04 juillet 2010

Brazauskas: décès d’une figure historique de la Lituanie

Algirdas Brazauskas, le premier président issu d'élections libres en Lituanie post-soviétique en 1993, est mort à l'âge de 77 ans le 26 juin 2010. Selon les médias lituaniens, il a succombé à une longue maladie ; il souffrait d'un lymphome et d'un cancer de la prostate. Né en 1933 à Rokiškis, en Lituanie indépendante, Algirdas Brazauskas fit des études de génie civil à l’Institut Polytechnique de Kaunas et suivit ensuite une carrière d’apparatchik classique au sein de la République socialiste soviétique de Lituanie et du Parti communiste lituanien. De 1965 à 1967, il fut secrétaire d’État aux matériaux de construction de la RSS de Lituanie, puis vice-président du Comité de planification et enfin, à partir de 1977, Brazauskas atteignit le poste de secrétaire du comité central du Parti communiste de Lituanie. En 1988, il fut élu premier secrétaire du Parti communiste de Lituanie et donc le personnage le plus influent de la RSS de Lituanie. En décembre 1989, il rompit avec Moscou et provoqua une scission au sein du parti communiste lituanien, qu’il transforma en 1991 en Parti démocratique du travail de Lituanie (Lietuvos Demokratinės Darbo Partija - LDDP). Suite aux élections parlementaires d’octobre 1992, il fut élu président de la Diète (Seimas) et devint chef de l’Etat par intérim en novembre 1992, en attendant que le poste de Président de la République soit créé par la nouvelle Constitution. C’est en février 1993 qu’Algirdas Brazauskas fut élu au suffrage universel à cette fonction avec 60 % des voix, face à Stasys Lozoraitis. Il décida de ne pas se représenter au terme de son quinquennat, sans pour autant quitter la vie politique. Valdas Adamkus lui succéda en février 1998. En juillet 2001, Algirdas Brazauskas fut nommé au poste de Premier ministre mais, en octobre 2004, il perdit les élections remportées par le Parti travailliste (DP) de Viktor Uspaskich. Il fut néanmoins reconduit comme Premier ministre à la tête d'une large coalition qui perdit la majorité en avril 2006, date qui marque son retrait de la vie politique. Son enterrement fut l’objet d’une vive polémique. En effet, le diocèse de Vilnius décida de ne pas autoriser la présence de la dépouille d’Algirdas Brazauskas à l’intérieur de la cathédrale de la capitale, lors de la messe qui fut donnée en sa mémoire, alors que ce dernier en avait émis le vœu. Pendant ce temps, le corps reposa dans une salle du palais présidentiel, à quelques encablures de là. La plupart des médias du pays ont dénoncé ce "boycottage" et y ont vu une revanche de l’Église à l’encontre d’un ancien dirigeant du régime communiste. Durant l’annexion soviétique, plus de 300 prêtres furent condamnés et envoyés en exil en Sibérie. Les autres furent surveillés et empêchés d’exercer normalement. La décision du diocèse fut également été critiquée par les deux successeurs du défunt à la présidence de la République. Ce refus "restera sur la conscience de ceux qui l’ont édicté" a estimé Dalia Grybauskaitė (qui fut enseignante à l’école des cadres du parti communiste à l’époque soviétique). Pour Valdas Adamkus (qui fut un des dirigeants de la communauté lituanienne aux Etats-Unis à l’époque soviétique), "l’Église a violé un principe de base : pardonner à ceux qui se sont trompés". Encore très influente dans ce pays majoritairement catholique, l’Église s’est montrée peu prolixe pour justifier sa décision. Le chef de l'Eglise lituanienne, l'archevêque Sigitas Tamkevičius, a rappelé le passé communiste de Brazauskas, le fait qu'il fut divorcé et qu'il a vécu avec sa seconde femme sans mariage à l'Eglise. "Si notre décision avait été différente, la réaction des gens aurait été différente aussi. Cela aurait été : les riches et les puissants peuvent vivre sans mariage, être communistes, ne pas se repentir, et l'Eglise restera quand même à leur service quand ils meurent" a-t-il expliqué. Etrange fin pour celui qui, en 1989, alors qu’il était premier secrétaire du PC lituanien, avait restitué à l’Église la cathédrale de Vilnius, que le régime avait transformée en galerie d’art.
http://www.cahiers-lituaniens.org

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30 décembre 2007

Balys Sruoga, le chef de file de la poésie symboliste lituanienne

Il y a 60 ans disparaissait une figure morale de la littérature lituanienne : Balys Sruoga. Né en 1896 à Baibokai, près de Biržai, il avait fait ses études secondaires à Panevėžys, puis étudié la littérature à l’université de Saint-Pétersbourg. Après la révolution de 1917, il poursuivit ses études à Munich où il obtint son doctorat en 1921. Professeur de littérature russe et d’histoire du théâtre à l’université de Kaunas, critique, chef de file du courant symboliste en poésie, auteur de drames historiques, il joua un rôle de premier plan dans la vie culturelle de la Lituanie indépendante (1918-1940). En 1939, au moment du rattachement de Vilnius à la Lituanie, il s’installa dans la capitale "recouvrée", vite réannexée par les Soviétiques, puis occupée par l’Allemagne hitlérienne. Déporté par les nazis en 1943, Balys Sruoga a laissé de son internement au camp de Stutthof un témoignage poignant, "La Forêt des dieux", écrit en 1945. Les autorités soviétiques n’autoriseront sa parution qu’en 1957 et il sera alors traduit dans de nombreuses langues (dont le français). Balys Sruoga ne se remit pas complètement des mauvais traitements de sa captivité et mourut en 1947 à Vilnius.
http://lt.wikipedia.org/wiki/Balys_Sruoga

