07 mars 2024

Le prince Nicolas Christophe Radziwill, un portrait strasbourgeois

L’exposition temporaire « Strasbourg 1560-1600. Le renouveau des arts », qui se tient actuellement au Musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg, présente un dessin représentant le prince Nicolas Christophe Radziwill / Mikalojus Kristupas Radvila Našlaitėlis (1549-1616), qui fut le premier étudiant lituanien immatriculé à la Haute École de Strasbourg (aujourd'hui Gymnase protestant). Issu d’une des grandes familles de magnats lituano-polonais de ce qui devint en 1569 la République des Deux Nations (Union de Lublin), le prince Radziwill accéda plus tard au rang de grand maréchal de Lituanie (1579). La Haute École, dont il suivit les cours en 1563-64, bénéficiait d’une grande renommée, attirant de nombreux jeunes nobles, en particulier d’Europe centrale. Ce dessin à la plume et encre noir sur papier, réalisé par le graveur, aquarelliste et peintre strasbourgeois David Kandel (1520-1592), est un croquis préparatoire pour une gravure ornant le recueil de poèmes grecs de l’humaniste et helléniste Martin Crusius, publié à Bâle en 1566. Le portrait appartient aujourd’hui au Musée du Louvre à Paris, Département des arts graphiques (Inv. 18707 recto).

> Exposition temporaire Strasbourg 1560-1600. Le renouveau des arts, Musée de l’Œuvre Notre-Dame / Arts du Moyen Âge, 3 place du Château à Strasbourg, du 2 février au 19 mai 2024.
https://www.musees.strasbourg.eu/strasbourg-1560-1600.-le-renouveau-des-arts

Libellés : ,

02 janvier 2013

Gustave Loisel (1864-1933) et les anciennes ménageries de la Lituanie

En 1912, Gustave Loisel publia une Histoire des Ménageries de l'Antiquité à nos jours. Cet ouvrage en trois volumes fut sans doute l’œuvre de la vie de ce professeur de zoologie à la Sorbonne et directeur du laboratoire d'embryologie générale et expérimentale à l'École pratique des hautes études. Auteur de plusieurs centaines de publications de divers domaines de zoologie et de biologie expérimentale, Loisel fut aussi passionné par l’histoire des sciences. C’était également un grand connaisseur de parcs zoologiques. Il fut chargé de préparer un projet de réorganisation de la Ménagerie du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) à Paris. Il a fait plusieurs missions dans les jardins zoologiques de divers pays d’Europe. La Bibliothèque Centrale du MNHN conserve les archives de ce scientifique, dont ses notes manuscrites de l’Histoire des Ménageries. L’ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherches en France et à l’étranger. Aujourd’hui encore, il reste une référence dans la matière. L’auteur se rendit également en Pologne et en Lituanie. C’est un rare ouvrage qui traite des anciennes ménageries lituaniennes, s’appuyant sur des sources aujourd’hui perdues ou inaccessibles aux historiens. Nous lui devons notamment la description de « l’Académie des ours » de Smorgony (aujourd’hui en Biélorussie) ainsi que des ménageries de Radziwill (Radvila) : Dans ces pays les ours vivaient alors en abondance et des paysans pouvaient facilement prendre des oursons qu'ils élevaient et dressaient pour leur usage personnel, pour celui de leur seigneur, ou pour les vendre à des conducteurs ambulants. Dans le petit village de Smorgon ou Smorgony, par exemple, là même où Napoléon abandonna les restes de la Grande Armée, en 1813, il y eut un de ces élevages d'ours dont le souvenir est encore aujourd'hui très vivace dans la famille des Radziwill qui posséda ce village dès la fin du XVIIe siècle ; on l'appelait « l’Académie des Ours » non par ironie, mais parce que c'était l'habitude, à cette époque, de décorer du nom d'Académie les ménageries foraines. On venait acheter des ours dressés dans ces sortes d'écoles et on les conduisait, de bourgade en bourgade, pour leur faire donner, sur les places publiques, des représentations plus ou moins burlesques. Deux hommes accompagnaient généralement chaque bête; l'un qui jouait du tambour ou du violon, l'autre qui se déguisait en chèvre savante, au moyen d'un grand sac pourvu d'un masque, d'une paire de cornes et d'une barbiche. Au son de la musique, l'ours et la chèvre se dressaient, se plaçaient en face l'un de l'autre et se mettaient à mimer des scénettes amusantes, telles que : « Le petit garçon dérobant des pois », « La femme à sa toilette », etc. (…). Les riches propriétaires slaves avaient aussi leurs ours privés et, en particulier, les propriétaires de l'Académie de Smorgony. Vieille et riche famille lithuanienne, les Radziwill, notamment leur lignée protestante, possédaient des forêts immenses dans lesquelles ils aimaient à chasser la grosse bête : bisons, élans, ours, loups, cerfs, daims, sangliers. Au cours de ces grandes chasses, on trouvait parfois l'occasion de capturer des ours, que l'on plaçait dans des cages en bois ou dans des enceintes spéciales entourées d'une palissade et d'un fossé profond : les jeunes étaient généralement conservés pour le dressage; les bêtes adultes, plus fortes et plus belliqueuses, et par là même beaucoup plus appréciées par les seigneurs, étaient gardées pour les donner en spectacle contre des dogues danois ou anglais, lors de quelque grande fête. En 1592, par exemple, le prince Christophe Nicolas Radziwill envoie des ours sauvages pour les noces du roi Sigismond III. En 1613, le fils de ce Radziwill, Janusz, à la veille de se marier, veut, lui aussi, des ours pour ses noces. Il écrit à son frère, à Vilna, qu’il n’en trouve pas sur place et lui demande qu'il en fasse venir des élevages de Stuck, de Kojdonov, ou de Romanow et qu'il choisisse des ours assez bien dressés pour pouvoir dénouer les rubans des pantalons de ses beaux-frères. Seize ans plus tard, en 1629, c'est un autre Radziwill, Christophe II, qui donne l'ordre d'acheter dans les provinces du sud : douze chameaux, des chevaux rares, des faucons, des aigles, et d'une façon générale tous les animaux peu connus en Lithuanie qu'on trouvera. Pour en savoir plus : Piotr Daszkiewicz, Muséum national d’Histoire naturelle à Paris : piotrdas@mnhn.fr

