04 mars 2021

De Klaipėda à Tambov, parcours d’un prisonnier français en 1940-44

Vient de paraître le récit de l’éprouvant parcours de guerre de Francis Leclerc, un soldat français qui, fait prisonnier avec son unité lors de la défaite de juin 1940, fut envoyé dans un stalag en Lituanie prussienne où il fut affecté, de 1940 à 1944, dans une ferme au sud de Memel (Klaipėda). L’ouvrage a été écrit par son fils, François Leclerc, assisté d’un historien local de Klaipėda, Egidijus Kazlauskas, et de plusieurs témoins lituaniens de cette époque. Il raconte comment la guerre a commencé pour ce jeune Normand, lors de la "drôle de guerre" (1939-40) en Alsace, sa reddition dans les Vosges, sa captivité durant quatre ans chez des fermiers prussiens, puis l’horreur absolue quand il fut "libéré" par l’Armée rouge et envoyé dans le sinistre camp russe de Tambov rejoindre les jeunes Alsaciens enrôlés de force dans la Wehrmacht et faits prisonniers par les Soviétiques. Et enfin le retour dans son village natal de Normandie, qui, sur le front opposé de ce conflit continental, avait également souffert par la destruction de sa maison familiale lors des bombardements du débarquement de juin 1944. L’ouvrage décrit les longues recherches du fils (Francis Leclerc étant décédé accidentellement dès 1949) durant ces dernières années à partir de quelques rares photos jaunies et notices noircies par le temps. Recherches menées auprès d’anciens camarades de captivité de Francis Leclerc ou leurs descendants, auprès d’instances publiques – ambassades, mairies, services d’archives – ou privées – presse, sites web, etc., ainsi que lors de deux voyages sur le terrain en Lituanie. Abondamment illustré de photos, cartes, listes de noms, reproduction de documents administratifs et autres, l’ouvrage est une source de renseignements pour tout esprit curieux de détails de l’histoire de la Seconde guerre mondiale, quand la « petite histoire » rejoint la grande.

>  Un bout de crayon – Mes parents dans la guerre, François Leclerc, Egidijus Kazlauskis, One Book, 2021, 174 pages, 19,50 €

Pour en savoir plus : francoisleclerc003@free.fr

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28 décembre 2019

Le juriste Robert Redslob et la Lituanie


Pendant la première moitié du XXe siècle, Robert Redslob  (1882-1962) était connu comme un éminent spécialiste français du droit constitutionnel et du droit international public, notamment pour ses travaux sur le droit des peuples. Sa spécialité juridique, qu'il enseignait à l'université de Strasbourg, l’a amené à s’intéresser avec bienveillance aux problèmes internationaux auxquels la Lituanie était confrontée dans les années 1930. Consulté par le gouvernement lituanien dans l'affaire de Klaipeda, il défendit aussi la cause de la jeune république balte dans la presse française. Il se rendit à plusieurs reprises en Lituanie pour donner des conférences publiques et y fut honoré par les plus hautes autorités du pays. Il accompagna également des étudiants lituaniens venus étudier à Strasbourg, jusqu'à la soutenance de leur doctorat.
Le dernier numéro des Cahiers Lituaniens brosse un  portrait  de cet utile ami de la Lituanie de l’entre-deux-guerres :

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20 janvier 2013

Destin familial entre Klaipėda/Memel et Strasbourg, un témoignage de Michael Vorbeck