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11 septembre 2007

Tomas Venclova, le poète dissident de l’exil

C’est un 11 septembre, il y a 70 ans, qu’est né à Klaïpeda Tomas Venclova, la grande figure de l’opposition intellectuelle au régime soviétique en Lituanie. Ecrivain et traducteur littéraire, il est le fils d’Antanas Venclova, intellectuel pro-soviétique de l’entre-deux-guerres au point de signer l’acte de demande de rattachement de la Lituanie à l’URSS en 1940. Tomas Venclova, après une jeunesse dorée au sein de la Nomenklatura soviétique, s’engagea activement dans le mouvement des droits de l’homme - le "groupe Helsinki" - avec d’autres intellectuels soviétiques. C’est l’époque (1976) où Joseph Brodsky, le futur Prix Nobel de littérature de 1987, qualifia Venclova de "meilleur poète vivant sur le territoire de cet empire, dont la Lituanie est une petite province." Le régime de Moscou le contraint à émigrer en 1977, en le déchéant de sa citoyenneté soviétique. Exilé aux Etats-Unis où il devient professeur de langue et de littérature slaves à l'université de Yale, Tomas Venclova a été le premier à traduire des œuvres majeures de la littérature mondiale vers le lituanien, notamment "Ulysses" de James Joyce. Il publia également plusieurs recueils de poèmes en lituanien, dont le premier, "Signes de la langue", le révéla en 1972. Son œuvre a été traduite vers vingt-cinq langues, mais malheureusement pas encore vers le français. Il obtint le Prix National de la République de Lituanie en 2000 bien qu’il continue à vivre aux Etats-Unis.
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf

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10 août 2007

Antanas Smetona, premier et dernier Président de la République de Lituanie de l’entre-deux-guerres

C’est un 10 août, dans le village de Užulėnis près d’Ukmergė, que naît Antanas Smetona (1874-1944), l'un des hommes d’Etat lituaniens les plus influents de l'entre-deux-guerres, le principal fondateur et dirigeant du mouvement nationaliste de son pays. Après une scolarité élémentaire à Ukmergė, puis à Liepaja en Lettonie, il suit les cours du lycée de Palanga, puis du séminaire de prêtres de Samogitie à Kaunas. Changeant d’orientation, il entre à la faculté de droit de l’université de Saint-Pétersbourg, dont il est exclu par deux fois pour menées nationalistes, arrêté et emprisonné brièvement. Il y termine cependant ses études en 1902. Durant la révolution de décembre 1905, Antanas Smetona participe au Congrès des Lituaniens à Vilnius. Durant la Première Guerre mondiale, il préside l’Association lituanienne d’aide aux victimes de la guerre. En septembre 1917, il participe à la conférence des Lituaniens à Vilnius, est élu président de la Taryba (Conseil de la Lituanie), devenu ensuite le Conseil de l’Etat, de 1917 à 1919. Le 16 février 1918, il cosigne l’Acte d’indépendance de la Lituanie et devient, du 4 avril 1919 au 19 juin 1920, le premier Président de l’Etat lituanien. De 1920 à 1924, Antanas Smetona préside le parti national lituanien (les Tautininkai), qu’il a fondé avec son complice puis opposant Antanas Voldemaras. En 17 décembre 1926, il est l’un des chefs du coup d’Etat militaire qui renverse le Président Kazys Grinius, et il préside à nouveau le pays en y instituant un régime dictatorial jusqu’en 1938. Il reste Président jusqu’en juin 1940, au moment de l’annexion soviétique. Il s’enfuit alors clandestinement pour l’Allemagne, puis pour la Suisse et, enfin, pour les Etats-Unis, où il meurt en janvier 1944 dans un mystérieux incendie à Cleveland.
http://lt.wikipedia.org/wiki/Antanas_Smetona

