10 novembre 2014

La photographie à Vilnius selon Fleury

Du 20 novembre au 18 décembre 2014, la Société Historique et Littéraire Polonaise de Paris organise une exposition intitulée « Stanisław Filibert Fleury. La Photographie à Vilnius à la charnière des XIXe et XXe siècles » dans les locaux de la Bibliothèque Polonaise de l’Ile Saint-Louis. Né à Papaje (Pupojai) près de Vilnius, Stanisław Filibert Fleury (1858-1915) – Stanislovas Filibertas Fleris en lituanien – est l’arrière-petit-fils d’un soldat du roi Stanislas-Auguste Poniatowski. Jeune, il fréquenta l'école de dessin de Vilnius. Sur l'incitation du directeur de l'école, le peintre Ivan Troutniev, il présenta ses peintures et ses sculptures à un concours de l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg et reçut une médaille d'argent. De condition modeste, il ne put cependant aller étudier les beaux-arts dans la capitale impériale et devint employé dans un célèbre atelier de photographie de Vilnius. Il y apprit le métier de photographe qu’il exerça jusqu’à sa mort en 1915, d’abord avec des associés (atelier Fleury et Baczański), puis en indépendant. Il travailla beaucoup sur les monuments historiques et fournit une importante documentation photographique au Congrès archéologique de Vilnius et à l'Académie des sciences et lettres de Cracovie. La collection du Musée National de Gdańsk comporte aujourd'hui plus de cinq cents photographies de Fleury. La majeure partie de ses œuvres est cependant conservée à Vilnius, au Musée National de Lituanie et à la Bibliothèque de l'Académie des Sciences (ancienne Bibliothèque des Wróblewski). Bibliothèque Polonaise de Paris, 6 quai d’Orléans, 75004 Paris.
http://www.bibliotheque-polonaise-paris-shlp.fr/medias/Fleury.pdf
http://lt.wikipedia.org/wiki/Stanislovas_Filibertas_Fleris

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03 novembre 2014

Le testament de Bojanus au Salon du livre de Colmar

Le testament que laissa à sa mort le grand savant naturaliste Louis-Henri Bojanus (1776-1827) est un document inédit de l’histoire des sciences naturelles qui est conservé aux Archives d’Etat de Darmstadt. Rappelons que Bojanus, né à Bouxwiller (Basse-Alsace), professeur de médecine vétérinaire à l’Université de Vilnius pendant près de deux décennies, est le précurseur de l’anatomie comparée en Pologne-Lituanie. Il est à l’origine de plusieurs découvertes qui portent encore aujourd’hui son nom (Organe de Bojanus, Bos primigenius Bojanus, Bison priscus Bojanus). Son testament fit l’objet d’un article qui parut en 2013 dans les Cahiers Lituaniens, n°12. Il sera présenté lors du Café de l’Histoire – organisé par la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace – dans le cadre du 25e Salon du livre de Colmar qui se tiendra les 22 et 23 novembre prochains au parc des expositions de la ville. La communication sera faite le samedi 22 à 11h30 par les deux auteurs de l’article, Piotr Daszkiewicz et Philippe Edel, sous la présidence de Francis Lichtlé. Piotr Daszkiewicz est historien des sciences et collaborateur scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Philippe Edel est président du Cercle d’histoire Alsace-Lituanie et membre du comité-directeur de l’Union Internationale des Alsaciens. Ancien archiviste au service des archives de la Ville de Colmar, Francis Lichtlé est conservateur du Musée régional du vignoble et des vins d'Alsace de Kientzheim et président de la Société d'histoire et d'archéologie d'Ammerschwihr.
http://www.salon-du-livre-colmar.com/
http://www.alsace-histoire.org/
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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20 octobre 2014

Quatre glaives unis, de la Baltique à la mer Noire

La Banque nationale d'Ukraine vient de mettre en circulation 30 000 exemplaires d’une pièce commémorative de 5 grivnas afin de commémorer le 500e anniversaire de la bataille d’Orcha de 1514. Cette victoire de l’armée du grand-duché de Lituanie, qui unissait des troupes lituaniennes, polonaises, ukrainiennes et biélorusses sous le commandement du magnat Constantin Ostrogski (1460-1530), permit d'arrêter l'offensive des armées du grand-prince Vassili III de Moscou. La bataille se déroula à Orcha, aujourd’hui en Biélorussie, dans le contexte de la guerre russo-lituanienne de 1512-1522. Le côté face de la pièce représente quatre glaives qui symbolisent l'union militaire des quatre peuples - lituanien, polonais, biélorusse et ukrainien. Le revers comprend des images symbolisant la bataille d'Orcha, ainsi qu'un portrait de Constantin Ostrogski (Konstantinas Ostrogiškis), premier grand hetman du grand-duché de Lituanie. Voïvode de Trakai et châtelain de Vilnius, Ostrogski était aussi un défenseur de la langue ruthénienne et est aujourd’hui considéré comme un des précurseurs de la langue biélorusse. Très croyant, il donna généreusement pour la construction de nombreuses églises orthodoxes et d’écoles. En Ukraine occidentale la ville de Starokostiantyniv, créée par lui, porte toujours son nom.
http://www.bank.gov.ua/control/en/currentmoney/cmcoin/details?coin_id=649

