18 juillet 2020

Désinformation et influence


Dans sa collection Intelligence stratégique et géostratégie, les éditions L’Harmattan viennent de publier un nouvel ouvrage collectif sous la coordination d’Anne-Marie Goussard, consule honoraire de Lituanie à Troyes. L’ouvrage aborde cette fois la question des stratégies de désinformation et d’influence telles qu’elles sont menées actuellement par la Russie contre les démocraties européennes, et notamment les plus petites d’elles comme la Lituanie. L’ouvrage réunit les contributions de plusieurs experts en la matière : Françoise Thom, Galia Ackermann, Rudy Reichstadt, Jean-Sylvestre Mongrenier, Sylvain Boulouque, Alla Lazareva, Eugène Leahu, Vasile Calmatui, Emilija Pundziūtė Gallois, Viviane du Castel. Rappelons que la désinformation est l'un des outils des stratégies d'influence qui touchent les décideurs politiques, les médias, l'armée ou les individus. Son objectif est clair : instaurer une société post-occidentale en s'appuyant notamment sur la post-vérité. Il ne s'agit pas d'installer une autre vérité mais de faire disparaître les repères pour fragiliser la démocratie. C'est l'Europe tout entière qui est concernée par cette guerre hybride menée contre elle : guerre d'influence, cyberguerre, guerre sur les médias et les réseaux sociaux, guerre économique, mais aussi coups de main armés comme en Crimée et dans le Donbass. Ces méthodes rappellent celles de l'agit-prop (agitation-propagande) conçues et pratiquées naguère par le KGB. L’enjeu pour les Européens d'une réaction concernée à ces agressions est la sauvegarde de notre mode de vie, de nos institutions démocratiques et de nos libertés.
> Désinformation et influence, sous la coordination d’Anne-Marie Goussard, L’Harmattan, juillet 2020, 176 pages, 19 €.
https://www.editions-harmattan.fr

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12 juillet 2020

Moi, enfant-loup


À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques envahirent la Prusse-Orientale et vidèrent brutalement le territoire de sa population allemande. C'est durant cette période de chaos que la petite Liesabeth Otto, 7 ans, perdit sa mère et sa sœur et se retrouva livrée à elle-même. Fuyant l'armée Rouge, elle échoua en Lituanie avec d'autres enfants. Vagabonds mendiant un peu de nourriture et de chaleur humaine, parfois voleurs, ils dormaient dans les granges en échange de menus travaux : on les appela " enfants-loups ". Auprès de ces familles qui l'accueillirent ou la repoussèrent, Liesabeth apprit une nouvelle langue et finit par être rebaptisée Maria Klemaitė pour effacer ses origines. En Lituanie, elle vit dans la tourmente de l’annexion soviétique, entre collectivisation et lutte entre Frères de la forêt et stribai, puis la vie dans les camps en Sibérie, au Kazakhstan, plus tard les retrouvailles en Lituanie et enfin son retour quasi-clandestin en Prusse-Orientale devenue entre-temps la région russe de Kaliningrad. Le récit autobiographique de cette femme est raconté à la première personne par la réalisatrice et auteur Ingeborg Jacobs, qui l’a rencontrée à plusieurs reprises. Depuis toujours passionnée d'histoire, Ingeborg Jacobs a consacré la majeure partie de son travail au sort des populations de l'Allemagne de l'Est après la Seconde Guerre mondiale, et reçu de nombreux prix de la télévision allemande. Publié en Allemagne en 2010 sous le titre original Wolfskind par Propyläen, le récit parut en France une première fois au Fleuve Noir en 2012 sous le titre Enfant-loup, puis chez France Loisirs dans la collection ‘Le Grand Livre du Mois’ sous le titre Moi, enfant-loup, et enfin en poche. On notera qu’en 2020 parut en France, dans la collection ‘Littérature étrangère’ chez Flammarion, un second ouvrage sur ce sujet écrit par le poète et romancier lituanien Alvydas Šlepikas et publié sous le titre À l'ombre des loups.
> Ingeborg Jacobs, Moi, enfant-loup, traduit de l’allemand par Dominique Rotermund, Univers Poche, 2012, 225 pages, 12,00 €

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09 mai 2019

Le Martyr moderne de Bartholdi


En 1864, le sculpteur Auguste Bartholdi (1834-1904), le père de la célèbre statue de la Liberté à New York, réalisa un monument dédié aux victimes de l’insurrection polono-lituanienne de 1861-1863. Ce soulèvement populaire et nobiliaire contre le régime tsariste s’étendit dans tous les territoires de l’ancienne République des Deux Nations – Pologne, Lituanie, Ruthénie, Volhynie – tombés sous la domination russe à la fin du XVIIIe siècle. Il fut suivi d’une longue guérilla contre l’armée impériale russe qui réagit brutalement, faisant près de 200.000 victimes parmi les insurgés et la population civile. Le pouvoir russe eut un comportement particulièrement sanglant en Lituanie, dirigée alors par le gouverneur-général Mikhaïl Nikolaïevitch Mouraviov-Vilensky, dit « le pendeur ». Dans la seule Lituanie, plus de 700 personnes furent exécutées par pendaison ou passées par les armes et près de 40.000 furent déportées en Sibérie. Ces évènements eurent un grand retentissement en France.
La sculpture de Bartholdi est une allégorie de l'héroïsme et de la souffrance des Polonais et de leurs voisins lituaniens, biélorusses et ukrainiens. Elle représente Prométhée à demi allongé et enchaîné, assailli par l’aigle bicéphale russe. Bartholdi retranscrit ainsi les sentiments que l’échec de la lutte pour la liberté et la souveraineté de ces peuples lui inspire.
Le modèle original en plâtre de la sculpture, présenté au Salon de Paris en 1864, est aujourd'hui conservé au musée Bartholdi, à Colmar, la ville natale du statuaire. Un second exemplaire (photo) a été fondu en bronze en 2005 d'après le modèle en plâtre. Après avoir été initialement exposé dans la cour du Palais royal de Varsovie, il se trouve depuis 2010 dans le parc du Centre polonais de sculpture de Orońsko. Situé à 120 km au sud de Varsovie, ce centre réunit 621 sculptures, installations et autres monuments d’art de divers artistes dans l'ancien domaine du peintre Józef Brandt. 
https://www.rzezba-oronsko.pl/EN/
https://www.musee-bartholdi.fr/

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