24 juillet 2007

Marjiampole fête Mgr Jurgis Matulaitis

Pour le vingtième anniversaire de sa béatification, Mgr Jurgis Matulaitis-Matulevičiūs est fêté en ce mois de juillet par la communauté catholique de Marjiampolė : messe d'action de grâces à l'église St. Michel l'Archange le dimanche 15 juillet, exposition au musée K.-Grinius de la ville, etc. Jurgis Matulaitis est en effet un enfant du pays. Il est né en 1871 dans une famille de huit enfants, dont les parents étaient de petits paysans, à Lūginė, un village près de Marjiampolė, en Lituanie alors annexée par la Russie. Grâce à un parent de la famille, il entra en 1891 au Séminaire polonais de Kielce, où il polonisa son nom en Matulewicz. Doué d’une intelligence supérieure, il y apprit aussi, en plus du lituanien et du russe, le français, le polonais, l’allemand, le latin. Il poursuivit ses études théologiques à l'Académie catholique de Saint-Pétersbourg et fut ordonné prêtre en 1898. Puis il fit son doctorat à Fribourg, en Suisse (1902). Sa thèse, qui dénote ses préoccupations œcuméniques, porta sur la théologie orthodoxe russe. D’abord vicaire en paroisse, il fut ensuite professeur au Séminaire de Kielce. Très attentif aux pauvres, il étudia la doctrine sociale de ‘Rerum novarum’ du pape Léon XIII (1891). Il avait pu observer personnellement la très difficile condition des ouvriers, notamment en Russie. Avec perspicacité, il ne se borna pas à décrire la situation telle qu’elle apparaît, mais il en chercha les causes, seule façon de leur apporter des remèdes adéquats. Il s’intéressa aussi à la vie religieuse, redonnant vie à la Congrégation des Marianistes de Marjiampolė, et fondant les Sœurs des pauvres de l’Immaculée Conception qui deviendront le plus important groupe de religieuses en Lituanie. Nommé évêque de Vilnius en 1918, il dut faire face à de nombreux conflits, notamment avec les bolcheviks et entre Lituaniens et Polonais. Homme de paix, il sera confronté à la situation créée par l’annexion de Vilnius par la Pologne et au rejet de son ministère par la communauté catholique polonaise. A ce sujet, il dira : « Je suis né en Lituanie et presque toute ma vie, j’ai travaillé en Pologne ; je l’ai fait avec loyauté et de toute ma force. » En 1925, pour apaiser les esprits, il donna sa démission comme évêque de Vilnius. Le pape Pie XI le nomma immédiatement Visiteur apostolique en Lituanie, où il s’attacha à préparer un Concordat entre la Lituanie et le Saint-Siège. Il mourut brusquement à 55 ans en 1927. Le Concordat sera signé peu après. Beau paradoxe : Jurgis Matulaitis a été béatifié en 1987 par Jean-Paul II, le pape polonais, à l'occasion du 600e anniversaire de la christianisation de la Lituanie.
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0287.htm
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17 décembre 2006

Il y a 140 ans naissait Kazys Grinius

C’est en effet le 17 décembre 1866 que naissait dans le village de Selemos Būda, près de Marijampolė (la Lituanie était alors intégrée dans l'Empire tsariste), celui qui allait devenir le troisième Président de la République de Lituanie. Après des études de médecine à l'université de Moscou durant lesquelles il fut brièvement incarcéré à la prison de Boutyrki pour participation à des émeutes estudiantines (1889), Kazys Grinius fut médecin, d’abord à Minsk dans une station de lutte contre le choléra, puis au bord sur la mer Caspienne. Revenu en 1894 en Lituanie, il exerça comme praticien mais fut à plusieurs reprises emprisonné par les autorités tsaristes pour "activité culturelle lituanienne". Etabli en Russie avec sa famille entre 1914 et 1919, il fut élu en 1917 au Conseil lituanien de Voronej, puis, en 1919, membre de la délégation lituanienne à Paris, au moment de la signature du Traité de Versailles. Elu député au Seimas (Diète), il devint chef du gouvernement de 1920 à 1922. Elu Président de la République de Lituanie le 7 juin 1926 par la nouvelle Diète dominée par les populistes-paysans et les sociaux-démocrates, il fut démis de ses fonctions lors du coup d'Etat du 17 décembre 1926, provoqué par les violentes manifestations organisées par les communistes et les Bundistes (révolutionnaires juifs) avec le soutien de l'Union soviétique. Le coup de force a été mené à la fois par des officiers supérieurs (général Ladyga, colonel Skorupskis, commandant Plechavicius) et par les Tautininkai (nationalistes lituaniens) de Smetona et Voldemaras. Ils furent implicitement soutenus par les démocrates-chrétiens qui n'avaient pas accepté, eux, la signature du pacte d'amitié et de non-agression avec l'URSS et la remise en cause des fonctions sociales de l'Eglise. Pourtant, le régime nationaliste allait rapidement se rapprocher à nouveau du traditionnel allié soviétique (une Realpolitik sur le plan extérieur trop souvent oubliée aujourd'hui) dans sa lutte pour récupérer Vilnius et contre l'hégémonie polonaise. Les démocrates-chrétiens allaient donc vite déchanter, surtout que Smetona reprit aussi sa politique anticléricale. Arrêté pendant l'occupation allemande, Grinius fut exilé à Ąžuolų Būda pour avoir protesté contre le massacre des juifs. En 1944, il fuit l’annexion soviétique et s’établit en 1947 à Chicago où il mourut le 4 juin 1950. Personnage politique incontournable de l’entre-deux-guerres, Kazys Grinius fut un des principaux leaders de l'Union des populistes-paysans et de l'Organisation des Varpininkai, un mouvement patriotique lituanien né en 1888 autour de la revue "Varpas" (La Cloche).
http://www.president.lt/fr/institution/istorija/3
http://www.muziejai.lt/Marijampole/K_Grinius_muz.fr.htm
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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