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06 octobre 2014

Czeslaw Milosz à l’honneur à Mittelbergheim

Le 3 octobre 2014, les ambassadeurs Urszula Gacek et Vytautas Leškevičius, respectivement Représentants Permanents de la Pologne et de la Lituanie auprès du Conseil de l’Europe, et Alfred Hilger, maire de Mittelbergheim, dévoilèrent - sur une place de ce village d’Alsace - une plaque commémorative en l’honneur de Czesław Miłosz (1911-2004), le grand poète polonais né en Lituanie. La cérémonie se déroula en présence d’Alfred Becker, vice-président du Conseil général du Bas-Rhin et d’Antoine Hert, Député du Bas-Rhin et Vice-président du Conseil régional d’Alsace. Philippe Edel, président d’Alsace-Lituanie, présenta succinctement la genèse du poème « Mittelbergheim » écrit par le poète prix Nobel de littérature, lors de son séjour en septembre 1951 dans le village viticole. Il s’appuya pour ce faire sur les travaux d’Andrzej Franaszek, professeur de littérature à l’université de Cracovie, qui ont été récemment publiés dans les Cahiers Lituaniens. La cérémonie a réuni de nombreux diplomates du Conseil de l’Europe, des habitants et viticulteurs de Mittelbergheim, des Polonais et des Lituaniens d’Alsace, ainsi que des amis de ces deux pays et des amoureux de la poésie.
Sur la photo, de gauche à droite : Alfred Becker, Philippe Edel, Vytautas Leškevičius, Urszula Gacek, Alfred Hilger et Antoine Hert.
Lire aussi :
http://lituanie-culture.blogspot.fr/2013/12/cahiers-lituaniens-moncys-et-milosz.html
http://lituanie-culture.blogspot.fr/2013/01/vins-dalsace-avec-albert-seltz-vilnius.html
http://lituanie-culture.blogspot.fr/2006/12/de-vilnius-mittelbergheim-un-pome-de.html

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05 octobre 2014

Une commémoration scientifique pour le bicentenaire de Gilibert

Afin de commémorer les 200 ans de la mort de Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814), un colloque international s’est tenu sur le rôle du botaniste français dans le développement de l’Histoire naturelle, les 25 et 26 septembre 2014 à l’Institut d’Histoire des Sciences de l’Académie Polonaise des Sciences (APS) à Varsovie. Pendant deux jours, des spécialistes venus de France, Lituanie, Pologne et Ukraine ont présenté les résultats de leurs recherches sur ce savant et son héritage scientifique, au Palais Staszic, siège de l’Académie (photo). Le professeur Wanda Grębecka, spécialiste de l’histoire de la botanique et auteur d’une monographie sur l’Ecole botanique Vilnius-Krzemieniec, est à l’origine de l’organisation de cette réunion internationale. La grève d’Air France a malheureusement empêché le professeur Daniel Beauvois, invité d’honneur, à se rendre à Varsovie. Son exposé "J.E. Gilibert et les savants français en Pologne et en Lituanie dans les années 1770-1780" a été présentée par le directeur de l’institut, le prof. Leszek Zasztowt.
Les prof. Kalina Bartnicka - "Les universités européennes à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle" - et Janina Kamińska - "L’Ecole Principale du Grand-duché de Lituanie en tant qu’institution des Lumières" - ont présenté le contexte historique des travaux de Gilibert.
Le prof. Audrius Skirdaila, directeur du Jardin botanique de l’Université de Vilnius, a présenté, en commun avec sa collègue Silva Žilinskaitė et avec le prof. Nataliya Shiyan, directrice de l’Herbier national à Kiev et chercheur en botanique à l’Institut Botanique N.G. Kholodny de l’Académie Ukrainienne des Sciences, l’exposé "J.E. Gilibert et le Jardin botanique de l’Université de Vilnius : résultats de recherches contemporaines dans les archives de l’Université de Vilnius, de l’Université de Göttingen et de l’Herbier National d’Ukraine". Ces chercheurs ont présenté également une monographie sur Gilibert, publiée à Kiev. Aurika Ričkienė, secrétaire de la Société Lituanienne de Physiologie des Plantes et membre de la Société Lituanienne des Sciences Historiques, présenta "La contribution de J.E. Gilibert aux recherches sur la flore de la Lituanie".
La présentation de Piotr Daszkiewicz, du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, a eu pour sujet "J.E. Gilibert, sa vie et son œuvre dans la correspondance et les témoignages de l’époque". Wanda Grębecka a présenté "Les idées didactiques de J.E. Gilibert". Tomasz Samojlik, de l’Institut de Recherches sur les Mammifères de l’APS à Bialowieża, a présenté l’exposé "Les bisons, ours et autres mammifères dans les travaux de Gilibert". Le prof. Piotr Köhler, de l’Université de Cracovie, présenta "L’héritage scientifique de Gilibert en Pologne, ses ouvrages et leur réception".
La conférence avait été accompagnée d’une petite exposition de publications consacrées à Gilibert. Les Cahiers Lituaniens, avec la reproduction du texte original de Gilibert "Sur les forêts de Lithuanie", ont été à l’honneur. Toutes les présentations seront publiées dans la revue de l’Institut d’Histoire des Sciences Kwartalnik Historii Nauki i Techniki au début de l’année 2015.
http://www.ihnpan.waw.pl/redakcje/kwartalnik/
http://www.cahiers-lituaniens.org/
A (re)découvrir aussi :
http://lituanie-culture.blogspot.fr/2009/05/la-correspondance-gilibert-jussieu-1748.html

