30 juillet 2014

Vient de paraître : le tome IX de la Feuille Lituanienne

Les Presses universitaires de Limoges (PULIM) viennent de publier le 9e tome de la Feuille de Philologie comparée Lituanienne et Française. Cette nouvelle livraison élargit le domaine de ses recherches à la francophonie. On y trouvera en effet, outre la contribution d'un nouveau jeune savant ivoirien portant sur la langue d'un auteur africain d'expression française, l'exposé d'intéressantes réflexions sur des expériences pédagogiques menées par des professeurs de français lituaniens autour du vocabulaire belge et canadien. La philologie indo-européenne est toujours bien représentée avec un long article consacré aux langues baltes tandis que sont proposées par ailleurs deux études sur des périodes-clefs de l'histoire de la Lituanie, l'une portant sur les relations diplomatiques à la fin du XVIe siècle, l'autre sur la période contemporaine. Un petit article est consacré aux noms de quelques fromages français transposés en lituanien et le volume s'achève par une émouvante évocation d'une grande artiste franco-lituanienne, Geneviève Carion-Machwitz. Tome VIII, 12 euros.

http://www.pulim.unilim.fr/

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25 juillet 2014

L’énigme lituanienne de l’herbier de Dominique Villars (1745-1814)

Il y a 200 ans mourrait à Strasbourg le grand naturaliste Dominique Villars. Originaire des Hautes Alpes, il marqua l’histoire des sciences naturelles par ses travaux sur la flore alpine, notamment par son Histoire des plantes du Dauphiné. Médecin et directeur du jardin botanique de Grenoble, il sauva la vie – lors de la Journée des Tuiles – du jeune sergent Bernadotte, futur roi de Suède Charles XIV Jean. La révolution le priva de toutes ses fonctions dans sa région natale et il s’exila. En 1805, il obtint la chaire de botanique de l’école de médecine de Strasbourg, dont il devint doyen en 1809. Il est ainsi l’auteur du Catalogue méthodique des plantes du Jardin de l’École de Strasbourg. Il herborisait régulièrement dans les plaines du Rhin et dans les Vosges. En 1811, en compagnie des deux botanistes alsaciens Gustave Lauth et Auguste Nestler, il parcourut la Suisse, dont il publia ses observations dans son Précis d'un voyage botanique fait en Suisse, dans les Grisons, aux sources du Rhin, au St. Gothard.

Le muséum d’histoire naturelle de Grenoble conserve l’herbier de Villars (cf. Poncet V. 1999, L’Herbier de Dominique Villars, Témoin de la flore du Dauphiné, Muséum de Grenoble). Plusieurs plantes de cet herbier portent les étiquettes indiquant « Pologne » comme lieu d’origine. Il est intéressant de s’interroger sur la provenance de ces spécimens. Villars n’a jamais voyagé en République des Deux Nations (Pologne-Lituanie). Il connaissait par contre deux naturalistes qui y ont séjourné. Jean-Etienne Guettard (1715-1786) y passa deux ans (1760-62) en qualité de médecin de l’ambassadeur de France. En 1775, Villars parcourut les montagnes du Dauphiné et herborisa avec Guettard, Barthélemy Faujas de Saint-Fonds (1741-1819) et Adolphe Murray (1750-1803). Néanmoins, ce voyage et début de relation avec Guettard se tint plus de dix ans après le retour de ce dernier en France. Nous ne disposons d’aucune information sur l’éventuel l’herbier de Guettard contenant les plantes originaires de la République des Deux Nations.
L’hypothèse la plus probable est celle que c’est Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) qui fut la source de ces spécimens. Villars correspondait avec Gilibert et échangeait avec lui des plantes et des informations. C’est Gilibert qui publia en 1786, au nom de Villars et à son insu, la Flora Delphinalis. Le botaniste dauphinois participa également à l’édition par Gilibert des Démonstrations élémentaires de botanique et à la détermination et publication des célèbres gravures de Pierre Richer de Belleval (1564-1632). Nous pouvons donc penser, avec une quasi-certitude, que les plantes de l’herbier de Villars dites de « Pologne » proviennent d’échanges avec Gilibert. Ce fait implique que ces plantes ne sont pas originaires de Pologne même, mais du grand-duché de Lituanie (soit du territoire de l’actuelle Lituanie et de la Biélorussie) où Gilibert herborisait avec ses élèves de Grodno et de Vilnius. Son herbier, une de plus anciens de la flore de Lituanie, fut presque entièrement détruit. En 1793, lors de la prise de Lyon par l’armée de la Convention, les révolutionnaires brûlèrent cet herbier en confondant les planches de plante avec des documents administratifs. L’herbier de Villars à Grenoble conserve donc les spécimens d’une grande importance pour l’histoire de la botanique en Lituanie.
Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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16 juin 2014