Ma famille est très européenne. Ma mère, Eva Vorbeck née Godlowsky (en photo avec son père Max), est née en 1909 à Klaipėda, à l’époque nommé Memel et faisant partie de la Prusse Orientale. Son père Max Godlowsky, probablement d’origine polonaise, était avocat. En tant que lieutenant de l’armée impériale allemande, il trouva la mort en 1915 près de Grodno (Bélarus). Alfred Valentin, le grand-père d’Eva, né en 1856 à Kaunas, était conseiller juridique (Justizrat) prussien, avocat et notaire. Plus tard, jusqu’à sa mort en 1936, il fut directeur du tribunal de première instance à Klaipėda. Meta Valentin née Butkus, sa femme, était probablement d’origine lituanienne. L’un des deux grands-pères de Meta Butkus était Johann Christian Kretschmer, armateur de voiliers à Klaipėda. En 1929, donc après la mort de son premier mari, tombé à Grodno, la mère d’Eva Vorbeck, Mme Gerda Godlowsky née Valentin, se remaria avec Erich Tuch, un homme d’affaires d’origine allemande, habitant Londres. Le couple s’installa à Londres et obtint la nationalité britannique en 1947. Erich Tuch avait l’habitude de venir régulièrement à Klaipėda pour acheter du bois dans les forêts lituaniennes au nom de sa compagnie Morris & Co qui fabriquait des tonneaux à whisky. Les troncs d’arbres achetés, avant leur transport par bateau, étaient stockés à l’Aschhof, un terrain près d’un petit lac à Klaipėda, derrière l’ancienne église luthérienne de Saint Jean (Johanneskirche) et la digue sur laquelle se trouve encore aujourd’hui le presbytère protestant. Ce lac était relié à la rivière Dange. En 1909, ce terrain fut vendu devant le notaire Alfred Valentin à Marie Tuch, la sœur d’Erich Tuch, également domiciliée à Londres. Au moment du rattachement du Territoire de Klaipėda à la Lituanie en 1923, ce terrain était donc en possession britannique. Actuellement, ce terrain est un parc, mais il est question d’y construire des immeubles. Max Godlowsky, le père d’Eva Vorbeck, avait un frère nommé Paul, qui était lieutenant dans l’armée prussienne et passa son service militaire – comme son frère Max et Alfred Valentin, le beau-père de Max, – à la caserne de Klaipėda, aujourd’hui transformée en université. En 1898, Paul Godlowsky était trésorier de son régiment. Un soir, il prêta six marks de la caisse à un collègue qui avait fait des dettes de jeu et qui lui promit de les rendre dès le lendemain matin. Une révision de caisse inopinée eut lieu le lendemain à 8 heures. Le réviseur constata l'absence de ces 6 marks. Paul alla dans le bureau adjoint et se tira une balle dans la tête. Un sens de l’honneur tout à fait prussien ! La croix de fer forgé sur son tombeau dans le cimetière au centre-ville de Klaipėda (transformée en parc par les Soviétiques en 1945/46) fut sauvée par un Lituanien. Aujourd’hui, on peut admirer cette croix dans la cour du musée municipal. Voilà les racines lituaniennes, polonaises et prussiennes de la famille Vorbeck ! Maintenant, parlons des relations lituaniennes du côté de mon père. Mon grand-père Adam Vorbeck (Adamas Forbekas, 1873 – 1954) était né à Aschaffenburg en Basse Franconie (Bavière). Après trois ans de lycée, il entra au service de la Cellulose de Bavière dont le siège était à Aschaffenburg. A partir de 1902, il fut chargé de s’occuper de l’achat de bois dans les forêts russes et lituaniennes, ce qui l’obligea à passer plusieurs mois par an à Saint-Pétersbourg ou à Klaipėda (Memel). Afin d’économiser le coût du transport du bois par bateau de la mer Baltique jusqu’à Aschaffenburg par le Rhin et par le Main, une unité de production avait été créée à Klaipėda dès la fin du XIXe siècle : la « Memeler Zellulose », plus tard rebaptisée « Klaipėdos Kartonas ». A la fin de la Première Guerre mondiale, les dirigeants de la société craignaient la séparation du Territoire de Klaipėda de l’Allemagne et – par conséquent – la confiscation de la Cellulose de Klaipėda comme propriété de l’ennemi. Ainsi, dès novembre 1918, les supérieurs d’Adam Vorbeck l’envoyèrent à Klaipėda avec mandat de transformer la Cellulose de Klaipėda en société anonyme indépendante, ce qu’il réussit à faire en janvier 1919. Probablement le notaire Alfred Valentin l’avait aidé dans cette mission. Maria Vorbeck née Simonis, la première épouse d’Adam Vorbeck, déjà