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01 octobre 2014

France Culture : Les Pays Baltes, survivre et durer

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, les trois Pays Baltes, vivent dans l’inquiétude, pour ne pas dire dans l’angoisse, les événements qui déchirent actuellement l’Ukraine. L’annexion de la Crimée qu’a accomplie Vladimir Poutine, sans coup férir, ayant marquée pour la première fois depuis la chute du mur, une possible fragilité des frontières en Europe. Le souvenir des souffrances anciennes a du coup resurgi avec une acuité neuve dans ces trois pays que l’Histoire n’a pas cessé de ravager, de siècle en siècle, d’invasion en invasion. Certes, ils ont rejoint au début de notre XXIe siècle, à la fois l’OTAN et l’Union européenne, ce qui peut légitimement leur faire penser que le péril est bien moindre que celui qui est ressenti à Kiev. Il n’empêche : la récente visite de Barack Obama, président des Etats-Unis, en Estonie, au début de ce mois de septembre, y a été accueillie avec bonheur. Dans un Palais des Congrès archibondé, en présence des trois chefs d’Etat, il s’est écrié, provoquant une standing ovation : "La défense de Tallinn, de Riga et de Vilnius est aussi importante que celle de Berlin, Paris et Londres." Et il a ajouté : "Vous avez perdu votre indépendance une fois, vous ne la perdrez plus jamais." L’indépendance perdue une fois, c’était peu dire, à la lumière de la longue durée.

France Culture aborda ce sujet dans le cadre de l’émission Concordance des temps qu’anima Jean-Noël Jeanneney le samedi 29 septembre 2014 de 10h à 11h, avec Julien Gueslin, conservateur à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg et chercheur associé à la Sorbonne.

Il est possible d’écouter ou réécouter cette émission sur le site de France Culture.
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4919892

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27 septembre 2014

Janine Kohler s’est éteinte !

Ce jeudi 25 septembre 2014, Janine Kohler, présidente de l'association des Amis de Milosz, est décédée à Paris des suites d’une longue maladie. Avec elle disparaît une personnalité très attachante qui a consacré de nombreuses années à faire connaitre l’œuvre et le destin du poète, romancier, dramaturge, métaphysicien, diplomate et traducteur d’origine lituanienne et d’expression française Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz (1877-1939). C’est sous sa présidence que l’association des amis du poète s’est intéressée également au rôle politique que joua Oscar Milosz en faveur du rétablissement de l’Etat lituanien, au lendemain de la Première guerre mondiale. Professeur de lettres, ancienne secrétaire générale de l'enseignement public protestant, Janine Kohler était originaire du pays de Montbéliard, un ancien comté wurtembergeois (bien que francophone) et luthérien. C’était une amie de l’Alsace et d’Alsace-Lituanie. Elle apporta plusieurs contributions passionnantes aux Cahiers Lituaniens (n°6 et n°12) et accepta de faire une conférence, en marge de notre assemblée générale de 2013 à Strasbourg, sur les liens d’Oscar Milosz avec l’Alsace. Ses obsèques auront lieu dans son village natal de Dambenois, en Franche-Comté, le 1er octobre et un culte d'action de grâce sera célébré fin octobre à Paris en l'Eglise protestante unie de Paris-Batignolles.
http://amisdemilosz.org/

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19 septembre 2014

Les "Anatomies" selon Ungerer et Bojanus

Le Musée Tomi Ungerer de Strasbourg présente jusqu’au 6 octobre une exposition intitulée « Anatomies » qui se propose, avec une centaine d’œuvres et de documents, d’explorer l’univers de quelques formes anatomiques dans l’œuvre graphique de Tomi Ungerer. Outre de nombreux livres et des illustrations provenant de l’ancienne bibliothèque personnelle de Tomi Ungerer et conservée aujourd’hui au Musée, elle s’articule également autour de deux remarquables ouvrages anciens d’anatomie prêtés par les bibliothèques de l’Université de Strasbourg : l’Atlas anatomique d’Albinus (Leyde, 1747) et l’Anatomie des Tortues d’Europe de Louis-Henri Bojanus (Vilnius, 1819).


Sont ainsi mis en regard quelques splendides planches de tortues que réalisa en Lituanie Bojanus, professeur d’anatomie comparée originaire d’Alsace et un des plus éminents savants naturalistes de son temps en Europe, avec les croquis originaux et plein d’humour de Tomi Ungerer, le célèbre illustrateur alsacien expatrié en Irlande, à qui la ville de Strasbourg a dédié tout un musée encore de son vivant.


