01 septembre 2015

Visite de Julian Ursyn Niemcewicz (1757-1841) au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris

Julian Ursyn Niemcewicz est connu pour ses œuvres littéraires et pour ses activités politiques. Issu de la noblesse du grand-duché de Lituanie, il fut un proche collaborateur du prince Czartoryski et travailla au sein de la Commission d’Education Nationale de l’Etat polono-lituanien. Député à la Diète de 1788 à 1792, il contribua à la rédaction de la Constitution du 3 mai 1791. Aide de camp de Kościuszko, il fut emprisonné par les Russes. Libéré, il se rendit aux Etats-Unis où il devint un proche collaborateur de George Washington et membre de l’American Philosophical Society. Marié à Susan Livingston Kean, fille du premier vice-président des Etats-Unis, il revint en Pologne en 1802. Très actif en politique mais aussi en sciences, il fut président de la Société des amis des sciences de Varsovie. Il quitta à jamais sa patrie après la défaite de l’Insurrection de Novembre et devint un des exilés des plus actifs de la Grande Emigration. Il appartient également aux grands écrivains et historiens originaires de la République des Deux Nations.

L’importance de ses travaux littéraires et historiques, ainsi que de ses actions politiques, explique probablement que l’on oublie souvent sa passion pour l’histoire naturelle. Dans son domaine d’Ursynów (près de Varsovie), il introduisit plusieurs nouvelles variétés de plantes et des nouvelles pratiques horticoles.

Sur la route de son deuxième voyage aux Etats-Unis, Niemcewicz visita le Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris. Il nota ses observations et nous laissa ainsi un intéressant témoignage. Il y passa une journée entière, le 6 juin 1804, visitant le jardin, la ménagerie et les galeries zoologiques. Il considéra le Jardin des Plantes comme le « plus formidable » des sites de ce type. Ayant une importante culture naturaliste, il remarqua que les plantes étaient rangées selon la méthode de Jussieu, et non selon celle de Carl Linné (1707-1778). Dans la ménagerie, il remarqua une dizaine de lions « dont certains accompagnés de chiens », des tigres et un ours blanc de Terre Neuve qui souffrait affreusement de la chaleur. Il répéta les naïves opinions sur les éléphants « trop pudiques » pour s’accoupler devant les naturalistes. Niemcewicz avait déjà visité diverses collections naturalistes car il put comparer les éléphants du Jardin des Plantes de Paris à un squelette de mammouth qu’il avait vu aux Etats-Unis.

Niemcewicz assista aux cours de minéralogie de René Just Haüy (1743-1822), à ceux d’histoire naturelle de Jean-André Henri Lucas (1780-1825) et de chimie d’Antoine François Fourcroy (1755-1809). Il fut impressionné par la richesse, la splendeur des collections et par l’enseignement au MNHN. Il écrivit à ce sujet : « Paris est un lieu unique pour apprendre toutes sortes de choses. Une année de cours au Jardin des Plantes donnerait, sinon un savoir complet, du moins toute la connaissance nécessaire à un homme ». Rappelons que durant sa présidence de la Société des amis des sciences de Varsovie,  trois professeurs du Muséum devinrent membres étrangers de la société : Georges Cuvier (1769-1832), Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836) et Louis-Nicolas Vauquelin (1763-1829).

Pour en savoir plus auprès de Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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26 août 2015

Louis Henri Bojanus, le savant de Vilnius

Dans la collection "Portraits célèbres d’Alsace" des éditions Vent d’Est vient de paraître un petit livre de 64 pages consacré au zoologiste Louis-Henri Bojanus (1776-1827). Si la majorité des étudiants en sciences naturelles dans le monde connaissent le nom de ce savant grâce à "l’organe de Bojanus", il est moins connu dans son pays natal. Originaire de Bouxwiller, dans le nord de l’Alsace, Louis-Henri Bojanus compte parmi les plus grands anatomistes de son temps. Ses nombreux travaux de recherche, notamment sur les tortues et sur l’aurochs et le bison, l’ont rendu célèbre bien au-delà de l’université de Vilnius où il professa pendant deux décennies.

Dans un format de poche original et richement illustré de photos, dessins et gravures d’époque, l’ouvrage retrace la vie et l’itinéraire de cette figure alsacienne qui a marqué l’histoire. Il est le premier livre en français consacré à ce savant, le précédant ayant été édité en 1958 en polonais, à Varsovie.

