28 novembre 2019

Poésie inspirée des confins baltes


Dans un recueil qui vient de paraître chez Gallimard, Anna Ayanoglou nous fait plonger dans un univers poétique qui puise largement aux confins de l’Europe baltique, Lituanie et Estonie où elle a beaucoup séjourné. Lieux sévèrement marqués par les totalitarismes du XXe siècle et qui forment aujourd'hui comme un arrière-pays invisible, l'auteure y mène un voyage composé d'instants, de sensations, de souvenirs déjà échappés au détour de rues sans importance. Elle ne se veut pas prisonnière d'une forme esthétique principale. Elle préfère la voix du poème à celle du roman. Le poème permet l'expression de formes plus fines, plus subtiles, mais aussi plus fortes. Le poème va plus vite, plus loin. « Les rues de Vilnius noyées sous le feuillage » figurent un monde d'Europe mystérieux et intime. Ce sont là comme des miniatures profondes, impressions de journées ordinaires dans la surprise que tout cela « tient ensemble ». Le fil des traversées offre ainsi au lecteur une géographie personnelle, comme un journal aux secrets bien gardés. Avec ce premier recueil, l’auteur fait entendre une musique singulière, d'intimité européenne, étonnant de maturité.
Née en 1985, Anna Ayanoglou a passé plusieurs années dans les pays baltes. Elle vit aujourd’hui à Bruxelles où elle enseigne le français et anime une émission poétique sur les ondes de Radio Panik.
« Le fil des traversées », Anna Ayanoglou, Librairie Gallimard NRF, 2019, 98 pages, 12,50 €

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