atteinte d’un cancer, l’avait suivie à Klaipėda. En 1920, elle mourut à l’hôpital de Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad) et fut enterrée au cimetière central de Klaipėda. L’année suivante, Adam Vorbeck se maria avec Hildegard Eckmüller, l’infirmière qu’il avait engagée pour soigner sa femme malade. Devenus citoyens lituaniens en 1923, ils vécurent à Klaipėda jusqu’à 1932. En 1932, ils achetèrent un petit château baroque à Dettenheim en Bavière et déménagèrent de Klaipėda à Dettenheim. Le maire de Dettenheim leur établit un permis de séjour en tant que citoyens lituaniens. En 1940, dans le contexte de l’annexion de la Lituanie par les Soviétiques, le couple perdit sa nationalité lituanienne. Jusqu’en 1927, Adam Vorbeck était l’un des deux directeurs de la Cellulose de Klaipėda. En 1923, l’entreprise lui avait fait construire une villa de fonction, entre le centre-ville et l’usine. Elle existe toujours et sert, bien restaurée, comme église néo-apostolique. Depuis 1919, mon père Emil Vorbeck (1899-1989), le fils unique d’Adam, était inscrit comme habitant de Klaipėda. Il fit des études à l’université de Berlin puis retourna en 1923 s'installer à Klaipėda. En 1928, il se maria avec ma mère, Eva Godlowsky, dont il avait fait connaissance en 1926, lors de la mise en scène de la comédie « Ein Glas Wasser » (« un verre d’eau ») au lycée Louise (Louisen-Gymnasium). Lors de son mariage, il avait encore son passeport lituanien. A partir de 1928, Emil et Eva s’installèrent à Potsdam où Emil travaillait comme écrivain, journaliste et poète. Suite à une maladie grave de ma mère, mes parents furent obligés de quitter Potsdam et de s’installer à Oberstaufen dans les Alpes de Bavière. En 1923, Adam Vorbeck acheta une ferme à Dovilai (Dawillen), à 24 km de Klaipėda, à laquelle était rattaché un moulin (pour lequel le roi Frédéric II de Prusse, ami de Voltaire, avait octroyé le droit au meunier de l’époque). Emil Vorbeck consacrait tout son temps à la décoration de l’intérieur de la ferme avec des papiers peints et des meubles anciens. Devant la ferme, il y avait un étang, et tout le terrain était entouré d’un joli parc. En 1927, Adam Vorbeck vendit la ferme aux frères Silbermann, deux agriculteurs juifs (qui furent obligés d’émigrer à Kaunas à cause des nazis en 1939, puis qui, plus tard, furent internés et trouvèrent la mort dans un camp de concentration). Aujourd’hui, seul le rez-de-chaussée de la ferme subsiste et tout le terrain se trouve dans un état délabré. En 1927, Adam Vorbeck quitta la Cellulose suite d’un différent avec les dirigeants. Il restait cependant à Klaipėda et entreprit une carrière politique. Il adhéra au Parti Populaire de Klaipėda (Memeler Volkspartei) et fut élu membre de la Diète (Landtag) du Territoire de Klaipėda. Par ailleurs, il accepta la vice-présidence de la Chambre de commerce et d’industrie. Plus tard, il fut nommé membre du Directoire (gouvernement) de Klaipėda, l’autorité créée sous le statut d’autonomie du territoire, une modèle d'autonomie pouvant servir encore aujourd’hui de modèle pour le Conseil de l’Europe. Au sein du Directeur, Adam Vorbeck était en charge des questions de l’agriculture, des forêts et des finances. En cette qualité, c’est lui qui accorda le permis de construire à Thomas Mann, Prix Nobel de littérature, qui voulait faire construire un chalet de vacances à Nida, sur la Neringa, dans une zone naturelle protégée. La maison de Thomas Mann est aujourd’hui un musée. Adam représentait le Territoire de Klaipėda auprès de la Ligue des Nations à Genève. Il voyageait aussi souvent à Kaunas pour des entretiens avec le Président de la Lituanie et son gouvernement. De 1920 jusqu’en 1932, la famille Vorbeck jouait un certain rôle dans la société de Klaipėda. La famille maintenait de bons contacts avec les autorités françaises (1920 – 1923), avec les notables de la ville ainsi qu’avec les fonctionnaires lituaniens qui étaient venus après le rattachement du Territoire à la Lituanie. Bien sûr, Adam se sentait bavarois, mais il servit loyalement l’Etat lituanien et refusa de soutenir les fractions qui étaient en faveur du rattachement du Territoire à la Pologne ou au Reich allemand. Plus tard, quand Adam Vorbeck se réfugia en Bavière, il put refuser d’adhérer au parti