"Louis Henri Bojanus, le savant de Vilnius", par Philippe Edel et Piotr Daszkiewicz, Editions Vent d’Est, collection "Portraits célèbres d’Alsace" n°019, septembre 2015, 64 pages, 10 €.
http://www.alsacemonde.org/wp-content/uploads/2015/07/Bojanus-dépliant.pdf

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15 juillet 2015

Domeyko à la recherche de minerais de fer en Alsace

Issu de la petite noblesse de l’ancien grand-duché de Lituanie, Ignacy Domeyko (1802-1889) fut un des plus grands géologues du XIXe siècle et est considéré comme le fondateur de l'enseignement universitaire au Chili. Réfugié en France après la défaite de l’insurrection polono-lituanienne de 1831, il se distingua par ses recherches au Chili où il passa la majeure partie de sa vie. Durant son exil en France, cet ancien étudiant de l’université de Vilnius (et membre de la société secrète des Philomathes), grand ami d’Adam Mickiewicz, compléta ses études au Muséum national d’Histoire naturelle et à l’Ecole des Mines de Paris.
A deux reprises, le destin l’amena en Alsace. D’abord, en 1832, quand, sur sa route d’exil vers Paris, il passa par Strasbourg ; il laissa à cet égard quelques pages d’un témoignage intéressant. Ensuite, en 1832, quand il acheva ses études à l’Ecole des Mines.
Grâce à la recommandation de ses professeurs, il trouva en effet en juillet de cette année-là un emploi dans l’entreprise de la famille Koechlin, « de riches Alsaciens, banquiers et propriétaires d’usines ». Domeyko expliqua dans ses mémoires que la famille Koechlin venait d’acheter le domaine de Bonnefontaine en Basse-Alsace « qui valait trois ou quatre millions ». Les propriétaires cherchaient un géologue et un ingénieur afin de faire une prospection de minerais de fer, ainsi que de créer une fonderie : Je fus choisi pour ce poste d’ingénieur. Je n’avais pas une grande opinion de ma personne et c’est la première fois que je devais gagner ma vie, je n’osais pas marchander. J’acceptais donc avec joie un salaire annuel de 1200 francs. Un formidable château se dressait à Bonne Fontaine, une vie de banquiers, une excellente table et une haute société. Messieurs Köchlin m’ont accueilli très bien. Mme Köchlin, l’épouse du plus jeune, et ses enfants avaient pour moi plus de respect que pour n’importe quel autre fonctionnaire. Je commençais mon travail avec un grand enthousiasme. Dès le matin, je parcourais les forêts avec les ouvriers à la recherche de minerais et j’ai trouvé, dans divers lieux, des gisements relativement riches. Messieurs Köchlin me furent reconnaissants. Ils préparaient le plan d’établissement d’une fonderie dont je devais être un des actionnaires.
J’étais content, presque heureux, quand je travaillais dans la forêt et que je m’occupais des minerais. Cependant, je dois avouer qu’il me manquait quelque chose, au château, à table et dans les salons. Je m’ennuyais, ma nature de noble se réveilla. Toute cette politesse, la commodité, l’ordre, le bon ton, tous liés à un esprit d’économie et de comptabilité, tout cela fut pour moi le signe d’une noblesse récente. J’acceptais plus que j’aimais ce comportement. Parfois, durant les conversations à la riche table, en buvant du champagne et en goûtant de délicieux desserts, il me semblait apercevoir derrière la porte ma mère, triste comme si elle me rapprochait quelque chose. En plus, Messieurs Köchlin étaient protestants. Ils aimaient taquiner les prêtres et la vieille noblesse française malgré que Madame et son frère fussent de fervents catholiques. Les dimanches, il me fallait marcher deux lieues [environ 9 km] pour aller à la messe.
Quand l’automne est arrivé, Mme Köchlin est partie avec les enfants à Paris et les Messieurs - les deux frères - à Mulhouse pour s’occuper de leurs grandes usines. Je suis resté afin de terminer mes recherches de minerai de fer. Le froid et l’humidité dans les forêts m’ont rendu malade et mon moral se dégradait de jour en jour. Un matin, je reçus une lettre de Duvernoy [Georges Louis Duvernoy (1777-1875), professeur à la Faculté des sciences de Strasbourg, puis au Collège de France et au Muséum ; doyen de la Faculté des sciences de Strasbourg de 1832 à 1837], mon professeur de minéralogie. Il me proposa d’aller à Coquimbo au Chili et de prendre un poste de professeur de chimie et de minéralogie, avec un salaire de 1200 piastres (6000 francs) et le remboursement des frais de voyage. 
Domeyko accepta la proposition. Ces quelques phrases sont le seul témoignage connu sur le deuxième séjour de ce grand naturaliste en Alsace.
Pour en savoir plus auprès de Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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14 juillet 2015

