11 novembre 2024

Yana Ross : la Saison de la Lituanie en France est un acte politique

Au Théâtre Nanterre-Amandiers où elle adapte une pièce de théâtre, dans le cadre de la Saison de la Lituanie en France la metteuse en scène et réalisatrice lituano-américaine Yana Ross a été interviewée par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore pour le média L’Œil d’Olivier. À la question « Que représente pour vous une saison lituanienne à Paris ? », elle a répondu : « Tout d’abord, il s’agit pour moi d’un acte politique. La Lituanie a été très claire sur le danger de l’expansion russe et sur le fait que la culture russe est un outil de manipulation en douceur. La présence d’artistes de la culture lituaniens permet d’amplifier notre voix. Par ailleurs, la culture théâtrale lituanienne est un élément important de notre société démocratique, elle est très ouverte et nécessaire pour encourager la pensée critique. Je suis heureuse de la partager et je suis très curieuse d’entendre la perception de notre culture par le public français. »

Pour l'intégralité de l'interview, voir :
https://www.loeildolivier.fr/2024/11/yana-ross-consider-the-lobster-david-foster-walace-entretien/

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12 septembre 2008

Gediminas Serksnys, nouvel ambassadeur de Lituanie auprès du Conseil de l’Europe

Le 10 septembre 2008, le président de la République de Lituanie Valdas Adamkus a remis ses lettres de créance à Gediminas Šerkšnys comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès du Conseil de l’Europe, à Strasbourg. Né en 1948 à Kaunas, Gediminas Šerkšnys a suivi des études de biophysique à l’Institut de médecine de sa ville natale, puis a travaillé dans le domaine des techniques énergétiques et de la cybernétique. Elu député du Conseil suprême en 1990 et signataire de l’acte d’indépendance de la Lituanie, il fut ministre sans portefeuille en 1993, vice-ministre des affaires étrangères en 1998, ambassadeur de Lituanie auprès des Nations Unies en 2000. Il remplacera son prédécesseur, Neris Germanas, à partir du 7 octobre 2008.
http://www.president.lt/fr/

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06 septembre 2008

Medvedev raille les "douleurs fantômes" des pays baltes, Volker les rassure

Le président russe Dmitri Medvedev a ironisé le 3 septembre à Sotchi sur les "douleurs fantômes" des pays baltes qui n'en finissent pas de se plaindre des menaces émanant de Moscou. "Pour ce qui concerne les pays baltes, ils semblent souffrir de douleurs fantômes, car personne ne les menace. C'est tout simplement un moyen de maintenir en ébullition les élites politiques", a-t-il constaté dans une interview accordée à la chaîne de télévision italienne RAI. "Nous ne répondrons aux préoccupations de personne tant qu'on ne réagira pas à nos propres préoccupations qui concernent l'élargissement de l'Otan et l'accumulation d'armements autour de la Russie", a indiqué M. Medvedev, interrogé sur les inquiétudes des pays voisins au lendemain conflit en Géorgie. Dans le même temps, l'ambassadeur américain à l'Otan, Kurt Volker, déclarait à Bruxelles que l'Alliance atlantique devait afficher sa détermination à défendre les pays baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, contre toute intervention de la Russie. Cité par le Financial Times, il a précisé que les 26 Etats membres de l'Otan doivent montrer leur volonté en ayant recours à des "manoeuvres d'entraînement". "Ces pays sont membres de l'Otan. En conséquence, si une agression est commise contre ces pays, nous devrons répondre", explique Volker. Et d'ajouter: "Les Etats baltes éprouvent des inquiétudes à voir la Russie utiliser la force militaire pour envahir un petit Etat voisin. Nous devons envoyer un signal pour les rassurer".
http://www.rai.it/
http://www.ft.com/