nazi sous prétexte qu’il était toujours Lituanien. Au musée historique de Klaipėda, toute une vitrine lui est consacrée. Dans les années 1920 à 1932, mon père Emil Vorbeck, toujours actif comme écrivain, écrivit de nombreux articles sur la vie à Klaipėda et dans son environnement, par exemple pour le « Memeler Dampfboot », le journal de Klaipėda, ainsi que pour plusieurs autres périodiques de langue allemande. Il mettait en scène aussi des pièces de théâtre et organisait des activités de carnaval. En ce qui me concerne, je suis né à Munich en 1935. Je passais mon enfance à Dettenheim en Bavière, dans le petit château de mon grand-père Adam. Je connaissais bien toute l’histoire de notre famille à travers les récits de mes parents, de mon grand-père Adam et de ma grand-mère anglaise, Gerda Tuch née Valentin veuve Godlowsky. Chaque année, je passais des vacances chez ma grand-mère à Londres. En 1956/57, j’y fis même des études de droit à l’University College de Londres, après avoir étudié le droit et l’administration à Cologne et à Bonn. En 1957/1958, je terminai mes études à l’université de Munich et j’y eus mon doctorat. Je devenais donc juriste comme mon grand-père inconnu Max Godlowsky et mon arrière-grand-père Alfred Valentin, mais finalement, je me retrouvais dans l’administration comme mon autre grand-père Adam. Après différents stages, je commençais ma carrière à la préfecture de la Franconie centrale, à Ansbach au mois de mai 1963. En 1964, je fus appelé au ministère de l’Education Nationale de la Bavière à Munich. En 1966, la République Fédérale d’Allemagne me fit suivre une formation spéciale pour le service international, ce qui impliquait six mois de stage au Conseil de l’Europe à Strasbourg. A partir de mars 1968 jusqu’à ma retraite en novembre 1998, je fus donc fonctionnaire international au Conseil de l’Europe, notamment comme chef de la section de la recherche et de la documentation pédagogiques et comme chef de la section de l’enseignement supérieur et de la recherche. Après le rétablissement de l’indépendance de la Lituanie, je devins membre de l’Association Alsace – Lituanie. Suite aux destructions de la Deuxième Guerre mondiale et à l’annexion soviétique qui suivit, la municipalité de Klaipėda ne disposait que de peu de documents sur la période 1920 – 1932 dans ses archives, alors que mon grand-père Adam avait rapporté avec lui, lors de son déménagement de Klaipėda à Dettenheim, tous ses dossiers et documents et les avait soigneusement gardé dans ses tiroirs. Après la reconnaissance de l’indépendance de la Lituanie en 1991, je rentrai en contact avec le Dr. Jonas Genys, le directeur du Musée historique de Klaipėda, en lui confiant tout ce dont il avait besoin en documentation et dossiers de mon grand-père. Ainsi se créa une profonde amitié entre nous. En tant que fonctionnaire du Conseil de l’Europe, j’eus plusieurs fois l’occasion d’aller en Lituanie en mission (Vilnius, Palanga et Klaipėda). En 1993, ma mère Eva Vorbeck m’accompagna pour revoir Klaipėda, la première fois depuis son départ en 1930. Elle y fut honorée comme hôte de la Ville et hébergée aux frais de la Mairie. Depuis 1993, j’ai pu visiter Klaipėda déjà cinq fois et je m’y sens comme dans ma deuxième patrie. En 2001, quand je travaillais comme conseiller spécial à la Représentation permanente de la Principauté de Liechtenstein auprès du Conseil de l’Europe, dans le contexte de la Présidence de ce pays au Conseil de l’Europe, je me trouvais lors des réunions à côté du délégué de la Lituanie (à cause du classement alphabétique des pays). Quelle coïncidence ! Quelques années plus tard, en coopération avec le Musée historique de Klaipėda, la Représentation permanente de la Lituanie et l’association Alsace-Lituanie, j’avais contribué à faire venir l’exposition « Les Français à Klaipėda (1920 – 1923) » à Strasbourg où elle fut installée au foyer du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe. Je me sens donc étroitement lié à la Lituanie. Je garde soigneusement les anciens passeports lituaniens de mon père et de mon grand-père et je possède une collection complète des timbres du Territoire de Klaipėda ainsi une collection presque complète des timbres de la Lituanie à partir de 1918. http://www.cahiers-lituaniens.org

