années 1950, le prix Nobel de littérature Czeslaw Milosz (1911-2004) né à … Vilnius et que Thomas Teiten est membre fondateur d’Alsace-Lituanie et délégué en Lituanie de l’Union internationale des Alsaciens. Au menu du restaurant ce jour-là : pâté de foie de canard, tarte à l'oignon, sandre sauce riesling et chanterelles, tarte aux pommes. http://www.balzac.lt

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02 janvier 2013

Gustave Loisel (1864-1933) et les anciennes ménageries de la Lituanie

En 1912, Gustave Loisel publia une Histoire des Ménageries de l'Antiquité à nos jours. Cet ouvrage en trois volumes fut sans doute l’œuvre de la vie de ce professeur de zoologie à la Sorbonne et directeur du laboratoire d'embryologie générale et expérimentale à l'École pratique des hautes études. Auteur de plusieurs centaines de publications de divers domaines de zoologie et de biologie expérimentale, Loisel fut aussi passionné par l’histoire des sciences. C’était également un grand connaisseur de parcs zoologiques. Il fut chargé de préparer un projet de réorganisation de la Ménagerie du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) à Paris. Il a fait plusieurs missions dans les jardins zoologiques de divers pays d’Europe. La Bibliothèque Centrale du MNHN conserve les archives de ce scientifique, dont ses notes manuscrites de l’Histoire des Ménageries. L’ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherches en France et à l’étranger. Aujourd’hui encore, il reste une référence dans la matière. L’auteur se rendit également en Pologne et en Lituanie. C’est un rare ouvrage qui traite des anciennes ménageries lituaniennes, s’appuyant sur des sources aujourd’hui perdues ou inaccessibles aux historiens. Nous lui devons notamment la description de « l’Académie des ours » de Smorgony (aujourd’hui en Biélorussie) ainsi que des ménageries de Radziwill (Radvila) : Dans ces pays les ours vivaient alors en abondance et des paysans pouvaient facilement prendre des oursons qu'ils élevaient et dressaient pour leur usage personnel, pour celui de leur seigneur, ou pour les vendre à des conducteurs ambulants. Dans le petit village de Smorgon ou Smorgony, par exemple, là même où Napoléon abandonna les restes de la Grande Armée, en 1813, il y eut un de ces élevages d'ours dont le souvenir est encore aujourd'hui très vivace dans la famille des Radziwill qui posséda ce village dès la fin du XVIIe siècle ; on l'appelait « l’Académie des Ours » non par ironie, mais parce que c'était l'habitude, à cette époque, de décorer du nom d'Académie les ménageries foraines. On venait acheter des ours dressés dans ces sortes d'écoles et on les conduisait, de bourgade en bourgade, pour leur faire donner, sur les places publiques, des représentations plus ou moins burlesques. Deux hommes accompagnaient généralement chaque bête; l'un qui jouait du tambour ou du violon, l'autre qui se déguisait en chèvre savante, au moyen d'un grand sac pourvu d'un masque, d'une paire de cornes et d'une barbiche. Au son de la musique, l'ours et la chèvre se dressaient, se plaçaient en face l'un de l'autre et se mettaient à mimer des scénettes amusantes, telles que : « Le petit garçon dérobant des pois », « La femme à sa toilette », etc. (…). Les riches propriétaires slaves avaient aussi leurs ours privés et, en particulier, les propriétaires de l'Académie de Smorgony. Vieille et riche famille lithuanienne, les Radziwill, notamment leur lignée protestante, possédaient des forêts immenses dans lesquelles ils aimaient à chasser la grosse bête : bisons, élans, ours, loups, cerfs, daims, sangliers. Au cours de ces grandes chasses, on trouvait parfois l'occasion de capturer des ours, que l'on plaçait dans des cages en bois ou dans des enceintes spéciales entourées d'une palissade et d'un fossé profond : les jeunes étaient généralement conservés pour le dressage; les bêtes adultes, plus fortes et plus belliqueuses, et par là même beaucoup plus appréciées par les seigneurs, étaient gardées pour les donner en spectacle contre des dogues danois ou anglais, lors de quelque grande fête. En 1592, par exemple, le prince Christophe Nicolas Radziwill envoie des ours sauvages pour les noces du roi Sigismond III. En 1613, le fils de ce Radziwill, Janusz, à la veille de se marier, veut, lui aussi, des ours pour ses noces. Il écrit à son frère, à Vilna, qu’il n’en trouve pas sur place et lui demande qu'il en fasse venir des élevages de Stuck, de Kojdonov, ou de Romanow et qu'il choisisse des ours assez bien dressés pour pouvoir dénouer les rubans des pantalons de ses beaux-frères. Seize ans plus tard, en 1629, c'est un autre Radziwill, Christophe II, qui donne l'ordre d'acheter dans les provinces du sud : douze chameaux, des chevaux rares, des faucons, des aigles, et d'une façon générale tous les animaux peu connus en Lithuanie qu'on trouvera. Pour en savoir plus : Piotr Daszkiewicz, Muséum national d’Histoire naturelle à Paris : piotrdas@mnhn.fr

