04 juillet 2017

Un Rupintojelis à la mémoire du père Petrošius



La Communauté lituanienne en France projette de faire réaliser une plaque commémorative en l’honneur du père Petrošius, qui fut responsable de la Mission catholique lituanienne en France pendant près de 50 ans, après avoir été ordonné prêtre à Strasbourg au début des années 1950. Ayant marqué fortement plusieurs générations de Lituaniens en exil en France, ceux-ci souhaitent marquer leur reconnaissance avec cette œuvre  qui sera dévoilée en novembre prochain dans la chapelle souterraine de l’église Saint-Augustin, où il a longtemps exercé son ministère.
La plaque sera réalisée par le céramiste Gediminas Šibonis et représentera une figure religieuse traditionnelle en Lituanie : le Rūpintojėlis, ou Christ de pitié (photo du projet). Symbole de souffrance, celle en l’occurrence des exilés, elle représente aussi la résurrection à venir, donc l’espérance.
Toute contribution au financement du projet est la bienvenue : prlbvaldyba@lietuviai.fr

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30 novembre 2013

Nouveau départ pour l’Union des Lituaniens de Strasbourg

Le 14 novembre 2013, l’Union des Lituaniens de Strasbourg (Strasbūro Lietuvių Sąjunga) a procédé au renouvellement de son Bureau. Ont été élues à l’unanimité Birutė Abeciūnaitė, présidente (photo) ; Aistė Cottart, vice-présidente ; Jolita Jaciunskaitė, trésorière ; et Liudmila Edel-Matuolis, secrétaire. Dans trois ans, l’union – créée en 1946 – pourra fêter ses 70 ans d’existence. Son premier président était le prélat Jonas Krivickas (1914-1995), aumônier de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Strasbourg. Il quitta l’Alsace au milieu des années 1950 pour les Etats-Unis, puis pour le Canada. Quant à son premier secrétaire, Balys Paramskas (1907-1974), c’était l’ancien directeur de l’imprimerie Varpas à Kaunas, qui s’était réfugié à Strasbourg où il travailla à partir de 1945 à la fabrique de papier de la Robertsau. Il fut secrétaire de l’Union pendant six ans et, à partir de 1948, il représenta aussi les organisations lituaniennes de l’exil auprès du Conseil de l’Europe. Il quitta la France en 1955 pour s'installer aux États-Unis, à Washington, où il y travailla pendant quelques années dans une papeterie, puis à la Bibliothèque du Congrès vers 1959 comme spécialiste de l'Europe de l'Est, en particulier des pays Baltes. Il y présida l’Union des Lituaniens de Washington, de 1959 à 1970. C’est en 1948 qu’arriva à Strasbourg Jonas Petrošius (1921-2009), où il fut accueilli au Collège universitaire des clercs étrangers. Il était hébergé à la Maison du Collège qui était sise au n°9 de l’allée Richard-Wagner, dans le quartier de l’Orangerie. Jonas Petrošius fut ordonné prêtre le 16 mai 1951 en la cathédrale de Strasbourg et nommé aumônier des Lituaniens en Alsace par l’évêque de Strasbourg, Mgr Jean-Julien Weber. Il avait également la responsabilité pastorale de l’orphelinat Saint-Joseph de Thann. En 1955, il fut nommé responsable de la Mission catholique lituanienne en France et en Belgique et fut rattaché à l’archevêché de Paris. Quant à Ugnė Karvelis (1935-2002), elle arriva à Strasbourg en 1949. Elle avait suivi ses parents qui avaient émigré en Allemagne dès 1945. Elle fut en pensionnat à Strasbourg de 1949 à 1951, avant de partir à Paris où elle fit une carrière dans l’édition, puis fut ambassadrice de la Lituanie auprès de l’UNESCO. Sa mère, Veronika Bakštytė, est inhumée à Strasbourg et son père, Petras Karvelis, ancien ministre des Finances de Lituanie, à 60 km de là, à Baden-Baden. Parmi les autres personnalités présentes à l’époque à Strasbourg, de passage ou en séjours permanents, citons Stasys Bačkis (1906-1999), diplomate, qui vint à Strasbourg dans le cadre des réunions du Conseil de l’Europe (il était le père du cardinal Audrys Bačkis, archevêque de Vilnius, de 1991 à 2013, et de Ričardas Bačkis, ambassadeur de Lituanie à Paris, de 1994 à 1998) ; et aussi Dr. J. Grinius, Dr. Z. Brinkis, Br. Diktanas. L’Union permit aux Lituaniens exilés à Strasbourg de se retrouver entre-eux. Elle organisait des soirées folkloriques et servit de fonds de bienfaisance pour les Lituaniens nécessiteux. Dans les dernières décennies du XXe siècle, elle tomba en léthargie. En 2006, avec le soutien de l’Association Alsace-Lituanie (créée en 1991 et qui regroupe surtout des Français amis de la Lituanie), les Lituaniens de Strasbourg participèrent au Grand Pique-nique Européen du 21 mai au Jardin des Deux Rives. Ils firent venir à Strasbourg le groupe folklorique des jeunes du Lycée lituanien de Hüttenfeld (Allemagne) pour un spectacle de danses et chants traditionnels qui eut beaucoup de succès. Cette année-là, ils ont créé le groupe de diffusion sur Internet des Lituaniens de Strasbourg : lt@zaib.as. En 2008, de nouveaux statuts de l’Union furent déposés auprès du Tribunal d’instance de Strasbourg, avec un nouveau comité composé de Rita Stukaitė, Aistė Bondauskaitė, Liudmila Edel-Matuolis et Linas Mažutis.
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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08 septembre 2009