Muza Rubackyté : un récital “Joie et lumière”


Après une tournée internationale triomphale, la pianiste franco-lituanienne Muza Rubackyté donnera à Paris le 11 octobre 2014 un récital intitulé “Joie et lumière”. Si son dernier concert à l'Opéra de Paris-Bastille, consacré à Louis Vierne, était sombre et empli de “Spleen et détresse”, c’est maintenant vers la lumière que Muza se tourne en proposant un programme sous forme de poème lyrique, une véritable “ode à la joie ” guidée par Bach, Beethoven et Liszt. Salle Gaveau, 45 rue la Boétie à Paris.
www.sallegaveau.com

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13 juin 2014

Pan Tadeusz en scène à Paris

Publié à Paris en 1834, Pan Tadeusz est une des épopées les plus remarquables de la littérature mondiale, évocation de la patrie perdue d’Adam Mickiewicz, grand poète polono-lituanien. L’écrivain y décrit des scènes prises sur le vif de la société et en particulier la vie de la noblesse avec l'évolution de ses traditions et usages immémoriaux. En juin 1812, Napoléon marche sur Moscou et franchit le Niémen. Deux familles s'affrontent, l'une alliée aux Russes, l'autre indépendantiste.
Né à Novogrodek, aujourd’hui en Biélorussie, Adam Mickiewicz fit ses études à l’université de Vilnius, puis dut s’exiler en France où il se réfugia et enseigna au Collège de France. Il séjourna aussi en Russie où il sa lie d’amitié avec le grand poète russe, Alexandre Pouchkine. Il ne cessa cependant de songer à sa «Litwa» tant aimée. Patriote fervent, il enchanta la beauté de ses terres natales et la gloire de son peuple. Parler de Mickiewicz, c'est parler du beau, du juste et du vrai. Nommé «prophète» par Victor Hugo, il demeura pour ce dernier «un des clairons de l'avenir».
Pan Tadeusz de Mikalaj Pinihin est la première adaptation de ce grand poème épique au théâtre biélorusse. «J’ai longtemps rêvé de réaliser ce projet car ce poème romantique par excellence est aussi emblématique pour nous que «Guerre et Paix» de Tolstoï pour les Russes», explique Mikalaj Pinihin, célèbre metteur en scène biélorusse. Représentation le 18 juin 2014 par le Théâtre National Biélorusse Yanka Kupala à la MC93, 9 boulevard Lénine à Bobigny.
http://www.mc93.com/

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15 mai 2014

150e anniversaire de la mort de Stanisław Batys Górski (1802-1864)