Les Lituaniens dans l’Allemagne occupée

Un très intéressant ouvrage collectif, intitulé « Personnes déplacées et guerre froide en Allemagne occupée », vient de paraitre ce printemps aux éditions Peter Lang sous la direction notamment de Corine Defrance (membre d’honneur d’Alsace-Lituanie). La couverture de l’ouvrage reproduit la photographie d’une jeune Lituanienne. Soigneusement mise en scène, la jeune femme, souriante et rêveuse, habillée pour l’occasion d’un impeccable costume traditionnelle, y est assise dans les décombres d’une ville allemande non identifiée. La légende publiée sous la photo, lors de sa parution en 1946, précisait : « Cette jeune Lituanienne n’est pas uns star d’Hollywood ; elle joue son rôle de ‘personne déplacée’ (DP) dans le film de la réalité. » Les auteurs de l’ouvrage précisent que, comme la ruine, le DP faisait partie du paysage de l’Allemagne de l’immédiat après-guerre. Sur le cliché, la jeune DP est photographiée seule, sans Allemands, comme indifférente à son environnement. Cela reflète les tensions qui ont pu se développer dans cette société fragmentée et délabrée qu’était l’Allemagne de ces années-là et qu’analysent les auteurs dans l’ouvrage.
http://www.peterlang.com/

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04 juin 2015

Georges Cuvier, membre d’honneur de l’Université de Vilnius

En juin 1806, l’Université de Vilnius honora le grand paléontologue français Georges Cuvier (1769-1832) d’un titre de membre honoraire. Le diplôme est aujourd’hui conservé dans la section des archives du savant que détient l’Institut de France. Suivant l’habitude de l’époque, il est écrit en latin. Il porte plusieurs signatures : celles de Hieronymus Stroynowski (1752-1815), recteur de l’université et aussi dignitaire de l’église « Electus Episcopus Coadjutor Luceoriensis et Żytomiriensis Praelatus Scholasticus Cathedralis Vilnensis Eques Ordinis Seti. Stanislai Theologiae et Junis Utriusque Doctor », de Simon Malewski (1759-1832), professeur de droit et physiocrate, et de Josephus Mickiewicz (1744-1817) professeur de physique, prêtre « Canonicus Cathedralis Samogitiensis », mais également oncle paternel et, plus tard, mentor du jeune Adam Mickiewicz à Vilnius. L’inscription sur le diplôme rappelle la célébrité de Cuvier et ses fonctions de professeur d’anatomie, de secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences de France, ainsi que de membre de la « Societatis Scientiarum Regiae Londinensis » et de « plurium academiarum ». L’aigle bicéphale des Romanov sur le sceau universitaire témoigne la triste période de l’annexion de la Lituanie à la Russie. Ce précieux document témoigne la notoriété de Cuvier en Lituanie et des liens de l’Université de Vilnius avec les institutions scientifiques françaises au début du XIXe siècle.
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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26 mai 2015

Gunther Stub, un restaurant alsacien à Vilnius

Une winstub ouvre ce mois-ci dans le centre historique de la capitale de la Lituanie, au 9 rue Savičiaus. Si les vins d’Alsace et certaines spécialités alsaciennes étaient déjà servis depuis quelques années au restaurant Balzac et au Café Montmartre, deux autres établissements vilnois appartenant à Thomas Teiten, il s’agit cette fois d’une enseigne entièrement consacrée à la cuisine typique de notre région. Pour cela, Thomas Teiten s’est associé à Christian Mathis, un chef originaire de Phalsbourg, ancien de l’école hôtelière de Strasbourg et ayant une solide expérience internationale de la cuisine. Rappelons que Thomas Teiten est le délégué de l’Union Internationale des Alsaciens (UIA) en Lituanie et ancien membre du comité d'Alsace-Lituanie.
Contact :
thomas@balzac.lt