Libellés : , ,

19 octobre 2012

Colloque franco-polono-lituanien d'érudits à Brest

Du 18 au 19 octobre s’est tenu à Brest le colloque international "Correspondances d’érudits entre Pologne, Lituanie et France aux XVIIIe et XIXe siècles". Organisée par le Centre d’étude des correspondances de l’Université de Bretagne Occidentale à l’initiative du professeur Marie-France de Palacio, cette très intéressante rencontre académique a réuni une vingtaine d’experts et d'auditeurs venus d’Avignon, Brest, Cracovie, Kaunas, Leiden, Paris, Strasbourg, Varsovie et Wroclaw autour du thème des correspondances littéraires ou scientifiques de personnages au noms célèbres ou moins connus de Bernard de Saint-Pierre, Custine, Romain Rolland, Czartoryski, Chodzko, Ciurlionis, Mickiewicz, Lelewel, Voltaire, Rousseau, Wiklinski, Radziwill, Chojecki, Goncourt, Borch, Forster, Guettard, Gilibert, Graffenauer, Cuvier ou Bojanus. Les actes du colloque feront prochainement l’objet d’une publication. http://www.univ-brest.fr/ccji

Libellés : , , , , , , , ,

19 octobre 2011

Les visiteurs lituaniens du cabinet d’histoire naturelle de Jean Hermann à Strasbourg

Jean Hermann (1738-1800), naturaliste et médecin strasbourgeois, a été l’un des plus grands savants de son époque. Il se distinguait, non seulement par ses travaux scientifiques et son enseignement, mais aussi par les collections qu’il réussit à réunir. Le Cabinet d’histoire naturelle de Strasbourg est rapidement devenu une véritable référence, un lieu incontournable de visites et de rencontres pour les savants venant de l’Europe tout entière. Les Archives municipales de Strasbourg conservent un précieux document pour l’histoire des sciences : la Liste des visiteurs du Cabinet Hermann. Cette liste permet de découvrir l’importance des collections naturalistes de Strasbourg dans le domaine scientifique pour la République des Deux Nations et plus particulièrement pour la Lituanie. C’est non sans une certaine surprise que l’on peut constater que le Cabinet de Hermann a été visité par de nombreux dignitaires lituaniens et polonais. Ce fait prouve l’existence d’une importante culture scientifique dans l’élite politique de l’époque. Parmi les grands noms de l’histoire polono-lituanien l’ayant visité, citons Michal Jerzy Poniatowski (1736-1794), jeune frère du roi Stanisaw August, dernier primat de la République des Deux Nations et archevêque de Gniezno (il visita le Cabinet le 5 octobre 1790) ; Antoni Tyzenhauz (1733-1785), trésorier du grand-duché de Lituanie, l’un des plus importants hommes d’Etat (il visita le cabinet deux fois, le 13 septembre 1778 et 27 mars 1782). Hermann nota sur sa liste de nombreux ecclésiastes : "l’abbé Górski, suffragant de Poméranie" (14 avril 1782) ; le même jour, il nota la visite de "Mr l’abbé Tempié français de Livonie & chanoine de Smoleńsk" ; le 10 septembre 1782 , il nota "Mr. Samborski, aumônier du Grand Duc que mon frère a connu à Londres". Parmi ces visiteurs, nous trouvons aussi les noms des plus grandes familles aristocratiques du pays : Radziwill, Sapieha, Lubomirski. Le 6 novembre 1785, il nota la visite de "M de Rzewuski, grand général de Lituanie [Seweryn Rzewuski (1743-1811)] et Mme née Lubomirska [Konstancja Małgorzata Lubomirska (1761–1840)], fille du Grand maréchal de Pologne avec M. le comte de Pac et M. le comte Olezky du Régiment de Salem-Salem". Grâce à la correspondance entre Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) et Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836), conservée au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, nous savons que Hermann correspondait avec Gilibert et lui envoya de nombreuses graines, contribuant ainsi à la création du premier jardin botanique en Lituanie. Mme Gilibert de Lyon visita le cabinet à Strasbourg le 21 août 1776, probablement sur sa route de retour vers la Lituanie. Le 28 janvier 1783, a été notée la visite de "M. Grognard, natif de Lyon établi à Pétersbourg et qui va se marier Tobolsk, il connaît Gilibert pour lequel je lui ai donné une lettre". Malheureusement, d’éventuelles lettres de Lituanie de Gilibert à Hermann restent de nos jours encore inconnues. Un article de Piotr Daszkiewicz (piotrdas@mnhn.fr) à ce sujet sera publié dans le prochain numéro des Cahiers Lituaniens.
http://www.cahiers-lituaniens.org/