Pour en savoir plus :
http://www.tomiungerer.com/anatomies/
http://www.musees.strasbourg.eu/index.php?page=musee-tomi-ungerer
http://www.tomiungerer.com/wp-content/uploads/ANATOMIES_3.pdf
http://www.cahiers-lituaniens.org/bojanus/

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15 septembre 2014

Philippe-Rodolphe Vicat (1742-1783) en République des Deux Nations

Ce médecin suisse passa cinq ans en République des Deux Nations. Nous le connaissons surtout comme l’auteur du Mémoire sur la plique polonaise (1775), une de meilleures monographies sur cette maladie, à l’époque souvent considérée comme indigène de la Pologne et la Lituanie. Vicat termina les études de la médecine à Göttingen et soutint à Bâle, en juillet 1765, une thèse sur les bienfaits de l’exercice physique pour la santé. Juste après ses études, il partit dans l’Union polono-lituanienne où, "attaché à divers seigneurs", il pratiqua à Varsovie et dans divers lieux en Lituanie et en Livonie.
Dès son adolescence, Vicat connaissait Samuel-Auguste Tissot (1728-1797), médecin proche de Stanisław Auguste Poniatowski. Il resta également proche d’Albrecht von Haller (1708-1777). Après son retour en Suisse, Vicat devint le copiste et l’éditeur de l’œuvre de ce grand savant. Haller entretenait de bonnes relations avec Poniatowski ; c’est lui qui conseilla au roi d’engager Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814). C’est probablement par l’intermédiaire de ces savants que Vicat trouva un poste en République des Deux Nations.
Nous avons relativement peu de détails sur son séjour en Lituanie et en Pologne. Il fut bien accueilli par l’évêque de Kiev Józef Andrzej Załuski (1702-1774), grand mécène de la culture et fondateur d’une de plus grandes bibliothèques de l’époque des Lumières (près d’un demi-million de volumes). Vicat écrivit un éloge de Załuski dans l’introduction de son livre sur la plique. Par ailleurs, il dédia cette monographie à sa sœur "la castellane de Trock née comtesse de Zalucka". Les Jésuites de Vilnius, dont ce médecin protestant était l’hôte, lui firent connaître le vin de tilleul qui, d’après lui, surpassait "les meilleurs vins d’Espagne". Il devint d’ailleurs un chaud partisan de l’usage de cette plante en médecine. Longtemps après son retour en Suisse (1770), il parlait de l’hospitalité des paysans lituaniens, de leur liqueur de framboise et des petits pains cuits aux grains de pavot.
Médecin respecté dans le pays de Vaud, membre de la Société royale des sciences de Göttingen et de la Société des Philanthropes de Strasbourg, Vicat rédigea de nombreux travaux en médecine et en botanique, tels que l’Histoire de plantes vénéneuses de la Suisse (1776). Dans ces travaux, il revint souvent à son séjour en Lituanie. Ses écrits constituent non seulement d’intéressantes sources pour l’histoire des sciences mais aussi pour les mœurs lituaniennes. Il décrivit par exemple le grand usage de l’huile de lin "dont on employe une grande quantité en Lituanie, pour l’assaisonnement des mets dans les terms de jeûne & de carême". Nous lui devons aussi l’une de premières description du bortsch à l’époque où cette soupe se faisait encore avec la berce Heracleum sphondylium (photo) et non, comme aujourd’hui, avec des betteraves : "La branche ursine sert aux Lithuaniens à faire un mets qu’ils appellent bartsch, & dont l’usage est presque aussi générale que celui du pain. Ce bartsch n’est autre chose qu’une compôte aigre de branche ursine qu’on a fait fermenter dans un lieu tiède, avec un peu de levain de pâte & beaucoup d’eau, en sorte que c’est comme une compôte liquide ou plutôt un brouet aigrelet, auquel on ajoute souvent de raves, des navets, &c. qui donne un potage, qui cuit avec la viande de boucherie ou la volaille, n’est point désagréable".
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz, Museum national d’Histoire naturelle.
piotrdas@mnhn.fr

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30 juillet 2014

Vient de paraître : le tome IX de la Feuille Lituanienne

Les Presses universitaires de Limoges (PULIM) viennent de publier le 9e tome de la Feuille de Philologie comparée Lituanienne et Française. Cette nouvelle livraison élargit le domaine de ses recherches à la francophonie. On y trouvera en effet, outre la contribution d'un nouveau jeune savant ivoirien portant sur la langue d'un auteur africain d'expression française, l'exposé d'intéressantes réflexions sur des expériences pédagogiques menées par des professeurs de français lituaniens autour du vocabulaire belge et canadien. La philologie indo-européenne est toujours bien représentée avec un long article consacré aux langues baltes tandis que sont proposées par ailleurs deux études sur des périodes-clefs de l'histoire de la Lituanie, l'une portant sur les relations diplomatiques à la fin du XVIe siècle, l'autre sur la période contemporaine. Un petit article est consacré aux noms de quelques fromages français transposés en lituanien et le volume s'achève par une émouvante évocation d'une grande artiste franco-lituanienne, Geneviève Carion-Machwitz. Tome VIII, 12 euros.