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26 juillet 2007

Entre musique et politique : portrait du député européen Vytautas Landsbergis

Le Parlement européen vient de publier sur son site une interview de Vytautas Landsbergis, professeur de musique et pianiste professionnel, grand spécialiste du compositeur M.K. Čiurlionis, qui joue aussi une partition plus politique, étant devenu député européen en 2004 après avoir marqué de son nom l’histoire de la Lituanie, ayant été la figure historique de l’indépendance du pays acquise en 1990, au moment de l’effondrement de l’Union soviétique. Derrière des piles de papiers dans son bureau, Vytautas Landsbergis répond à la question du passage de la vie d’artiste à la vie politique : « Le travail pédagogique de ma vie d’artiste -les cours et les examens- était aussi régulé que le travail politique peut l’être. Ici au Parlement, on peut choisir ses priorités, car nous manquons sans cesse de temps et on ne peut pas se consacrer à tous les sujets. Lorsque j’occupais une position politique importante en Lituanie, la précision et la gestion du temps étaient cruciaux. La créativité politique ne pouvait s’exprimer que de manière impromptue, improvisée ou pendant les heures nocturnes. » Pour Vytautas Landsbergis, « les talents nécessaires à la pratique musicale sont comparables à ceux nécessaires à la politique. Dans les deux cas, ils doivent être mentaux et physiques. On pense souvent aux capacités physiques lorsqu’on parle de musique ; or, la mémoire et l’imagination lors des représentations sont tout aussi importantes. On peut préparer un répertoire très connu pour un concert, sans forcément beaucoup répéter : la représentation est plus qu’une répétition. Au Parlement européen, on doit parfois se préparer à une réunion alors même qu’on y est ! C’est la même chose : il faut savoir être précis. » Concernant l’implication des institutions politiques dans le domaine de l’art, Vytautas Landsbergis pense que « se préoccuper des conditions d’exercice de la création artistique ne signifie pas systématiquement interférer. Cela dépend en fait beaucoup du régime politique. A l’époque communiste, nous vivions dans un régime qui interférait dans tous les domaines, dont les arts. Mais ce régime a rencontré d’insurmontables obstacles : malgré les décisions du Parti, qui distinguait par exemple la « bonne » et la « mauvaise » musique, l’art a poursuivi sa mutation. Le régime communiste a simplement fait perdre du temps aux artistes, et du potentiel créatif pour produire des âneries. L’interférence politique dans l’art est une erreur, mais lorsque des politiciens se soucient de l’expression artistique, ce n’est pas forcément de l’interférence ! » A ceux qui comparent l’Union européenne à l’Union soviétique en Lituanie, il répond que c’est « difficile de dialoguer avec des gens ignorants qui répètent des clichés avec aplomb. Ce genre de barrière mentale peut être abattu grâce à des faits, constatés sur le terrain : par exemple, en organisant des visites au sein des institutions européennes, en montrant comment les débats y sont menés. Les gens ont-ils oublié ce qu’était la dictature soviétique, ou bien sont-ils perdus dans les concepts ? L’URSS n’était pas une union mais une entité orwellienne falsifiée. Il n’y a jamais eu de socialisme -l’Etat est juste devenu un capitaliste exploitant et réprimant les travailleurs. Si une union est construite sans volonté commune ni liberté de choix, alors c’est un joug ! »
http://www.europarl.europa.eu/news/public/default_fr.htm

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24 juillet 2007

Marjiampole fête Mgr Jurgis Matulaitis

Pour le vingtième anniversaire de sa béatification, Mgr Jurgis Matulaitis-Matulevičiūs est fêté en ce mois de juillet par la communauté catholique de Marjiampolė : messe d'action de grâces à l'église St. Michel l'Archange le dimanche 15 juillet, exposition au musée K.-Grinius de la ville, etc. Jurgis Matulaitis est en effet un enfant du pays. Il est né en 1871 dans une famille de huit enfants, dont les parents étaient de petits paysans, à Lūginė, un village près de Marjiampolė, en Lituanie alors annexée par la Russie. Grâce à un parent de la famille, il entra en 1891 au Séminaire polonais de Kielce, où il polonisa son nom en Matulewicz. Doué d’une intelligence supérieure, il y apprit aussi, en plus du lituanien et du russe, le français, le polonais, l’allemand, le latin. Il poursuivit ses études théologiques à l'Académie catholique de Saint-Pétersbourg et fut ordonné prêtre en 1898. Puis il fit son doctorat à Fribourg, en Suisse (1902). Sa thèse, qui dénote ses préoccupations œcuméniques, porta sur la théologie orthodoxe russe. D’abord vicaire en paroisse, il fut ensuite professeur au Séminaire de Kielce. Très attentif aux pauvres, il étudia la doctrine sociale de ‘Rerum novarum’ du pape Léon XIII (1891). Il avait pu observer personnellement la très difficile condition des ouvriers, notamment en Russie. Avec perspicacité, il ne se borna pas à décrire la situation telle qu’elle apparaît, mais il en chercha les causes, seule façon de leur apporter des remèdes adéquats. Il s’intéressa aussi à la vie religieuse, redonnant vie à la Congrégation des Marianistes de Marjiampolė, et fondant les Sœurs des pauvres de l’Immaculée Conception qui deviendront le plus important groupe de religieuses en Lituanie. Nommé évêque de Vilnius en 1918, il dut faire face à de nombreux conflits, notamment avec les bolcheviks et entre Lituaniens et Polonais. Homme de paix, il sera confronté à la situation créée par l’annexion de Vilnius par la Pologne et au rejet de son ministère par la communauté catholique polonaise. A ce sujet, il dira : « Je suis né en Lituanie et presque toute ma vie, j’ai travaillé en Pologne ; je l’ai fait avec loyauté et de toute ma force. » En 1925, pour apaiser les esprits, il donna sa démission comme évêque de Vilnius. Le pape Pie XI le nomma immédiatement Visiteur apostolique en Lituanie, où il s’attacha à préparer un Concordat entre la Lituanie et le Saint-Siège. Il mourut brusquement à 55 ans en 1927. Le Concordat sera signé peu après. Beau paradoxe : Jurgis Matulaitis a été béatifié en 1987 par Jean-Paul II, le pape polonais, à l'occasion du 600e anniversaire de la christianisation de la Lituanie.
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0287.htm
http://www.cahiers-lituaniens.org/