Libellés : , , , , , , , ,

23 août 2010

Un voyage inachevé de J.H. Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814) en Lituanie

L’auteur de Paul et Virginie et l’intendant du Jardin des Plantes et du cabinet d'histoire naturelle, Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, a été dans sa jeunesse un véritable voyageur et aventurier. Son voyage et séjour de trois ans en Ile de France (l’Ile de Maurice) restent probablement les plus connus de ses biographes. Cependant un voyage en Pologne-Lituanie marqua à vie le jeune voyageur français. Bernardin de Saint-Pierre se rendit tout d’abord en Russie. Remarqué par l’impératrice Catherine et jouissant de faveurs de nombreux aristocrates de la Cour, il décida cependant quitter ce pays. Il écrivit que c’est le baron de Breteuil, ambassadeur de France en Russie, qui lui dit un jour : "De grands événements se préparent ; la France n’y est pas étrangère ; servez l’indépendance de la Pologne, c’est une occasion de revoir votre patrie et de courir à la gloire par le chemin de la fortune". Nous savons relativement peu sur son séjour dans l’Etat polono-lituanien. Les écrits Voyage en Pologne et Le vieux paysan polonais n’informent guère sur ses propres mésaventures. Ses biographes et les auteurs du XIXe siècle s’intéressaient surtout à l’histoire d’amour entre le jeune Français et une princesse polonaise : "Une jeune princesse, parente du prince de Radziwill, lui témoigne un tendre intérêt ; il aime, il est aimé. Alors la volupté, l’amour, l’ambition l’embrassent de tous leurs feux". Anatole France écrivit Bernardin de Saint-Pierre et la princesse Marie Miesnik (1875). Par ailleurs, on retrouve les souvenirs de son bien aimée Marie Miesnik [Miecznik signifie "porte glaive", le titre du mari de jeune princesse. Probablement, il s’agit de Maria Karolina Lubomirska, première épouse du prince Radziwiłł] dans le personnage de Virginie. Cependant, le jeune officier français avait l’ambition de jouer un rôle politique. Un court mémoire Relation de ce qui s’est passé depuis mon départ de Varsovie (1764) et la correspondance avec Pierre-Michel Hennin (1728-1807), secrétaire d’ambassade en Pologne, constituent la principale source au sujet du séjour de Bernardin de Saint-Pierre en République des Deux Nations. Hennin, un homme cultivé proche de Voltaire, était un diplomate expérimenté et un important agent secret du Roi. Bernardin de Saint Pierre se trouvait à Varsovie en 1764, quand Stanisław Auguste Poniatowski (1732-1798) fut élu au trône de l’Etat polono-lituanien. La Russie intervint militairement et l’impératrice Catherine appuya cette candidature. L’élection se passa dans une atmosphère de coup d’Etat. De nombreux patriotes s’opposaient à l'élection et à la présence russe. La France mena très activement son propre jeu en appuyant l’opposition et en soutenant le camp antirusse. La Lituanie constitua le véritable fief des patriotes de la République des Deux Nations. Karol Stanisław Radziwiłł (1734-1790), voïvode de Vilnius et un des plus grands magnats du pays, organisa une véritable résistance. Son armée combattit les Russes. Bernardin de Saint Pierre, appuyé par les agents du roi de France, décida rejoindre les forces patriotiques : "J’avais appris en arrivant à Varsovie que le prince Radziwil tenait la campagne avec sept ou mille hommes de troupes, qu’il avait à la tête de son pays deux forteresses, Niesvitz et Sluczk, remplies de munitions de guerre, quatre cents pièces de canon et autres. Je formai le projet d’aller lui offrir mes services et je m’ouvris là-dessus à S.E. l’ambassadeur de Vienne, et à M. Hennin, résident de France, qui approuvèrent ma résolution. Ce fut le 25 juin que je partis". Malheureusement, son voyage en Lituanie se solda par un échec. Il fut trahi, puis emprisonné à Varsovie par les partisans de Catherine. La correspondance entre Hennin et Bernardin de Saint Pierre nous donne quelques détails sur son séjour à Varsovie. Nous savons qu’il resta en relation avec de nombreux personnages liés à la France pour ne citer que le grand maréchal de la couronne, Franciszek Bieliński (1683-1766) ou encore Andrzej Józef Załuski (1702–1774), archevêque de Kiev, homme politique et grand mécène de la culture et des sciences. Il désirait écrire un mémoire sur le système politique et électoral de la République des Deux Nations. Il fut un des rares observateurs étrangers à prévoir la fin de cet Etat et son partage entre les puissances voisines. En 1765, il quitta la Pologne-Lituanie par la Silésie et la Saxe et rentra en France. Il chercha une position auprès l’administration royale en rappelant ses mérites de la République des Deux Nations : "1. J’ai été le premier officier français qui se soit jeté dans le parti polonais protégé par la France. 2. Je suis le seul qui l’ait fait gratuitement ; j’ai refusé même le brevet de colonel de la confédération que me proposa la princesse M…. Je ne voulais de récompense que de ma patrie. 3. Je risquais infiniment, puisque le parti où je me jetais était traité de rebelle par les Russes, du service desquels je sortais. C’est chez eux un crime d’Etat de passer de leur service à celui de leurs ennemis. Ils exigent même de tout officier qui prend congé un serment à ce sujet. La bienveillance du président de la guerre, M. le comte Schernichef, et l’amitié de mon supérieur, M. de Villebois, grand maître d’artillerie, m’avaient épargné cette formule ; mais en tombant entre les mains des Russes, comme il est arrivé, je n’en risquais pas moins la Sibérie. 4. Quelques menaces qu’on m’ait faites dans ma prison à Varsovie, je n’ai jamais voulu charger, ni vous, Monsieur, ni M. le comte Mercy, d’avoir concouru, par des conseils ou des promesses, à me faire faire cette démarche, quoique les interrogatoires eussent pour but de m’arracher cet aveu. J’ai pris toute la démarche sur mon compte… " . Cette citation est issue de la Correspondance de J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, éditée par Louis Aimé-Martin à Paris en 1826 (Ladvocat. Impr. J. Tastu). Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz, du Muséum national d’histoire naturelle à Paris :
piotrdas@mnhn.fr