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29 août 2008

Russie-Georgie : interrogations et inquiétudes en Lituanie

Au sein de la classe dirigeante de Lituanie qui a presque unanimement condamné la reconnaissance par la Russie de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, les propos de l’ancien ministre lituanien des Affaires étrangères Povilas Gilis au quotidien Respublika ont retenti en Lituanie comme une fausse note. Selon lui, la Lituanie est devenue l'instrument de la politique d'un Etat étranger. "La Lituanie a trop investi dans le président géorgien Saakachvili, dont le pays n'est pas aussi innocent qu'on essaie parfois de nous le faire croire. Le gouvernement lituanien ne conduit malheureusement pas sa propre politique étrangère ; il se comporte comme un régime fantoche au service d’un pouvoir étranger plus fort. Toute cette situation rappelle fort l'époque de la guerre froide, lorsque les confrontations entre les Etats-Unis et l'URSS ne se déroulaient pas directement entre eux, mais par l’intermédiaire de pays du "tiers monde", en Afrique, en Amérique latine ou en Asie". Par ailleurs, plusieurs experts économiques de Lituanie commencent à exprimer aussi leurs inquiétudes quant aux éventuelles conséquences négatives qui pourraient découler de la position des dirigeants lituaniens sur le conflit en Transcaucasie. "L'aide inconditionnelle apportée par la Lituanie à la Géorgie place les entreprises de notre pays dans une situation peu enviable en Russie. De la restriction de l'importation de produits alimentaires à la fermeture du "robinet" gazier, voici ce que pourrait coûter à la Lituanie le fait d'avoir critiqué systématiquement la Russie lors de ce conflit."
http://www.respublika.lt/

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11 août 2008

Ossétie du Sud : réactions croisées de Lituanie et de France

Concernant la riposte russe au coup de force de la Georgie contre l’Ossétie du Sud, le président de Lituanie Valdas Adamkus s’est associé à ses homologues d'Estonie, Lettonie et Pologne dans une déclaration commune pour appeler l'Union européenne et l'OTAN à agir contre "la propagation de la politique impérialiste et révisionniste de la Russie dans l'est de l'Europe". Par ailleurs, le ministre lituanien des Affaires étrangères Petras Vaitekunas, qui s'est rendu en Géorgie (mais pas en Ossétie), a estimé quant à lui que la Russie avait franchi "toutes les lignes rouges" en pénétrant sur le territoire géorgien, évoquant "des éléments visibles d'agression et de violation choquante de lois internationales avec de graves conséquences pour la stabilité et la sécurité régionale et euro-atlantique". Face à ces propos, le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner, qui préside le Conseil des ministres de l’Union européenne, a regretté toute surenchère et rappelé que la France propose un "plan de sortie de crise" fondé sur "trois principes : cessation immédiate des hostilités ; retrait des forces sur leurs positions antérieures à celles du 6 août, assorti de formules d'accompagnement international ; respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie". Intégrité territoriale couverte par le droit international qui ne fut pourtant pas été respecté par les pays occidentaux dans le cas du Kosovo dont la plupart ont reconnu unilatéralement l'indépendance au printemps dernier, alors que toutes les résolutions de l'ONU avaient toujours affirmé la souveraineté de la Serbie sur ce territoire !
http://www.afp.com/

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01 août 2008

La Lituanie retire ses troupes d'Irak

Le gouvernement lituanien a décidé de rapatrier ce 1er août ses troupes de combat, l’unité Litcom-10, encore présentes en Irak au sein de la coalition conduite par les Etats-Unis, a annoncé hier le ministère lituanien de la Défense selon l'Agence France-Presse. Cinq ans après avoir rejoint la coalition d'intervention contre le régime de Saddam Hussein, Vilnius fera rapatrier ses 33 soldats par un avion de l'armée de l'air américaine qui les déposera à l'aéroport de Sauliai. La Lituanie avait rapatrié une première fois en août 2007 son contingent de 56 soldats déployés en Irak, mais avait par la suite renouvelé partiellement sa présence militaire dans ce pays pour un mandat à durée déterminée, qui vient d'arriver à son terme. La Lituanie a décidé de laisser en Irak une douzaine d'officiers qui, pour la plupart, feront partie d'une mission d'entraînement des forces irakiennes assurée par l'OTAN. Les soldats rapatriés seront solennellement accueillis le 5 août à Kaunas sur la place du Musée de la Guerre Vytautas-le-Grand.