Stanisław Batys Górski se donna la mort le 3 avril 1864. Il passa les dernières années de sa vie dans le domaine d’un de ses amis Adolf Kubalicki, près de Švenčionys (Święciany). La situation politique d’alors priva ce grand naturaliste de toute possibilité de travail scientifique et le condamna à dépendre de la générosité de ses amis. Stanisław Batys Górski était né à Dwórka près de Kobryń, aujourd’hui en Biélorussie. Après avoir fait ses études secondaires à Grodno, puis à Świsłocz, il s’inscrivit en 1820 à l’université de Vilnius où il étudia d’abord les sciences naturelles, puis la médicine. Il se spécialisa en pharmacie et en pharmacognosie. Il travailla avec le célèbre pharmacien et naturaliste Jan Fryderyk Wolfgang (1775-1859), professeur à cette université. Durant les années 1829-32, Gorski dirigea le jardin botanique académique. Après la fermeture de l’université, il enseigna la botanique, la pharmacie et la pharmacognosie à l’Académie médico-chirurgicale. Quand les autorités russes fermèrent également cette institution, il ne put continuer ses recherches que grâce à des amis mécènes, notamment Constantin Tyzenhauz (1786-1853). Nous devons à Górski les premières études scientifiques sur la flore de la forêt de Białowieża. Une partie de ses travaux a été publiée à Vilnius sous le titre Sur les plantes aimées par les bisons et les autres végétaux. Il est aussi l’auteur de la partie botanique de Naturhistorische Skizze von Lithauen, Volhynien und Podolien in geognotisch-mineralogischer, botanischer und zoologischer Hinsicht (Vilnius 1830) de Carl Eduard von Eichwald (1795-1876), ainsi que du chapitre sur les plantes rares de la Description statistique de Vilnius de Baliński (1835). De nombreux herbiers et musées de l’Europe, tel que le Muséum national d’Histoire naturelle à Paris (MNHN), lui doivent des plantes de Lituanie. En signe de reconnaissance, George Bentham lui dédia même une espèce : Copaifera gorskiana. Górski marqua aussi l’histoire de la zoologie avec ses travaux entomologiques, comme Analecta Ad Entomographiam Provinciarum Occidentali-Meridionalium Imperii Rossici, publié à Berlin en 1846, ou encore ses travaux sur l’histoire de la cochenille de Pologne, autrefois une ressource économique très importante pour la République des Deux Nations. Il est coauteur d’un manuel de zoologie en trois volumes, Zoologia albo Historya naturalna zwierząt (Vilnius 1836-1837). La Bibliothèque Centrale du MNHN en conserve un exemplaire avec la dédicace de Gorski à Achille Valenciennes (1794-1865), ichtyologiste et professeur du Muséum, « comme preuve de la plus haute estime de l’auteur ». La dédicace est datée du 29 novembre 1847 ; Gorski l'a signée durant son voyage en Europe occidentale. Grâce à la générosité de Tyzenhauz, il visita à deux reprises, en 1841 et en 1847, diverses institutions scientifiques en Allemagne, Autriche, France, Suisse et Italie. Sa description du jardin botanique de Palerme, publiée à Varsovie en 1843, nous informe qu’il rapporta d’Italie en Lituanie de « petites oranges connus sous le nom Mandarino ». Il fut ainsi probablement le premier à tenter introduire des mandarines en Lituanie. Dès son retour, il habita dans le domaine de son ami déjà cité, près de Švenčionys. Malgré sa situation difficile, il soigna gratuitement les paysans. Il se donna la mort durant la période de grand désespoir qui régna en Lituanie, lors de la répression russe qui suivit l’écrasement de l’insurrection de 1863. Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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05 mai 2014

Retour en Lituanie : les jeunes expatriés invités à rentrer au pays

Début mai s’est tenue à Londres la quatrième session de la conférence „Retour en Lituanie" (Backto.lt) à l’attention des jeunes diplômés et cadres lituaniens expatriés en Europe occidentale. Organisée par l’ambassade de Lituanie sous le patronage de la présidente de la République Dalia Grybauskaitė, cette manifestation est la quatrième de ce type, après Copenhague, Stockholm et Oslo. Avec près de 20% de la population qui s’est expatriée depuis le rétablissement de l’indépendance du pays en 1990, il est vital aujourd’hui pour les autorités lituaniennes d’inciter ces forces vives, qui ont étudié et commencé à travailler à l’étranger, à retourner au pays pour lui faire profiter de leurs nouvelles connaissances et leurs expériences professionnelles. Ces manifestations sont l’occasion de présenter à ces jeunes les nouvelles opportunités qui s'ouvrent en Lituanie et de faire connaitre les histoires de réussite de ceux qui sont déjà revenus.
http://www.backto.lt/