Libellés : , , , , ,

19 novembre 2009

Chronique Radziwill, projet de Mémoire du monde

Alors que les Archives Radziwill de Nesvizh ont été inscrites comme Mémoire du monde de l’UNESCO en 2009, un autre projet de Mémoire relatif à la même famille princière du grand-duché de Lituanie est actuellement présenté à l’UNESCO par la Fédération de Russie. Rappelons que ce programme de l'UNESCO vise la conservation et la diffusion des collections d'archives et de bibliothèque partout dans le monde. Rédigée en ruthénien, la Chronique Radziwill – aussi parfois appelée Chronique de Königsberg - est une oeuvre monumentale qui relate l'histoire de la Moscovie et de ses voisins entre le Ve siècle et le début du XIIIe siècle sous forme illustrée, plus de 600 miniatures représentant les événements rapportés dans le manuscrit. Elle est le plus ancien exemple d'art slave de l'enluminure qui ait survécu. La combinaison de texte et de miniatures qu'elle offre place ce manuscrit au rang de chefs-d'oeuvre reconnus, comme l'exemplaire de Madrid de la Chronique grecque illustrée de Ioann Scilipa, l'exemplaire du Vatican de la version bulgare de la Chronique de Constantin Manassès, l'exemplaire de Budapest de la Chronique hongroise enluminée ou les exemplaires des grandes chroniques françaises. Le manuscrit est une copie, réalisée au XVe siècle, à partir d'un original du XIIIe siècle et se trouve à la Bibliothèque de l'Académie des sciences de Russie à Saint-Pétersbourg. Sa fragilité croissante, en même temps que sa place de premier plan dans la littérature slave orientale, ont mis la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg devant un dilemme commun à toutes les bibliothèques du monde qui ont à veiller sur des trésors culturels tout en assurant une sage utilisation. Le maintien en bon état de la Chronique Radziwill exige qu'elle soit manipulée le moins possible. En même temps, ce document important doit pouvoir être accessible pour des recherches sérieuses. C'est pourquoi la Bibliothèque a opté pour un support numérique, qui permettra de présenter le manuscrit en couleur tout en préservant l'original. Un prototype de CD-ROM est réalisé avec le soutien de l'UNESCO et de la Bibliothèque du Congrès de Washington à titre de projet pilote démontrant comment les supports numériques peuvent être mis au service de la préservation.
http://portal.unesco.org/ci/fr/