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18 mai 2015

Bonne journée ! Un opéra lituanien à Mulhouse

 
Dix caissières anonymes sont, le temps d’un opéra, des héroïnes qui, ensemble, relèvent la tête et font front. Elles sont lituaniennes mais elles ressemblent à leurs consœurs du monde entier. Au-dessus d’elles, les scintillements et bourdonnements des tubes néon rappellent les ambiances d’un supermarché, celui-là même où vont les spectateurs assis dans la salle. Le bruissement des douchettes scannant les produits constitue la première note de cet étonnant opéra conçu et réalisé par une jeune équipe essentiellement féminine : Vaiva Grainytė (librettiste), Lina Lapelytė (compositrice) et Rugilė Barzdžiukaitė (mise en scène et scénographie). En créant Operomanija, elles entendent changer la donne de l’opéra contemporain, sur des bases plus populaires. Depuis sa création à Vilnius en 2013, l’opéra Geros Dienos / Bonne Journée ! a été vu à Shanghai comme à New York. Le voici à Mulhouse, les mercredi 27 mai à 20h et jeudi 28 mai à 19h, à la Filature, 20 allée Nathan Katz. Spectacle en lituanien surtitré en français. Durée 1 h. Tarif plein 12 euros. Info et réservation : 03 89 36 28 28.

Pour se faire une idée du spectacle, cliquez sur ce lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Ip--mNHA8Ik&feature=related

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30 mars 2015

Alsace-Lituanie, 25e assemblée générale

Réunie en assemblée générale annuelle au restaurant de l’Ancienne Douane à Strasbourg, ce 28 mars 2015, la quinzaine de membres présents du Cercle d'histoire Alsace-Lituanie a fait le bilan d’une année 2014 très riche en évènements. Elle a aussi adopté un plan de 15 actions "Bojanus", le personnage emblématique d’Alsace-Lituanie, en vue de la préparation du bicentenaire en 2019 de l’édition originale de Anatome testudinis europaeae, l’ouvrage majeur du savant alsacien de Vilnius. Fut notamment présentée la nouvelle page web d’actualité évènementielle et bibliographique qui lui est consacrée : www.alsacemonde.org/bojanus. La traditionnelle conférence organisée dans le cadre de l’assemblée porta cette année sur le thème de l’Alsace et la naissance des Etats baltes dans l’entre-deux-guerres. C’est Julien Gueslin, membre du Comité et conservateur à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, historien spécialiste des Pays baltes, qui fit l’intervention en s’appuyant sur de nombreux documents d’archives. Le débat qui suivit montra que le sujet est vaste et doit pouvoir encore faire l’objet de nombreuses recherches. A noter que l’assemblée fut honorée par la présence de l’ambassadeur Rolands Lappuke, Représentant permanent de la Lettonie auprès du Conseil de l’Europe, et de Birutė Abeciūnaitė, la présidente de l’Union des Lituaniens de Strasbourg (SLS).
http://www.cahiers-lituaniens.org/alsace_lituanie/ 

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24 mars 2015

L’histoire naturelle à l’Université de Vilnius et la France d’après les procès-verbaux des assemblées de professeurs

Au XIXe siècle à Vilnius, les professeurs de l’université avaient pour l’habitude de se réunir pour présenter leurs travaux respectifs, s’informer sur les événements marquants de la vie universitaire et prendre des décisions concernant la recherche et l’enseignement. Les procès verbaux de ces assemblées, qui se déroulaient parfois autour d’une bouteille du vin, sont aujourd’hui de précieux documents de l’histoire des sciences. En analysant les informations sur l’histoire naturelle, nous remarquons l’importance de la France pour le développement de cette science en Lituanie. Le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) de Paris joua un grand rôle pour les naturalistes de l’Université de Vilnius, tant comme destination de voyages scientifiques que modèle à suivre pour les échanges de collections et d’idées. L’importance de cette institution fut reconnue très rapidement. Ainsi, deux grandes personnalités du Muséum français, Antoine Portal (1742-1832) et Georges Cuvier (1769-1832), furent élus membres honoraires de l’Université de Vilnius, respectivement en 1805 et 1806.  
L’importance de ces échanges est bien démontrée par les informations lues aux professeurs, comme lors de l’assemblée du 15 janvier 1805 sur la réception de graines de 320 espèces de plantes, envoyées de Paris par André Thouin (1747-1824) du MNHN, avec le Tableau de l’école de botanique de Muséum d’histoire naturelle de René Desfontaines (1750-1833).
Les échanges avec d’autres institutions naturalistes françaises sont moins connus des historiens. L’assemblée du 15 septembre 1805 accuse ainsi réception de graines de 682 espèces des plantes, envoyée par Pierre Broussonnet (1761-1807) de Montpellier.  En mars 1818, l’assemblée prend connaissance de la lettre du baron André d'Audebert de Férussac (1786-1836) qui informe les savants de Vilnius sur son projet d’éditer l’Histoire naturelle des mollusques terrestres et fluviatiles et demande leur aide afin d’obtenir des spécimens originaires de Lituanie. Grâce à ces informations, nous savons que les liens de naturalistes de Vilnius avec les institutions françaises ne se limitaient à Paris, même si le MNHN restait sans doute longtemps leur plus important partenaire scientifique.
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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17 mars 2015

