05 mai 2021

Juozas Lukša-Daumantas aurait eu 100 ans

Cet été, le 10 août, la Lituanie commémorera le centenaire de la naissance de Juozas Lukša (1921-1951). 2021 correspond également au soixante-dixième anniversaire de sa mort, le 4 septembre 1951, lorsqu’il fut tué par le MGB, nom alors de la police secrète soviétique. Connu sous son pseudonyme de combat de Daumantas, il fut l'un des plus importants chefs de partisans lituaniens après la Seconde Guerre mondiale qui lutta contre la brutale soviétisation de son pays. C’est par le biais de sa correspondance avec sa bien-aimée compagne que les Cahiers Lituaniens ont abordé son engagement pour son pays, jusqu’à l’ultime sacrifice de sa vie.

À lire également l’article de présentation de cette figure de la résistance antisoviétique que Robin Sébille lui a consacré dans ce même numéro 19, paru à l’automne 2020 :
http://www.cahiers-lituaniens.org/SEBILLE-Luksa-Daumantas-n-19-2020.pdf

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21 avril 2021

Mémoires Frank, suite italienne

À l’initiative du médecin et historien Giovanni Galli vient de paraître en traduction italienne le volume III des mémoires Frank, après la parution des volumes I (en 2006), IV (2007) et II (2010). C’est dans la première moitié du XIXe siècle que le médecin et professeur de l’Université de Vilnius Joseph Frank rédige ses Mémoires et les réunit à ceux de son père, Jean Pierre Frank, également médecin et universitaire, célèbre à l’époque en Europe comme pionnier de la santé publique. Totalisant près de 3 500 pages, ce volumineux manuscrit constitue un remarquable témoignage historique sur les pratiques médicales et la vie sociale et culturelle en Europe pendant près d’un siècle, entre 1745 et 1842, à travers les observations et anecdotes de ces deux médecins qui allient carrière professorale et vie errante. Joseph Frank et son épouse cantatrice, Christine Gerhardy, furent également célèbres à Vilnius pour avoir animer la vie culturelle de la ville durant les deux décennies de leur présence. Écrits en français et conservés à la section des manuscrits de la Bibliothèque de l’Université de Vilnius, les Mémoires n’ont jamais été publiés dans leur version originale, alors que plusieurs chapitres ont été traduits, édités, voire réédités en plusieurs langues dont le lituanien et l’italien.
Si les premiers volumes italiens ont été publiés par les éditions universitaires Cisalpino de Milan dans une collection historique de l’Université de Pavie, le volume III a paru aux éditions Lariologo de Côme. Les traductions, commentaires et annotations ont toutes de Giovanni Galli.

Contact : Giovanni Galli gio.bia.galli@gmail.com

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19 mars 2021

Grief, un chien royal qui chassait en Lituanie

Le roi de Pologne et grand-duc de Lituanie Sigismond II Auguste / Žygimantas Augustas (1520-1572) était un chasseur passionné – ici représenté en tenue de chasse par le peintre Jan Matejko. Klemens Bąkowski (1860-1938), juriste et historien de Cracovie, étudia soigneusement les documents royaux concernant les chasses du souverain. Il les publia en 1923 dans une revue polonaise de chasseurs, Przegląd myśliwski. Ainsi nous connaissons les dépenses de Sigismond quand il partait de Cracovie pour chasser dans les forêts de la Lituanie, souvent en passant par Vilnius. Ses comptables prenaient en compte le coût du plomb pour couler les balles, celui des fusils, les honoraires du personnel dont les veneurs, les tireurs, les archers et les batteurs, les aumônes pour les églises et pour les pauvres, les dédommagements pour les accidents et beaucoup d’autres débours. Notons certaines dépenses étonnantes comme par exemple un dédommagement pour blessure causée par un … lion que le souverain élevait en Lituanie.  

Sigismond aimait beaucoup les chiens. Grief était son préféré. Nous ne connaissons pas sa race mais nous pouvons supposer que c’était un limier. Son entretien était plus élevé que le salaire de nombreux membres des équipages royaux. En 1544, les comptables du roi et grand-duc notèrent les frais en beurre pour Grief, le coût de la réparation de sa chaîne en argent, le prix de son savon, ceux de sa gamelle, de sa couette faite de queues de renard, sa laisse pour chien, des poules comme casse-croute, un coffret pour ranger ses affaires, ses médicaments, la graisse de lièvre pour le frotter, un peigne. Comme nous pouvons constater, Grief n’avait pas qu'une  "vie de chien". 

Pour en savoir plus : Piotr Daszkiewicz, piotrdas@mnhn.fr

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06 mars 2021

Les belles histoires d’Alain Stanké

Natif de Kaunas, Alain Stanké  - né Stankevičius - avait 10 ans quand il fut déplacé avec sa famille dans un camp en Allemagne en 1944. À la fin de la Seconde guerre mondiale, il émigra en France puis, en 1951, au Canada où il passera toute sa vie. En tant que journaliste, il a été correspondant au Canada de France-Soir et du Figaro, mais également auteur, producteur et éditeur pendant plus de quarante ans. Après avoir dirigé les Éditions de l'Homme, il a fondé les éditions La Presse puis les Éditions internationales Alain Stanké. Grand humaniste, il s’est engagé auprès de nombreux organismes à caractère philanthropique. Âgé aujourd'hui de 85 ans, il revient sur la période du conflit mondial avec un regard lumineux. Pendant plusieurs années, il rechercha, se documenta, rencontra et discuta avec de nombreuses personnes. Son but était de rassembler les belles histoires sur cette sombre période. Ici, un amour retrouvé 75 ans après le débarquement de Normandie. Là, un Canadien qui a sauvé les arbres de Paris. Plus loin, une amitié de 40 ans entre un lieutenant de vaisseau québécois et le capitaine d’un sous-marin allemand, le navire du premier ayant coulé celui du second dont l’équipage a été rescapé. Ou encore, une fausse infirmière qui, dans la Pologne occupée, réussit à sauver la vie de quelque 2500 enfants. Et que dire de ce soldat allemand devenu archevêque après un séjour, comme occupant, chez les bénédictines. Un recueil d’anecdotes heureuses donc, publié aux éditions Hugo Doc !
On se souviendra qu’Alain Stanké avait fait paraitre en 1981 son témoignage très émouvant Des barbelés dans ma mémoire. L’histoire se situait en Lituanie, également lors de la Seconde Guerre mondiale, et racontait des faits vécus par l’auteur quand, en juin 1940, lui enfant et sa famille furent chassés de leur maison par des soldats russes qui avaient envahi leur pays.

> Les belles histoires d’une sale guerre. Ces héros (extra)ordinaires de la Seconde Guerre mondiale. Alain Stanké, Éditions Hugo Doc, 2020, 251 pages, 17,95 €

https://www.hugoetcie.fr/

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