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30 novembre 2007

Le Président lituanien élu Européen de l’année

Le 27 novembre, le Président de la République de Lituanie Valdas Adamkus a été élu "Européen de l'année" lors du gala annuel EV50 au Palais d’Egmont à Bruxelles. Lors de cette cérémonie ont été remis, comme chaque année depuis 2001, des prix à cinquante Européens méritant vis à vis de l'Union européenne (prix EV50). Les gagnants sont choisis par les lecteurs du magazine European Voice, un hebdomadaire du groupe The Economist, et sélectionnés par un panel présidé par Peter Sutherland, ancien Commissaire européen, Président de BP et de Goldman Sachs International. Le président Adamkus a été choisi pour son importante contribution comme négociateur, en tant que dirigeant d’un petit pays d’Europe centrale et orientale, à l’accord historique sur le Traité européen de juin 2007. Lors des discussions à Bruxelles, il avait en effet contribué à rapprocher les points de vue de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy avec ceux des dirigeants polonais.
http://www.ev50.com/noflash/

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04 octobre 2007

Povilas Gylys : pour une politique plus réaliste à l'égard de la Russie

Dans une interview accordée le 1er octobre 2007 au journal "Lietuvos žinios", l'ancien ministre lituanien des Affaires étrangères (1992-1996), Povilas Gylys, actuellement professeur à l'université de Vilnius, a critiqué la politique pratiquée par les dirigeants actuels de son pays à l'égard de la Russie. Selon lui, la diplomatie lituanienne n'arrive pas à établir les bonnes priorités et attache trop d'attention à des Etats qui n'ont pas d'importance stratégique pour la Lituanie. "J'ai parfois l'impression que nos élites politiques sont persuadées que la Lituanie est une superpuissance capable de modifier la situation géopolitique, sans même consulter les autres pays ni coopérer avec eux", écrit le journal, citant l'ancien ministre des Affaires étrangères. Il dénonce particulièrement le ton adopté par la Lituanie dans ses relations avec la Russie. "Il me semble parfois que notre culture politique manque de civilité. Ainsi, afin d'accréditer une image négative de la Russie au sein de notre population, nous réagissons de manière tout à fait honteuse aux attentats terroristes perpétrés dans ce pays", a-t-il affirmé. D'après M. Gylys, concernant le passé, il faut éviter d'accentuer les discordes historiques et tourner son regard vers l'avenir. D'autant que les relations lituano-polonaises offrent un excellent exemple de cette approche. Caractérisant le rôle de Valdas Adamkus dans la définition de la politique extérieure du pays, M. Gylys a critiqué "les tendances proaméricaines" du président lituanien. "Certes, les Etats-Unis sont un de nos plus importants partenaires, mais il ne faut pas oublier que le pouvoir n'y restera pas toujours le même. Des élections vont bientôt s'y dérouler, et avec l'arrivée des Démocrates au pouvoir, la politique extérieure du pays deviendra beaucoup plus souple. Je pense que les Etats-Unis chercheront à renforcer leur dialogue avec l'UE", a déclaré M. Gylys, avant d'ajouter que ce n'était pas l'Amérique qui soutenait financièrement la Lituanie, mais bien la vieille Europe. Il a également soutenu l'opinion de la commissaire européenne Dalia Grybauskaitė selon laquelle, c'est en Europe de l'Ouest qu'il faut chercher des alliés, et non pas en Géorgie ou en Moldavie.
http://www.lzinios.lt/