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28 avril 2014

George Bentham, des souvenirs liés à la Pologne-Lituanie

George Bentham (1800-1884) fut un des plus importants botanistes britanniques du XIXe siècle. Ses origines le plaçaient dans la haute société anglaise. Son père, Sir Samuel Bentham (1757-1831), était un spécialiste du génie naval et son oncle Jeremy Bentham (1748-1832) marqua l’époque par ses écrits en philosophie et en droit, ainsi que sur la réforme libérale de l’Etat. George laissa derrière lui des écrits autobiographiques (George Bentham : Autobiography, 1800-1834, edited by Marion Filipiuk, University of Toronto Press, 1997), qui sont un témoignage particulièrement intéressant, tant pour l’histoire des sciences naturelles que pour la politique et les mœurs de l’époque. Ce savant britannique était très lié à la France. Parfaitement francophone, il possédait des biens dans l’Hexagone. Auteur de nombreuses publications sur la flore française, dont un Catalogue des plantes indigènes des Pyrénées et du Bas Languedoc, il entretenait des relations privilégiées avec Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841) et les botanistes du Jardin des Plantes de Paris. Si la République des Deux Nations n’existait déjà plus à l’époque, on trouve dans son autobiographie plusieurs traces de l’histoire de la Lituanie, de l’Ukraine et de la Pologne. Bentham passa une partie de son enfance au sein de l’empire russe, car son père faisait partie d’une mission ayant pour but la construction en Russie de navires pour la marine militaire britannique. Il visita donc aussi les ports baltiques et les forêts, dont celles de Lituanie. Plus tard, il correspondit et échangea des plantes avec Willibald Besser (1784-1842), qui dirigeait le jardin du célèbre Lycée de Volhynie à Krzemieniec (Cremenetz) en Ukraine, et avec Alojzy Estreicher (1786-1852), de l’Université de Cracovie. Il rencontra un des jeunes princes Czartoryski à Londres lors d’un dîner chez le « professeur Pillan », en compagnie de M. Napier, éditeur du Supplement to the Encyclopedia Britannica. Après le repas, Bentham se rendit en compagnie de Czartoryski à la réunion de la Royal Society. Durant son voyage en Allemagne, il assista le 5 septembre 1832 à Leipzig à la présentation d’une comédie musicale Der alte Feldherr, tirée d’une anecdote de la vie de Kosciuszko. C’était une des nombreuses manifestations de sympathie en Saxe en faveur de l’indépendance de l’Etat polono-lituanien, suite à la défaite de l’insurrection de 1831. Ces quelques souvenirs racontés par Bentham sont des épisodes historiques souvent absents des livres d’histoire et qui méritent pourtant de ne pas être oubliés. Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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14 avril 2014

”Jamais nous ne serons frères, ni par la patrie, ni par la mère”

”Nikogda my ne budem bratiami” ("Никогда мы не будем братьями") sont les premières paroles d’un poème écrit en russe lors des évènements de Crimée et d’Ukraine orientale par une jeune Ukrainienne (23 ans) de Kiev, Anastassia Dmitrouk. Ecrit en réponse à l’agression russe contre les Ukrainiens - un peuple souvent désigné comme ”frère” par les Russes -, ce poème a été mis en musique et arrangé par deux Lituaniens, Virgis Pupšys et Gintautas Litinskas, et chanté par eux et par Jeronimas Milius et Kęstutis Nevulis. Il a un énorme écho sur les réseaux sociaux ukrainiens et lituaniens, via YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=yfetozC7F7Y
http://v-n-zb.livejournal.com/6932933.html

En voici les paroles librement traduites en français, suivies des paroles originales :

Jamais nous ne serons frères,
Ni par la patrie, ni par la mère,
Il n’y a pas en vous l’aspiration à être libres,
Nous ne serons même pas demi-frères.

Vous vous êtes vous-même baptisés « nos aînés »,
Les cadets, c’est nous, mais pas de vous,
Vous êtes si nombreux, hélas une masse,
Vous êtes énormes, nous sommes grands.

Vous continuez à nous mettre sous pression,
L’envie vous étouffe,
La liberté, un mot inconnu de vous,
Depuis l’enfance, vous êtes enchaînés.

Chez vous, « le silence est d’or »,
Chez nous, les cocktails Molotov s’enflamment,
Oui, nous avons un cœur à sang chaud,
Et vous, « nos parents », pourquoi êtes-vous aveugles ?

Nous, nous n’avons pas froid aux yeux,
Même sans armes, nous sommes dangereux,
Nous avons grandi et sommes devenus courageux,
Nous sommes tous dans la mire de vos snipers.

Les tortionnaires nous ont mis à genoux,
Nous nous sommes relevés pour nous rétablir,
Les rats peuvent se cacher et prier,
Dans le sang, ils vont se noyer.

Chez vous, on vous donne de nouveaux ordres,
Et chez nous, le feu de nouvelles insurrections,
Chez vous règne le Tsar, chez nous la Démocratie
Jamais nous ne serons frères.


Никогда мы не будем братьями
ни по родине, ни по матери.
Духа нет у вас быть свободными –
нам не стать с вами даже сводными.
Вы себя окрестили «старшими» -
нам бы младшими, да не вашими.
Вас так много, а, жаль, безликие.
Вы огромные, мы – великие.

А вы жмете… вы всё маетесь,
своей завистью вы подавитесь.
Воля - слово вам незнакомое,
вы все с детства в цепи закованы.