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17 juillet 2007

Darius et Girenas, héros mythiques de la Lituanie de l’entre-deux-guerres

C’est un 17 juillet que s’écrasa l’avion de Steponas Darius et Stasys Girėnas, devenus héros nationaux en Lituanie. Steponas Darius avait émigré aux Etats-Unis avant la Première Guerre mondiale. En 1917, il s’était engagé dans l’armée et a combattu en France où il fut blessé et décoré. Retournant en Lituanie en 1920, il introduisit le basket dans son pays natal, sport où il s’était révélé particulièrement doué lors de ses études en Amérique. De retour aux Etats-Unis en 1927, il y fonda un club aéronautique lituanien, Vytis. Ensemble avec son mécanicien Stasys Girėnas, ils décidèrent de faire connaître leur pays natal fraîchement indépendant en tentant un exploit : effectuer un vol sans escale de New York à Kaunas, alors capitale provisoire de la Lituanie. Ils achetèrent un petit bimoteur baptisé Lituanica. L’avion décolla de New York le 15 juillet 1933 et traversa l’Atlantique en 37 heures. Pour une raison inconnue, l’avion s’écrasa à Soldin, en Allemagne. Les deux pays étaient alors en froid à cause des revendications territoriales allemandes sur Klaipeda, et l’éventualité que l'avion ait été abattu n’arrangea rien. Les corps des deux aviateurs furent rapatriés à Kaunas où 60.000 personnes assistèrent à leurs funérailles. Pour beaucoup, leur vol fit connaître la Lituanie bien au-delà des frontières du petit pays. Leurs portraits figurent encore aujourd’hui sur les billets de 10 Litas et sur plusieurs pièces de monnaie et timbres, tandis que près de 300 rues, 18 ponts et 8 écoles portent leurs noms.
http://en.wikipedia.org/wiki/Darius_and_Girenas

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07 juin 2007

Vincas Mykolaitis-Putinas, le grand romancier de l'entre-deux guerres

C’est un 7 juin qu’est mort, il y a 40 ans, l’écrivain lituanien Vincas Mykolaitis-Putinas (1893-1967), dont Altorių šešėlyje (A l'ombre des autels) est considéré comme l’œuvre romanesque la plus importante de l'entre-deux guerres. Né à l’époque tsariste à Pilotiškes (près de Mariampolė), il entre au séminaire et poursuit des études de théologie à Petrograd à partir de 1915. Attiré par les symbolistes russes, grand admirateur de Rainer Maria Rilke et d'Oscar Wilde, il considère néanmoins que la littérature d'un petit pays exige de rester dans la continuité de la tradition en lui appliquant une extrême rigueur intellectuelle et une forme classique. Très vite, il devient l'un des poètes les plus importants et les plus singuliers de son époque. Ses premiers recueils, publiés à partir de 1917, s'inscrivent dans la mouvance de l'héroïsme déclama­toire de Maironis qu'il abandonne bientôt au profit d'une démarche symboliste à tendance mystique qui n'est pas sans rappeler les tableaux visionnaires de M.K. Čiurlionis. Peu à peu, le sujet, le "je" poétique de Putinas prend le chemin de la rébellion et désigne la sauvegarde de la liberté intérieure du poète comme la valeur suprême. Après la Première guerre mondiale, il poursuit ses études à Fribourg, puis à Munich et ressent déjà l'incompatibilité de sa vocation de prêtre avec celle de poète. Proclamant que "l’essentiel est dans l'humain", il trouve des accents dostoïevskiens pour exalter la souffrance en tant que seul ressort interne de la création. L'approche de la Deuxième guerre mondiale et la montée du totalitarisme lui inspirent une série de poèmes prophétiques sur le ton de l'anathème. Entre-temps, Putinas a jeté la soutane aux orties. Dans la Lituanie prude des années 1930, catholique romaine à 97%, un prêtre défroqué qui, de surcroît, prend épouse, représente le scan­dale suprême. C'est cette cassure, à la limite du dédoublement de la personnalité, que l'écrivain s'efforce de présenter dans sa première œuvre en prose. A l'ombre des autels est une œuvre stendhalienne, mais en même temps un "roman de formation" à l'allemande, retraçant les doutes et la maturation d'un séminariste-poète qui ressemble à l'auteur comme un frère, tiraillé entre la résignation et la révolte, l'esprit et le sexe, obsédé par des visions érotiques à la limite du cauchemar qui représentent, elles aussi, une première dans la littérature lithuanienne. Les doutes et les hési­tations, la résignation et la souffrance muette du personnage, ses compromis et sa révolte intérieure sont perçus par la critique contemporaine comme une analyse magistrale du caractère lituanien. Le roman de Putinas illustre, mieux que tout commentaire, le malaise de l'intellectuel lithuanien de culture cosmopolite, pris dans l'étau de la contradiction entre un système national bardé d'impératifs catégoriques et le besoin d'une prise de conscience individuelle. Contrairement à la plupart de ses contemporains et amis qui prennent le chemin de l'exil en 1944, lorsque l'Armée rouge franchit à nouveau la frontière lituanienne, Putinas décide de rester. Composant avec le régime sans s'y rallier, il est le seul écrivain "bourgeois" - au sens marxiste du terme - à accéder au rang de classique de son vivant. Poursuivant son œuvre poétique, il se consacre surtout à un travail d'historien et d'analyste de la littérature lituanienne et meurt à l'âge de 84 ans. Pour en savoir plus, lire « La littérature lithuanienne » de Ugnė Karvelis :
http://www.cahiers-lituaniens.org/litterature.htm
http://lt.wikipedia.org/wiki/Vincas_Mykolaitis-Putinas