Libellés : , ,

15 octobre 2009

Les Archives Radziwill de Nesvizh, Mémoire du Monde 2009

Les Archives Radziwill de Nesvizh (Niasvij en biélorusse, Nieśwież en polonais, Nesvyžius en lituanien, Nesvij en russe) constituent un patrimoine documentaire qui a été soumis en 2008 à l’UNESCO par la Biélorussie en coopération avec la Lituanie, la Pologne, la Fédération de Russie, l'Ukraine et la Finlande, pour figurer sur le Registre de la Mémoire du monde, inscription acceptée en 2009. La collection a été constituée entre le XVe et le XXe siècle par les membres de la famille Radziwill, l'une des familles aristocratiques les plus éminentes du grand-duché de Lituanie et de l'Union polono-lituanienne. De nombreux membres de la famille ont eu des situations très élevées et joué aussi un rôle important dans l’histoire de la Prusse et de la Russie. Les Archives Radziwill furent en fait les archives officielles du grand-duché de Lituanie et contiennent de nombreux documents d’Etat et traités en même temps que la correspondance privée de la famille. Les Archives Radziwill sont abrités à la Bibliothèque de Nesvizh, petite ville située près de Minsk, dans l’actuelle Biélorussie. A noter que le Château de Nesvizh était le palais résidentiel de la famille des Radziwill et qu’il est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO depuis 2005.
http://portal.unesco.org/ci/fr/

Libellés : , ,

06 octobre 2009

Le Palais des souverains de Vilnius

La reconstruction du Palais des souverains de Lituanie dans l’enceinte du Château Bas de Vilnius fut un des plus importants projets de la commémoration du Millénaire de la Lituanie et du programme "Vilnius, capitale européenne de la culture 2009". Le palais reconstruit devient à nouveau le symbole des anciennes traditions étatiques de la Lituanie et de la fierté nationale, un important centre de la mémoire historique ainsi qu’un haut lieu de présentation du patrimoine culturel. C’est à la fin du XIVe siècle que les grands-ducs de Lituanie avaient choisi Vilnius, en terre ruthénienne, comme résidence et avaient construit un Château Haut sur la colline dite de Gediminas ainsi qu’un Château Bas. Jusqu’aux XVe-XVIe siècles, la résidence principale fut le Château Haut où aujourd’hui ont été mises à jour les ruines d’un palais gothique. Au XVe siècle, les grands-ducs aimaient également résider dans le château de Trakai. Reconstruits et élargis par le grand-duc Vytautas (1392-1430), les châteaux de Vilnius, dans lesquels le souverain prévoyait la cérémonie de son couronnement comme roi, devaient souligner le statut exceptionnel, tant de cet Etat qui s’étendait au Moyen Age de la mer Baltique à la mer Noire, que de son souverain. C’est probablement le grand-duc Alexandre Jagellon (1492-1506) qui préféra comme résidence principale le Château Bas au Château Haut et commença la construction du palais dans le style gothique tardif, en harmonie avec le changement de tradition de l’époque. Reconstruit après l’incendie de 1530 dans le style Renaissance, le palais fut commencée par le roi de Pologne et grand-duc de Lituanie Sigismond le Vieux (1506-1548). L’épouse du souverain, Bona Sforza, fille du duc de Milan Jean Galéas Sforza et de la duchesse de Bari Isabelle d’Aragon, eut une influence incontestable sur la construction de la résidence. Bona Sforza chercha à transformer le palais en une résidence moderne d’apparat digne de la dynastie des Jagellons et des descendants de Gediminas. Les projets de reconstruction du palais de cette époque peuvent être attribués aux architectes italien Bartolomeo Berrecci de Pontassieve et polonais Benedykt de Sandomiro. Il est certain que l’artiste Bernardino Zanobi de Gianotis, originaire de Florence ou de Rome, y participa. Le dernier Jagellon sur les trônes de Pologne et Lituanie, Sigismond Auguste (1548-1572), dont le règne commença en Lituanie en 1544, prit de nouvelles initiatives d’agrandissement du palais. A côté de l’ancienne résidence surgit un nouveau palais. Les travaux furent réalisés sous la direction de l’architecte et sculpteur originaire de Sienne, Giovanni Cini ; y travaillèrent également Giovanni Maria Mosca Padovano, Filippo Bartolomeo da Fiesole et d’autres artistes