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05 février 2010

L’épuration ethnique des Allemands et la Lituanie

Dans la plus grande discrétion parut en France, il y a près de dix ans, le "Livre noir de l’expulsion". Consacré à une des plus grandes tragédies du XXe siècle en Europe, l’ouvrage détaille les conditions de l’épuration ethnique des populations germanophones en Europe centrale et orientale à la fin de la Seconde Guerre mondiale, entre 1945 et 1948. Ce furent près de 18 millions d’Allemands (soit l’équivalent de la population totale des cinq pays scandinaves) vivant en Prusse-Orientale, Territoire de Memel, Poméranie, Silésie, Sudètes, Bohème, Moravie, Yougoslavie et Roumanie qui furent expulsés dans les conditions les plus brutales. Plus de 2,8 millions d’entre-eux (l’équivalent de la population de toute l’Irlande à l’époque) périrent des exactions sans nombre commis par les soldats de l’Armée rouge et les unités spéciales du NKVD ou par des civils soutenus par leur gouvernement, surtout en Tchécoslovaquie. Ces exactions ne visaient pas les seuls membres, sympathisants ou fonctionnaires du parti hitlérien mais l’ensemble des Allemands – femmes, enfants, vieillards – globalement assimilés à des nazis et rabaissés au rang de "sous-hommes" pour reprendre le terme du propagandiste soviétique Ilya Ehrenbourg. Ce plan d’expulsion et d’extermination des Allemands avait été décidé à la conférence de Yalta (février 1945), à la demande de Staline et avec l’accord des alliées anglo-saxons, et entériné à celle de Potsdam (juillet 1945). Il vida totalement de sa population germanophone (Allemands et Lituaniens germanisés) la Prusse-Orientale mais aussi le Territoire de Memel où elle était majoritaire. C’est ce qui explique que la région de Klaipeda (nom lituanien de Memel) ne retrouva son niveau de peuplement que vers les années 1980, grâce notamment à la venue d’une population originaire de Russie, qui constitue aujourd’hui près de 40% des habitants de la ville. > Heinz Nawratil, "Le Livre noir de l’expulsion", Akribeia (Saint-Genis-Laval), 2001, 336 pages, 27 euros.
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10 décembre 2009

Herkus Mantas, héros balte

A Klaipėda, les touristes peuvent admirer la sculpture d’un martyr prussien de la conquête teutonique : Herkus Mantas (1225-1273), alias Henricus Montemin en latin et Herkus Monte en français. Les Prussiens d'origine, parfois aussi appelés Pruthènes, Prusses, Borusses (en latin, la Prusse se dit "Borussia") ou encore Vieux-Prussiens, étaient un peuple balte cousin des Lituaniens et des Lettons qui vivait au nord de la Pologne. En 1226, un prince polonais de la dynastie des Piast, le duc Konrad Ier de Mazovie, fit appel aux Chevaliers teutoniques pour l'aider à combattre ces païens baltes qu’étaient à l’époque les Prussiens et les Lituaniens, et leur donna la terre de Chelmno. C'est le début de la puissance temporelle de l'Ordre teutonique, qui commença à faire venir des colons allemands et à germaniser les populations locales. La conquête de la Prusse (1230-1283) fut souvent présentée, tant par les mouvements nationalistes lituaniens de l'entre-deux-guerres que par la presse de la Russie tsariste puis soviétique, comme un exemple d'extermination de populations, voire de génocide de l’ethnie balte. Aujourd'hui, les historiens expliquent la disparition de l’identité prussienne d’origine par l’assimilation des autochtones baltes aux colons germaniques, de manière assez semblable, dans d'autres contrées, à la romanisation des Gaulois ou l'anglicisation des Ecossais. Cette assimilation – imposée au départ – commença avec la conversion des Baltes au christianisme et se poursuivit avec leur participation à la construction de l’Etat prussien luthérien dont ils ont contribué à forger le caractère spécifique, bien différent de celui des autres Allemands. Le seigneur local Herkus Montas est un exemple de cette assimilation, particulièrement conflictuelle au début : jeune, il était allé en Allemagne pour étudier à l’université de Magdebourg, avant de devenir, de retour dans ses terres, l'un des principaux chefs de la révolte qui éclata en Prusse en 1260 contre la domination teutonique. En Lituanie, Herkus Mantas est devenu au début du XXe siècle un symbole de la résistance aux Teutoniques.
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20 octobre 2009