У вас дома «молчанье – золото»,
а у нас жгут коктейли Молотова,
да, у нас в сердце кровь горячая,
что ж вы нам за «родня» незрячая?

А у нас всех глаза бесстрашные,
без оружия мы опасные.
Повзрослели и стали смелыми
все у снайперов под прицелами.

Нас каты на колени ставили –
мы восстали и всё исправили.
И зря прячутся крысы, молятся –
они кровью своей умоются.

Вам шлют новые указания –
а у нас тут огни восстания.
У вас Царь, у нас - Демократия.
Никогда мы не будем братьями.

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07 avril 2014

Des roses du Muséum d’histoire naturelle de Paris pour le comte Tyszkiewicz

La famille Tyszkiewicz appartenait à la grande aristocratie de la République des Deux Nations. Elle possédait plusieurs châteaux et palais en Lituanie et en Pologne, notamment à Palanga, Astravas et Varsovie, ainsi que la grande forêt de Swislocz (dans le prolongement de la célèbre forêt de Białowieża) que le tsar confisqua en 1832 par mesure de rétorsion pour leur participation à l’insurrection de 1831. Ses membres occupaient les plus importantes fonctions, comme Ludwik Tyszkiewicz (1748-1808) qui fut hetman et trésorier du grand-duché de Lituanie. Ils ont laissé leur nom également dans l’histoire des sciences ; on citera ainsi les éminents frères archéologues Eustachy Tyszkiewicz (1814-1874) et Konstanty Tyszkiewicz (1806-1868) ou le collectionneur d'antiquités Michal Tyszkiewicz (1828-1897), fondateur d'un musée privé à Rome et donateur du Musée du Louvre. Leur nom est aussi lié à la longue tradition d’horticulture qui prévalait en République des Deux Nations au sein de la grande noblesse. Les propriétaires étaient souvent fiers de leurs jardins et des variétés des plantes cultivées. Nous n’avons malheureusement que très peu de précisions sur cette tradition. La lettre envoyée le 17 février 1854 par le comte Tyszkiewicz à Joseph Decaisne, du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, est donc un intéressant témoignage. Le comte, en passage à Paris, désirait visiter les serres du Muséum et aussi acheter pour ses propriétés diverses variétés des roses. Il les énonce : « Rose noire la plus foncée, Rose laquentinie, pourpre noire, Gloire de France, Madame Lecurveux, Queen Victoria blanche, Fortunés yellow, Rubanée la plus belle, Tigrée, Général Changarnier, Rose thé, Madame Mélanie Willemoz, Soleil d’Austerlitz, Blanche à cœur bleu, Rouge à cœur jaune, Zoé mousseuse partout ». Il souhaitait également rapporter en Lituanie « plusieurs espèces parmi les plus belles » de renoncules, d’anémones et de gladiolés. Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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04 avril 2014

90 ans de Festivals des Chants et des Danses à Vilnius

Les chants et les danses traditionnels sont une partie importante de l’héritage culturel lituanien, préservé et cultivé fièrement par les Lituaniens d’aujourd’hui. De nombreux festivals sont organisés tout au long de l’année partout en Lituanie. Un des évènements le plus populaire est le Festival des chants et des danses Dainų šventė , organisé tous les 4 ans à Vilnius et inscrit, en 2008, sur la liste des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’UNESCO. La précédente édition a rassemblé plus de 40 000 choristes et danseurs venus des 4 coins du monde. En 2014, le festival fêtera ses 90 ans : un programme exceptionnel est prévu pour cette occasion. Il réunira du 2 au 6 juillet  les meilleurs chanteurs et danseurs traditionnels lituaniens du monde entier. Pour en savoir plus : http://www.dainusvente.lt/en

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28 mars 2014

Soirée de films documentaires lituaniens à Paris le 31 mars

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14 mars 2014

Oscar Milosz, le Lituanien

Le 53e numéro des Cahiers de l’association des Amis de Milosz, présidée par Janine Kohler, vient de paraitre. Cette livraison est centrée non seulement sur Oscar Milosz, mais aussi sur la Lituanie. Lituanie du diplomate qu'il fut dès 1919, Lituanie rêvée des poèmes, Lituanie d'aujourd'hui. L'historien Julien Gueslin, responsable du pôle sciences humaines de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU) et membre d’Alsace-Lituanie, analyse des articles de Milosz pratiquement inédits, datant de 1917 et 1918 et montre comment, peu à peu, s'est construite l'identité lituanienne. Sont également publiés trois articles de Milosz lui-même qui analyse la culture de son pays ainsi qu'une lettre inédite portant sur le conflit polono-lituanien. Editions L’Harmattan, collection Mare Balticum, mars 2014, 146 pages, 15 €.
http://www.editions-harmattan.fr