Vilnius Poker

Vytautas Vargalys est coincé dans un emploi absurde, contraint à créer un catalogue numérique pour l'une des bibliothèques de Vilnius contrôlé par les Russes, à laquelle personne n’a accès. Survivant des camps de travail — une expérience qui l’a perturbé aussi bien physiquement que mentalement —, Vargalys est obsédé par « ce qui se passe » réellement sous la surface de Vilnius. Alors qu’il commence à perdre ses derniers repères, il découvre qu’Ils ont repris le contrôle. Ils sont des démons ayant pris forme humaine. Ils sont déterminés à voler toutes les âmes et à « foutre la merde » dans le monde. Vargalys commence à trouver des preuves de leur existence partout où il regarde : dans les livres, dans la mort de son meilleur ami et dans les très jolies femmes envoyées pour travailler avec lui à la bibliothèque. L’une d’elles, Lolita, est une sorte de femme fatale au passé mystérieux et porte un amour grandissant pour Vargalys. Vilnius Poker conte cette tragique relation entre Vargalys et Lolita – et entre Vilnius et ceux qui y vivent – de quatre points de vue différents, et saisit l’horreur surréaliste de la vie sous le joug soviétique.
Parfois lyrique, philosophique et profondément dérangeant, Vilnius Poker est souvent considéré comme un tournant de la littérature lituanienne, et a permis à son auteur d’acquérir sa réputation de plus grand romancier lituanien. Ecrivain et dramaturge, Ricardas Gavelis a publié son premier livre – un recueil de six nouvelles en 1976, puis a écrit six romans, trois recueils de nouvelles et plusieurs pièces de théâtre, avant de disparaître en 2002.
Ricardas Gavelis, Vilnius poker, traduit du lituanien par Margarita Le Borgne, paru le 6 mars 2015 chez Monsieur Toussaint Louverture, Toulouse, 576 pages, 24,00 euros.
http://www.monsieurtoussaintlouverture.net/

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11 mars 2015

Un chêne lituanien pour Strasbourg

Pour le 25e anniversaire du rétablissement de l’indépendance de la Lituanie, un chêne a été planté dans le parc de l’Orangerie de Strasbourg, près du célèbre restaurant Buerehiesel. L’initiative en revient à Petras Auštrevičius, député au Parlement européen, qui a fait acheminer l’arbre directement de Lituanie. La cérémonie s’est déroulée en présence de Ugnė Matulevičienė, pour la Représentation lituanienne auprès du Conseil de l’Europe, et de Michèle Seiler, adjointe-au-maire de Strasbourg, ainsi que d’une délégation de députés lituaniens. Elle fut suivie d’un lâcher de ballons jaunes, verts et rouges auquel participèrent de nombreux membres d’Alsace-Lituanie et de l’Union des Lituaniens de Strasbourg qui avaient été également conviés à cet évènement. La cérémonie s’est poursuivie dans les locaux du Conseil de l’Europe avec un intermède musical de Jan Maksimovič (saxo) et Dmitrij Golovanov (piano).
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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08 mars 2015

Conférences Bojanus à Vilnius et à Kaunas


Une trentaine de personnes ont assisté le 3 mars à Vilnius – et autant le 5 mars à Kaunas – à une présentation de la vie et de l’œuvre de Louis Henri Bojanus (1776-1827), ce Français méconnu originaire d’Alsace, savant naturaliste et professeur à l’université de Vilnius pendant deux décennies. Les deux conférences furent données par Philippe Edel, président du Cercle d’histoire Alsace-Lituanie et membre de la Loge d’histoire de la médecine de Vilnius, respectivement dans le cadre du Café Stendhal à l’Institut Français de Vilnius et dans celui du Mois de la Francophonie à l’Université technologique de Kaunas.
http://www.alsacemonde.org/bojanus