de pays d’Europe centrale. Si le bref règne sur la Pologne et la Lituanie (1573-1574) de Henri de Valois, le futur roi de France Henri III de Valois, ne lui permit pas de visiter la résidence de Vilnius, les souverains de Pologne et Lituanie issus de la dynastie suédoise des Vasa, Sigismond (1587-1632) et Ladislas (1632-1648), portèrent un grand intérêt à la résidence de Vilnius d’où ils coordonnèrent leur politique à l’égard de Moscou et de la Suède. Après l’incendie de 1610, le palais fut reconstruit dans le style de maniérisme septentrional. Les travaux furent suivis par Peter Nonhart et Wilhelm Pohl. Durant la troisième décennie du XVIIe siècle, le palais fut à nouveau reconstruit, avec quelques caractéristiques du baroque primitif italien. En même temps fut construite, à côté de la cathédrale de Vilnius, la chapelle de Saint-Casimir. Les travaux furent conduits par l’architecte italien Costante Tencalla et son frère, tailleur de pierres, qui travaillaient précédemment avec le célèbre architecte Carlo Maderno. Le XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle furent une période de rayonnement de la résidence des souverains de Pologne et Lituanie. La résidence était le lieu où les ambassadeurs étrangers étaient reçus, où les ducs vassaux de Prusse et de Courlande prêtaient serment, où la politique dynastique des derniers Jagellons et Vasa était définie, où le Conseil des seigneurs et le parlement de la noblesse se réunissaient, où le Statut lituanien fut rédigé, où la Metrica de Lituanie (registres d’Etat) ainsi que le trésor étaient conservés, où était frappée la monnaie. Dans la résidence, Sigismond Auguste avait constitué une riche bibliothèque, ainsi que des collections de tapisseries de Flandres, d’armes, d’armures, de tableaux, de trophées de chasse. Le légat du Pape Bernardino Buongiovanni fut impressionné par la richesse du trésor du palais de l’époque. C’est à ce palais qu’est liée l’histoire d’amour romantique et tragique entre Sigismond Auguste et Barbora Radvilaitė (Radziwill). La somptueuse résidence, entourée d’un magnifique parc, devint un foyer d’expansion de la Renaissance et du baroque primitif ainsi que de l’art pour toute la région de l’Europe de l’Est et du Nord. En 1655 s’acheva la période faste du palais de Vilnius, après l’échec de la guerre de conquête que menèrent la Pologne et la Lituanie contre la Moscovie. Ce fut au tour de la capitale de la Lituanie d’être occupée par l’armée moscovite et ses alliés, les Cosaques, qui l’endommagèrent en s’y installant pendant six années. Le palais subit de nouveaux dégâts en 1661 quand l’ennemi fut chassé. Le piteux état du Trésor ne permit pas de mener des travaux de restauration du palais détérioré. Après le dernier partage de la République des Deux Nations (l’Etat polono-lituanien) en 1795, l’administration de l’empire russe entama de 1799 à 1801 la destruction du palais encore existant, tout en poursuivant les travaux d’achèvement de la cathédrale catholique mitoyenne. Pendant l’insurrection de 1831 contre la Russie tsariste, même les fondements du palais furent endommagés car, autour de la colline du château, la construction de fortifications et le creusement de fosses de défense avaient été prévus. Des recherches archéologiques systématiques et de grande ampleur sur le site de l’ancien palais ont été mis en œuvre seulement à partir de 1987. Ces recherches ont permis de constituer un fonds de plus de 300 000 objets différents trouvés. En 2000-2001, le Parlement et le Gouvernement de Lituanie décidèrent la reconstruction du Palais des souverains de Lituanie du Château Bas. La reconstruction avait pour but de restituer le symbole de la souveraineté de la Lituanie dans la mémoire historique et la conscience nationale. Le palais fut inauguré le 6 juillet 2009, lors de la fête nationale commémorative du couronnement du roi Mindaugas. Il a été ouvert au public à partir du 7 juillet pendant trois semaines et refermé depuis, car il manque encore 20 millions de Litas pour achever les travaux. L'exposition permanente sur l’architecture du palais et sur l'histoire de l'État lituanien a ainsi dû être transféré au musée du Vieil Arsenal.
http://www.valdovurumai.lt/

