06 décembre 2014

République des Deux Nations : La Conchyliologie de Dezallier D’Argenville

La Conchyliologie ou Histoire naturelle des coquilles de mer, d’eau douce, terrestres et fossiles fut un des plus grands succès éditoriaux du XVIIIe siècle. A l’époque des nombreux cabinets d’histoire naturelle, les coquillages étaient l’objet d’un important commerce et ils atteignaient parfois des prix très élevés. Cet ouvrage, un véritable guide pour les collectionneurs, avait trois éditions et il fut acheté, lu et cité en toute Europe. Son auteur Antoine-Joseph Dezallier d’Argenville (1680-1765) écrivit aussi les articles sur le jardinage de l’Encyclopédie. Grand connaisseur et collectionneur d’art, auteur de L’abrégé de la vie de quelques peintres célèbres, savant s’intéressant tant aux sciences naturelles qu’à la physique, propriétaire d’une importante collection naturaliste, il correspondait avec des nombreux naturalistes. Parmi ses correspondants, notons Mennicken, directeur général des collections du roi de Pologne et grand-duc de Lituanie Auguste III.
Les éditions successives étaient enrichies par de nouvelles données et la liste des cabinets européens devint de plus en plus complète. Dezallier d’Argenville cita aussi les collections de la République des Deux Nations. Il connaissait personnellement Jean Bernoulli (1710-1790). En décrivant le Cabinet d’histoire naturelle de la Société Physique de Dantzig, il cita le livre de "son ami M. Jean Bernoulli" et mentionna que "ce voyage est à la vérité écrit en allemand, mais je compte publier la traduction de cette description dans mes recherches sur l’histoire naturelle de la Pologne, qui feront partie d’un ouvrage que je publierai incessamment". Malheureusement il n’a jamais publié l’ouvrage en question. Il connaissait également Jean Baptiste Dubois de Jacigny (1753-1808), l’auteur de l’Essai sur l’histoire littéraire de Pologne car il informe que "cette notice des cabinets de la Pologne nous a été fournie par M. Dubois, Conseiller de la Cour de Sa Majesté le Roi de Pologne, Membre de plusieurs Académies, etc."
Après que l’on lui fit la une remarque que "le goût des connoissances solides n’est pas encore assez généralement répandu en Pologne pour qu’on doive s’attendre à y trouver un grand nombre de Cabinets d’histoire naturelle", il décrivit quelques-uns des plus importants cabinets des magnats, dont celui de la princesse Anna Jabłonowska (1728-1800). Il rendit public, parfois en quelques mots seulement, l’existence d’autres collections. Ainsi : "M. le Comte Ogiński, Grand-Général de l’Armée de Lituanie, possède à Varsovie une collection très-précieuse en coquilles & en mines ; une suite non interrompue de fœtus de tous les âges & de monstres, très bien conservés".
La plus intéressante est sa description de la collection royale : "Sa Majesté Stanislas-Auguste semble avoir inspiré à ses Concitoyens ce goût invincible pour le savoir, qui a toujours fait le caractère distinctif de son esprit. On ne lui enlèvera jamais la gloire d’avoir établi en Europe le premier Tribunal d’Education. Il n’a pas montré moins d’empressement à établir des observatoires, des Cabinets de physique & d’histoire naturelle. Les deux principaux Observatoires sont pourvus des plus belles machines : celui de Varsovie est sous la direction de M. l’Abbé Bystrzycki, & celui de Vilna, qui est le plus considérable, sous celle du célèbre M. Poczbut, Correspondant de l’Académie Royale des Sciences de Paris. Le Cabinet d’histoire naturelle de Sa Majesté n’est point encore rassemblé ; il y en a partie à Varsovie & partie à Grodno. Il s’en faut de beaucoup que cette collection soit complète mais elle s’accroît tous les jours par l’ordre de Sa Majesté & les soins de M. le Capitaine Carosi, qui en est le Garde. Quelques échantillons de mines de Pologne, une belle suite de mines étrangères, de pierres précieuses, de cristaux, & en sont les principaux objets. Les coquilles y sont en très petit nombre. On y remarque aussi de belles pétrifications indigènes & exotiques. La partie du Cabinet du Roi qui est à Grodno, sous l’inspection de M. Gilibert, Docteur en Médecine & Professeur de Botanique, est très intéressante, par la multitude de pétrifications Polonoises qu’on y rencontre".
La Conchyliologie fut sans doute une des principales sources d’information sur les collections polono-lituaniennes dans l’Europe des Lumières et, pour cette raison, elle mérite de ne pas être oubliée.
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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03 novembre 2014

