Elans de Lituanie revus par René Weber
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Libellés : en_Alsace_2013, mythologie, René_Weber, sculpture
Le blog des Cahiers Lituaniens
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Le panthéon des divinités lituaniennes rappelle celui des anciens Grecs et Romains. Le monde divin du paganisme était une succession de générations de dieux, dont la plus ancienne était présidée par Praamžius, littéralement "celui qui fut avant les siècles". Ses enfants étaient les dieux suprêmes. Praamžius, d’après la tradition mythologique, avait créé le monde. Il habitait dans le ciel où il avait un palais splendide. C’est à lui qu’appartenait le ciel, l’air, l’eau, la terre, et tous les êtres vivants. C’est lui qui apprit aux hommes à labourer la terre, à semer. Parfois, déguisé en mendiant, il descendait sur la terre, rendait visite aux paysans, suivait les travaux champêtres. Dans la conception des Lituaniens, même encore aujourd’hui, les divinités, les esprits, les âmes des défunts sont familiers et fréquentent constamment les hommes vivants. Après Praamžius figure un groupe de trois dieux suprêmes qui sont ses trois fils : Perkūnas, Patrimpas et Pikuolis (illustration). Perkūnas jouait le rôle le plus important. Il régnait sur l’atmosphère. Le tonnerre était sa parole. Il surveillait la moralité et la justice des humains. A une époque très ancienne, on l’imaginait avec l’aspect de l’aigle, puis d’un taureau. Plus tard on se le représentait sous l’aspect d’un vieux forgeron. La hache en pierre était son emblème. On lui attribuait un grand pouvoir magique. Il aidait souvent les hommes et luttait contre les esprits mauvais. Le deuxième dieu de la triade était Patrimpas. Il protégeait toute la nature et apportait le renouveau du printemps, la joie, le calme, la fertilité. Il prenait soin des animaux domestiques, des travaux champêtres. La couleuvre que les Lituaniens respectaient était considérée comme un envoyé de Patrimpas. On lui offrait en sacrifice l’ambre, la cire, le blé, le lait. Quant au troisième dieu suprême, Pikuolis, il était représenté comme un vieil homme avec une barbe grise. Il s’occupait des morts, de la vie souterraine. C’était le dieu des ténèbres, de la colère et des malheurs. Un groupe à part était constitué des divinités célestes : le dieu Mėnulis (la Lune) et la déesse Saulė (le Soleil). Les étoiles et les planètes étaient leurs enfants. Les Lituaniens croyaient également à l’existence des bonnes fées (laumė), des sorcières (ragana), des gnomes espiègles ou bienfaisants (kaukas). Ils avaient encore des divinités domestiques, comme Žemepati, qui protégeaient les maisons et aidaient les femmes dans leurs tâches quotidiennes. Enfin, les âmes des défunts étaient un monde d’esprits qui hantaient ou fréquentaient constamment le monde des vivants et peuplaient la nature. En outre, toute la nature était plus ou moins divinisée, en particulier les arbres. Aujourd’hui encore, il n’est pas rare de rencontrer des survivances de ces croyances dans la vie quotidienne des Lituaniens. Pour en savoir plus, lire "Des dieux et des hommes : études de mythologie lithuanienne" de Algirdas Julien Greimas (Puf, 1985) ou "L’art des croix en Lituanie" par Alė Počiulpaitė (Cahiers Lituaniens, n°5, 2004).Libellés : Greimas, mythologie