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08 février 2015

La France et les cartes hydrographiques de Pologne-Lituanie

La fin du XVIIe siècle et la première moitié du XIXe siècle furent l’époque du développement de la cartographie hydrographique. Les cartes des cours d’eau jouèrent un important rôle non seulement pour le développement des sciences mais elles eurent aussi une haute importance militaire. L’histoire de ces cartes des territoires de l’ancienne République des Deux Nations fut fortement liée à la France car l’administration napoléonienne fut très intéressée par la cartographie. Le général Michał Sokolnicki (1760-1816), dans son Essai sur quelques moyens de délivrer l’Europe de l’influence de la Russie, et par contrecoup de celle de l’Angleterre présenta un programme du développement des routes fluviatiles et de constructions des canaux dans les buts militaires et économiques. Il y précise : "Un vaste plan de navigation intérieure, uni à un système de défense du pays et de communication routière, avait déjà été adopté par le défunt Roi de Pologne, ainsi que par les Commissions militaire et du trésor, auxquelles je le présentai au retour d’un voyage, et dont je en charge en 1791 en qualité d’ingénieur hydrographe. Ce plan devait immédiatement être soumis à la sanction de la Diète mais il fut enlevé par les Russes, avec les archives de l’Etat où il était déposé. Je l’ai réclamé par toutes les voies ministérielles, comme ma propriété intellectuelle, et n’ai pu l’obtenir jusqu’ici, malgré les soins que s’est donné à cet effet S. Ex. le comte Einsidel (…)".
En 1809, le général Jan Komarzewski (1744-1810), ancien commandant en chef de la chancellerie militaire du roi Stanislas-Auguste Poniatowski et officier de l’insurrection de 1794, édita à Paris la Carte hydrographique de Pologne : présentée au feu Roi Stanislas Auguste par Mr. le colonel de Perthées, géographe de sa Majesté, gravée sur cuivre par E. Collin. Sa légende précise : "Cette carte a été réduite d'après la grande Carte topographique inédite de Pologne, assujettie aux observations du Père Rostan, astronome distingué, et rédigée par Mr. de Perthées, sur les Plans détaillés des cantons levés dans le cours de 21 ans sous les ordres et par les soins du feu Roi". La carte fut donc préparée par Karol Herman de Perthées (1740-1815), un cartographe et naturaliste réputé en République des Deux Nations. Formé dans les écoles militaires en Prusse, il dirigea un vaste programme cartographique. Marié successivement avec les deux filles du célèbre peintre Canaletto, il déménagea à la mort de Stanislas Auguste Poniatowski, de Varsovie à Vilnius, toujours en s’occupant de cartographie et d’entomologie.
Cette histoire de la cartographie hydrographique ne serait pas complète sans la mention de la  Carte hydrographique de la Pologne, publiée en 1838 à Paris par Ignacy Domeyko (1802-1889), une des premières cartes préparées par le célèbre géologue.
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
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28 janvier 2015

"Goodbye Poutine" avec l'aide des Lituaniens

Docteur en études slaves de l’Institut des langues et cultures orientales (Inalco), Hélène Blanc est chercheur au CNRS et auteur de plusieurs ouvrages sur la Russie contemporaine. Elle vient de diriger l’édition d’un ouvrage collectif intitulé "Goodbye Poutine" et essentiellement consacré à faire découvrir les enjeux des évènements actuels en Ukraine et à tordre le cou à une désinformation savamment distillée par le Kremlin et ses relais en France. Le livre comprend de nombreuses contributions lituaniennes, notamment de Vytautas Landsbergis, père de l’indépendance de la Lituanie (chapitre 1), de Dalia Grybauskaité, présidente de la République (ch. 4), de Richard Backis, ancien ambassadeur de Lituanie (ch. 7) et des Cahiers Lituaniens (ch. 19). "Goodbye Poutine", Paris, Ginkgo Editeur, 2015, 394 pages, 19 euros.
http://lituanie-culture.blogspot.fr/search/label/Ukraine

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19 janvier 2015

La correspondance Jundziłł-Thouin, un témoignage d’échange scientifique franco-lituanien au XIXe s.