Le testament de Bojanus au Salon du livre de Colmar


Le testament que laissa à sa mort le grand savant naturaliste Louis-Henri Bojanus (1776-1827) est un document inédit de l’histoire des sciences naturelles qui est conservé aux Archives d’Etat de Darmstadt. Rappelons que Bojanus, né à Bouxwiller (Basse-Alsace), professeur de médecine vétérinaire à l’Université de Vilnius pendant près de deux décennies, est le précurseur de l’anatomie comparée en Pologne-Lituanie. Il est à l’origine de plusieurs découvertes qui portent encore aujourd’hui son nom (Organe de Bojanus, Bos primigenius Bojanus, Bison priscus Bojanus). Son testament fit l’objet d’un article qui parut en 2013 dans les Cahiers Lituaniens, n°12. Il sera présenté lors du Café de l’Histoire – organisé par la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace – dans le cadre du 25e Salon du livre de Colmar qui se tiendra les 22 et 23 novembre prochains au parc des expositions de la ville. La communication sera faite le samedi 22 à 11h30 par les deux auteurs de l’article, Piotr Daszkiewicz et Philippe Edel, sous la présidence de Francis Lichtlé. Piotr Daszkiewicz est historien des sciences et collaborateur scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Philippe Edel est président du Cercle d’histoire Alsace-Lituanie et membre du comité-directeur de l’Union Internationale des Alsaciens. Ancien archiviste au service des archives de la Ville de Colmar, Francis Lichtlé est conservateur du Musée régional du vignoble et des vins d'Alsace de Kientzheim et président de la Société d'histoire et d'archéologie d'Ammerschwihr.
http://www.salon-du-livre-colmar.com/
http://www.alsace-histoire.org/
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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19 septembre 2014

Les "Anatomies" selon Ungerer et Bojanus

Le Musée Tomi Ungerer de Strasbourg présente jusqu’au 6 octobre une exposition intitulée « Anatomies » qui se propose, avec une centaine d’œuvres et de documents, d’explorer l’univers de quelques formes anatomiques dans l’œuvre graphique de Tomi Ungerer. Outre de nombreux livres et des illustrations provenant de l’ancienne bibliothèque personnelle de Tomi Ungerer et conservée aujourd’hui au Musée, elle s’articule également autour de deux remarquables ouvrages anciens d’anatomie prêtés par les bibliothèques de l’Université de Strasbourg : l’Atlas anatomique d’Albinus (Leyde, 1747) et l’Anatomie des Tortues d’Europe de Louis-Henri Bojanus (Vilnius, 1819).



Sont ainsi mis en regard quelques splendides planches de tortues que réalisa en Lituanie Bojanus, professeur d’anatomie comparée originaire d’Alsace et un des plus éminents savants naturalistes de son temps en Europe, avec les croquis originaux et plein d’humour de Tomi Ungerer, le célèbre illustrateur alsacien expatrié en Irlande, à qui la ville de Strasbourg a dédié tout un musée encore de son vivant.


Pour en savoir plus :
http://www.tomiungerer.com/anatomies/
http://www.musees.strasbourg.eu/index.php?page=musee-tomi-ungerer
http://www.tomiungerer.com/wp-content/uploads/ANATOMIES_3.pdf
http://www.cahiers-lituaniens.org/bojanus/

