28 octobre 2008

Milosz et l’identité nationale

Le n°47 des cahiers de l'association Les Amis de Milosz vient de paraître. Dirigée avec enthousiasme par Janine Kohler, la revue propose comme à chaque fois une moisson d’articles relatifs au grand poète lituanien d’expression française Oscar Milosz (1889-1939). La Lituanie y tient une grande place, notamment par des travaux d’universitaires de Vilnius et de Kaunas qui y partagent le fruit de leurs recherches. Ainsi, Nijolė Kašelionienė y aborde la difficile notion d’identité nationale, dans un pays cruellement bousculé par l’histoire. Elle traite le sujet par le biais d’écrits d’Adam Mickiewicz, d’Oscar et de Czeslaw Milosz, qui ont tous trois partagés les mêmes doutes, se posèrent les mêmes questions et connurent le même douloureux statut d’exilés. Elina Naujokaitienė, quant à elle, y évoque les thèmes mystiques et hermétiques ainsi que la technique allégorique d’Oscar Milosz à travers ses œuvres. Un autre article permet de découvrir que Milosz inspire toujours les auteurs lituaniens ; y est évoquée la pièce de théâtre fantaisiste de Marius Ivaškevičius, "Madagaskaras", qui s’appuie sur l’imaginaire apocalyptique d’Oscar Milosz.
http://www.amisdemilosz.org/
http://www.cahiers-lituaniens.org/sommaire.htm

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05 avril 2008

Voyage culturel : sur les traces d’Oscar Milosz en Lituanie

"Ce pays, c’est la Lituanie dont le nom remplit ma tête et mon cœur. Je veux vous la faire connaître. Venez ! Je vous conduirai en esprit vers une contrée étrange, vaporeuse, voilée, murmurante. Nous voici aux confins des terres polonaises, déjà nordiques, certes, mais amoureuses encore des couleurs. Un coup d’aile, et nous survolerons un pays où toutes choses ont la couleur éteinte du souvenir. Une senteur de nymphéas, une vapeur de forêt moisissante nous enveloppe. C’est Lietuva, la Lituanie, la terre de Gedymin et de Jagellon." C'est par ces mots qu'Oscar Milosz présenta son pays en 1919 à Paris lors d'une conférence. Aujourd'hui, c'est l’association des Amis de Milosz, présidée par Janine Kohler, qui veut faire découvrir le pays à ses membres et sympathisants en organisant, du 4 au 10 août 2008, un voyage culturel d’une semaine en Lituanie au départ de Paris. Le circuit prévoit une partie proprement touristique avec la visite des quatre capitales – Vilnius, Kaunas, Trakai, Kernavė - ainsi que Druskininkai. Le séjour permettra aussi de rencontrer les Amis de Milosz lituaniens à Vilnius et à Kaunas, dont les comédiens Caroline Paliulis et Petras Venslovas, qui présenteront leur récital "Milosz" en français et en lituanien, préparé en 2007 pour le 130e anniversaire de la naissance d’Oscar Milosz. Est prévue également une rencontre avec le dramaturge Marius Ivaškevičius, auteur de la pièce fantaisiste sur Milosz, "Madagaskaras". Renseignement et programme détaillé :
rodolphe.kohler@orange.fr
www.amisdemilosz.org/Pages/Lituanie-Taiga-Propal2-rr.pdf

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23 novembre 2007

Last & Lost : l'Europe fantôme de Marius Ivaskevicius

Dans un recueil qui vient de paraître, vingt auteurs nés après 1945 sur le continent européen consacrent chacun un texte aux lieux ultimes de l'Europe, jusqu’à ses confins avec la Russie et la Turquie. Ils y évoquent le naufrage des frontières politiques, mais aussi des frontières mouvantes entre la terre et l'eau, entre l'homme et la sauvagerie, entre la civilisation et l'oubli. Parmi ces textes, le lecteur découvre la nouvelle d’un des meilleurs écrivains de la nouvelle génération lituanienne, Marius Ivaškevičius. Son texte, intitulé "Civilisation Verjbolovo", ressuscite le fantôme de l’immense gare tsariste qui exista entre Virbalis et Kybartai. Conçue par les Français et construite par les Allemands à la fin du XIXe siècle, elle fut à l’époque la deuxième gare la plus prestigieuse de l’empire, après celle de Saint-Pétersbourg. Ivaškevičius y retrouva à la fois des souvenirs personnels de son enfance et des traces dans la grande littérature, le nom de Vejbolovo (Virbalis en russe) étant cité tout à la fois par Dostoïevski, Nabokov, Maïakovski, Prokofiev ou Ilya Ehrenbourg. Les textes ont été réunis sous la direction de Katharina Raabe et Monika Sznajderman et sont accompagnés de photographies d'artistes, héritiers du courant new-topographics.
> Last & Lost, Editions Noir sur Blanc, Paris, 2007, 320 pages, 25 euros.
http://www.editions-libella.com/noir-sur-blanc.asp

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04 mars 2007

Ugne Karvelis, cinq ans déjà !