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26 juillet 2007

Entre musique et politique : portrait du député européen Vytautas Landsbergis

Le Parlement européen vient de publier sur son site une interview de Vytautas Landsbergis, professeur de musique et pianiste professionnel, grand spécialiste du compositeur M.K. Čiurlionis, qui joue aussi une partition plus politique, étant devenu député européen en 2004 après avoir marqué de son nom l’histoire de la Lituanie, ayant été la figure historique de l’indépendance du pays acquise en 1990, au moment de l’effondrement de l’Union soviétique. Derrière des piles de papiers dans son bureau, Vytautas Landsbergis répond à la question du passage de la vie d’artiste à la vie politique : « Le travail pédagogique de ma vie d’artiste -les cours et les examens- était aussi régulé que le travail politique peut l’être. Ici au Parlement, on peut choisir ses priorités, car nous manquons sans cesse de temps et on ne peut pas se consacrer à tous les sujets. Lorsque j’occupais une position politique importante en Lituanie, la précision et la gestion du temps étaient cruciaux. La créativité politique ne pouvait s’exprimer que de manière impromptue, improvisée ou pendant les heures nocturnes. » Pour Vytautas Landsbergis, « les talents nécessaires à la pratique musicale sont comparables à ceux nécessaires à la politique. Dans les deux cas, ils doivent être mentaux et physiques. On pense souvent aux capacités physiques lorsqu’on parle de musique ; or, la mémoire et l’imagination lors des représentations sont tout aussi importantes. On peut préparer un répertoire très connu pour un concert, sans forcément beaucoup répéter : la représentation est plus qu’une répétition. Au Parlement européen, on doit parfois se préparer à une réunion alors même qu’on y est ! C’est la même chose : il faut savoir être précis. » Concernant l’implication des institutions politiques dans le domaine de l’art, Vytautas Landsbergis pense que « se préoccuper des conditions d’exercice de la création artistique ne signifie pas systématiquement interférer. Cela dépend en fait beaucoup du régime politique. A l’époque communiste, nous vivions dans un régime qui interférait dans tous les domaines, dont les arts. Mais ce régime a rencontré d’insurmontables obstacles : malgré les décisions du Parti, qui distinguait par exemple la « bonne » et la « mauvaise » musique, l’art a poursuivi sa mutation. Le régime communiste a simplement fait perdre du temps aux artistes, et du potentiel créatif pour produire des âneries. L’interférence politique dans l’art est une erreur, mais lorsque des politiciens se soucient de l’expression artistique, ce n’est pas forcément de l’interférence ! » A ceux qui comparent l’Union européenne à l’Union soviétique en Lituanie, il répond que c’est « difficile de dialoguer avec des gens ignorants qui répètent des clichés avec aplomb. Ce genre de barrière mentale peut être abattu grâce à des faits, constatés sur le terrain : par exemple, en organisant des visites au sein des institutions européennes, en montrant comment les débats y sont menés. Les gens ont-ils oublié ce qu’était la dictature soviétique, ou bien sont-ils perdus dans les concepts ? L’URSS n’était pas une union mais une entité orwellienne falsifiée. Il n’y a jamais eu de socialisme -l’Etat est juste devenu un capitaliste exploitant et réprimant les travailleurs. Si une union est construite sans volonté commune ni liberté de choix, alors c’est un joug ! »
http://www.europarl.europa.eu/news/public/default_fr.htm