Les Lituaniens, dès les temps les plus reculés, révélaient des tendances panthéistes : ils n’adoraient pas des idoles mais le soleil, la lune, les étoiles, la terre, les arbres, les rivières, les collines, les vallées, le tonnerre, la tempête, les plantes et les êtres vivants. En toutes choses, le Lituanien trouvait une manifestation de la divinité et du feu éternel. Dernier peuple européen à avoir adopté le christianisme, à la fin du XIVe siècle, les Lituaniens n’ont pas abandonné tout à fait ce paganisme antique, qui demeure visible dans bien des coutumes et des croyances, dans la littérature, la peinture, la sculpture, la musique et les chants, et dans la mentalité des gens. Comme l’histoire, il imprègne la pensée, et jusqu’à certains détails de la pratique même du christianisme ou de la piété populaire. Il est remarquable de constater que, même quand les statuettes religieuses sont exécutées selon les règles de l’art chrétien, elles révèlent des traits nationaux symboliques. C’est ainsi que les statuettes de Notre-Dame de la Douleur (Pietà) ou, plus encore, du Christ Soucieux ("Rupintojėlis", voir illustration), sont demeurés les symboles particuliers de l’antique religion populaire. La mythologie ancienne, dont il n’existe aucune description organisée, se laisse reconstituer par des éléments de légendes, les coutumes traditionnelles, les particularismes divers de la vie sociale ou de la pratique religieuse avec laquelle elle se mêle. Pour en savoir plus, lire "L’art des croix en Lituanie" par Alė Počiulpaitė (Cahiers Lituaniens, n°5, 2004)Libellés : christianisme, mythologie, sculpture, traditions populaires
Joninės est la fête d’été la plus joyeuse et la plus populaire en Lituanie. Elle marque le solstice d'été et doit son nom à Saint Jean-Baptiste, un saint chrétien très aimé en Lituanie, d’où la popularité du prénom Jonas dans le pays. Comme dans les autres pays baltes, les citadins se retrouvent à la campagne pour entretenir jusqu'à l'aurore de grands brasiers dans lequel se consument symboliquement leurs soucis passés. Réunissant jeunes et vieux en costumes traditionnels, des couronnes de fleurs de fougère sur la tête, les Lituaniens chantent et dansent autour du feu. Fête du feu depuis l’époque païenne, Joninės est une nuit magique qui permet aussi aux hommes et aux femmes de voir l’avenir, quand ils sautent ensemble au dessus du brasier, surtout si la fumée n’atteint pas leurs yeux, ni ne brûlent leurs chaussures. C’est aussi la nuit des jeunes qui restent éveillés jusqu’à l’aube pour ne pas rater le lever du jour, au moment où le soleil qui s’élève change de couleurs, signe de bonheur et succès pour toute l’année. Quant à l’eau de Joninės, elle a des capacités miraculeuses. Il suffit de se baigner cette nuit-là dans un des nombreux lacs de Lituanie ou de se rouler nu dans la rosée du petit matin, et votre peau restera blanche, seine et toujours jeune.Libellés : en_Lituanie, mythologie, traditions populaires
C’est au début du XXe siècle que vécurent les derniers bisons d’Europe à l’état sauvage, en Pologne-Lituanie, comme le montrent cette photo de 1903 prise dans la grande forêt de Białowieża par Aleksandras Jurasaitis (1859-1915). Ce photographe-zincographe lituanien avait son propre atelier de photographie à Vilnius où il perpétuait, dans ses photos, le souvenir de la culture ancestrale et les paysages de son pays. Le bison d'Europe (Bison bonasus Linnaeus, 1758), descendant du grand bison des steppes (Bison priscus Bojanus, 1827), était très fréquent sur tout le continent européen, de l'Atlantique à l'Oural. Charlemagne le chassait, de même que l'aurochs, dans la région de Liège et d'Aix-la-Chapelle. Il disparut de la Gaule au VIIIe siècle, de Suisse au XIe siècle, d'Allemagne au XVIIe siècle, de Transylvanie au XVIIe siècle. Exterminé dans la nature après la Première Guerre mondiale, le bison d'Europe ne survit alors plus qu'en captivité, avant d’être progressivement réintroduit dans la nature après la Seconde Guerre mondiale, notamment en Lituanie. Le bison (stumbras en lituanien), tout comme l’aurochs (tauras), apparaît souvent dans la mythologie lituanienne ainsi que dans les armoiries de nombreuses localités et districts de Lituanie, y compris comme marque de la plus célèbre marque de vodka lituanienne.Libellés : aurochs-bison, Bojanus, mythologie, photographie, science