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12 mars 2014

Une collection ethnographique de Lituanie au Musée de l’Homme à Paris

Alors que le Musée de l’Homme à Paris est en cours de rénovation avec une réouverture prévue en 2015, il est intéressant de rappeler que cette composante du Muséum National de l’Histoire Naturelle (MNHN), inaugurée en 1938, conserve d’importantes collections anthropologiques et ethnographiques, y comprises baltes. En effet, dès sa fondation, le Musée de l’Homme participait à des échanges scientifiques avec la Lituanie. Une lettre datée du 28 avril 1939, signée par Jacques Soustelle (1912-1990), à l’époque sous-directeur de Musée de l’Homme, et adressée à Paulius Galauné (1890-1988), directeur du Musée Vytautas-le-Grand à Kaunas, témoigne de cette coopération franco-lituanienne. Il y écrivit : « A la demande de Jurgis Baltrušaitis (1903-1988), j’ai l’honneur de vous envoyer ci-joint la liste des objets lituaniens que notre Musée doit à votre grande amabilité ». La lettre est accompagnée de la «liste des objets lituaniens donnés au Musée de l’Homme par le Musée de Kaunas (1934) ». Elle mentionne les éléments suivants : ceinture tissé à la main, fil et laine (n°1) ; tablier tissé à la main, lin bordé de laine multicolore (n° 2 à 7) ; gants de laine tricotés à la main (n° 8 à 12) ; échantillons de dentelle (n° 13) ; tablier tissé à la main, lin, ornements de laine multicolore (n°14 à 21) ; tenture en lin, tissage à rayures et ornements de couleurs (n°22) ; torchon de lin (n° 23) ; sifflet en terre vernissée (n°24 à 31) ; céramique (n° 34 à 38). La date de 1934 ainsi que le nom de Baltrušaitis laissent supposer que ces objets ont été présentés lors de l’exposition d'Art Populaire Baltique, tenue en 1935 au Trocadéro à Paris et dont Baltrušaitis était le commissaire, pour être ensuite conservés au MNHN.
Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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07 mars 2014

Poésie : le Chant limitrophe de Tomas Venclova

Préfacé par le prix Nobel de littérature Joseph Brodsky et traduit par Henri Abril, un recueil de poèmes de Tomas Venclova vient de paraitre à Strasbourg. Il s’étend sur un demi-siècle et le choix des textes a été fait par l’auteur. Né en 1937 à Klaïpeda, Tomas Venclova quitta l’Union Soviétique en 1977 et enseigna longtemps la littérature russe aux Etats-Unis. Auteur de nombreux essais et traductions, c’est avant tout un poète lituanien majeur, dont le registre formel étendu lui permis d’aborder les sujets les plus divers, depuis la mythologie jusqu’à la condition métaphysique de l’exilé, nullement réductible au passage d’un monde à un autre. Joseph Brodsky, auquel Venclova fut lié par une longue amitié, le citait comme un des poètes essentiels, formé à la confluence de trois langues et de trois littératures, les polonaise, russe et lituanienne. « Le Chant limitrophe », Editions Circé, 15 rue du Parc, 67100 Strasbourg, 2013, 18.00 €.
http://www.editions-circe.fr

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25 février 2014

Strasbourg : soutien parlementaire au Printemps ukrainien

A l’initiative d’Henri Malosse, président du Comité économique et social européen, professeur invité de l’Université technologique de Kaunas et membre d’honneur d’Alsace-Lituanie, le groupe parlementaire de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ALDE) au Parlement européen a invité ce 25 février 2014 à la session parlementaire de Strasbourg Ruslana Lijitchko, la chanteuse gagnante de l’Eurovision 2004. Ruslana est aussi une des figures de proue du mouvement Euromaïdan et elle a été invitée comme représentante de la société civile ukrainienne. Ce sont les députés européens Guy Verhofstadt (ancien Premier ministre belge) et Marielle de Sarnez, respectivement président et vice-présidente du groupe parlementaire ALDE qui ont patronné cette rencontre avec M. Malosse. Tous les trois s’étaient déjà rendus à plusieurs reprises à Kiev ces derniers mois et avaient rencontré plusieurs dirigeants de l’opposition. La rencontre a permis à Ruslana de faire appel au soutien moral et technique de l’Europe durant la difficile période de transition et de préparation des élections du 25 mai prochain. Elle a souligné que les Ukrainiens cherchent avant tout à se rapprocher des standards européens en matière d’Etat de droit et rappelé que son pays est une partie intégrante du continent européen.
http://www.cahiers-lituaniens.org