La Bibliothèque Centrale du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) à Paris conserve le riche fond de la correspondance d’André Thouin (1747-1824), jardinier en chef du Jardin des Plantes, professeur administrateur du MNHN, botaniste et spécialiste de la culture des plantes. Thouin enrichit la collection du Jardin des Plantes de plus de 6000 espèces. Les échanges avec les jardins botaniques de l’Europe entière furent une importante source de nouvelles plantes. La correspondance des botanistes constitua ainsi une partie importante de la « République des savants ». Rappelons que Thouin collabora à l’Encyclopédie et qu’il reçut en visite Rousseau et Malherbes.
Le nom de Stanisław Bonifacy Jundziłł (Stanislovas Bonifacas Jundzilas, 1761-1847) figure sur la liste des quelque 700 correspondants de Thouin, à l’époque où ce père piariste fut professeur de la chaire de l’Histoire naturelle de l’Université de Vilnius (à partir de 1802) et en même temps directeur de son Jardin botanique (1798-1825). Les échanges entre les deux savants ont duré 20 ans (1803-1823). Les lettres adressées par Thouin à Vilnius restent inconnues à nos jours pour les historiens, malgré des preuves de leur existence au XIXe siècle. Les listes des espèces, recherchées par Jundziłł à Paris, sont particulièrement intéressantes pour l’histoire des sciences. Le nombre d’espèces et leur grande variété, tant du point de vue de la systématique ainsi que de la provenance géographique, montrent bien l’importance du Jardin botanique de Vilnius. Pour certaines espèces, il s’agissait aussi de premières tentatives de l’acclimatation dans cette partie d’Europe ; on peut citer le kaki, le dragonnier, l’igname, le lin de Nouvelle-Zélande, le cèdre. Les nombreux scientifiques en passage à Paris, dont Znosko, Stubielewicz, Drzewiński, se chargeaient d’apporter les grains à Vilnius. Les copies de cette correspondance, un document exceptionnel pour l’histoire de la botanique en Lituanie, fut récemment transmise de MNHN au Jardin Botanique de Vilnius.
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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Vilmantas expose à Strasbourg

Vilmantas Marcinkevičius est aujourd’hui un des plus peintres expressionnistes des plus connus de Lituanie. Né en 1969 à Kaunas, il a étudié à l’Académie des beaux-arts de Vilnius. Il a bénéficié de plusieurs résidences d’artiste dans les pays scandinaves et notamment au Danemark où il a fréquemment exposé et où il est bien connu. En février 2015, il expose à la Galerie des Arts du Conseil de l’Europe à Strasbourg, à l’invitation du Club des Arts de cette institution et de l’Union des Lituaniens de Strasbourg. Pour participer au vernissage de l’exposition, le 3 février à 17h30, prière de s’annoncer impérativement avant le 23 janvier auprès de Jurgita Petkevičiunė : jurgita.petkeviciune@echr.coe.int
Pour en savoir plus sur l’artiste :
http://en.wikipedia.org/wiki/Vilmantas_Marcinkevi%C4%8Dius
http://www.vilmantas.com/en/

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09 janvier 2015

L’insurrection de 1794 à Vilnius vue par le général Michał Sokolnicki (1760-1816)

Le Service historique de la Défense à Vincennes conserve de nombreux documents de l’époque napoléonienne, dont ceux des campagnes en Pologne et en Lituanie ainsi qu’une partie de la documentation des Légions en Italie – unités constituées par les réfugiés de l’ancienne République des Deux Nations désirant libérer leur patrie. Parmi ces documents se trouvent les écrits et les rapports du général Sokolnicki qui, après avoir commandé l’école des officiers de génie à Vilnius, dirigea un régiment d’insurgés en 1794. Emprisonné par les Russes, puis libéré, Sokolnicki rejoignit la France pour continuer son combat. Il devint aide de camp de Napoléon et l’un des plus importants officiers de la Grande Armée. Dans divers rapports et écrits, il tenta de prévenir les autorités françaises du danger de la Russie. En 1811, avant l’offensive française de 1812, il prépara un important rapport sur les forces et faiblesses de l’empire du tsar. Afin d’illustrer le comportement de la population de Lituanie et de Pologne, Sokolnicki cita plusieurs épisodes de l’insurrection de 1794. Un épisode du début de ce soulèvement à Vilnius illustrait l’unité des Lituaniens de diverses classes sociales face à l’ennemi commun : A Vilna, l’insurrection avait été concertée, ménagée et calculée plus d’un mois avant son explosion, au milieu de plus de trois cent individus de toutes les classes ; de ce nombre étoient des professeurs et des étudiants de l’université, des chanoines de la Cathédrale, des curés, des moines, des négociants, des Juifs, des fabricants, des militaires, ainsi que les premiers Magnats du Pays, et jusqu’à des femmes. Les Russes redoublaient la surveillance. Cependant le secret fut religieusement gardé et, en un instant, toute la garnison avec son état-major général fut faite prisonnière; ceux qui cherchèrent à s’évader, furent poursuivis et massacrés par des paysans des environs. Et un seul exemple de punition opéré sur le champ contre un traitre à la patrie suffit pour rétablir l’ordre que partout ailleurs on n’eut pu obtenir peut-être d’une émeute populaire.
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
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01 janvier 2015