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26 février 2007

Aleksandras Stulginskis, président de la République, prisonnier du Goulag

Le destin de Aleksandras Stulginskis (1885-1969), homme politique lituanien du XXe siècle, épouse celui, tragique, de son pays. Né un 26 février dans une famille nombreuse du village de Kutaliai, près de Raseiniai, il étudie au séminaire catholique de Samogitie à Kaunas, poursuit ses études à la faculté de philosophie théologique de l’université d’Innsbruck en Autriche. Renonçant à la prêtrise, il entreprend des études à l’institut agricole de l’université de Halle en Allemagne, qu’il achève en 1913. Rentré en Lituanie, il s’installe comme agronome près d’Alytus. Fin 1917, il participe à Vilnius à la création du parti démocrate-chrétien, qu’il présidera plus tard, et s’engage dans le mouvement indépendantiste lituanien. Il est élu à la Taryba et, le 16 février 1918, il cosigne l’Acte d’indépendance de la Lituanie. Opposé à la mise en place d’une monarchie, il participe à l’organisation de la défense du pays contre les agressions extérieures des Bolcheviks et des Polonais. De décembre 1918 à mars 1919, il est ministre en charge de l’organisation de l’armée nationale dans le gouvernement de Mykolas Sleževičius, puis occupe plusieurs portefeuilles ministériels dans celui de Pranas Dovydaitis. En 1919, Aleksandras Stulginskis fonde la Banque Economique (Ūkio bankas), puis préside l’Assemblée constituante. En 1922, il est élu Président de la République de Lituanie. En 1927, il se retire de la vie politique et s’occupe de son domaine de Jokūbavas dans le district de Kretinga. Jusqu’en 1941, il est membre du conseil des coopératives Lietūkis et Linas. Le 13 juin 1941, le pouvoir soviétique l’arrête avec son épouse comme «ennemi du peuple» et le déporte dans le camp de travail de Rechioty, près de Krasnoïarsk. En 1952, il est jugé et condamné à 25 ans de prison, mais est affecté comme ouvrier agricole en république autonome des Komis au nord de l’Oural, dans une exploitation sylvicole de Kvitkevoso, puis dans un kolkhoze de Pezmag. En 1956, dans le cadre de l’amnistie de Khrouchtchev, il peut renter avec son épouse en Lituanie où travaille jusqu’en 1959 dans une station horticole. Aleksandras Stulginskis meurt le 22 septembre 1969 à Kaunas.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aleksandras_Stulginskis
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16 février 2007

Jonas Basanavicius, le père de la Renaissance nationale

En Lituanie, le 16 février est un jour férié car on y commémore le rétablissement de l’indépendance du pays en 1918. C’est aussi un 16 février qu’est mort, il y a 80 ans, Jonas Basanavičius (1851-1927), le père de la Renaissance nationale. Issu d'une famille de gros propriétaires terriens, et malgré son goût pour les lettres, Jonas Basanavičius opta pour des études de médecine à l'université de Moscou, car c’était la seule profession qu'un Lituanien pouvait alors espérer exercer dans son pays natal. Après quelques années en Bulgarie, il revint en Lituanie où il fonda la première revue en langue lituanienne, Aušra (L’Aurore) en 1883. Aušra faisait une large place aux poètes dont les œuvres exaltaient inlassablement l'héroïsme des aïeux qui surent tenir tête aux Chevaliers Teutoniques et les exploits des grands-ducs que leurs chevauchées menèrent jusqu'en Crimée pour barrer le chemin aux hordes tatares. L’exaltation du passé glorieux de la grande Lituanie, la sacralisation de la patrie, resteront les principaux thèmes de la littérature de l'entre-deux guerres et le ciment du subconscient collectif de la nation qui lui permettra de traverser les épreuves du XXe siècle sans mettre en doute son identité et sa légitimité. La revue dut rapidement cesser de paraître mais l'impul­sion fut donnée. Jonas Basanavičius se tourna vers la politique. Il fut l’un des organisateurs de la « Grande Diète de Vilnius » en 1905, membre de la Taryba de 1917 et cosignataire de l’Acte d’indépendance de la Lituanie, le 16 février 1918. Pour en savoir plus, lire « La littérature lithuanienne » de Ugnė Karvelis :
http://www.cahiers-lituaniens.org/litterature.htm

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31 janvier 2007

Martynas Mazvydas, 1547 : le premier livre publié en lituanien

C'est à Königsberg en Prusse, il y a 460 ans, que le premier livre écrit en langue lituanienne vit le jour : « Les mots communs du catéchisme » (Catechismvsa prasty szadei), de Martynas Mažvydas (1510-1563). L’ouvrage fut imprimé en quelque 200 exemplaires en 1547, grâce au soutien financier d’Albert de Brandebourg, duc de Prusse, tuteur des Réformateurs de Lituanie. Il ne s'agit pas d'un simple caté­chisme, puisque y figurent également des cantiques et une intro­duction en vers que l'on tend à présenter aujourd'hui comme le premier poème national. L'intérêt de cet ouvrage reste néan­moins essentiellement historique et ethnologique. Originaire de Samogitie, Mažvydas passa sa jeunesse à Vilnius, où il travaillait avec d'autres auteurs lituaniens du grand-duché de Lituanie. Protestant, Mažvydas fut persécuté pour ses idées réformatrices, ce qui l'incita à accepter l'invitation d’Albert de Brandebourg, et c’est ainsi qu’il se rendit à Königsberg où il entra à l'université. Martynas Mažvydas, qui signait Martinus Masvidius, estimait qu'il fallait donner au peuple les moyens de s'adresser à Dieu dans sa propre langue. Ce faisant, il prenait le contre-pied de l'Eglise catholique qui, sous la coupe du clergé polonais, imposait sa langue parallèlement au latin dans la pratique du culte. Il ne s'agit pas là d'une simple querelle rhétorique : la Lituanie n'était chrétienne que depuis 160 ans et la Réforme était soutenue par certaines grandes familles de magnats lituaniens tels que les Radziwill. Pour en savoir plus, lire « La littérature lituanienne » de Ugnė Karvelis :
http://www.cahiers-lituaniens.org/litterature.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martynas_Ma%C5%BEvydas