Comment décrypter la mythologie d’une société sans écriture dont les vestiges se résument à des céramiques, des outils, des objets gravés de motifs géométriques ? Plus de dix ans après la mort de Marija Gimbutas, le lecteur français peut enfin découvrir "Le langage de la déesse", l’œuvre majeure de cette archéologue d’exception qui se consacra à cette tâche. Née en 1921 à Vilnius en Lituanie, Marija Gimbutas est décédée en 1994 aux Etats-Unis où elle passa la majeure partie de sa vie, ayant fui l’annexion de son pays par l’Union soviétique dans les années 40. Longtemps professeur à l’université de Californie, elle orienta ses travaux vers l’archéomythologie, procédé interdisciplinaire qui relie l’archéologie, la mythologie comparée et le folklore, qu’elle appliqua aux cultures "pré-patriarcales" de l’Europe d’où elle était originaire. Dans cet ouvrage, elle montre comment, dans l’Europe du néolithique, c’est à la Grande Déesse, symbole de vie et de sacré, que le vieux monde rendait son culte majeur.Libellés : exil, femmes, mythologie, personnalités
L'aurochs était un bovidé de grande taille (à peu près 2 mètres au garrot) qui vécut en Europe à l'état sauvage jusqu'au Moyen Âge. Les derniers aurochs survécurent dans des refuges forestiers en Lituanie et Pologne jusqu'à ce que l'expansion agricole vienne les débusquer et les éliminer. Le tout dernier spécimen est mort en 1627 dans la forêt de Jaktorów. Ses caractéristiques morphologiques étaient un dos rectiligne et un crâne volumineux, un front plat et étroit muni de grandes cornes à courbure hélicoïdales et tournées vers l'avant. Son nom binomial, selon la nomenclature scientifique, est "Bos primigenius Bojanus", qui est dû au grand naturaliste Louis-Henri Bojanus (1776-1827), professeur de l’université de Vilnius et originaire de Bouxwiller en Alsace. L’aurochs, tauras en langue lituanienne, joue un grand rôle dans l'histoire et la mythologie de la Lituanie. C'est en chassant l'aurochs que le grand-duc Gediminas découvrit le site sur lequel il fonda sa capitale. Une des collines de Vilnius en porte toujours le nom : Taurakalnis (colline de l'aurochs). L'aurochs apparaît par ailleurs dans les armoiries de nombreuses localités et districts de Lituanie, dont Kaunas, le seconde ville du pays.Libellés : aurochs-bison, Bojanus, mythologie, science
Sur la côte lituanienne, on peut trouver ce que les habitants appellent l'or de la Baltique : l'ambre. Lorsqu'il y a plus de 10 millions d'années, la mer recouvrit les forêts qui occupaient le littoral, la résine des conifères s'est polymérisée dans le sol, puis, affectée par des microbes et champignons, s'est transformée sous action de l'eau en fossile solide tel un minéral. Dans certains morceaux d'ambre, on trouve des inclusions, c'est-à-dire des restes de végétaux ou d’insectes, tels que des araignées. Depuis bien longtemps, les flots apportent sur le rivage des morceaux d'ambre dont les Lituaniens font de très beaux bijoux et autres objets d'art. Un des plus fantastiques musées d’ambre se trouve à Palanga, dans l’ancien château du comte Felix Tyszkiewicz (Feliksas Tiškevičius). Il y a environ 4 500 pièces d’ambre, certaines avec des inclusions. Le château est inséparable de son parc botanique, qui couvre environ 100 ha et qui a été dessiné à la fin du XIXème siècle par l’architecte paysagiste français Edouard François André. André a passé trois étés pour ça à Palanga et il est le seul Français qui ait sa rue à Vilnius.Libellés : ambre-lin, mythologie, Palanga, traditions populaires, Tyszkiewicz