2015 : la Lituanie s'arrime à l'Euro

Dernier des pays Baltes à adopter la monnaie unique européenne, la Lituanie fait enfin son entrée dans le club fermé de la zone Euro, le noyau central de l’Union européenne. Elle avait déjà lié, dès 2002, le sort de sa monnaie nationale, le Litas, à l’Euro. Grâce à de gros efforts et sacrifices, le taux de change est resté inchangé durant ces 12 ans et est celui de la conversion au 01.01.2015 : 1 Euro = 3,4528 Litas. Sur les nouvelles pièces qui circulent depuis aujourd'hui, d'abord en Lituanie, puis dans le reste de la zone Euro au gré des échanges, la face "nationale" représente un Vytis et est signée du nom du pays en lituanien : Lietuva (photo). Alors que certains pays européens s’interrogent sur les contraintes de l’Euro et surtout sur leur propre capacité à maintenir la compétitivité de leur économie, la Lituanie semble bien prête et s’investit dans un meilleur ancrage à l’Europe, dans un contexte de menaces géopolitiques.
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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27 décembre 2014

Jean-Emmanuel Gilibert, un documentaire de la télévision lituanienne

A l’occasion du bicentenaire de la mort du naturaliste français Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814), la chaine de télévision nationale de Lituanie LRT a récemment diffusé un documentaire retraçant sa vie en Lituanie. Rappelons que si Gilibert ne passa que huit années - de 1775 à 1783 - dans l’ancien grand-duché, il y marqua fortement les sciences par ses nombreux travaux et découvertes (cf. Cahiers Lituaniens n°10, 2009). Son nom fut ainsi donné à une rue de Kaunas, ainsi qu’à l’actuel programme franco-lituanien d’échanges scientifiques, dans le cadre des Partenariats Hubert Curien.

Pour visionner le documentaire, en langue lituanienne :
https://www.youtube.com/watch?v=nFT_StXUDGk

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23 décembre 2014

Cahiers Lituaniens : Miksys et Venclova à l'affiche

Le 13e numéro des Cahiers Lituaniens vient de paraître. Ce numéro a l’immense privilège d’accueillir les bonnes feuilles de l’ouvrage « Vilnius » du grand écrivain et poète lituanien Tomas Venclova que la maison Circé, l’éditeur strasbourgeois de l’édition française, a aimablement autorisé Alsace-Lituanie à révéler avant sa parution en 2015. Ces feuilles côtoient un texte très érudit de Marie-France de Palacio, coauteur du remarquable Eden lituanien et Babylone française (Classiques Garnier), sur le personnage romantique d’Emilie Plater, considérée comme héroïne nationale tant en Lituanie qu’en Pologne et comparée par Adam Mickiewicz à Jeanne d'Arc. La partie biographique de cette livraison comprend par ailleurs un texte sur l’artiste lituanien Žibuntas Mikšys, décédé en 2013 à Paris, où il vécut pendant près de cinquante ans, et dont plusieurs de ses œuvres illustrent cette édition – y compris la couverture. Cette partie est complétée par une contribution sur le médecin missionnaire Ferdinandas Bendoraitis, formé à Paris et à Strasbourg, et dont la passion des ex-libris a permis également d’embellir ce cahier. La mémoire du grand-duché de Lituanie en Biélorussie fait l’objet d’une synthèse des travaux qu’a menés sur le sujet Anna Zadora, une chercheure associée aux universités de Strasbourg et de Genève. Ce numéro comprend également deux textes relatifs aux liens avec la Lituanie de Jean-Emmanuel Gilibert et Anton de Bary. Enfin, comme de tradition, il s’achève avec une petite sélection de poèmes – cette fois de Donaldas Kajokas – présentée en lituanien et dans une traduction de Jean-Claude Lefebvre et Liudmila Edel-Matuolis, et précédée d’une introduction à la vie et l’œuvre du poète par Eglė Kačkutė.
http://www.cahiers-lituaniens.org/alsace_lituanie/commande.htm

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