http://www.pulim.unilim.fr/

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25 juillet 2014

L’énigme lituanienne de l’herbier de Dominique Villars (1745-1814)

Il y a 200 ans mourrait à Strasbourg le grand naturaliste Dominique Villars. Originaire des Hautes Alpes, il marqua l’histoire des sciences naturelles par ses travaux sur la flore alpine, notamment par son Histoire des plantes du Dauphiné. Médecin et directeur du jardin botanique de Grenoble, il sauva la vie – lors de la Journée des Tuiles – du jeune sergent Bernadotte, futur roi de Suède Charles XIV Jean. La révolution le priva de toutes ses fonctions dans sa région natale et il s’exila. En 1805, il obtint la chaire de botanique de l’école de médecine de Strasbourg, dont il devint doyen en 1809. Il est ainsi l’auteur du Catalogue méthodique des plantes du Jardin de l’École de Strasbourg. Il herborisait régulièrement dans les plaines du Rhin et dans les Vosges. En 1811, en compagnie des deux botanistes alsaciens Gustave Lauth et Auguste Nestler, il parcourut la Suisse, dont il publia ses observations dans son Précis d'un voyage botanique fait en Suisse, dans les Grisons, aux sources du Rhin, au St. Gothard.

Le muséum d’histoire naturelle de Grenoble conserve l’herbier de Villars (cf. Poncet V. 1999, L’Herbier de Dominique Villars, Témoin de la flore du Dauphiné, Muséum de Grenoble). Plusieurs plantes de cet herbier portent les étiquettes indiquant « Pologne » comme lieu d’origine. Il est intéressant de s’interroger sur la provenance de ces spécimens. Villars n’a jamais voyagé en République des Deux Nations (Pologne-Lituanie). Il connaissait par contre deux naturalistes qui y ont séjourné. Jean-Etienne Guettard (1715-1786) y passa deux ans (1760-62) en qualité de médecin de l’ambassadeur de France. En 1775, Villars parcourut les montagnes du Dauphiné et herborisa avec Guettard, Barthélemy Faujas de Saint-Fonds (1741-1819) et Adolphe Murray (1750-1803). Néanmoins, ce voyage et début de relation avec Guettard se tint plus de dix ans après le retour de ce dernier en France. Nous ne disposons d’aucune information sur l’éventuel l’herbier de Guettard contenant les plantes originaires de la République des Deux Nations.
L’hypothèse la plus probable est celle que c’est Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) qui fut la source de ces spécimens. Villars correspondait avec Gilibert et échangeait avec lui des plantes et des informations. C’est Gilibert qui publia en 1786, au nom de Villars et à son insu, la Flora Delphinalis. Le botaniste dauphinois participa également à l’édition par Gilibert des Démonstrations élémentaires de botanique et à la détermination et publication des célèbres gravures de Pierre Richer de Belleval (1564-1632). Nous pouvons donc penser, avec une quasi-certitude, que les plantes de l’herbier de Villars dites de « Pologne » proviennent d’échanges avec Gilibert. Ce fait implique que ces plantes ne sont pas originaires de Pologne même, mais du grand-duché de Lituanie (soit du territoire de l’actuelle Lituanie et de la Biélorussie) où Gilibert herborisait avec ses élèves de Grodno et de Vilnius. Son herbier, une de plus anciens de la flore de Lituanie, fut presque entièrement détruit. En 1793, lors de la prise de Lyon par l’armée de la Convention, les révolutionnaires brûlèrent cet herbier en confondant les planches de plante avec des documents administratifs. L’herbier de Villars à Grenoble conserve donc les spécimens d’une grande importance pour l’histoire de la botanique en Lituanie.
Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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16 juin 2014

Muza Rubackyté : un récital “Joie et lumière”


Après une tournée internationale triomphale, la pianiste franco-lituanienne Muza Rubackyté donnera à Paris le 11 octobre 2014 un récital intitulé “Joie et lumière”. Si son dernier concert à l'Opéra de Paris-Bastille, consacré à Louis Vierne, était sombre et empli de “Spleen et détresse”, c’est maintenant vers la lumière que Muza se tourne en proposant un programme sous forme de poème lyrique, une véritable “ode à la joie ” guidée par Bach, Beethoven et Liszt. Salle Gaveau, 45 rue la Boétie à Paris.
www.sallegaveau.com

