14 janvier 2021

Une croix ukrainienne en reconnaissance à la Lituanie

Depuis le début du conflit dans le Donbass en 2014, la Lituanie accueille et soigne des militaires ukrainiens gravement blessés par les groupes séparatistes prorusses. À titre de reconnaissance, un de ses soldats ukrainiens, le volontaire Oleksa Sokil, a pris l’initiative de concevoir un monument en forme de croix composé d’éclats d’obus et de grenades russes ramassés par ses camarades, ainsi que de copies de plaque de soldat tué. Le monument a été réalisé par des artisans ferronniers ukrainiens sur un socle en marbre. Il porte les emblèmes nationaux d’Ukraine et de Lituanie  (le Trident et le Vytis) et l’inscription dans les deux langues « Pour votre et notre liberté ». Après avoir été béni à Kyiv devant l’église Saint-Michel (photo), il a été acheminé à Kaunas pour être ensuite installé sur la colline des Croix à Šauliai.

https://novynarnia.com/2021/01/11/xrest-dlia-lytvy/

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17 août 2020

Le Vytis, symbole commun à la Lituanie et au Bélarus


Lors des manifestations de contestation contre la réélection d’Alexandre Loukachenko au Bélarus de ces derniers jours, les participants brandissent deux emblèmes qui furent officiels en 1918 (après l’effondrement de la Russie tsariste) et entre 1991 (effondrement de l'URSS) et 1995 (arrivée de Loukachenko au pouvoir) : le drapeau blanc-rouge-blanc et le Vytis. Ils symbolisent donc pour eux la démocratie et l’indépendance de leur pays face à l’emprise de la Russie.
Le Vytis, aussi appelée Pahonie en français (Паго́ня en bélarusse, Pogoń en polonais), était en réalité le symbole historique du Grand-duché de Lituanie, qui réunissait autrefois la Lituanie et le Bélarus. Ce cavalier blanc à l’épée sur fond rouge et orienté vers l’ouest est apparu pour la première fois comme emblème d'État dans la région vers 1330, sur les sceaux des grands-ducs de Lituanie. Les couleurs et l'orientation du cheval changea plusieurs fois avant de se fixer au début du XVe siècle. Il resta le blason du grand-duché jusqu'en 1795, lorsque la Russie annexa aussi bien la Lituanie que le Bélarus. Le Vytis fut alors introduit dans les armes impériales russes et fut également donné comme emblème à plusieurs cités conquises par la tsarine Catherine II. Aujourd’hui encore, une douzaine de villes portent le Vytis dans leur blason, au Bélarus (Lepiel, Lipniszki, Mahiliow, Retchytsa, Verkhniadzvinsk), en Pologne (Białystok, Brańsk, Puławy, Siedlce), en Ukraine (Iziaslav) et même en Russie occidentale (Nevel, Sebej, Velij).
Aujourd’hui, le blasonnement du Vytis lituanien diffère légèrement de celui du Pahonie bélarusse, essentiellement par la couleur de l’écu et du harnais du cheval qui sont d'azur.