C’est le 4 mars 2002 que disparaît à Paris Ugnė Karvelis, éditrice, critique littéraire, traductrice et romancière, qui a consacré une partie de sa vie à la diffusion de la culture lituanienne en France. Née le 13 juin 1935 à Noreikiškės, près de Kaunas, elle est issue d’une famille de l’élite lituanienne de l’entre-deux-guerres : son père, Petras Karvelis, docteur en droit, homme d’affaires et banquier, fut ministre des Finances et chef de parti, tandis que sa mère, Veronika Bakštytė, docteur en philosophie, se distingua comme dirigeante de l’Union des femmes catholiques de Lituanie. Avec l’annexion de la Lituanie à l’URSS en 1940, la famille Karvelis émigra en Allemagne, où la petite Ugnė fut inscrite au pensionnat du Sacré Cœur à Berlin. De 1942 à 1944, elle est élève au Gymnase Aušra de Kaunas, et, de 1945 à 1950, à l’Ecole française de Tübingen, puis en pensionnat à Strasbourg. De 1951 à 1952, elle s'inscrit à la Sorbonne et, de 1952 à 1956, à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, en section de relations internationales. De 1957 à 1958, elle suit des cours d’histoire et d’économie à l’université Columbia à New York. Dès 1955, elle travaille au service international de L’Express et, de 1959 à 1983, aux éditions Gallimard, où elle dirige la collection Amérique latine. Elle contribue ainsi à faire publier en France des écrivains comme Alejo Carpentier, Julio Cortazar (dont elle fut l’épouse durant les années 70), Carlos Fuentes, Pablo Neruda, Octavio Paz et Mario Vargas Losa mais aussi Milan Kundera et Vassilis Vassilikos. Son premier retour au pays natal remonte à 1988, en pleine perestroïka et Renaissance nationale en Lituanie. En novembre 1991, elle fait partie de la délégation officielle de la Lituanie qui est accueillie comme nouveau membre de l’Unesco. Elle est nommée cette année-là par le ministère français de la Culture comme Commissaire générale de la Saison Balte, vaste programme de manifestations culturelles à travers toute la France consacrées aux trois Pays baltes. En 1993, Ugnė Karvelis devient la déléguée permanente de la Lituanie auprès de l’Unesco à Paris, où elle déploie une activité débordante en faveur de son pays. Sous son impulsion, le centre historique de Vilnius et l’Isthme de Courlande sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité de l’Unesco. Elle agit auprès du gouvernement français pour que le statut d’observateur soit accordé à la Lituanie au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Par ailleurs, pendant la décennie 1990, elle traduit en français et fait publier des textes de plus de vingt écrivains et poètes lituaniens parmi les plus importants : des classiques comme Kristijonas Donelaitis et Maironis et des auteurs du XXe siècle tels Jonas Aistis, Juozas Aputis, Juozas Erlickas, Ričardas Gavelis, Sigitas Geda, Almis Grybauskas, Jurga Ivanauskaitė, Marius Ivaškevičius, Antanas Jonynas, Saulius Tomas Kondrotas, Justinas Marcinkevičius, Marcelijus Martinaitis, Eduardas Mieželaitis, Nijolė Miliauskaitė, Salomėja Nėris, Valdas Papievis, Gintaras Patackas, Judita Vaičiūnaitė, Markas Zingeris. Enfin, elle est également à l’origine de la première exposition française entièrement consacrée au plus grand peintre lituanien, M.K. Čiurlionis, au Musée d’Orsay à Paris, en 2000-2001. Depuis juin 2005, l'école secondaire de la petite ville d'Akademija, près de Kaunas et de son village natal, porte son nom.
http://www.cahiers-lituaniens.org/litterature.htm
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf