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22 mai 2007

Les positions antirusses de Kirkilas critiquées par des analystes lituaniens

Plusieurs analystes lituaniens désapprouvent la décision de leur Premier ministre Gediminas Kirkilas d'opposer, avec la Pologne, un veto au lancement des négociations sur l'Accord de partenariat et de coopération entre la Russie et l'Union européenne. "Je doute fort que notre comportement soit raisonnable. Cela dit, je ne pense pas à nos relations avec la Russie, mais à celles que nous entretenons avec les pays de l'Union européenne. Après les déclarations que nous avons faites, l'Europe nous regarde d'un oeil sceptique", a affirmé l'analyste politique Vladas Sirutavičius, dont les paroles ont été citées par la radio "Žiniu radijas". De son côté, l'historien Ceslovas Laurinavičius a déclaré sur la même radio que la Lituanie aurait mieux fait d'imiter l'exemple de l'Estonie qui avait simplement proposé de remettre ces négociations à plus tard. La position estonienne, a-t-il précisé, coïncide avec l'avis exprimé mardi dernier par Javier Solana, haut représentant de l'UE pour la politique extérieure et de sécurité. M. Laurinavičius conseille de ne pas oublier non plus les intérêts économiques du pays. Selon lui, il ne faut pas abuser du droit de veto si l'on veut être respecté par les autres. Pour l’Union européenne en effet, coopérer avec la Russie pour la rendre moins imprévisible est l’intérêt de tous. Encore faut-il traiter Moscou en véritable partenaire, en non avec la condescendance affichée par les Etats-Unis. C’est ce que cherchent à faire les Européens, malgré les réticences polonaises et lituaniennes.
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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17 avril 2007

Le président Adamkus sermonne la classe politique

Lors de son discours annuel à la nation prononcé ce 19 avril devant le parlement lituanien, le président de la République Valdas Adamkus a tenu des propos très sévères à l’attention de la classe politique lituanienne. Il a ainsi déclaré que «l'expérience de dix-sept années d'indépendance pour la Lituanie témoigne que restaurer la liberté d'un État est plus facile que se libérer soi-même ». Pour lui, « l’année 2006 a, une fois de plus, mis notre système démocratique à l’épreuve : nous n’avons pas été capables de mettre en route une seule réforme importante pour la vie économique et sociale de notre pays en raison des ambitions partisanes, de l’absence de professionnalisme, des intrigues, du cynisme, de la corruption ou du populisme ». « En Lituanie malheureusement, la solidarité, la confiance et la tolérance entre les niveaux sociaux et entre les différentes institutions du pouvoir font particulièrement défaut ». Le président Adamkus s’est particulièrement inquiété « des polémiques sans fin autour de l’activité du Département de la Sécurité de l’Etat, quand le service est devenu l’otage de certaines forces politiques et l’objet de luttes partisanes » ces derniers mois. Il a cité aussi les carences du système d’éducation, et notamment concernant les valeurs nationales : « Une société, qui n’ose pas regarder de manière franche son passé, qui n’a pas le courage de transmettre son expérience de génération en génération, ne sera jamais ouverte, ni solidaire. » Concernant les émigrés lituaniens, il a rappelé que ceux-ci « assurent souvent qu'ils ont quitté la Lituanie non seulement pour des raisons économiques, mais aussi à cause du contexte national : disparition des liens sociaux, irrespect général, agression bureaucratique. A cause du désespoir d'en triompher et de garantir leurs droits, leurs intérêts, leur dignité humaine. » Le président Adamkus a ainsi appelé la classe politique à se ressaisir, à regagner la confiance des citoyens, à respecter la volonté des électeurs, à « créer la Lituanie de la confiance ».
http://www.president.lt/fr/