Libellés : , ,

10 septembre 2009

Tradition : les restes des Radziwiłł transférés à Bubingiai

Le 5 septembre, les restes de huit membres de la famille nobiliaire Radziwiłł (Radvila en lituanien) ont été transportés en grande pompe de leur sépulture au sein de leur ancien palais à Vilnius (Radvilų rūmai, aujourd’hui un musée) au cimetière de Dubingiai, près de Moletai, où certains des membres les plus fameux avaient déjà été déjà enterrés, rapporte le blog de Gilles Dutertre. Le premier ministre lituanien, Andrius Kubilius, présidait les cérémonies à Dubingai. Les Radziwiłł constituaient une des grandes familles de magnats du grand-duché de Lituanie, présents donc aussi en Biélorussie, et ont donné de nombreux dirigeants au pays, tant à l’époque du grand-duché que de l’union polono-lituanienne : reine (Barbora Radvilaitė), chanceliers, maréchaux, hetmans, cardinaux, évêques, etc. En 1547, ils avaient reçu également le titre de princes du Saint Empire.
http://gillesenlituanie.hautetfort.com/

Libellés : ,

20 juillet 2009

Scènes de chasse à l'ours en Lituanie au XIXe siècle

Jan Sztolcman (1854-1928), un ornithologue et voyageur naturaliste, directeur adjoint du Musée Zoologique de Varsovie, était un grand spécialiste d’avifaune néotropicale, asiatique et africaine. Il s’intéressait également aux animaux d’Europe. Son exposé sur le "bison d’Europe", présentée à Paris en 1923, est à l’origine de la restauration de la population des bisons. Sztolcman passa les années 1875-81 en exploration naturaliste au Pérou. Il décrivit ses observations sur les ours à lunettes, l’unique espèce d’ours vivant en Amérique du Sud. L’expérience d’observation des "ours de Lituanie" s’avéra très utile pour ce travail. Sztolcman mentionna un événement très rare : il découvrit en 1888, lors d’une chasse en Lituanie, qu’un ours brun se réfugia dans un arbre ! Les recherches bibliographiques de Grażyna Rygorowicz de la Bibliothèque Ossolineum à Wrocław et de Piotr Daszkiewicz du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, ont permis d’identifier et de retrouver la référence à "l’ours de Lituanie" citée par Sztolcman. Julian Fałat (1853-1929) est considéré comme le plus grand aquarelliste polonais, paysagiste du talent et réformateur de l’Ecole des Beaux-arts de Cracovie. C’était également un chasseur passionné. En 1886, lors d’une chasse à l’ours sur les terres du prince Radziwiłł [Radvila] dans les environs de Nesvizh (ou Nieśwież), il fit connaissance du prince Guillaume de Prusse. Les onze illustrations représentant cette célèbre chasse ont été publiées par la Photographische Gesellschaft en 1886 à Berlin : Souvenir de la chasse à l'ours donné à Nieśwież en l'honneur de son Altesse Royale le Prince Guillaume de Prusse chez son Altesse le Prince Antoine Radziwiłł. Fałat accepta l’invitation de Guillaume II et, durant dix ans, travailla en qualité de peintre naturaliste du souverain de Prusse. Les illustrations et les informations publiées par Fałat à Tygodnik Ilustrowany [Hebdomadaire illustré] à Varsovie étaient des références pour Sztolcman. La sortie de l’ours de la tanière illustre un épisode des grandes chasses organisées par le prince Radziwiłł en honneur de la visite du prince Guillaume de Prusse. L'illustration est accompagnée par une description : "Les premiers jours du mois passé [il s’agit du mars 1888] l’artiste participait en chasse au gros gibier, organisées par prince Antoni Radziwiłł à Nieśwież. Il était témoin d’un événement exceptionnel. Un paysan du service forestier a réussi à pister un ours. Les traces dans la neige s’arrêtaient à la base d’un sapin élancé. Le paysan était près à croire en magie même s’il n’était pas spécialement superstitieux. L’ours ne pouvait ni s’envoler, ni se cacher sous la terre ni même revenir car il n’y avait pas de traces du retour sur la neige. Comment un ours tout entier pourrait disparaître ? Le paysan alluma une cigarette pour réfléchir quand soudainement, il entendu un bruit venant de branches. Il regarda en haut et resta immobilisé de la peur. A l’hauteur de 7-8 toises [entre 12 et 14 mètres], il aperçut l’ours allongé sur les branches du sapin. L’animal l’observait de sa retraite. L’ours a choisi cette habitation probablement pour se défendre des loups". Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz, du Muséum national d’histoire naturelle :
piotrdas@mnhn.fr

Libellés : , ,

19 avril 2009

Sciences : les recherches de Guettard en Pologne et Lituanie (1760-62)

A l’occasion de la publication du livre de Piotr Daszkiewicz et Radosław Tarkowski "Séjour et recherches naturalistes de Jean-Etienne Guettard en République des Deux Nations" (Editions Scientifiques de l’Université Pédagogique de Cracovie), le Centre de l’Académie Polonaise des Sciences à Paris organise, sous la présidence de M. Arnaud Hurel de l’Institut de Paléontologie humaine du Muséum National d’Histoire Naturelle, le 29 mai à 17h, une conférence sur les recherches scientifiques de Jean-Etienne Guettard en Pologne et Lituanie entre 1760 et 1762. Jean-Etienne Guettard (1715-1786), naturaliste français et membre de l’Académie Royale des Sciences, passa en effet deux ans en République des Deux Nations. C’est en qualité de médecin qu’il accompagna Antoine-René d’Argenson, marquis de Paulmy (1722-1787), ambassadeur de France auprès du roi de Pologne et grand-duc de Lituanie, Auguste III de Saxe. La science doit à Guettard d’importants travaux sur l’Histoire naturelle de la Pologne et de la Lituanie, parmi lesquels une première carte géologique, une description scientifique de la mine de sel de Wieliczka, de nombreuses observations paléontologiques, botaniques, météorologiques et médicales. La Lituanie doit également à Guettard de premiers travaux et descriptions paléontologiques, ainsi que de nombreuses informations sur les cabinets et collections de curiosités, et plus particulièrement celui du Château de Radziwiłł [Radvila] à Nieśwież. Les perles des lacs de Lituanie, les recettes de cuisine, les descriptions des mœurs complètent chez Guettard de précises descriptions géologiques et botaniques. Le savant français fut le premier à utiliser en Lituanie la systématique de Carl Linné (1707-1778), grande nouveauté scientifique du dix-huitième siècle. De récentes recherches sur les archives de ce naturaliste ont révélé de nombreux faits jusqu’à présent inconnus. Elles ont notamment prouvé le rôle prépondérant des travaux de Guettard dans la connaissance de l’Histoire naturelle de l’Europe Centrale. Entrée libre. Centre de l'Académie Polonaise des Sciences, 74, rue Lauriston - 75116 Paris. Réservation conseillée par tél. 01 56 90 18 34.