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15 septembre 2014

Philippe-Rodolphe Vicat (1742-1783) en République des Deux Nations

Ce médecin suisse passa cinq ans en République des Deux Nations. Nous le connaissons surtout comme l’auteur du Mémoire sur la plique polonaise (1775), une de meilleures monographies sur cette maladie, à l’époque souvent considérée comme indigène de la Pologne et la Lituanie. Vicat termina les études de la médecine à Göttingen et soutint à Bâle, en juillet 1765, une thèse sur les bienfaits de l’exercice physique pour la santé. Juste après ses études, il partit dans l’Union polono-lituanienne où, "attaché à divers seigneurs", il pratiqua à Varsovie et dans divers lieux en Lituanie et en Livonie.
Dès son adolescence, Vicat connaissait Samuel-Auguste Tissot (1728-1797), médecin proche de Stanisław Auguste Poniatowski. Il resta également proche d’Albrecht von Haller (1708-1777). Après son retour en Suisse, Vicat devint le copiste et l’éditeur de l’œuvre de ce grand savant. Haller entretenait de bonnes relations avec Poniatowski ; c’est lui qui conseilla au roi d’engager Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814). C’est probablement par l’intermédiaire de ces savants que Vicat trouva un poste en République des Deux Nations.
Nous avons relativement peu de détails sur son séjour en Lituanie et en Pologne. Il fut bien accueilli par l’évêque de Kiev Józef Andrzej Załuski (1702-1774), grand mécène de la culture et fondateur d’une de plus grandes bibliothèques de l’époque des Lumières (près d’un demi-million de volumes). Vicat écrivit un éloge de Załuski dans l’introduction de son livre sur la plique. Par ailleurs, il dédia cette monographie à sa sœur "la castellane de Trock née comtesse de Zalucka". Les Jésuites de Vilnius, dont ce médecin protestant était l’hôte, lui firent connaître le vin de tilleul qui, d’après lui, surpassait "les meilleurs vins d’Espagne". Il devint d’ailleurs un chaud partisan de l’usage de cette plante en médecine. Longtemps après son retour en Suisse (1770), il parlait de l’hospitalité des paysans lituaniens, de leur liqueur de framboise et des petits pains cuits aux grains de pavot.
Médecin respecté dans le pays de Vaud, membre de la Société royale des sciences de Göttingen et de la Société des Philanthropes de Strasbourg, Vicat rédigea de nombreux travaux en médecine et en botanique, tels que l’Histoire de plantes vénéneuses de la Suisse (1776). Dans ces travaux, il revint souvent à son séjour en Lituanie. Ses écrits constituent non seulement d’intéressantes sources pour l’histoire des sciences mais aussi pour les mœurs lituaniennes. Il décrivit par exemple le grand usage de l’huile de lin "dont on employe une grande quantité en Lituanie, pour l’assaisonnement des mets dans les terms de jeûne & de carême". Nous lui devons aussi l’une de premières description du bortsch à l’époque où cette soupe se faisait encore avec la berce Heracleum sphondylium (photo) et non, comme aujourd’hui, avec des betteraves : "La branche ursine sert aux Lithuaniens à faire un mets qu’ils appellent bartsch, & dont l’usage est presque aussi générale que celui du pain. Ce bartsch n’est autre chose qu’une compôte aigre de branche ursine qu’on a fait fermenter dans un lieu tiède, avec un peu de levain de pâte & beaucoup d’eau, en sorte que c’est comme une compôte liquide ou plutôt un brouet aigrelet, auquel on ajoute souvent de raves, des navets, &c. qui donne un potage, qui cuit avec la viande de boucherie ou la volaille, n’est point désagréable".
Pour en savoir plus, contacter Piotr Daszkiewicz, Museum national d’Histoire naturelle.
piotrdas@mnhn.fr

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15 mai 2014

150e anniversaire de la mort de Stanisław Batys Górski (1802-1864)

Stanisław Batys Górski (Stanislovas Batys Gorskis, en lituanien) se donna la mort le 3 avril 1864. Il passa les dernières années de sa vie dans le domaine d’un de ses amis Adolf Kubalicki, près de Švenčionys (Święciany). La situation politique d’alors priva ce grand naturaliste de toute possibilité de travail scientifique et le condamna à dépendre de la générosité de ses amis. Stanisław Batys Górski était né à Dwórka près de Kobryń, aujourd’hui en Biélorussie. Après avoir fait ses études secondaires à Grodno, puis à Świsłocz, il s’inscrivit en 1820 à l’université de Vilnius où il étudia d’abord les sciences naturelles, puis la médicine. Il se spécialisa en pharmacie et en pharmacognosie. Il travailla avec le célèbre pharmacien et naturaliste Jan Fryderyk Wolfgang (1775-1859), professeur à cette université. Durant les années 1829-32, Gorski dirigea le jardin botanique académique. Après la fermeture de l’université, il enseigna la botanique, la pharmacie et la pharmacognosie à l’Académie médico-chirurgicale. Quand les autorités russes fermèrent également cette institution, il ne put continuer ses recherches que grâce à des amis mécènes, notamment Constantin Tyzenhauz (1786-1853). Nous devons à Górski les premières études scientifiques sur la flore de la forêt de Białowieża. Une partie de ses travaux a été publiée à Vilnius sous le titre Sur les plantes aimées par les bisons et les autres végétaux. Il est aussi l’auteur de la partie botanique de Naturhistorische Skizze von Lithauen, Volhynien und Podolien in geognotisch-mineralogischer, botanischer und zoologischer Hinsicht (Vilnius 1830) de Carl Eduard von Eichwald (1795-1876), ainsi que du chapitre sur les plantes rares de la Description statistique de Vilnius de Baliński (1835). De nombreux herbiers et musées de l’Europe, tel que le Muséum national d’Histoire naturelle à Paris (MNHN), lui doivent des plantes de Lituanie. En signe de reconnaissance, George Bentham lui dédia même une espèce : Copaifera gorskiana. Górski marqua aussi l’histoire de la zoologie avec ses travaux entomologiques, comme Analecta Ad Entomographiam Provinciarum Occidentali-Meridionalium Imperii Rossici, publié à Berlin en 1846, ou encore ses travaux sur l’histoire de la cochenille de Pologne, autrefois une ressource économique très importante pour la République des Deux Nations. Il est coauteur d’un manuel de zoologie en trois volumes, Zoologia albo Historya naturalna zwierząt (Vilnius 1836-1837). La Bibliothèque Centrale du MNHN en conserve un exemplaire avec la dédicace de Gorski à Achille Valenciennes (1794-1865), ichtyologiste et professeur du Muséum, « comme preuve de la plus haute estime de l’auteur ». La dédicace est datée du 29 novembre 1847 ; Gorski l'a signée durant son voyage en Europe occidentale. Grâce à la générosité de Tyzenhauz, il visita à deux reprises, en 1841 et en 1847, diverses institutions scientifiques en Allemagne, Autriche, France, Suisse et Italie. Sa description du jardin botanique de Palerme, publiée à Varsovie en 1843, nous informe qu’il rapporta d’Italie en Lituanie de « petites oranges connus sous le nom Mandarino ». Il fut ainsi probablement le premier à tenter introduire des mandarines en Lituanie. Dès son retour, il habita dans le domaine de son ami déjà cité, près de Švenčionys. Malgré sa situation difficile, il soigna gratuitement les paysans. Il se donna la mort durant la période de grand désespoir qui régna en Lituanie, lors de la répression russe qui suivit l’écrasement de l’insurrection de 1863. Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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28 avril 2014