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05 avril 2007

L’émigration, ennemi d’Etat n°1

Depuis le rétablissement de l’indépendance de la Lituanie en 1990, plus de 500 000 Lituaniens ont officiellement quitté leur pays, pour une population totale aujourd’hui de 3,4 millions d’habitants. En raison des émigrations illégales ou de la non-radiation du domicile officiel en Lituanie, les chiffres ne sont pas fiables et, selon certaines sources, l’émigration concernerait même 600 à 700 000 personnes, soit entre 15 et 20% de la population. A elle seule, l’Irlande accueillerait plus de 100 000 immigrés lituaniens (photo). Parmi les autres destinations prisées des candidats au départ se trouvent la Grande-Bretagne, les pays scandinaves, l’Espagne et le Portugal. Le webmagazine Café Babel vient de consacrer tout un article sur le sujet. Son correspondant à Vilnius, Sven Becker, rappelle ainsi que les Lituaniens ont déjà dans le passé émigré en plusieurs vagues : à l’époque tsariste à la fin du XIXe siècle pour échapper aux années du service militaire russe (à l’époque plutôt vers l’Amérique), puis pendant l'indépendance de l'entre-deux-guerres pour fuir la misère, dans les années 40 après l’annexion soviétique. C'est le retour à l’indépendance au début des années 90 qui a donné le coup d’envoi à la quatrième grande vague d’émigration. A l’époque, la Lituanie se débattait dans une crise économique sans précédent et son taux de chômage dépassait les 20%. De fait, des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées au chômage. Beaucoup ne voyant d’avenir qu’à l’étranger ont décidé de quitter la Lituanie. Les effets de l’émigration sur l’économie locale ont longtemps été positifs : aujourd’hui encore, les expatriés envoient des centaines de millions d’euros au pays, contribuant à relancer l’économie. Cependant, certaines voix en Lituanie expliquent aussi l'importance de l'émigration par le gonflement d'une bureaucratie d'Etat arrogante et tatillonne et par l'esprit clanique des dirigeants politiques et économiques qui ont fait fuir à l'étranger les citoyens les plus entreprenants. Depuis l’adhésion de la Lituanie à l’Union européenne en 2004, la vague d’émigration a cependant encore gonflé, au point de susciter les inquiétudes des hommes politiques du pays. Il ne se passe pas un mois sans qu’ils ne fassent de nouvelles propositions pour mettre un terme à cette fuite des bras et des cerveaux. Nombreux sont aussi les Lituaniens qui redoutent la disparition de l’identité nationale à cause de l’émigration. Ils craignent que la langue et les coutumes finissent par tomber aux oubliettes si toujours plus d’habitants continuent de partir. C’est pourquoi les Lituaniens tiennent beaucoup à préserver leur culture même s’ils vivent à l’étranger.
http://www.cafebabel.com/fr/
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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26 novembre 2006

Se venger de son passé sur Moscou ?

Qu’est-ce qui pousse la Pologne, soutenu en cela par la Lituanie, à bloquer le mandat de la Commission européenne pour ouvrir des négociations avec la Russie sur un nouvel accord de base ? Selon Alexander Rahr (photo), le spécialiste de la Russie à la Société allemande de politique étrangère (DGAP), "la raison principale de la démarche de Varsovie est le désir des Polonais de faire connaître à l’Union européenne leur attitude envers la Russie". Le plus grand risque est que, si l’accord de coopération et de partenariat n’est pas reconduit, l’UE et la Russie vont être obligées de le réécrire. Cela signifie que chaque pays de l’UE devra le faire ratifier par son parlement et ce processus pourrait durer des années. Depuis le dernier élargissement, les pays de l’Union européenne divergent de plus en plus fréquemment sur le facteur Russie. Les vieux membres de l’UE, à savoir l’Allemagne et la France, préconisent une approche stratégique des relations avec la Russie. Mais, selon A. Rahr, certains nouveaux membres, qui ont eu des relations particulières avec elle par le passé, ont apporté dans l’Union leurs "vieux démons", des souvenirs et plaies encore ouvertes de l’époque soviétique, voire de celle de l’Empire russe du XIXe siècle, ainsi que leurs problèmes intérieurs, et cherchent maintenant à se venger de leur passé sur Moscou. Certains Etats est-européens se fixent pour objectif principal d’isoler la Russie, de la pousser plus loin à l’est, dans les bras de la Chine, de renoncer à la coopération russo-européenne. La Pologne veut à présent renoncer à l’alliance énergétique. Varsovie estime que l’Union européenne peut stopper la construction du gazoduc de la Baltique sur lequel se sont entendues la Russie et l’Allemagne. Pourtant, la Russie, elle, bâtit une politique suffisamment judicieuse et avantageuse à l’égard de l’Union européenne. L’effet du blocage polonais est que Vladimir Poutine parle désormais moins avec l’ensemble de l’UE et mène un dialogue bilatéral avec les pays qui sont prêts à accepter la coopération la plus étroite avec la Russie : l’Allemagne, la France, l’Italie, la République Tchèque et la Hongrie. Pour pérenniser le succès acquis, le président russe pourrait proposer sa coopération aux républiques baltes. Et se déplacer dans ces pays au moins une fois afin de renforcer les positions russes et obtenir davantage de confiance. Selon Vladimir Tchijov, représentant permanent de la Russie auprès de l’UE, "c’est une tentative de chantage, mais pas contre la Russie. Contre les autres membres de l’Union européenne. Nous ne voyons aucune raison de prendre des contre-mesures. C’est à l’Union européenne de statuer sur la décision de l’un ou de l’autre de ses membres".
http://www.dgap.org/fi/mitarbeiter/rahr.html