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13 juin 2014

Pan Tadeusz en scène à Paris

Publié à Paris en 1834, Pan Tadeusz est une des épopées les plus remarquables de la littérature mondiale, évocation de la patrie perdue d’Adam Mickiewicz, grand poète polono-lituanien. L’écrivain y décrit des scènes prises sur le vif de la société et en particulier la vie de la noblesse avec l'évolution de ses traditions et usages immémoriaux. En juin 1812, Napoléon marche sur Moscou et franchit le Niémen. Deux familles s'affrontent, l'une alliée aux Russes, l'autre indépendantiste.
Né à Novogrodek, aujourd’hui en Biélorussie, Adam Mickiewicz fit ses études à l’université de Vilnius, puis dut s’exiler en France où il se réfugia et enseigna au Collège de France. Il séjourna aussi en Russie où il sa lie d’amitié avec le grand poète russe, Alexandre Pouchkine. Il ne cessa cependant de songer à sa «Litwa» tant aimée. Patriote fervent, il enchanta la beauté de ses terres natales et la gloire de son peuple. Parler de Mickiewicz, c'est parler du beau, du juste et du vrai. Nommé «prophète» par Victor Hugo, il demeura pour ce dernier «un des clairons de l'avenir».
Pan Tadeusz de Mikalaj Pinihin est la première adaptation de ce grand poème épique au théâtre biélorusse. «J’ai longtemps rêvé de réaliser ce projet car ce poème romantique par excellence est aussi emblématique pour nous que «Guerre et Paix» de Tolstoï pour les Russes», explique Mikalaj Pinihin, célèbre metteur en scène biélorusse. Représentation le 18 juin 2014 par le Théâtre National Biélorusse Yanka Kupala à la MC93, 9 boulevard Lénine à Bobigny.
http://www.mc93.com/

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15 mai 2014

150e anniversaire de la mort de Stanisław Batys Górski (1802-1864)

Stanisław Batys Górski se donna la mort le 3 avril 1864. Il passa les dernières années de sa vie dans le domaine d’un de ses amis Adolf Kubalicki, près de Švenčionys (Święciany). La situation politique d’alors priva ce grand naturaliste de toute possibilité de travail scientifique et le condamna à dépendre de la générosité de ses amis. Stanisław Batys Górski était né à Dwórka près de Kobryń, aujourd’hui en Biélorussie. Après avoir fait ses études secondaires à Grodno, puis à Świsłocz, il s’inscrivit en 1820 à l’université de Vilnius où il étudia d’abord les sciences naturelles, puis la médicine. Il se spécialisa en pharmacie et en pharmacognosie. Il travailla avec le célèbre pharmacien et naturaliste Jan Fryderyk Wolfgang (1775-1859), professeur à cette université. Durant les années 1829-32, Gorski dirigea le jardin botanique académique. Après la fermeture de l’université, il enseigna la botanique, la pharmacie et la pharmacognosie à l’Académie médico-chirurgicale. Quand les autorités russes fermèrent également cette institution, il ne put continuer ses recherches que grâce à des amis mécènes, notamment Constantin Tyzenhauz (1786-1853). Nous devons à Górski les premières études scientifiques sur la flore de la forêt de Białowieża. Une partie de ses travaux a été publiée à Vilnius sous le titre Sur les plantes aimées par les bisons et les autres végétaux. Il est aussi l’auteur de la partie botanique de Naturhistorische Skizze von Lithauen, Volhynien und Podolien in geognotisch-mineralogischer, botanischer und zoologischer Hinsicht (Vilnius 1830) de Carl Eduard von Eichwald (1795-1876), ainsi que du chapitre sur les plantes rares de la Description statistique de Vilnius de Baliński (1835). De nombreux herbiers et musées de l’Europe, tel que le Muséum national d’Histoire naturelle à Paris (MNHN), lui doivent des plantes de Lituanie. En signe de reconnaissance, George Bentham lui dédia même une espèce : Copaifera gorskiana. Górski marqua aussi l’histoire de la zoologie avec ses travaux entomologiques, comme Analecta Ad Entomographiam Provinciarum Occidentali-Meridionalium Imperii Rossici, publié à Berlin en 1846, ou encore ses travaux sur l’histoire de la cochenille de Pologne, autrefois une ressource économique très importante pour la République des Deux Nations. Il est coauteur d’un manuel de zoologie en trois volumes, Zoologia albo Historya naturalna zwierząt (Vilnius 1836-1837). La Bibliothèque Centrale du MNHN en conserve un exemplaire avec la dédicace de Gorski à Achille Valenciennes (1794-1865), ichtyologiste et professeur du Muséum, « comme preuve de la plus haute estime de l’auteur ». La dédicace est datée du 29 novembre 1847 ; Gorski l'a signée durant son voyage en Europe occidentale. Grâce à la générosité de Tyzenhauz, il visita à deux reprises, en 1841 et en 1847, diverses institutions scientifiques en Allemagne, Autriche, France, Suisse et Italie. Sa description du jardin botanique de Palerme, publiée à Varsovie en 1843, nous informe qu’il rapporta d’Italie en Lituanie de « petites oranges connus sous le nom Mandarino ». Il fut ainsi probablement le premier à tenter introduire des mandarines en Lituanie. Dès son retour, il habita dans le domaine de son ami déjà cité, près de Švenčionys. Malgré sa situation difficile, il soigna gratuitement les paysans. Il se donna la mort durant la période de grand désespoir qui régna en Lituanie, lors de la répression russe qui suivit l’écrasement de l’insurrection de 1863. Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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05 mai 2014