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01 janvier 2007

Kristijonas Donelaitis, le fondateur de la littérature lituanienne

C’est un 1er janvier qu’est né Kristijonas Donelaitis (1714-1780) dans une famille de paysans libres du village de Lazdynai (Lasdehnen) près de Gumbinė (Gumbinnen) en Petite Lituanie, région située à l'ouest du Niémen et largement acquise à la religion réformée. Celui qui se nommait lui-même Christian Donalitius fit ses études de philologie et de théologie à l'université de Königsberg, maîtrisant, en plus de sa langue natale, le grec, le latin, l'hébreu, l’allemand et le français. Nommé pasteur du village de Tolminkiemis, dans la partie lituanienne de la Prusse orientale (aujourd’hui, l’enclave russe de Kaliningrad), il y passera toute sa vie. Le servage, qui ne sera aboli qu'en 1865, est particulièrement dur dans sa région du fait que, les domaines étant loués à l'année, les paysans changent sans cesse de maîtres. Emu par leur sort, Donelaitis entreprend de décrire leur vie quotidienne. Rédigée en hexamètres classiques, son épopée rurale représente une première, non seulement dans l'histoire de la langue lituanienne, mais aussi dans celle des langues vernaculaires de la région. Intitulée Les Saisons (Metai), c’est l’œuvre fondatrice de la littérature en langue litua­nienne. Malgré sa fréquentation des auteurs classiques, Donelaitis se plia au rythme déstructuré des hommes de ce recoin perdu de Litua­nie. Il lui importait de dire, de donner une voix à ses compatriotes démunis, et non d'être reconnu. Ses écrits ne seront pas publiés de son vivant et il faudra attendre 38 ans après sa mort pour les voir enfin édités en 1818 et ensuite constamment réédités, traduits et retraduits en allemand, letton, polonais. Pour en savoir plus, lire « La littérature lituanienne » de Ugnė Karvelis :
http://www.cahiers-lituaniens.org/litterature.htm
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf

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17 décembre 2006

Il y a 140 ans naissait Kazys Grinius

C’est en effet le 17 décembre 1866 que naissait dans le village de Selemos Būda, près de Marijampolė (la Lituanie était alors intégrée dans l'Empire tsariste), celui qui allait devenir le troisième Président de la République de Lituanie. Après des études de médecine à l'université de Moscou durant lesquelles il fut brièvement incarcéré à la prison de Boutyrki pour participation à des émeutes estudiantines (1889), Kazys Grinius fut médecin, d’abord à Minsk dans une station de lutte contre le choléra, puis au bord sur la mer Caspienne. Revenu en 1894 en Lituanie, il exerça comme praticien mais fut à plusieurs reprises emprisonné par les autorités tsaristes pour "activité culturelle lituanienne". Etabli en Russie avec sa famille entre 1914 et 1919, il fut élu en 1917 au Conseil lituanien de Voronej, puis, en 1919, membre de la délégation lituanienne à Paris, au moment de la signature du Traité de Versailles. Elu député au Seimas (Diète), il devint chef du gouvernement de 1920 à 1922. Elu Président de la République de Lituanie le 7 juin 1926 par la nouvelle Diète dominée par les populistes-paysans et les sociaux-démocrates, il fut démis de ses fonctions lors du coup d'Etat du 17 décembre 1926, provoqué par les violentes manifestations organisées par les communistes et les Bundistes (révolutionnaires juifs) avec le soutien de l'Union soviétique. Le coup de force a été mené à la fois par des officiers supérieurs (général Ladyga, colonel Skorupskis, commandant Plechavicius) et par les Tautininkai (nationalistes lituaniens) de Smetona et Voldemaras. Ils furent implicitement soutenus par les démocrates-chrétiens qui n'avaient pas accepté, eux, la signature du pacte d'amitié et de non-agression avec l'URSS et la remise en cause des fonctions sociales de l'Eglise. Pourtant, le régime nationaliste allait rapidement se rapprocher à nouveau du traditionnel allié soviétique (une Realpolitik sur le plan extérieur trop souvent oubliée aujourd'hui) dans sa lutte pour récupérer Vilnius et contre l'hégémonie polonaise. Les démocrates-chrétiens allaient donc vite déchanter, surtout que Smetona reprit aussi sa politique anticléricale. Arrêté pendant l'occupation allemande, Grinius fut exilé à Ąžuolų Būda pour avoir protesté contre le massacre des juifs. En 1944, il fuit l’annexion soviétique et s’établit en 1947 à Chicago où il mourut le 4 juin 1950. Personnage politique incontournable de l’entre-deux-guerres, Kazys Grinius fut un des principaux leaders de l'Union des populistes-paysans et de l'Organisation des Varpininkai, un mouvement patriotique lituanien né en 1888 autour de la revue "Varpas" (La Cloche).
http://www.president.lt/fr/institution/istorija/3
http://www.muziejai.lt/Marijampole/K_Grinius_muz.fr.htm
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08 novembre 2006

George Maciunas : il aurait 75 ans !