Libellés : , , , ,

27 mai 2007

Collection de Nieswiez : une découverte au Muséum de Paris

Un document du XVIIIe siècle sur la collection naturaliste du château de Nieśwież (ou Nesvizh) vient d’être retrouvé à la Bibliothèque Centrale du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, qui conserve une grande partie des archives de Jean-Etienne Guettard (1715-1786). Ce grand naturaliste français a passé deux années (1760-62) en Pologne-Lituanie, cet Etat nommé à l’époque la République des Deux Nations. Il y pratiqua la médecine, fut chargé d’une mission diplomatique, mais s’occupa surtout d’étudier la nature. Les mémoires qu’il publia à l’Académie Royale des Sciences à Paris, en particulier Mémoire sur la nature du terrain de la Pologne et des minéraux qu’il renferme, ont marqué l’Histoire des sciences naturelles. Une grande partie des observations de Guettard ne fut jamais publiée. Lors de son séjour, il fit de nombreuses découvertes. Ces archives contiennent des documents d’origines très variées. Récemment, Pascale Heurtel, conservatrice chargée des manuscrits, et Piotr Daszkiewicz, chargé de mission au service du patrimoine naturel du Muséum, ont retrouvé un document particulièrement important pour l’Histoire des sciences en Lituanie. Il s’agit d’une liste de spécimens de coraux fossiles et d’éponges conservés à la bibliothèque du Château des Radziwiłł [Radvila] à Nieśwież. L’auteur de ce document reste anonyme. Le Docteur Du Faÿ, médecin de la princesse Radziwiłł et originaire de Montpellier, en était un destinataire. Du Faÿ était un des correspondants de Guettard, qui à plusieurs reprises le cita dans ses travaux. La liste accompagnait des échantillons de la collection qui ont probablement été envoyés à Guettard. Il publia plusieurs tableaux représentants les fossiles des environs de Nieśwież. Cette liste est un document très intéressant pour l’Histoire des sciences européennes car c’est tout d’abord un document de travail de Jean-Etienne Guettard, un des plus éminents savants de l’époque des Lumières. Mais c’est aussi un des très rares témoignages de l’existence de cette importante collection naturaliste que Mikołaj Radziwiłł (1702-1762), connu en Lituanie sous le nom de Mykolas Kazimieras Radvila, a réussi à réunir dans son château. Homme d’Etat, le Grand Hetman de Lituanie et Voivode de Vilnius fut également un mécène de la science. L’Université de Vilnius conserve encore un télescope offert par le prince. Sa collection naturaliste fut, à l’époque, une des plus importantes collections en Europe. Après la mort de Mikołaj Radziwiłł, elle fut transférée vers la collection du roi Stanisław August Poniatowski à Varsovie et à Grodno. La liste retrouvée dans les archives de Guettard est aussi un témoignage des fouilles paléontologiques en Lituanie, probablement les plus anciennes dans le pays.
Pour en savoir plus, prendre contact avec Piotr Daszkiewicz, du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris :
piotrdas@mnhn.fr

Libellés : , , , , , ,

31 janvier 2007

Martynas Mazvydas, 1547 : le premier livre publié en lituanien

C'est à Königsberg en Prusse, il y a 460 ans, que le premier livre écrit en langue lituanienne vit le jour : « Les mots communs du catéchisme » (Catechismvsa prasty szadei), de Martynas Mažvydas (1510-1563). L’ouvrage fut imprimé en quelque 200 exemplaires en 1547, grâce au soutien financier d’Albert de Brandebourg, duc de Prusse, tuteur des Réformateurs de Lituanie. Il ne s'agit pas d'un simple caté­chisme, puisque y figurent également des cantiques et une intro­duction en vers que l'on tend à présenter aujourd'hui comme le premier poème national. L'intérêt de cet ouvrage reste néan­moins essentiellement historique et ethnologique. Originaire de Samogitie, Mažvydas passa sa jeunesse à Vilnius, où il travaillait avec d'autres auteurs lituaniens du grand-duché de Lituanie. Protestant, Mažvydas fut persécuté pour ses idées réformatrices, ce qui l'incita à accepter l'invitation d’Albert de Brandebourg, et c’est ainsi qu’il se rendit à Königsberg où il entra à l'université. Martynas Mažvydas, qui signait Martinus Masvidius, estimait qu'il fallait donner au peuple les moyens de s'adresser à Dieu dans sa propre langue. Ce faisant, il prenait le contre-pied de l'Eglise catholique qui, sous la coupe du clergé polonais, imposait sa langue parallèlement au latin dans la pratique du culte. Il ne s'agit pas là d'une simple querelle rhétorique : la Lituanie n'était chrétienne que depuis 160 ans et la Réforme était soutenue par certaines grandes familles de magnats lituaniens tels que les Radziwill. Pour en savoir plus, lire « La littérature lituanienne » de Ugnė Karvelis :
http://www.cahiers-lituaniens.org/litterature.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martynas_Ma%C5%BEvydas

Libellés : , , , ,