Le père Petrosius n’est plus !

Ce 8 septembre 2009 à 8h15, le père Jonas Petrošius s’est éteint à l’âge de 87 ans à Paris, à la maison de retraite Marie-Thérèse où il séjournait depuis 2005. Avec lui disparaît une personnalité très attachante qui a profondément marqué la communauté lituanienne réfugiée en France à la fin de Seconde Guerre mondiale, en tant que responsable de la Mission catholique lituanienne à Paris. Le père Petrošius était un Samogitien, né dans une famille paysanne le 19 décembre 1921 à Reistai, un village près de Šilalė. Après des études secondaires au lycée de Tauragė, il exerça d’abord comme instituteur à Kvėdama, puis, durant la guerre, étudia successivement au séminaire catholique de Telšiai, puis au monastère de Rebdorf près de Eichstätt en Bavière. En 1945, alors que la Lituanie retomba sous le joug de l’URSS, il fut recueilli pendant trois ans dans un camp de "personnes déplacées" en Allemagne. Ce fut en 1948 qu’il arriva à Strasbourg, où il entra au Séminaire international. Il fut ordonné prêtre le 16 mai 1951 en la cathédrale de Strasbourg et nommé par l’évêque de Strasbourg, Mgr Jean-Julien Weber, aumônier des Lituaniens en Alsace et de l’orphelinat Saint-Joseph de Thann. En 1955, il fut nommé responsable de la Mission catholique lituanienne en France et en Belgique et fut rattaché à l’archevêché de Paris. Il exerça cette fonction jusqu’à sa retraite en 2006. Durant les cinq décennies de cette responsabilité pastorale, il assura la cohésion spirituelle et l’entraide au sein de la Communauté lituanienne en France (qu’il présida de 1958 à 1981), alors composée de près de 1.000 personnes et répartie en une dizaine de foyers implantés surtout à Paris et dans les régions de l’est et du sud-est de la France. Parmi les faits marquants de son action qui eurent un retentissement au-delà de la communauté lituanienne, citons la commémoration du 500e anniversaire de la naissance de Saint Casimir, patron de la Lituanie, qu’il organisa à l’Institut catholique de Paris en 1958 avec la participation de Robert Schuman, et la publication en 1967, grâce à ses soins, d’un recueil de prières des Lituaniens déportés en Sibérie. Pendant toutes les années de l’annexion soviétique de la Lituanie (1945-1991), le père Petrošius refusa d’adopter une autre nationalité que celle de sa naissance et vécut avec le statut d’apatride. Durant les années 1980 et 1990, il passait chaque été un à deux mois en Alsace, où il remplaçait le curé de Vieux-Thann dans ses tâches pastorales. Ce fut à chaque fois l’occasion de rencontres chaleureuses avec les Lituaniens et amis de la Lituanie en Alsace réunis au sein de l’Association Alsace-Lituanie. C’est donc avec une profonde peine que ceux-ci ont appris le décès du père Petrošius, dont ils garderont le souvenir affectueux d’un homme simple, sincère, tolérant, généreux et très attaché au bonheur de ses compatriotes. Une cérémonie funéraire se déroulera le 14 septembre à la Chapelle de Tous les Saints, boulevard Raspail à Paris, et la crémation le même jour au crématorium du Père Lachaise. Ses cendres reposeront au cimetière de Bikavėnai, près de Šilutė. A lire, l’interview que le père Petrošius donna au journal La Croix le 16 mars 1958 à l’occasion de la commémoration du 500e anniversaire de la naissance de Saint Casimir :
http://www.cahiers-lituaniens.org/Saint_Casimir_1958_Paris/petrosius.htm

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