La médaille Gilibert dans les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris
Il s’agit là de la grande version en cuivre, consultée et photographiée par l’auteur.
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Libellés : Gilibert
Le blog des Cahiers Lituaniens
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Lors de sa remise du titre de docteur honoris causa à l’université de Vilnius, ce 29 septembre 2020 dans la capitale de la Lituanie, le président français Emmanuel Macron a notamment cité deux grands savants français, le botaniste Jean-Emmanuel Gilibert (originaire de Lyon) et le naturaliste Louis-Henri Bojanus (né en Alsace) qui figurent parmi les plus grands professeurs de cette académie lors de son âge d’or, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Pour le président Macron, « la vocation profondément européenne de l’université de Vilnius vient de là. »
Voir la vidéo de son intervention :
https://youtu.be/tsi1TxEb4RU?t=7005
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En signe de reconnaissance et d’amitié, Stanislas Auguste Poniatowski accepta être le parrain du fils – né en Lituanie – du grand naturaliste français Jean-Emmanuel Gilibert. En honneur de son prestigieux parrain, l’enfant reçut les prénoms de Stanislas Auguste. Les trois premières années de sa vie, il les passa dans le grand-duché où, comme remarque A. Lacour, auteur de sa notice nécrologique, "il reçut une éducation aussi libéral que complète dont il conserva l’empreinte toute la vie". Suivant la tradition familiale, Stanislas termina ses études de médecine à Montpellier. Il suivit également l’enseignement de Jean-Baptiste Lamarck au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Son père s’opposa cependant à son projet de partir – en qualité d’aspirant de marine – en expédition à Saint-Domingue. Il rejoignit donc le service des ambulances de l’armée d’Italie ou il tomba malade du typhus.
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Le grand naturaliste allemand Georg Forster commença sa vie mouvementée très jeune. Dès l’âge de 11 ans, il accompagna son père, Johann Reinhold Forster (1729-1798), pasteur et naturaliste de Gdansk (Dantzig), dans une expédition au bord du fleuve Volga. Ensuite, les deux Forster se rendirent en Angleterre et participèrent au voyage autour du monde du capitaine Cook (1772-75). La publication de "A voyage toward the South Pole and Round the World" lui donna une grande renommée dans toute l’Europe. Grâce à cet ouvrage, Georg Forster est considéré comme un précurseur de la littérature moderne de voyage. Après cinq ans passés à Kassel en qualité de professeur d’histoire naturelle, il accepta la proposition de la Commission d’Education Nationale de la République des Deux Nations (l’Etat polono-lituanien) de diriger la chaire d’histoire naturelle de l’Université de Vilnius, vacante depuis le départ de Jean-Emmanuel Gilibert. Il passa trois ans en Lituanie, tout en obtenant en même temps (1785) son doctorat à l’Université de Halle. La tsarine proposa à Forster de participer à une expédition sur les côtes de l’Océan Pacifique, ce qu’il accepta et l’obligea à quitter Vilnius. Bien qu’il ne passa que trois ans en Lituanie, la science lui doit "Hortus botanicus Vilnensis" et "Diarium Faunae Floraque Vilnensis", deux oeuvres malheureusement restés à l’état de manuscrit. L’expédition ne se fit pas et Forster se rendit en Allemagne, d’abord en Goettingue, puis à Mayence. Au printemps 1790, il effectua un voyage de trois mois sur les rives du Rhin, en compagnie du jeune Alexandre de Humboldt. En 1792, alors que Mayence fut occupé par les Français, Forster, jacobin de conviction, y fut très actif dans l’administration provisoire de la République de Mayence. Il se rendit à Paris pour proposer le rattachement de cette République à la France. Considéré comme un traître et proscrit en Allemagne, il vécut comme réfugié à Paris où il resta très actif politiquement jusqu’à sa mort en 1794, intervenue suite à une pneumonie. Pendant les deux dernières années parisiennes de sa vie, il rêva encore de grandes expéditions scientifiques en Inde, en Perse et en Arabie. La lecture de ses lettres adressées principalement à sa femme Thérèse et publiées dans l’excellent ouvrage "Un révolutionnaire allemand, Georg Forster (1754-1794)", édité et traduit par Marita Gilli (Paris - Édition du CTHS, 2005), permet de constater que jusqu’à la fin de sa vie, il suivait les nouvelles de la République des Deux Nations et entretenait à Paris des contacts avec les émigrés polonais et lituaniens. Dans une lettre datée du 8 avril 1793, il écrivit "Hier, j’ai mangé avec le jeune Custine chez M. que tu as connu en Pologne et qui a épousé la belle P. Elle est à Rome et lui ici. Il y avait aussi