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24 février 2014

Correspondances d'érudits entre France, Pologne et Lituanie

Vient de paraitre aux Presses universitaires de Rennes un passionnant ouvrage sur les correspondances d’érudits aux XVIIIe et XIXe siècles entre France, Pologne et Lituanie. Grands voyageurs, aristocrates éclairés, hommes de science ont été les témoins des changements géopolitiques de ce qui fut la République des Deux Nations. Leurs lettres échangées, éparpillées dans des archives publiques ou privées à travers l’Europe, apportent de précieux témoignages sur les découvertes scientifiques, les échanges culturels, ou encore le milieu académique des grandes universités telle celle de Vilnius. C’est tout le mérite des auteurs de ce travail collectif, dirigé par Marie-France de Palacio, professeur de littérature comparée à l’Université de Bretagne Occidentale, d’avoir retrouvé et dépouillé ces lettres et ces journaux intimes inédits. Des chercheurs de Lituanie, de Pologne, de France, mais aussi de Biélorussie et de Russie, se sont attelés à cette tâche et ce recueil témoigne des orientations fécondes de leurs travaux. « Correspondances d’érudits aux XVIIIe et XIXe siècles. France, Pologne, Lituanie », PUR, Rennes, 2014, 254 pages, 18 €.
http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3416

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17 février 2014

20e forum des amis de la Lituanie en France

Le 16 février 2014, le jour de la Fête nationale lituanienne, les représentants d’une quinzaine d’associations lituanophiles unies au sein de la Coordination France-Lituanie se sont retrouvés en forum annuel pour la vingtième fois. La réunion s’est tenue en l’église basse de Saint-Augustin à Paris, sous la présidence d’Anne-Marie Goussard et avec la participation de l’ambassadeur Jolanta Balčiūnienė, du consul Algimantas Misevičius, et de la responsable de l’agence touristique Baltic Wawe, Inga Lanchas. Elle fut précédée la veille d’une réunion du conseil d’administration de la Coordination.

http://www.france-lituanie.org/

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01 février 2014

Pouchkine mise en scène à Bobigny par un Lituanien

Aussi étonnant que cela puisse paraître, "Eugène Onéguine",  le grand roman en vers d’Alexandre Pouchkine dont tous les Russes connaissent au moins plusieurs passages par cœur, n'avait jamais été porté au théâtre. Il a fallu un metteur en scène lituanien, Rimas Tuminas, directeur artistique du Théâtre Vakhtangov de Moscou, pour s'attaquer à ce monument de la culture russe "avec une réussite éclatante" selon Fabienne Darge, du Monde. C'est ce spectacle qui est donné quelques soirées à la MC93 de Bobigny, et que les amateurs de grand théâtre russe ne manqueront pas, parce que "ce théâtre-là apporte quelque chose qui fait souvent cruellement défaut aujourd'hui : un souffle, un lyrisme – sans grandes orgues aucunes", toujours selon Le Monde. "Ce miracle de simplicité, de grâce, d'harmonie, de légèreté, d'humour qu'est la langue de Pouchkine", selon son traducteur, André Markowicz, trouve ici une parfaite traduction scénique. C’est tout le mérite du metteur en scène. Né le 20 janvier 1952 à Kelmė, en Samogitie, Rimas Tuminas a mis en scène plus de 20 pièces dans différents théâtres de Lituanie et à l’étranger. De 1970 à 1974, il a étudié au Conservatoire de Lituanie. En 1978, il a créé sa première mise en scène au Théâtre dramatique de Lituanie et a travaillé, de 1979 à 1990, en tant que metteur en scène à l’Académie nationale de théâtre de Lituanie, dont il devint le directeur artistique en 1994. C’est en 2002, à l’invitation de Michael Ulianov, qu’il commença à travailler au Théâtre Vakhtangov, véritable institution moscovite sur l’Arbat, dont il devient le directeur artistique en 2007. MC93, 9, bd Lénine, Bobigny, du 31 janvier au 5 février 2014.  http://www.mc93.com/

