03 décembre 2019

Enfants sauvages des tropiques


Vient de paraître aux éditions des Requins Marteaux la première BD en français de l’illustratrice lituanienne Akvilė Misevičiūtė, qui signe Akvilé Magicdust (« poussière magique »). Né en Lituanie, Akvilė a étudié d’abord à l’Académie des beaux-arts de Vilnius, puis à la LUCA School of Arts de Bruxelles. À Vilnius où elle vit aujourd’hui, elle partage un atelier avec d’autres artistes et y travaille en tant qu’illustratrice freelance. Son travail est à la fois un reflet de l’ambiance froide, voire frigide, de l’Europe du Nord, compensée par des teintes de couleurs tropicales, tandis que ses récits laconiques sont véhiculés de manière picturale et primitiviste, mettant souvent en scène des paysages urbains habités par une faune exotique. En 2018, elle remporte un prix initié par WeTransfer et l’East London Comic Arts Festival (ELCAF) qui lui permet de publier sa première BD : Tropical Wildchilds. Enfants sauvages des tropiques en est l’édition française.
> Akvile Magicdust, Enfants sauvages des tropiques, Les Requins Marteaux, 2019, 80 pages, 20 €

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07 août 2019

La boîte de petits pois de GiedRé


En 2018 était fondée la collection Une case en moins chez l’éditeur français Delcourt, pilotée par Davy Mourier. Le but : proposer à des artistes qui ne sont pas auteurs de BD d'écrire un album, en collaboration avec un dessinateur ou une dessinatrice. Cette année, Davy Mourier a proposé le concept à la chanteuse GiedRé, originaire de Lituanie, qui choisit d’en faire un album autobiographique. GiedRé est en effet née dans un Etat qui n'existe plus : l'URSS. Elle raconte ses souvenirs d'enfance, la vie de sa grand-mère, de ses parents et de son oncle, déporté à 17 ans en camp en Sibérie car il avait chanté une rengaine rebelle dans la rue. Une vie qui ressemblait à une longue file d'attente, pour du beurre, des chaussures ou une boîte de petits pois.
« La boîte de petits pois », texte de GiedRé et dessins de Holly R, Editions Delcourt, collection Une case en moins, 2019, 112 pages, 15,95 €

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26 mars 2019

Haïkus de Sibérie


Lituanie, 1941. Algis est encore un enfant quand il est déporté dans un camp sibérien. Il raconte son quotidien où l’on croise le fantôme de son jars domestique, une chorale, des Russes impitoyables, et même des soldats japonais !
Jurga Vilė, auteure du texte de cette bande dessinée, raconte l'histoire de son père, qui, dans son enfance, comme plusieurs dizaines de milliers de Lituaniens, a été déporté au Goulag par le pouvoir soviétique. Elle présente le témoignage inédit de la vie en déportation, en s’exprimant à la première personne, avec beaucoup de détails authentiques marqués aussi par les fantaisies d’un enfant. Le résultat en est un roman graphique mêlant narration, collages et haïkus.
Née à Vilnius, Jurga Vilé a treize ans en 1990 quand la Lituanie proclame son indépendance et se libère du totalitarisme communiste. C’est avec sa chorale qu’elle découvre la France. Diplômée de la philologie française à l’Université de Vilnius, elle part étudier le cinéma et l’audiovisuel à la Sorbonne, part ensuite en 2000 à New York où elle fait de nombreux petits boulots, puis vit pendant 10 ans en Andalousie, où elle travaille comme traductrice. C’est en Espagne qu’elle écrit Haïkus de Sibérie. Depuis l’été 2018, elle est revenue habiter à Vilnius avec ses deux enfants, où elle y travaille à mi-temps comme caissière au Musée de l’art moderne, et le reste du temps, traduit des films pour le cinéma et écrit.
« Haïkus de Sibérie », de Jurga Vilė (texte) et Lina Itagaki (illustrations), Editions Sarbacane, 2019, 240 pages, 22 €
http://editions-sarbacane.com/

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