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16 décembre 2009

"Lituanie - cœur de la Baltique", une marque commerciale pour le tourisme

Le département du tourisme auprès du gouvernement de Lituanie réfléchit actuellement à une nouvelle marque commerciale pour le pays. Pour Marius Jovaiša, auteur du projet, il conviendrait de s’appuyer sur le mot "baltique", car la mer Baltique est beaucoup plus connue que la Lituanie. L’idée de présenter la Lituanie comme un État baltique clé – le cœur de la Baltique – est venue à M. Jovaiša dès ce printemps. "La Lituanie est le plus grand des trois pays baltes, nous avons une histoire grandiose, nous sommes les seuls à avoir eu un État national dès le XIIIe siècle, nous sommes un pont entre Orient et Occident, Nord et Sud : pour ces raisons et d’autres, nous pouvons prétendre que nous sommes le cœur de cette région. Mais je voulais tout d’abord être convaincu que mon idée soit viable afin que la société et les spécialistes la soutiennent et nous avons donc effectué plusieurs sondages." Le graphisme du logo de la marque commerciale s’appuie sur le chevalier Vytis, une des plus anciennes armoiries en Europe ; un Vytis simplifié et stylisé comme une entaille dans un morceau d’ambre ayant la forme de la Lituanie - et celle d’un cœur. Un sondage effectué en octobre par la société de sondage RAIT a montré que 70 % de la population lituanienne approuve que le logo proposé soit utilisé comme une marque commerciale pour la présentation de la Lituanie au monde. On espère que les Lituaniens, les organisations, les entreprises et les institutions de l’État consentiront à utiliser cette marque. M. Jovaiša a exprimé l’espoir que, si la marque prend en Lituanie, il y aura plus de possibilités pour réussir sa diffusion à l’étranger.
http://lietuva.lt/fr/news/

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02 novembre 2008

Le Vytis de Paris, le plus ancien hors de Lituanie

C’est à Paris, au-dessus du cadran de la Tour de l’Horloge de la Conciergerie sur l’île de la Cité que se trouve une plus ancienne représentation du Chevalier blanc – le Vytis – hors de Lituanie : elle date de 1585. Perkunas Liutkus, le président du conseil de la Communauté lituanienne en France, rappelle que c’est à Henri de Valois, qui a régné près d’un an en tant que roi de Pologne et grand-duc de Lituanie, que la capitale française doit cet emblème de l’Etat lituanien. Henri de Valois était le quatrième fils du roi de France Henri II et de Catherine de Médicis : il avait donc peu de chance d’accéder au trône et c’est pourquoi sa mère Catherine présenta sa candidature à la grande Diète polono-lituanienne qui l’élit le 11 mai 1573. Cependant le jeune homme (il est né en 1551) tarda à rejoindre sa nouvelle résidence royale à Cracovie. Son frère devenu entre-temps Charles IX, qu’il dérangeait par sa présence à la cour, finit par obtenir son départ au début de l’année 1574. Toutefois, dès qu’il apprit en juin la mort de son frère, Henri de Valois quitta la Pologne-Lituanie clandestinement pour être couronné roi de France en février 1575 sous le nom de Henri III. Perkunas Liutkus rappelle qu’au cours de son règne de quatorze ans en France, Henri III fit reconstruire plusieurs bâtiments à Paris et entre autres la Tour de l’Horloge de la Conciergerie dans l’île de la Cité. L’horloge d’origine remontait à 1370 et avait été la première horloge publique de France. Henri III en confia la reconstruction en 1585 au grand sculpteur de la Renaissance, Germain Pilon. Il fit couronner la nouvelle horloge du blason des Valois (trois fleurs de lys sur champ bleu) et des armoiries de la "République des Deux Nations" (l'aigle de Pologne et le Chevalier blanc de Lituanie). Un superbe Vytis trône donc encore aujourd'hui à Paris du haut d'un monument devant lequel passent chaque jour des centaines de milliers de Parisiens et de touristes (dont des Lituaniens), la plupart sans le savoir ni le voir. Perkunas Liutkus souhaiterait que la célébration du millénaire de la première mention du nom de la Lituanie, l'an prochain, puisse être l'occasion de rappeler cette présence de la Lituanie dans la capitale française depuis 423 ans. Il lance aussi un appel à ceux qui auraient connaissance d'autres représentations du Vytis, en France ou ailleurs dans le monde. Pour en savoir plus ou contacter Perkunas Liutkus, voici son adresse électronique :

