30 juin 2024

Cahiers Lituaniens : le n°22 vient de paraître !

Dès son premier numéro paru en 2000, soit un an avant que l’UNESCO ne l’inscrive sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, les Cahiers Lituaniens avaient choisi de faire figurer une croix lituanienne sur sa couverture, à la droite de son titre. Dès le départ, il apparaissait indubitable à l’éditeur que l’art des croix symbolisait l’identité nationale lituanienne, après avoir été le signe d’une foi religieuse comme Skaidrė Urbonienė en fait la démonstration dans ce numéro. Par ailleurs, si Ona Aleknavičienė avait traité la vision des Lituaniens qu’avait Emmanuel Kant en 2021, Christophe Didier aborde cette fois les derniers mots du grand philosophe prussien à travers un don de Königsberg à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg. Comme nous l’apprend Vilma Bukaitė, c’est à travers la question des frontières lituaniennes avec la même Prusse-Orientale, discutée lors de la Conférence de la paix à Versailles en 1919, que la Lituanie a de nouveau été propulsée sur la scène politique internationale, après 150 ans d’absence sous le joug russe.

Deux autres textes dans le domaine de l’art complètent le numéro : celui sur l’incroyable collection Bellotto de Louis-Henri Bojanus, qui, sans le départ pour raison de santé du naturaliste, aurait pu rester à Vilnius ; et l’article de Rasa Žukienė consacré à quatre artistes lituaniens ayant fui l’occupation soviétique en 1945 pour se réfugier à Paris où ils vécurent et travaillèrent, doublement inspirés par la France et le souvenir de leur terre natale : Vytautas Kasiulis, Pranas Gailius, Žibuntas Mikšys et Antanas Mončys.

Bouclons cette brève présentation par le dessin de couverture de ce numéro, intitulé Le voleur de Lune. Nous le devons à Ula Rugevičiūtė Rugytė, une jeune dessinatrice lituanienne, qui poursuit actuellement des études d’art à Strasbourg après avoir déjà illustré des ouvrages parus en Lituanie. Peut-on l’interpréter comme une allégorie de l’agression russe contre l’Ukraine et l’Europe démocratique ? Devant des spectateurs médusés mais presque amorphes, un personnage dans l’ombre mais qui ne masque pas son visage s’enfuit en emportant la Lune, gardienne pour les uns de nos souvenirs profonds, symbole pour d’autres de notre imaginaire ou de notre futur !

Pour découvrir la revue : http://www.cahiers-lituaniens.org


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09 mai 2024

Trois espèces d’animaux dédiés à L.H. Bojanus

En 2008, deux paléontologues polonais, Tomasz Sulej et Grzegorz Niedźwiedzki, ont découvert en Silésie les fossiles d’une nouvelle espèce de thérapsides, soit une lignée ancestrale des mammifères. L’animal vivait entre 210 et 205 millions d’année avant notre ère et avait la taille d’un éléphant (photo). La tradition des naturalistes veut que l’on dédie le nom d’une nouvelle espèce pour la science aux personnes illustres ou proches aux découvreurs. Lors de leur description de l’espèce en 2019, les paléontologues l’ont dédiée à Louis Henri Bojanus (1776-1827) en reconnaissant les mérites de ce savant alsacien qui travailla près de 20 ans à l’Université de Vilnius pour la paléontologie et ses recherches des animaux disparus. Ainsi l’espèce porte le nom Lisowicia bojani (Sulej & Niedźwiedzki, 2019). 

Ce n’est pas seul animal dédié à Bojanus. En 1825, Johann Friedrich von Eschscholtz (1793-1831), professeur à l’Université de Dorpat, médecin naturaliste et voyageur célèbre pour ses deux voyages autour du monde, décrivit dans une relation de voyage publiée dans Isis, la revue dont Bojanus fut un proche collaborateur, une nouvelle espèce d’hydrozoairequ’il appela Eudoxia bojani. Aujourd’hui, son nom est Diphyes bojani (Eschscholtz, 1825). Plus tard, en 1834, le paléontologue allemand Herbert von Meyer (1801-1869) découvrit et décrivit en Bavière les restes fossiles d’un grand cerf. Il créa un nouveau genre-type qu’il nomma pour la science : Palaeomeryx bojani (Meyer, 1834). Ces dénominations, reconnues par les scientifiques du monde entier, prouvent que la mémoire de Bojanus perdure toujours, près de deux siècles après sa mort. 

> Pour en savoir plus : Piotr Daszkiewicz, PatriNat (Muséum national d’Histoire naturelle, OFB, CNRS, IRD) piotr.daszkiewicz@mnhn.fr

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