Né Jurgis Mačiūnas le 8 novembre 1931 à Kaunas, l'inventeur du célèbre mouvement artistique Fluxus était lituanien. En 1944, il quitte la Lituanie avec sa famille au moment de l'annexion soviétique pour s'installer d'abord en Allemagne, puis aux Etats-Unis. Après des études d'art à New York, il travaille comme designer puis ouvre une galerie d'art avec son compatriote Almus Šalčius en 1961, l'année où il anglicise son prénom. Le désormais George Maciunas fonde en 1962, à Wiesbaden en Allemagne, où il s'est réinstallé, son groupe Fluxus. Ce mouvement néo-dadaiste cherche à concilier art et quotidien. Sous le terme de Fluxus qu'il invente, Maciunas organise ainsi des événements d'art expérimental, associant différentes formes artistiques : musique avant-gardiste, parodies théâtrales, cinéma expérimental, voire gags gestuels. Il le fait avec d'autres artistes américains et européens, dont ses compatriotes Jonas Mekas et Leonas Letas. Maciunas initie des festivals Fluxus dans de nombreuses villes, en Europe, puis aux Etats-Unis. Il meurt prématurément de maladie en 1978.
http://en.wikipedia.org/wiki/George_Maciunas
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10 octobre 2006

Donatas Banionis dans Solaris sur Arte

C’est à 22h55 ce 11 octobre que la chaîne de télévision franco-allemande Arte rediffuse le film Solaris dont le personnage principal est joué par l’acteur lituanien Donatas Banionis. Le film, qui connut un succès mondial à sa sortie en 1973, est devenu un classique de la science-fiction. Sorti en pleine guerre froide, il a souvent été interprété comme l’équivalent soviétique du chef-d'oeuvre de Stanley Kubrick, 2001 L'odyssée de l'espace. Ecrit par le polonais Stanislas Lem et mis en scène par le russe Andreï Tarkovsky, Solaris est porté par le talent de Donatas Banionis et de l’ukrainienne Natalya Bondarchouk. Il assura une renommée mondiale à Banionis, qui était déjà connu à l’époque en Lituanie comme comédien du célèbre théâtre de Panevezys dirigé par le grand metteur en scène Juozas Miltinis. Solaris est une oeuvre envoûtante qui porte un regard pessimiste sur les avancées technologiques de la seconde moitié du XXe siècle, à l’opposé du film de Kubrick. Le cosmonaute Kris Kelvin se rend sur la planète-océan Solaris pour enquêter sur les événements étranges qui s'y sont produits. Lorsqu'il débarque dans la station spatiale qui sert de poste d'observation aux scientifiques, il découvre que l'un d'entre eux s'est suicidé, tandis que les autres sont en proie à des visions issues de leur passé. Lui-même se retrouvant confronté à son épouse décédée, il comprend que c'est Solaris qui génère l'apparition de ces souvenirs...
http://lt.wikipedia.org/wiki/Donatas_Banionis
http://www.pays-baltes.com/lituanie/banionis_donatas.htm
http://www.arte.tv/
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24 septembre 2006

Marija Gimbutas : mythologie et déesse

Comment décrypter la mythologie d’une société sans écriture dont les vestiges se résument à des céramiques, des outils, des objets gravés de motifs géométriques ? Plus de dix ans après la mort de Marija Gimbutas, le lecteur français peut enfin découvrir "Le langage de la déesse", l’œuvre majeure de cette archéologue d’exception qui se consacra à cette tâche. Née en 1921 à Vilnius en Lituanie, Marija Gimbutas est décédée en 1994 aux Etats-Unis où elle passa la majeure partie de sa vie, ayant fui l’annexion de son pays par l’Union soviétique dans les années 40. Longtemps professeur à l’université de Californie, elle orienta ses travaux vers l’archéomythologie, procédé interdisciplinaire qui relie l’archéologie, la mythologie comparée et le folklore, qu’elle appliqua aux cultures "pré-patriarcales" de l’Europe d’où elle était originaire. Dans cet ouvrage, elle montre comment, dans l’Europe du néolithique, c’est à la Grande Déesse, symbole de vie et de sacré, que le vieux monde rendait son culte majeur.
http://www.desfemmes.fr/essais/essais/gimbutas_deesse.htm
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03 septembre 2006

