13 septembre 2020

Un régiment d’Alsace en partance pour la Lituanie

Basée en Alsace, à Meyenheim, une compagnie du Régiment de marche du Tchad (RMT) part fin septembre, en Lituanie dans le cadre d’une mission de dissuasion de l’OTAN. « Une mission de  dissuasion », souligne le lieutenant-colonel Guillaume aux Dernières Nouvelles d’Alsace, décidée par les pays de l’Alliance Atlantique en réponse à l’annexion de la Crimée par la Russie. Des moyens militaires importants – quatre bataillons multinationaux –  sont, depuis 2016, positionnés dans les pays baltes et en Pologne et la France y participe de façon régulière depuis mars 2017. Les soldats du RMT vont constituer la « colonne vertébrale » du groupement français fort de 300 militaires, dont des cavaliers du 501e régiment de chars de Mourmelon. Cinq chars Leclerc et 14 véhicules blindés de combat d'infanterie (VBCI) sont engagés au sein d’un bataillon sous commandement allemand. Durant ces quelque quatre mois de présence en Lituanie, les soldats français effectueront plusieurs exercices dont un de « haute intensité » avec tous les acteurs militaires présents.

Le 10 septembre, l’ambassadeur de Lituanie en France, Nerijus Aleksiejūnas, rendit visite aux soldats de Meyenheim. Ce déplacement en Alsace était pour lui une façon de remercier l’armée française de son soutien constant depuis plus de trois ans. « Cette mission est essentielle pour la stabilité de la région. C’est aussi une bonne occasion de développer des coopérations avec nos partenaires. » Notamment dans deux domaines particuliers où la Lituanie a une réelle expertise : les cyberattaques et la lutte informationnelle. Rappelons que la Lituanie consacre 2 % de son PIB à la Défense. Son armée comprend 8 000 soldats, sa Garde nationale 5 000 pour une population de près de 2,8 millions d’habitants. La conscription a été rétablie en 2015, à la suite de la guerre en Ukraine. Quatre mille jeunes font actuellement leur service national.

https://fr.mfa.lt/fr/fr/

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08 septembre 2020

Lituanien, j’écris ton nom !

Les éditions L’Harmattan viennent de publier une suite à l’ouvrage collectif Lituanie, j’écris ton nom, paru en juin 2013. Alors que le premier rassemblait des témoignages de Français sur leur premier voyage en Lituanie, celui qui vient de paraître (Lituanien, j'écris ton nom) dresse une galerie de portraits de Lituaniens engagés - directement ou indirectement - dans les relations franco-lituaniennes dans les domaines politique, diplomatique, culturel, éducatif, scientifique ou économique. Ils ont été rassemblés par Anne-Marie Goussard, présidente de la Coordination France-Lituanie qui fédère une cinquantaine d'associations françaises engagées avec la Lituanie. Par leurs contributions, les auteurs des portraits (Jean Bigot, Marie-Thérèse Bressieux, Gilles Dutertre, Philippe Edel, Véronika Hidekel, Aida Kiskyte-Degeix, Jean-François Jougnot, Florence et Jean-Pierre Levet, Karine Leverger, Pierre Minonzio, Yves Plasseraud, Suzanne Pourchier, Robin Sébille et Laurent Wallut) ont souhaité présenter une image sensible de la Lituanie par le biais de personnalités remarquables.

> Lituanien, j’écris ton nom, Anne-Marie Goussard (dir.), L’Harmattan, 2020, 164 pages, 18 €.

https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=66579

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02 septembre 2020

Quand des architectes lituaniens évaluaient l'ère soviétique !


Vient de paraître à Vilnius un ouvrage bilingue lituanien-anglais consacré à l’architecture soviétique vue par des architectes lituaniens. Sous la direction de John V. Maciuika et de Marija Drėmaitė, l’ouvrage, intitulé en anglais Lithuanian Architects Assess the Soviet Era: The 1992 Oral History Tapes, réunit les entretiens avec quatre grands architectes lituaniens, Algimantas Nasvytis, Vytautas Edmundas Čekanauskas, Vytautas Brėdikis et Gediminas Baravykas, qui étaient actifs pendant la période socialiste. Les entretiens avaient été menés en 1992 par un doctorant de Berkeley, désormais professeur du Baruch College, John V. Maciuika, qui rassembla des documents pour sa thèse sur les logements collectifs soviétiques en Lituanie. Les entretiens paraissent maintenant comme un document historique. Deux articles introductifs complètent les entretiens. John V. Maciuika y raconte notamment son séjour en Lituanie en 1992 et s’interroge si ces histoires d'architectes relevaient d’une résistance culturelle ou d’un simple opportunisme subversif.

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31 août 2020

"La Jeune fille à l'écho" en salle en France


Avec le soutien de l’Institut Culturel Lituanien (LKI) et l’Ambassade de Lituanie en France, le film lituanien La Jeune fille à l'écho du metteur en scène Arūnas Žebriūnas (1930-2013), qui a été réalisé à l’époque soviétique (1964), sera diffusée pour la première fois dans une quinzaine de villes en France (dont le Star à Strasbourg) durant la première semaine de septembre par ED Distribution dans une version restaurée en 2019. Son titre lituanien - Paskutinė atostogų diena - signifie Le dernier jour de vacances. Il s’agit de l'adaptation de la nouvelle L'Echo (Ekho), récit pour la jeunesse de l’écrivain russe Youri Naguibine qui signa aussi le scénario du film. Sous l'ère soviétique, toute création se devait de correspondre aux règles de l'idéologie imposée par le régime communiste. Afin de contourner la censure et d'éviter les sujets établis par la propagande de l'époque, les réalisateurs choisissaient des thématiques « innocentes » tels que les films d'enfants. Tout en prétextant s'adresser aux plus jeunes, ils traitèrent et analysèrent les sujets du monde adulte. L'histoire raconte le drame d'une amitié brisée entre deux jeunes adolescents. Vika, une jeune fille de 12 ans se lie d'amitié avec Romas, un garçon qui lui semble plus intelligent et libre que ses camarades. Une amitié commence. La fille lui confie un secret : un rocher avec un écho. Mais lors d'une attaque par des voyous, elle est déçue car il la trahit en ne l'aidant pas, cherchant à obtenir la reconnaissance du groupe. Il ne l'obtient cependant pas davantage et reste exclu et à l'écart. Retournant vers la fille, celle-ci finit par lui pardonner, mais le lien d'amitié entre les deux enfants en garde les cicatrices et ils ne redeviendront plus jamais complice comme auparavant. Le rôle du père de la jeune fille est joué par un comédien lituanien connu à l'époque et qui faisait partie de la célèbre troupe du théâtre de Juozas Miltinis à Panevezys : Bronius Babkauskas. Tourné en noir et blanc en Crimée, le film fut interdit un temps par les autorités soviétiques pour une scène dans laquelle la jeune fille, jouée par Lina Branytė, se baigne nue. Le film remporta en 1965, à l'Ouest, le Voile d'argent au festival de Locarno et le prix de la Jeunesse au festival de Cannes. Aujourd'hui, La Jeune fille à l'écho est l'une des œuvres les plus importantes du cinéma lituanien, fédérant plus d'une génération de spectateurs.

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