14 avril 2014

”Jamais nous ne serons frères, ni par la patrie, ni par la mère”

”Nikogda my ne budem bratiami” ("Никогда мы не будем братьями") sont les premières paroles d’un poème écrit en russe lors des évènements de Crimée et d’Ukraine orientale par une jeune Ukrainienne (23 ans) de Kiev, Anastassia Dmitrouk. Ecrit en réponse à l’agression russe contre les Ukrainiens - un peuple souvent désigné comme ”frère” par les Russes -, ce poème a été mis en musique et arrangé par deux Lituaniens, Virgis Pupšys et Gintautas Litinskas, et chanté par eux et par Jeronimas Milius et Kęstutis Nevulis. Il a un énorme écho sur les réseaux sociaux ukrainiens et lituaniens, via YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=yfetozC7F7Y
http://v-n-zb.livejournal.com/6932933.html

En voici les paroles librement traduites en français, suivies des paroles originales :

Jamais nous ne serons frères,
Ni par la patrie, ni par la mère,
Il n’y a pas en vous l’aspiration à être libres,
Nous ne serons même pas demi-frères.

Vous vous êtes vous-même baptisés « nos aînés »,
Les cadets, c’est nous, mais pas de vous,
Vous êtes si nombreux, hélas une masse,
Vous êtes énormes, nous sommes grands.

Vous continuez à nous mettre sous pression,
L’envie vous étouffe,
La liberté, un mot inconnu de vous,
Depuis l’enfance, vous êtes enchaînés.

Chez vous, « le silence est d’or »,
Chez nous, les cocktails Molotov s’enflamment,
Oui, nous avons un cœur à sang chaud,
Et vous, « nos parents », pourquoi êtes-vous aveugles ?

Nous, nous n’avons pas froid aux yeux,
Même sans armes, nous sommes dangereux,
Nous avons grandi et sommes devenus courageux,
Nous sommes tous dans la mire de vos snipers.

Les tortionnaires nous ont mis à genoux,
Nous nous sommes relevés pour nous rétablir,
Les rats peuvent se cacher et prier,
Dans le sang, ils vont se noyer.

Chez vous, on vous donne de nouveaux ordres,
Et chez nous, le feu de nouvelles insurrections,
Chez vous règne le Tsar, chez nous la Démocratie
Jamais nous ne serons frères.


Никогда мы не будем братьями
ни по родине, ни по матери.
Духа нет у вас быть свободными –
нам не стать с вами даже сводными.
Вы себя окрестили «старшими» -
нам бы младшими, да не вашими.
Вас так много, а, жаль, безликие.
Вы огромные, мы – великие.

А вы жмете… вы всё маетесь,
своей завистью вы подавитесь.
Воля - слово вам незнакомое,
вы все с детства в цепи закованы.

У вас дома «молчанье – золото»,
а у нас жгут коктейли Молотова,
да, у нас в сердце кровь горячая,
что ж вы нам за «родня» незрячая?

А у нас всех глаза бесстрашные,
без оружия мы опасные.
Повзрослели и стали смелыми
все у снайперов под прицелами.

Нас каты на колени ставили –
мы восстали и всё исправили.
И зря прячутся крысы, молятся –
они кровью своей умоются.

Вам шлют новые указания –
а у нас тут огни восстания.
У вас Царь, у нас - Демократия.
Никогда мы не будем братьями.

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