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18 décembre 2012

Cahiers Lituaniens : Jean-Henri Müntz à l’honneur du n°11

En cette veille de Noël, le 11e numéro annuel des Cahiers Lituaniens vient de paraître. En couverture, une aquarelle du peintre paysagiste mulhousien Jean-Henri Müntz (1727-1798) représentant une chasse à l’ours dans la forêt de Bialowieza, l'antique forêt des rois de Pologne et grands-ducs de Lituanie. Müntz est aussi connu pour avoir fait en Lituanie la plus ancienne représentation connue d’un bison d’Europe. Egalement au sommaire du numéro, l’étonnant destin du comte lituanien, palatin polonais et général de Napoléon né à Strasbourg, Louis Michel Pac ; le récit de la longue et tenace inimitié entre deux professeurs francophones de l’université de Vilnius au début du XIXe siècle, Joseph Frank et Louis Bojanus ; plusieurs textes sur les visiteurs lituaniens et polonais du célèbre cabinet d’histoire naturelle de Jean Hermann, sur les secrets du manoir de Tuskulenai, et sur la récente exposition en France d’œuvres de M.K. Ciurlionis et Kazys Simonis. Le numéro conclut avec un portrait de Jean Mauclère (1887-1951), le découvreur de la Lituanie moderne de l’entre-deux-guerres. http://www.cahiers-lituaniens.org

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07 décembre 2012

Moi, enfant-loup

En 1944, l’Armée Rouge envahit la Prusse-Orientale. La petite Liesabeth échoue en Lituanie en compagnie d'autres enfants. Ces petits mendiants sont appelés les "enfants-loups". A l'âge adulte, Liesabeth, renommée Maria, sera envoyée au goulag en Sibérie. Puis, elle retrouvera sa famille. Cette héroïne embrasse son destin avec la foi de ceux qui n'ont rien à perdre et ne renoncent jamais. Les éditions Fleuve Noir viennent de publier le récit de cette orpheline allemande dans la tourmente de l'après-guerre, écrit par Ingeborg Jacobs. 2012, 277 pages, 18,50 euros. http://www.cahiers-lituaniens.org

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02 décembre 2012

Cœurs ébouillantés : dix-sept poètes lituaniennes contemporaines traduites en français

Sous le titre "Cœurs ébouillantés", les éditions L’Harmattan viennent de publier une anthologie bilingue regroupant des poèmes de dix-sept femmes de lettres lituaniennes, des voix représentatives de trois générations. Elle constitue une pensée poétique de la Lituanie sur plusieurs dizaines d'années en évoquant son histoire, ses réalités politiques, son contexte social, le paysage ou tout simplement la vie quotidienne. Les textes ont été traduits du lituanien par Diana Sakalauskaïté et Nicole Barrière et l’ouvrage préfacé par Rasa Balcikonyté. L’Harmattan, 2012, 255 pages, 22 euros. http://www.cahiers-lituaniens.org

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30 novembre 2012

Jonas Mekas en rétrospective au Centre Pompidou

Le 30 novembre 2012, le Centre Pompidou inaugure le cycle "Cinéastes en correspondance", en proposant un dialogue entre les oeuvres des réalisateurs Jonas Mekas et José Luis Guerin. Ce dialogue prend la forme d’une installation constituée de neuf lettres vidéo, coeur de leur rencontre, et d’une rétrospective intégrale de leurs films, en leur présence. Jonas Mekas incarne depuis les années 1960 le mouvement d’avant-garde américain. Il naît en 1922 en Lituanie. Après la guerre, il s'exile à New York où il découvre la Beat Generation et sa scène artistique. À son arrivée, il achète une caméra Bolex qui ne le quittera plus. Il commence alors à filmer son quotidien tel un journal intime et ses amis, les artistes de l’avant-garde new-yorkaise qu’il défend avec emphase dans les colonnes de Film Culture et Village Voice. Il est également l’un des fondateurs de l’Anthology Film Archives et de la Film-makers’Coop, première coopérative de diffusion du cinéma indépendant et expérimental au monde. Avec plus de soixante films à son actif, Jonas Mekas, qui fêtera ses 90 ans le 24 décembre prochain, poursuit son travail de cinéaste et continue de réaliser des images toujours fortement ancrées dans leur temps. http://www.centrepompidou.fr/

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29 novembre 2012

Blagovest : concert de l’Avent d’un ensemble letton à Strasbourg

Dans le cadre des festivités de Noël qui couvrent tout le mois de décembre à Strasbourg, l’église réformée Saint-Paul accueille le mercredi 12 décembre à 20h l’ensemble orthodoxe letton "Blagovest" de Riga, lauréat de plusieurs concours internationaux de chorales. Au programme : chants religieux orthodoxes, classiques et populaires russes consacrés aux préparations de Noël et de l’hiver. Organisé en liaison avec la paroisse patriarcale russe de Strasbourg. Entrée libre – plateau. http://www.strasbourg-reor.org

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27 novembre 2012

L’écrivain Jurgis Savickis est décédé en France il y a 60 ans

A l’occasion du 60e anniversaire de la mort de Jurgis Savickis, sa tombe dans le cimetière de Roquebrune a été fleurie par l’ambassadrice de Lituanie en France, Jolanta Balčiūnienė, accompagnée de plusieurs proches de la famille de l’écrivain, dont Perkunas Liutkus. Jurgis Savickis (1890-1952) fut diplomate et écrivain, auteur d’une quinzaine d’ouvrages et récits, dont une nouvelle, "Fleita" (La flûte), parue en français dans les Cahiers Lituaniens (2001, n°2) dans une traduction de Marielle Vitureau. http://www.cahiers-lituaniens.org

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10 novembre 2012

Vient de paraitre : Tannenberg, 15 juillet 1410

La bataille de Grunwald / Zalgiris ou Tannenberg, en juillet 1410, opposa les chevaliers de l'ordre Teutonique au royaume de Pologne allié au grand-duché de Lituanie. L'ordre ne se releva jamais de sa défaite. La victoire polonaise et lituanienne est considérée comme l'un des événements majeurs de l'histoire de ces deux pays. Le récent livre de Sylvain Gouguenheim s’attache à reconstituer le déroulement des faits. Edité à Paris chez Tallandier, 262 pages, 18,90 €. http://www.tallandier.com/

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