15 décembre 2016

Cahiers Lituaniens : Liutkus, Ristelhueber et Domeyko au sommaire



Le numéro 15 des Cahiers Lituaniens vient de paraître. Publiée par le Cercle d’histoire Alsace-Lituanie avec le concours de la Fondation Robert Schuman et de l’Union Internationale des Alsaciens, la revue vise à mieux faire connaître les liens historiques et culturels entre la Lituanie et la France en publiant des textes inédits en français d’auteurs lituaniens et français, mais aussi polonais, biélorusses, allemands, belges ou italiens.
Si le régime soviétique issu du coup d’État bolchévique de 1917 a fasciné de nombreux intellectuels en Occident dès l’entre-deux-guerres, il a aussi inquiété les États immédiatement voisins de la Russie, y compris ceux issus de l’éclatement partiel de l’empire tsariste. Afin de mieux comprendre l’énigme que représentait ce nouveau régime atypique, un établissement de recherche et d’enseignement unique en son genre avait été créé en 1930 à Vilnius (qui avait été annexée de facto par la Pologne ces années-là) par les milieux académiques polonais : l’Institut de l’Europe Orientale de Vilnius. Alors que les années « soviétiques » d’après 1945 ont effacé l’institut de la mémoire collective, l’historien Marek Kornat le fait découvrir en ouverture de ce numéro.
La Seconde Guerre mondiale bouleversa aussi le destin personnel de deux diplomates qu’il a paru intéressant de présenter : le Français René Ristelhueber d’une part, d’origine alsacienne, qui fut le représentant de la France en Lituanie au début des années 30 et dont la carrière diplomatique s’est interrompue lors de son poste ultérieur au Canada, à cause de sa fidélité au régime qui l’avait nommé ; et le Lituanien Antanas Liutkus d’autre part, en poste à Paris à la fin des années 30 et dont la fonction disparut en même temps que l’État qui l’avait nommé, car annexé par l’URSS. L’un comme l’autre s’occupa de réfugiés après la guerre. Liutkus, dont l’autoportrait peut être admiré en couverture, mena en plus une carrière artistique qui est décrite ici par la conservatrice Elvyra Markevičiūtė.
Après avoir abordé dans les numéros précédents l’œuvre de plusieurs grands hommes de lettres lituaniens, tels Maironis et Donelaitis, ou de poètes contemporains – Artūras Valionis, Donaldas Kajokas, Marius Burokas – la revue a cette année la curiosité de se pencher sur deux ovnis littéraires qui traversèrent le monde des lettres en France dans les années 1970 en portant haut le nom – singulièrement oublié à cette époque – de « Lituanie » : La folle de Lituanie de Bertrand Poirot-Delpech (1970) et Démone en Lituanie d’Henri Guigonnat (1973). Jean-Claude Lefebvre s’attache à décrypter ces deux œuvres, par ailleurs si dissemblables.
Cette livraison s’achève avec un texte de Piotr Daszkiewicz sur les mémoires d’Ignacy Domeyko. L’article est centré sur les études parisiennes du grand minéralogiste originaire de Lituanie et sur son premier travail en Alsace, dans l’entreprise de la célèbre famille Koechlin.

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