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30 mars 2006

Crise de confiance dans les institutions politiques

Lors de son discours annuel à la nation prononcé le 28 mars dernier, le président de la République Valdas Adamkus n’a pas ménagé le gouvernement et les partis politiques, éclaboussés par plusieurs affaires de corruption. Evoquant des « hommes politiques et hauts fonctionnaires qui agissent sans la moindre décence », il a suggéré que les Lituaniens de se méfier d’eux-mêmes bien davantage que de leurs voisins : « Nous sommes une menace pour l’Etat bien plus que nos ennemis extérieurs ». Le chef de l’Etat est considéré comme l’homme politique le plus populaire du pays, avec le soutien de 67% de la population. Les institutions jouissant de la confiance des Lituaniens sont d’abord l’Eglise catholique (70%), la Sécurité sociale (66%) et l’Education nationale (60%), alors que le gouvernement (16%) et le Parlement (7%) se situent en fin de liste.
http://www.president.lt/fr/

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27 novembre 2005

La nation lituanienne en voie de disparition ?

La nation lituanienne pourrait être sur le point de disparaître ! C'est ce qu'a notamment déclaré le Président de la Lituanie, Valdas Adamkus, en intervenant, en avril dernier, devant les députés à la Diète (Parlement) avec son rapport annuel sur la situation dans le pays. Dans ce message au peuple, le Président Adamkus l'a exhorté à édifier une authentique société civile dans le pays, à y renforcer la justice sociale et à empêcher la disparition de la nation lituanienne, en tant que telle. Le chef de l'Etat lituanien a signalé le désintéressement politique quasi-total des citoyens, le défaut de leur maturité politique et civile, ainsi que le manque manifeste de justice sociale et de solidarité des Lituaniens face à l'essor économique vertigineux et des processus démographiques et de migration échappant souvent à tout contrôle, ce qui peut finalement se solder par la disparition de la nation lituanienne, en tant que telle. Cela dit, Valdas Adamkus a fait remarquer que pas mal de gens en Lituanie se mettaient aujourd'hui à douter bel et bien de leur propre avenir dans leur propre pays. Comme résultat, de telles personnes ne lient plus leur propre vie ni, d'ailleurs, celle de leurs enfants avec la Lituanie. Et d'ajouter que de plus en plus de jeunes quittent à jamais la Lituanie, ce qui fait perdre au pays sa population active et une part importante de ses jeunes diplômés. Selon les données du Département des statistiques de la Lituanie, dans les trois premiers mois de 2005, la population du pays a diminué de quelque 20 000 personnes (par rapport au quatrième trimestre de 2004), de sorte qu'au 1er avril 2005, on ne comptait en Lituanie plus que 3 425 500 habitants. Qui plus est, divers sondages d'opinion montrent que jusqu'à 60% des habitants adultes de la Lituanie déclarent ouvertement leur envie de vivre et de travailler à l'étranger. Valdas Adamkus a cité, à titre de principales tâches stratégiques se posant aujourd'hui à la Lituanie, l'édification d'une société civile autonome et d'une vraie nation politique ; l'élimination du sous-développement socio-économique et technologique du pays et de toutes ses régions et ce, parallèlement à la création des bases d'une meilleure justice sociale ; le rétablissement de la confiance des citoyens en eux-mêmes, dans leur peuple et dans leur Etat.
http://www.president.lt/fr

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