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29 juillet 2007

Le Vytis de Montmorency

Les armes de la Lituanie ne s’affichent pas seulement sur la façade des représentations officielles du pays à Paris ou Strasbourg ou sur celle de ses consulats honoraires à Valence, Troyes, Rouen, Marseille ou Bordeaux. Elles ornent en effet aussi des lieux plus secrets que seule explique l’Histoire. Ainsi, à Montmorency, dans le Val-d’Oise, l'église collégiale est dotée en son sein d’une petite sculpture murale qui représente le Vytis, le cavalier blanc emblématique de la Lituanie, surmontée de la couronne grand-ducale et avec les colonnes de Gediminas aux pieds du cavalier. La sculpture surplombe une plaque commémorative en l’honneur du prince Adam Czartoryski. La collégiale fut en effet considérée comme "polonaise" au XIXe siècle et est pleine de souvenirs de l'émigration de 1831. Dans les années qui suivirent l’insurrection polono-lituanienne de 1830-1831, écrasée par le tsar Nicolas Ier, de nombreux notables de la "République des Deux Nations" trouvèrent refuge à Montmorency, sans doute attirés par le souvenir de Jean-Jacques Rousseau. Plusieurs monuments dans la collégiale évoquent leur présence ainsi qu’un important carré du cimetière des Champeaux. Y fut enterré en 1855, parmi tant d’autres compatriotes, Adam Mickiewicz (Adomas Mickevičius, en lituanien), poète, écrivain et héros national polonais né en Lituanie, avant le transfert de ses cendres à Cracovie en 1890. Le prince Adam Czartoryski, (1770-1861), issu d’une grande famille de magnats de l’ancien Etat polono-lituanien, jouissait de la faveur du tsar Alexandre Ier, qui le prit pour ministre des Affaires étrangères et le nomma sénateur palatin de Pologne ; mais il se retira des affaires quand il constata qu’il était impuissant à protéger ses compatriotes. Au moment de l’insurrection, il accepta en 1830 la présidence du gouvernement provisoire de Pologne, combattit pour l'indépendance, puis se réfugia en France après la défaite des insurgés. En exil, il aspirait à reconstituer — avec le soutien de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Empire Ottoman — une Union de Pologne-Lituanie fédérée avec les Tchèques, Slovaques, Hongrois, Roumains et tous les Slaves du sud de la future Yougoslavie. Il meurt en 1861 dans son hôtel Lambert à Paris, vénéré par ses compatriotes en exil. Le blason de sa famille, dit Pogoń Litewska ou des Jagellons, est en réalité le Vytis, les armes du Grand-duché de Lituanie.
http://www.cahiers-lituaniens.org/index.htm

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13 juin 2007

Le ruthénien, langue officielle du grand-duché de Lituanie

La langue écrite utilisée autrefois au sein de la chancellerie du Palais du grand-duc de Lituanie était le ruthénien, rusėnų en lituanien. Aussi dénommé vieux russien occidental, vieux biélorussien ou parfois langue lituano-russienne en français, il est appelé rutheni ou ruthenorum en latin, russkiy ou litovskij dans les sources russes et gudų kalba en lituanien, au moins à partir du XVIe siècle. C’était la langue officielle pour les affaires intérieures du grand-duché de Lituanie à partir du XIVe siècle, au moment de la formation de l’Etat lituanien, jusqu‘au début du XVIIe siècle. En effet, par l’Union de Lublin (1569), le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie s’unirent pour former un même Etat appelé "République des Deux Nations", communément connu sous le nom de Rzeczpospolita. C’est alors le polonais qui devient progressivement la langue dominante dans les affaires intérieures de l’Etat et de la société. Notons que le chevalier blanc sur fond rouge qui sert de blason à la Lituanie est appelé en Lituanie Vytis, mot d’origine ruthénienne qui signifie justement chevalier. Pour en savoir plus, lire l’article "De l’usage du ruthénien dans le grand-duché de Lituanie", par Elmantas Meilus, chercheur à l’Institut d’histoire de Lituanie, dans les Cahiers Lituaniens n°7.
http://www.cahiers-lituaniens.org/sommaire.htm

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