Retour en Lituanie : les jeunes expatriés invités à rentrer au pays

Début mai s’est tenue à Londres la quatrième session de la conférence „Retour en Lituanie" (Backto.lt) à l’attention des jeunes diplômés et cadres lituaniens expatriés en Europe occidentale. Organisée par l’ambassade de Lituanie sous le patronage de la présidente de la République Dalia Grybauskaitė, cette manifestation est la quatrième de ce type, après Copenhague, Stockholm et Oslo. Avec près de 20% de la population qui s’est expatriée depuis le rétablissement de l’indépendance du pays en 1990, il est vital aujourd’hui pour les autorités lituaniennes d’inciter ces forces vives, qui ont étudié et commencé à travailler à l’étranger, à retourner au pays pour lui faire profiter de leurs nouvelles connaissances et leurs expériences professionnelles. Ces manifestations sont l’occasion de présenter à ces jeunes les nouvelles opportunités qui s'ouvrent en Lituanie et de faire connaitre les histoires de réussite de ceux qui sont déjà revenus.
http://www.backto.lt/

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28 avril 2014

George Bentham, des souvenirs liés à la Pologne-Lituanie

George Bentham (1800-1884) fut un des plus importants botanistes britanniques du XIXe siècle. Ses origines le plaçaient dans la haute société anglaise. Son père, Sir Samuel Bentham (1757-1831), était un spécialiste du génie naval et son oncle Jeremy Bentham (1748-1832) marqua l’époque par ses écrits en philosophie et en droit, ainsi que sur la réforme libérale de l’Etat. George laissa derrière lui des écrits autobiographiques (George Bentham : Autobiography, 1800-1834, edited by Marion Filipiuk, University of Toronto Press, 1997), qui sont un témoignage particulièrement intéressant, tant pour l’histoire des sciences naturelles que pour la politique et les mœurs de l’époque. Ce savant britannique était très lié à la France. Parfaitement francophone, il possédait des biens dans l’Hexagone. Auteur de nombreuses publications sur la flore française, dont un Catalogue des plantes indigènes des Pyrénées et du Bas Languedoc, il entretenait des relations privilégiées avec Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841) et les botanistes du Jardin des Plantes de Paris. Si la République des Deux Nations n’existait déjà plus à l’époque, on trouve dans son autobiographie plusieurs traces de l’histoire de la Lituanie, de l’Ukraine et de la Pologne. Bentham passa une partie de son enfance au sein de l’empire russe, car son père faisait partie d’une mission ayant pour but la construction en Russie de navires pour la marine militaire britannique. Il visita donc aussi les ports baltiques et les forêts, dont celles de Lituanie. Plus tard, il correspondit et échangea des plantes avec Willibald Besser (1784-1842), qui dirigeait le jardin du célèbre Lycée de Volhynie à Krzemieniec (Cremenetz) en Ukraine, et avec Alojzy Estreicher (1786-1852), de l’Université de Cracovie. Il rencontra un des jeunes princes Czartoryski à Londres lors d’un dîner chez le « professeur Pillan », en compagnie de M. Napier, éditeur du Supplement to the Encyclopedia Britannica. Après le repas, Bentham se rendit en compagnie de Czartoryski à la réunion de la Royal Society. Durant son voyage en Allemagne, il assista le 5 septembre 1832 à Leipzig à la présentation d’une comédie musicale Der alte Feldherr, tirée d’une anecdote de la vie de Kosciuszko. C’était une des nombreuses manifestations de sympathie en Saxe en faveur de l’indépendance de l’Etat polono-lituanien, suite à la défaite de l’insurrection de 1831. Ces quelques souvenirs racontés par Bentham sont des épisodes historiques souvent absents des livres d’histoire et qui méritent pourtant de ne pas être oubliés. Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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14 avril 2014

”Jamais nous ne serons frères, ni par la patrie, ni par la mère”

”Nikogda my ne budem bratiami” ("Никогда мы не будем братьями") sont les premières paroles d’un poème écrit en russe lors des évènements de Crimée et d’Ukraine orientale par une jeune Ukrainienne (23 ans) de Kiev, Anastassia Dmitrouk. Ecrit en réponse à l’agression russe contre les Ukrainiens - un peuple souvent désigné comme ”frère” par les Russes -, ce poème a été mis en musique et arrangé par deux Lituaniens, Virgis Pupšys et Gintautas Litinskas, et chanté par eux et par Jeronimas Milius et Kęstutis Nevulis. Il a un énorme écho sur les réseaux sociaux ukrainiens et lituaniens, via YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=yfetozC7F7Y
http://v-n-zb.livejournal.com/6932933.html

En voici les paroles librement traduites en français, suivies des paroles originales :

Jamais nous ne serons frères,
Ni par la patrie, ni par la mère,
Il n’y a pas en vous l’aspiration à être libres,
Nous ne serons même pas demi-frères.

Vous vous êtes vous-même baptisés « nos aînés »,
Les cadets, c’est nous, mais pas de vous,
Vous êtes si nombreux, hélas une masse,
Vous êtes énormes, nous sommes grands.

Vous continuez à nous mettre sous pression,
L’envie vous étouffe,
La liberté, un mot inconnu de vous,
Depuis l’enfance, vous êtes enchaînés.