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27 janvier 2014

80e anniversaire de l’édition de "Tentamen florae Lithuaniae"

L’ouvrage "Tentamen florae Lithuaniae" de Bolesław Hryniewiecki (1875-1963) a été publié en 1933. Dédié à l’université de Vilnius, ce livre est paru à l’occasion du 400e anniversaire de la naissance de son fondateur, le roi Etienne Báthory (1533-1586). Il est une des plus importantes contributions à la connaissance de la nature lituanienne au XXe siècle. Tentamen n’est cependant pas uniquement un excellent ouvrage botanique comprenant la description de plus que mille espèces de plantes, l’analyse phytogéographique, phytosociologique et écologique de la flore lituanienne ; c’est également une source de premier ordre pour l’étude de l’histoire des sciences naturelles de cette partie de l’Europe.
Par ailleurs, nous devons à Hryniewiecki la biographie ainsi que l’analyse des notes botaniques et de l’herbier du frère Ambrosius – Jerzy Pabreżos (Pabreż) (1771-1849). Ce religieux de l’ordre des Bernardins, un Samogitien établi à Kretinga et formé à l’université de Vilnius, fut un des pionniers des recherches floristiques en Lituanie, l’auteur de la "Flore de Samogitie" et du dictionnaire des noms lituaniens des plantes, utilisé notamment par Matulionis pour son dictionnaire botanique lituano-russo-polonais (édité à Vilnius en 1904). Le manuel de botanique systématique en lituanien de Pabreżos fut édité plus que 50 ans après la mort de l’auteur aux Etats-Unis. Hryniewiecki renouvelle les écrits du frère Ambrosius sur la nomenclature populaire botanique et les règles de la formation des noms des plantes en Samogitie. Les informations publiées dans Tentamen sont d’autant plus importantes qu’une partie de l’herbier de ce botaniste fut perdue au moment de l’évacuation de Hryniewiecki d’Odessa, juste avant la prise de la ville et les massacres et pillages perpétrés en 1919 par les bolcheviques. Parmi les nombreux apports de ce livre à l’histoire des sciences, mentionnons encore la publication de l’autobiographie de Joseph Jundziłł (1794-1877), un des premiers savants qui ont étudié la flore de la Lituanie ; ce manuscrit fut découvert à Cracovie par Władysław Szafer (1886-1970).
Tentamen est aussi un livre plein d’érudition qui fait souvent référence à l’histoire et à la culture de la Lituanie. Les descriptions de la flore dans les poèmes de Mickiewicz et d’autres écrivains sont souvent citées et analysées. Hryniewiecki présente aussi des arbres historiques et d’autres monuments de la nature, dont les célèbres chênes Baublis, cité par Mickiewicz. Notons que le chêne fut l’objet des cultes païens et est dessiné par Konstanty Tyzenhauz (1806-1868) comme "témoin de la Lituanie préchrétienne", ou encore le pin de Napoléon, l’arbre de rencontre de l’empereur avec le tsar Alexandre Ier. Par ailleurs, Hryniewiecki souligne le rôle inspirateur de la culture pour les recherches naturalistes comme celles menées par Kazimierz Łapczyński (1823-1892) dans les forêts de Lituanie afin de retrouver des "hêtres de Mickiewicz".
Une notice biographique de l’auteur de Tentamen est disponible en ligne :
http://www.ihnpan.waw.pl/redakcje/organon/42/12hryniewiecki%20par%20daszkiewicz.pdf
Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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07 janvier 2014

300e anniversaire de Donelaitis : concert à Paris

A l’occasion de 300e anniversaire de la naissance de l’écrivain Kristijonas Donelaitis (1714-1780), l’Unesco organise un concert dans ses locaux à Paris, 125 avenue de Suffren, le lundi 13 janvier à 19h. C’est un oratorio profane, intitulé «Les Saisons», d’après le poème de Donelaitis, qui sera proposé sur une musique de Bronius Kutavicius. Il s’appuiera sur la participation de l’orchestre de chambre Saint-Christophe de la ville de Vilnius, dirigé par Donatas Katkus, et du chœur Jauna Muzika, également de Vilnius. La comédienne Birute Mar lira des extraits du poème.
http://www.cahiers-lituaniens.org

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