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11 novembre 2006

Plus de 70 poètes et écrivains lituaniens traduits à ce jour en français

Après l’allemand, l’anglais, le russe, le polonais et le letton, c’est vers le français que les œuvres littéraires lituaniennes sont le plus fréquemment traduites. A ce jour, ce sont ainsi plus de 70 poètes et écrivains lituaniens dont les œuvres ont été traduites dans la langue de Molière, comme le recense la revue Cahiers Lituaniens sur son site web (cf. le lien ci-dessous). La plus grande partie concerne la poésie, presque toujours publiée dans des revues spécialisées (Poésie, Europe, etc.). Puis viennent les nouvelles, le plus souvent éditées dans des anthologies à l’occasion d’évènements littéraires (Les Boréales de Caen, par exemple). Viennent enfin quelques rares romans, la plupart datant de l’époque soviétique. L’auteur lituanien le plus traduit est Marcelijus Martinaitis, suivi "d’anciens" tels que Maironis et Salomėja Nėris, de "modernes" comme Justinas Marcinkevičius et Judita Vaičiūnaitė, de "contemporains" tels que Marius Ivaškevičius, Jurga Ivanauskaitė et Vladas Braziūnas, ou d’"émigrés" tels que Jonas Mekas et Icchokas Meras. Les deux tiers des traductions ont été publiées durant les quinze dernières années, notamment avec le soutien de l’agence Lietuviškos knygos et popularisées par la revue anglophone Vilnius Review. A noter le cas particulier d'Oscar Milosz, poète originaire de la Lituanie historique mais ayant écrit en français.
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf
http://www.booksfromlithuania.lt/
http://test.svs.lt/?Vilnius

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01 octobre 2006

Marius Ivaskevicius à Café Babel

Lors du festival littéraire Vanishing Europe (l’Europe qui disparaît) à Cracovie en juin 2006, la journaliste de Café Babel Paulina Sypniewska a interviewé le poète et dramaturge lituanien Marius Ivaškevičius, 33 ans (dont plusieurs oeuvres ont été traduites en français). Ses textes pleins d’humour et de tendresse ont fait de lui un artiste emblématique de la nouvelle vague de l’Est. Il y évoque "ces souvenirs qui forgent notre âme". Pour lui, chaque auteur possède une identité propre constituée de l’endroit où il a grandi, du contexte spécifique dans lequel naît son œuvre. Il observe clairement un clivage Est-Ouest dans les œuvres européennes, une autre manière de penser qui implique nécessairement une autre manière d’écrire. La littérature de l’Est est plus métaphorique, elle a plus de symboles. Comme les artistes ne savent pas communiquer de manière directe, ils habillent le message dans un costume. A titre d’exemple, Ivaškevičius invoque les fantômes de Dostoïevski ou de Tchekhov. Pour lui, cette façon très imagée d’écrire est un atout. La question de l’identité européenne enthousiasme par ailleurs cet amoureux des lettres qui se réjouit qu’aujourd’hui le continent n’est plus arbitrairement divisé par un Rideau de Fer et que les artistes comme les types de littérature commencent tout doucement à se mélanger et à s’influencer. "C'est un phénomène très positif. Au final, les auteurs de l'Est pourront enfin apprendre de leurs collègues. Comment écrire de bons récits par exemple, car nous en sommes parfois encore vraiment loin". Selon lui, les festivals transnationaux dans l’esprit de Vanishing Europe améliorent la condition de la littérature moderne européenne en l’ouvrant à de nouveaux défis et en présentant le monde différemment. Sortir de l’oubli des endroits perdus de l’Europe est certainement une source d’inspiration pour les prochaines générations. Ivaškevicius se veut à cet égard très optimiste : "Plus les jeunes reviendront aux sources de leur passé, meilleurs ils seront !"
http://www.cafebabel.com/fr
http://www.cahiers-lituaniens.org/ecrivains.pdf

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28 novembre 2005

Des âmes dans le brouillard : anthologie de nouvelles lituaniennes contemporaines

Publiée à l'occasion du festival Les Boréales 2003, cette anthologie regroupe vingt et une nouvelles d'auteurs différents permettent de découvrir les spécificités de la littérature lituanienne contemporaine, une littérature émancipée du bloc soviétique depuis 1991, à la fois tournée vers l'avenir et nostalgique et qui aborde des thèmes tels que la nature et la filiation. Les textes choisis et présentés par Loreta Macianskaitė sont de Juozas Aputis, Romualdas Granauskas, Bronius Radzevičius, Saulius Šaltenis, Icchoras Meras, Antanas Škėma, Algirdas Landsbergis, Marius Katiliškis, Juozas Grušas, Jurga Ivanauskaitė, Saulius Tomas Kondrotas, Markas Zingeris, Sigitas Parulskis, Giedra Radvilavičiutė, Renata Šerelytė, Marius Ivaškevičius, Jurgis Kunčinas, Jurgis Savickis, Bitė Vilimaitė, Ričardas Gavelis et Vanda Juknaitė. Ils ont été traduits du lituanien par Muriel Puig, Caroline Paliulis, Margarita Barakauskaitė, Giedrė et Loïc Salfati, Isabelle Chandavoine-Urbaitis, Akvilė Melkūnaitė et Laurent Muhleisen, Marielle Vitureau, Vytas Kraujelis et Lily Denis, Liudmila Edel-Matuolis et revus par Dominique Bussillet. > "Des âmes dans le brouillard" Anthologie de nouvelles lituaniennes contemporaines. Presses Universitaires de Caen, 2003, 328 pages, 15 euros.
http://www.unicaen.fr/services/puc/

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