Théâtre : Juozas Miltinis, le génie de Panevezys

Il y a presque cent ans, le 3 septembre 1907 à Akmenė, naissait le metteur en scène Juozas Miltinis, fondateur du Théâtre dramatique de Panevėžys. C’est à Paris qu’il débuta ses études d’art dramatique en 1932, sous la direction de Charles Dullin et Jacques Copeau. De retour à Kaunas, alors capitale de la Lituanie, il fonda une petite troupe qui se fit rapidement connaître. Suite à l’annexion du pays par l’Union soviétique, le nouveau pouvoir bolchevik lui confia la direction du nouveau théâtre créé en novembre 1940 à Panevėžys, alors petite ville de province de 26 000 habitants. Le théâtre devint rapidement le centre dramatique expérimental le plus intéressant du pays. Il y proposa d’abord un répertoire classique, puis de plus en plus ambitieux, avec des pièces de Shakespeare, Gogol, Ibsen, O’Neill, Strindberg. Déjouant la censure communiste et les pressions idéologiques du régime totalitaire, et malgré quelques sérieuses difficultés avec le régime entre 1954 et 1959, il parvint cependant à rendre sa scène célèbre en Lituanie et dans toute l’Union soviétique, et même en Europe de l’Ouest d’où vinrent lui rendre visite de nombreux metteurs en scène occidentaux, dont notamment son ami Jean Vilar, le fondateur du Festival d’Avignon. Il dirigea le théâtre de Panevėžys jusqu’à sa retraite en 1980, où il mourut en 1993. Le théâtre poursuit aujourd’hui son œuvre en ayant pris son nom.
http://www.miltinio-teatras.lt/index.php4
http://en.wikipedia.org/wiki/Juozas_Miltinis
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01 juillet 2006

Czeslaw Milosz, le Vilnois Prix Nobel de Littérature

C’est un 30 juin, celui de l’année 1911, que naissait à Šeteiniai, dans le district de Kėdainiai, de parents lituaniens d’expression polonaise, le grand poète Czeslaw Milosz. C’est à Vilnius que ce petit-neveu d’Oscar Milosz passa la plus grande partie de son enfance et de sa jeunesse, se consacrant très tôt à la poésie. S’étant toujours défini comme « Vilnois » et comme « Lituanien », c’est pourtant en langue polonaise qu’il écrivit. Prix Nobel de Littérature en 1980, il est considéré comme l’un des poètes majeurs du XXe siècle. Son œuvre la plus connue, La Pensée captive (1953), regroupe des essais où il dénonce la passivité de l'intelligentsia polonaise devant le totalitarisme stalinien. Ses romans La Prise du pouvoir (1952) et Sur les bords de l'Issa (1955), largement autobiographiques, évoquent respectivement les événements de 1944-1945 en Pologne, et l'enfance et l'initiation d'un jeune homme. Enfin, Milosz est aussi l'auteur de nombreux essais sur la littérature, dont La Terre d'Ulro (1977) où il évoque -parmi ses maîtres- Adam Mickiewicz, l’autre grand poète lituanien d’expression polonaise.
http://www.culture.pl/fr/culture/artykuly/os_milosz_czeslaw
http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1980/milosz-bio.html
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28 juin 2006

Maironis ou l'éveil poétique de la conscience nationale de la Lituanie

C’est un 28 juin, celui de l’année 1932, que décédait une des figures emblématiques de la poésie lituanienne. C’est en effet l’année prochaine que la Lituanie fêtera le 75e anniversaire de la mort de Maironis, né Jonas Maciulis. Comme aime le préciser Aldona Ruseckaitė, directrice du musée Maironis de la littérature lituanienne à Kaunas, « son nom couvre toute une époque de la culture littéraire du pays. Au tournant des XIXe et XXe siècles, l'œuvre de Maironis est à l'origine d'une école poétique, avec ses thèmes spécifiques et ses propres formes de versification dont la portée est d'une importance majeure pour l'évolution de la poésie lituanienne ». Ses poèmes sont profondément ancrés dans la conscience nationale et appartiennent aujourd'hui encore au patrimoine culturel de la Lituanie. La poésie de Maironis éveille toujours un sentiment de fierté nationale et d'élan patriotique chez les Lituaniens ; elle a contribué à la formation de l'identité nationale et à la compréhension de sa valeur, tant durant les périodes de renaissance nationale que durant les époques d'oppression. Ses vers sont devenus une composante de l'art populaire et étaient chantés jadis comme ils le sont aujourd'hui encore.
http://www.cahiers-lituaniens.org/maironis.htm

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10 avril 2006

M.K Ciurlionis : 95e anniversaire de sa mort

C’est le 10 avril 1911 qu’est décédé Mikalojus Konstantinas Čiurlionis, à la fois le plus grand peintre et un des plus grands musiciens de Lituanie, fondateur de l’art moderne dans son pays. Né le 22 septembre 1875 à Druskininkai, dans le sud du pays, il est d’abord peintre. A mi-chemin entre symbolisme et abstraction, ses toiles sont nourries de ses lectures mystiques et de la culture populaire lituanienne. Artiste à facettes multiples, il est aussi un compositeur remarquable, dont le spécialiste n’est autre que Vytautas Landsbergis, « père » de la restauration de l’indépendance du pays en 1990. Sa prédilection pour la sonate, qu’il tient pour une forme d’expression universelle, le pousse à appliquer cette architecture musicale dans sa démarche picturale et il considère nombre de ses tableaux comme des sonates peintes. C’est un artiste qui cherche la fusion des arts, le fameux Gesamtkunstwerk recherché par tant d’artistes d’avant-garde au tournant du siècle. Pour les Lituaniens d'aujourd’hui encore, M.K Ciurlionis est une des plus grandes figures de l’identité nationale. Un des plus grands musées de Lituanie, à Kaunas, lui est consacré.
http://www.muziejai.lt/Kaunas/Ciurlionio_muz.FR.HTM
http://www.ciurlionis.net/
http://www.cahiers-lituaniens.org/sommaire.htm

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