Klaipeda : Simon Dach et la jeune „Taravos Anikė“

Il y a 350 ans, en 1659, mourrait à Königsberg le poète prussien d’origine balte Simon Dach. Né en 1609 à Memel (aujourd’hui Klaipėda), Simon Dach était le fils d’un interprète judiciaire de lituanien. Après des études de latin, philosophie et théologie à Königsberg, Wittenberg, Magdebourg et Danzig, il enseigna la littérature à l’université de Königsberg. Il composa des Chants d'église, encore en usage dans les églises luthériennes au XIXe siècle, et des odes (La Rose, L'Aigle, Le Lion), dont le premier recueil parut à Königsberg en 1696. On conserve de lui à Breslau (aujourd’hui Wrocław) six volumes manuscrits d'œuvres poétiques. L’œuvre la plus connue de Simon Dach est sans conteste son poème Anke van Tharaw écrit en sambien (vieux dialecte germano-balte parlé alors par les habitants de la région de Königsberg) et retranscrit en allemand littéraire en 1778 par le poète et philosophe de Riga Johann Gottfried Herder, sous le titre de Ännchen von Tharau. C’est lors du mariage d’Anna Neander, une jeune fille de 17 ans née à Tharau (aujourd’hui Wladimirowo, dans la région de Kaliningrad) avec le pasteur Johannes Portatius et auquel Simon Dach était invité, que ce dernier écrivit le poème, devenu depuis une chanson populaire allemande. La fontaine aujourd’hui dédiée au poète à Klaipėda est surmontée d’une statue d’Ännchen von Tharau, réalisée en 1912 par le sculpteur berlinois Alfred Kühn.
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12 octobre 2009

La marine lituanienne accueille un ambassadeur de France

Le capitaine de vaisseau Olegas Marinicius, commandant la force navale a reçu l’ambassadeur de France en Lituanie, François Laumonier, à l’occasion d’une visite à la base navale de Klaipeda le vendredi 2 octobre 2009. La visite s’est déroulée à la base où est stationnée la flottille lituanienne. Le capitaine de vaisseau Andrusaitis, commandant de la flottille depuis juin dernier, a guidé la délégation française à bord du bâtiment de commandement et de soutien Jotvingis, commandé par le capitaine de frégate Sakalis. L’ambassadeur Laumonier a assisté à une présentation de la force navale par le capitaine de vaisseau Marinicius. Cette réunion a permis de dresser un bilan de plus de quinze ans de coopération bilatérale entre les deux marines. La coopération navale franco-lituanienne se concrétise suivant des priorités suivantes : La coopération opérationnelle, où les deux marines opèrent ensemble pour dépolluer les eaux lituaniennes des mines historiques. Ces opérations, conduites chaque année dans le cadre de l’OTAN, permettent de développer la capacité opérationnelle dans le domaine de la guerre des mines ; La coopération industrielle avec la participation d’entreprises françaises à la modernisation de la force navale lituanienne et l’intérêt des marins lituaniens pour les savoir-faire techniques français, notamment dans le domaine de la guerre des mines ; Les escales de bâtiments de la marine française : chaque année un ou plusieurs vaisseaux de guerre français visitent la Lituanie et sont accueillis à Klaipeda. Ces escales sont l’occasion d’échanges de haut niveau entre les deux pays, de développer les liens bilatéraux civils et militaires et de commémorer le souvenir des morts français sur le sol lituanien ; La promotion de la langue française auprès des marins lituaniens. En 2009, le bâtiment expérimental de guerre de mines "Thetis" a fait escale à Klaipeda fin avril et début mai. Cette première visite d’un ambassadeur français à la marine lituanienne témoigne de la qualité de la coopération entre les deux pays et notamment dans le domaine de la marine.
http://www.ambafrance-lt.org/

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31 juillet 2009

Les Tall Ships Races Baltic 2009 arrivent à Klaipėda

Les Tall Ships Races - courses des grands voiliers - ont lieu tous les ans dans les eaux européennes. Cette année, la course conduit, depuis le 2 juillet, voiliers et équipages de Gdynia (Pologne) à Klaipėda (Lituanie), en passant par Saint-Pétersbourg (Russie) et Turku (Finlande). C’est ce 31 juillet que les voiliers arrivent à Klaipėda, lançant ainsi les festivités de la traditionnelle Fête de la Mer - Jūros šventė - qui se tiendra jusqu’au lundi 3 août. Environ 100 bateaux seront amarrés sur les quais de Klaipėda dont 10 d’entre eux sont des voiliers de plus de 40 m de longueur. Le port de Klaipeda accueillera environ 4000 membres d’équipages dont plus de la moitié ont entre 15 et 25 ans. A Klaipėda pendant 4 jours et 4 nuits, ce sera parades, visites des bateaux, concerts, cérémonie de remise des prix, compétitions sportives et autres événements. Le clou de la Fête de la Mer sera la parade des équipages des bateaux dans les rues de la ville et la parade des voiliers qui reprendront la mer.
http://www.tallships.lt/

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