George Bentham, des souvenirs liés à la Pologne-Lituanie

George Bentham (1800-1884) fut un des plus importants botanistes britanniques du XIXe siècle. Ses origines le plaçaient dans la haute société anglaise. Son père, Sir Samuel Bentham (1757-1831), était un spécialiste du génie naval et son oncle Jeremy Bentham (1748-1832) marqua l’époque par ses écrits en philosophie et en droit, ainsi que sur la réforme libérale de l’Etat. George laissa derrière lui des écrits autobiographiques (George Bentham : Autobiography, 1800-1834, edited by Marion Filipiuk, University of Toronto Press, 1997), qui sont un témoignage particulièrement intéressant, tant pour l’histoire des sciences naturelles que pour la politique et les mœurs de l’époque. Ce savant britannique était très lié à la France. Parfaitement francophone, il possédait des biens dans l’Hexagone. Auteur de nombreuses publications sur la flore française, dont un Catalogue des plantes indigènes des Pyrénées et du Bas Languedoc, il entretenait des relations privilégiées avec Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841) et les botanistes du Jardin des Plantes de Paris. Si la République des Deux Nations n’existait déjà plus à l’époque, on trouve dans son autobiographie plusieurs traces de l’histoire de la Lituanie, de l’Ukraine et de la Pologne. Bentham passa une partie de son enfance au sein de l’empire russe, car son père faisait partie d’une mission ayant pour but la construction en Russie de navires pour la marine militaire britannique. Il visita donc aussi les ports baltiques et les forêts, dont celles de Lituanie. Plus tard, il correspondit et échangea des plantes avec Willibald Besser (1784-1842), qui dirigeait le jardin du célèbre Lycée de Volhynie à Krzemieniec (Cremenetz) en Ukraine, et avec Alojzy Estreicher (1786-1852), de l’Université de Cracovie. Il rencontra un des jeunes princes Czartoryski à Londres lors d’un dîner chez le « professeur Pillan », en compagnie de M. Napier, éditeur du Supplement to the Encyclopedia Britannica. Après le repas, Bentham se rendit en compagnie de Czartoryski à la réunion de la Royal Society. Durant son voyage en Allemagne, il assista le 5 septembre 1832 à Leipzig à la présentation d’une comédie musicale Der alte Feldherr, tirée d’une anecdote de la vie de Kosciuszko. C’était une des nombreuses manifestations de sympathie en Saxe en faveur de l’indépendance de l’Etat polono-lituanien, suite à la défaite de l’insurrection de 1831. Ces quelques souvenirs racontés par Bentham sont des épisodes historiques souvent absents des livres d’histoire et qui méritent pourtant de ne pas être oubliés. Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz :
piotrdas@mnhn.fr

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