20 février 2024

L’exil des diplomates lituaniens entre 1940 et 1991

Certaines vidéos personnelles ou familiales tournées après-guerre en France témoignent d'une page de l'histoire de la diplomatie lituanienne. Ainsi, quatre jours du passé, filmés par des diplomates lituaniens exilés en France, sont devenus partie intégrante de cette histoire. C'est celle d'une dissonance - un présent qui respire le passé, un service rendu à un État qui n'existe plus. La réalisatrice Aušra Lukošiūnienė a rassemblé ces vidéos dans un projet dans lequel ces images muettes deviennent des histoires en mouvement. Le projet a été possible grâce à de nombreuses aides, dont celles de Valdas Papievis, de Perkūnas Liutkus, de Caroline Masiulytė-Paliuliulienė, des Archives centrales de Lituanie, ainsi que l'ambassadeur de Lituanie en France, Nerijus Aleksiejūnas.

L’exposition, intitulée « Exil politique des diplomates lituaniens pendant l’annexion soviétique : DISSONANCES » se tient du 7 mars au 15 avril 2024 à l’Ambassade de Lituanie, 22 boulevard de Courcelles à Paris.

À lire aussi sur le sujet l’article paru dans les Cahiers Lituaniens sur le Service diplomatique lituanien en exil entre 1940 et 1991 par l’historienne Asta Petraitytė-Briedienė, de l’Institut de la diaspora lituanienne, Université Vytautas Magnus à Kaunas :
http://www.cahiers-lituaniens.org/PETRAITYTE-Service-diplomatique-n-18-2019.pdf

Libellés : , , , ,

02 septembre 2020

Quand des architectes lituaniens évaluaient l'ère soviétique !


Vient de paraître à Vilnius un ouvrage bilingue lituanien-anglais consacré à l’architecture soviétique vue par des architectes lituaniens. Sous la direction de John V. Maciuika et de Marija Drėmaitė, l’ouvrage, intitulé en anglais Lithuanian Architects Assess the Soviet Era: The 1992 Oral History Tapes, réunit les entretiens avec quatre grands architectes lituaniens, Algimantas Nasvytis, Vytautas Edmundas Čekanauskas, Vytautas Brėdikis et Gediminas Baravykas, qui étaient actifs pendant la période socialiste. Les entretiens avaient été menés en 1992 par un doctorant de Berkeley, désormais professeur du Baruch College, John V. Maciuika, qui rassembla des documents pour sa thèse sur les logements collectifs soviétiques en Lituanie. Les entretiens paraissent maintenant comme un document historique. Deux articles introductifs complètent les entretiens. John V. Maciuika y raconte notamment son séjour en Lituanie en 1992 et s’interroge si ces histoires d'architectes relevaient d’une résistance culturelle ou d’un simple opportunisme subversif.

Libellés : , , , , , , ,

08 janvier 2020

Passeurs de livres entre Est et Ouest


En Lituanie sont toujours mis à l’honneur les exploits des «knygnešiai», ces célèbres passeurs de livres de l’époque de l’interdiction, par le régime tsariste, de l’alphabet latin dans les publications lituaniennes, qui transportaient à dos d’homme les livres imprimés en lituanien en Prusse Orientale, et plus spécialement en Lituanie prussienne, pour les diffuser en Grande Lituanie, sous joug russe. Un demi-siècle plus tard, à l’époque de la guerre froide que menait le Bloc soviétique contre l’Occident, d’autres « passeurs de livres » témoignaient d’un temps où toute l’Europe était coupée en deux. Un petit ouvrage, qui vient de paraître, rappelle l’exploit, dans les années 70, de ces jeunes Français qui passèrent le Rideau de fer en transportant eux aussi, à leurs risques et périls, des documents et des livres interdits, en liaison avec les dissidents soviétiques. Le livre rassemble les témoignages de plusieurs de ces jeunes engagés pour la liberté, dont Anne-Marie Goussard, devenue aujourd’hui consule honoraire de Lituanie en France.
> Karine Leverger, Laurent Dubois, « Passeurs de livres. Petite et grande histoire dans l’Union soviétique d’avant la chute du Mur de Berlin », L’Harmattan, collection Mare Balticum, 2019, 138 pages, 15,50€.

Libellés : , ,