Chez vous, « le silence est d’or »,
Chez nous, les cocktails Molotov s’enflamment,
Oui, nous avons un cœur à sang chaud,
Et vous, « nos parents », pourquoi êtes-vous aveugles ?

Nous, nous n’avons pas froid aux yeux,
Même sans armes, nous sommes dangereux,
Nous avons grandi et sommes devenus courageux,
Nous sommes tous dans la mire de vos snipers.

Les tortionnaires nous ont mis à genoux,
Nous nous sommes relevés pour nous rétablir,
Les rats peuvent se cacher et prier,
Dans le sang, ils vont se noyer.

Chez vous, on vous donne de nouveaux ordres,
Et chez nous, le feu de nouvelles insurrections,
Chez vous règne le Tsar, chez nous la Démocratie
Jamais nous ne serons frères.


Никогда мы не будем братьями
ни по родине, ни по матери.
Духа нет у вас быть свободными –
нам не стать с вами даже сводными.
Вы себя окрестили «старшими» -
нам бы младшими, да не вашими.
Вас так много, а, жаль, безликие.
Вы огромные, мы – великие.

А вы жмете… вы всё маетесь,
своей завистью вы подавитесь.
Воля - слово вам незнакомое,
вы все с детства в цепи закованы.

У вас дома «молчанье – золото»,
а у нас жгут коктейли Молотова,
да, у нас в сердце кровь горячая,
что ж вы нам за «родня» незрячая?

А у нас всех глаза бесстрашные,
без оружия мы опасные.
Повзрослели и стали смелыми
все у снайперов под прицелами.

Нас каты на колени ставили –
мы восстали и всё исправили.
И зря прячутся крысы, молятся –
они кровью своей умоются.

Вам шлют новые указания –
а у нас тут огни восстания.
У вас Царь, у нас - Демократия.
Никогда мы не будем братьями.

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07 avril 2014

Des roses du Muséum d’histoire naturelle de Paris pour le comte Tyszkiewicz

La famille Tyszkiewicz appartenait à la grande aristocratie de la République des Deux Nations. Elle possédait plusieurs châteaux et palais en Lituanie et en Pologne, notamment à Palanga, Astravas et Varsovie, ainsi que la grande forêt de Swislocz (dans le prolongement de la célèbre forêt de Białowieża) que le tsar confisqua en 1832 par mesure de rétorsion pour leur participation à l’insurrection de 1831. Ses membres occupaient les plus importantes fonctions, comme Ludwik Tyszkiewicz (1748-1808) qui fut hetman et trésorier du grand-duché de Lituanie. Ils ont laissé leur nom également dans l’histoire des sciences ; on citera ainsi les éminents frères archéologues Eustachy Tyszkiewicz (1814-1874) et Konstanty Tyszkiewicz (1806-1868) ou le collectionneur d'antiquités Michal Tyszkiewicz (1828-1897), fondateur d'un musée privé à Rome et donateur du Musée du Louvre. Leur nom est aussi lié à la longue tradition d’horticulture qui prévalait en République des Deux Nations au sein de la grande noblesse. Les propriétaires étaient souvent fiers de leurs jardins et des variétés des plantes cultivées. Nous n’avons malheureusement que très peu de précisions sur cette tradition. La lettre envoyée le 17 février 1854 par le comte Tyszkiewicz à Joseph Decaisne, du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, est donc un intéressant témoignage. Le comte, en passage à Paris, désirait visiter les serres du Muséum et aussi acheter pour ses propriétés diverses variétés des roses. Il les énonce : « Rose noire la plus foncée, Rose laquentinie, pourpre noire, Gloire de France, Madame Lecurveux, Queen Victoria blanche, Fortunés yellow, Rubanée la plus belle, Tigrée, Général Changarnier, Rose thé, Madame Mélanie Willemoz, Soleil d’Austerlitz, Blanche à cœur bleu, Rouge à cœur jaune, Zoé mousseuse partout ». Il souhaitait également rapporter en Lituanie « plusieurs espèces parmi les plus belles » de renoncules, d’anémones et de gladiolés. Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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04 avril 2014

90 ans de Festivals des Chants et des Danses à Vilnius

Les chants et les danses traditionnels sont une partie importante de l’héritage culturel lituanien, préservé et cultivé fièrement par les Lituaniens d’aujourd’hui. De nombreux festivals sont organisés tout au long de l’année partout en Lituanie. Un des évènements le plus populaire est le Festival des chants et des danses Dainų šventė , organisé tous les 4 ans à Vilnius et inscrit, en 2008, sur la liste des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’UNESCO. La précédente édition a rassemblé plus de 40 000 choristes et danseurs venus des 4 coins du monde. En 2014, le festival fêtera ses 90 ans : un programme exceptionnel est prévu pour cette occasion. Il réunira du 2 au 6 juillet  les meilleurs chanteurs et danseurs traditionnels lituaniens du monde entier. Pour en savoir plus : http://www.dainusvente.lt/en

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28 mars 2014

Soirée de films documentaires lituaniens à Paris le 31 mars

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