d’autres Polonais, parmi eux une jeune princesse Lubomirska. Most a émigré en raison de la chute de la constitution du trois mai ". Dans une lettre datée du 19 mai 1793 : "Mon talent pour les langues est de toutes façons très sollicité ; car je rencontre souvent trois braves Polonais dont j’ai fait la connaissance ici ; Sulkowsky, Ma[l]iszewsky et Nagorsky qui m’aiment beaucoup Je parle un peu polonais. Tous ces gens se plaignent du traité de partage honteux lors duquel on a poussé l’impudence jusqu’à ne même pas alléguer le plus petit prétexte et jusqu’à dire tout de go : "Nous prenons parce que nous le pouvons." Le faible roi a traîtreusement livré à la Russie la Confédération à la tête de laquelle il était et qui, par la Constitution du 3 mai, lui donnait plus de pouvoir que n’en avait jamais eu un roi de Pologne avant lui. Pendant la guerre que les Polonais ont menée contre les Russes et qui a cependant coûté la vie à plus de 25 000 hommes des deux côtés, il a tout fait ce que pouvait un homme vendu à la Russie. La récompense est là ; on va vraisemblablement lui prendre, en dehors de la plus grande partie du pays que les puissance se partagent, le pouvoir sur ce qui reste. Cependant le pauvre homme a bien dû être mené par un petit brin d’honnêteté dans son comportement ; car, ce qui l’a conduit à cela a été la promesse que la Russie paierait ses dettes personnelles. L’ambitieux Félix Potocki, qui a crée la Confédération avec la protection de la Russie et humilié le pauvre roi, est maintenant également la dupe de la Russie, car il avait cru que les cours étaient altruistes et ne prendraient rien ! Maintenant, de puissant magnat polonais libre, il est devenu un simple sujet russe ; car ses biens se trouvent dans la partie russe. Dans toute la Pologne, personne n’est content. Ils se rendent compte de leurs erreurs et tout mûrit pour une révolution dès que la situation européenne en donnera l’occasion." Ces mots prouvent un grand intérêt de Forster pour la situation en République des Deux Nations. Au-delà de l’intérêt politique, c’est sans doute une nostalgie qu’il ressentait. Sa dernière phrase à ce sujet (dans la lettre du 23 juin 1793) fut : "Je peux difficilement penser à Mayence sans me mettre à pleurer, c’est aussi le cas pour Vilna." Remarquons la justesse de son analyse sur la situation politique de l’Etat polono-lituanien au moment des partages. Remarquons aussi que ses amis à Paris étaient des personnages de la grande importance. Parmi eux : Jozef Sulkowki (1773-1798), un brillant officier de la guerre contre la Russie et un insurgé, devenu chargé de mission diplomatique en Turquie par les autorités révolutionnaires à Paris et officier adjoint de Bonaparte, mort en Egypte ; Piotr Maleszewski (1767-1828), fils biologique de Michal Poniatowski, Primat de Pologne, qui fut un homme de lettres et un économiste de grande renommée. Pour en savoir plus, contact : Piotr Daszkiewicz, Muséum national d’histoire naturelle à Paris :Libellés : Allemand, Daszkiewicz, Gilibert, histoire, Polonais/2, Poniatowski, Potocki, science/2
Jean Hermann (1738-1800), naturaliste et médecin strasbourgeois, a été l’un des plus grands savants de son époque. Il se distinguait, non seulement par ses travaux scientifiques et son enseignement, mais aussi par les collections qu’il réussit à réunir. Le Cabinet d’histoire naturelle de Strasbourg est rapidement devenu une véritable référence, un lieu incontournable de visites et de rencontres pour les savants venant de l’Europe tout entière. Les Archives municipales de Strasbourg conservent un précieux document pour l’histoire des sciences : la Liste des visiteurs du Cabinet Hermann. Cette liste permet de découvrir l’importance des collections naturalistes de Strasbourg dans le domaine scientifique pour la République des Deux Nations et plus particulièrement pour la Lituanie. C’est non sans une certaine surprise que l’on peut constater que le Cabinet de Hermann a été visité par de nombreux dignitaires lituaniens et polonais. Ce fait prouve l’existence d’une importante culture scientifique dans l’élite politique de l’époque. Parmi les grands noms de l’histoire polono-lituanien l’ayant visité, citons Michal Jerzy Poniatowski (1736-1794), jeune frère du roi Stanisaw August, dernier primat de la République des Deux Nations et archevêque de Gniezno (il visita le Cabinet le 5 octobre 1790) ; Antoni Tyzenhauz (1733-1785), trésorier du grand-duché de Lituanie, l’un des plus importants hommes d’Etat (il visita le cabinet deux fois, le 13 septembre 1778 et 27 mars 1782). Hermann nota sur sa liste de nombreux ecclésiastes : "l’abbé Górski, suffragant de Poméranie" (14 avril 1782) ; le même jour, il nota la visite de "Mr l’abbé Tempié français de Livonie & chanoine de Smoleńsk" ; le 10 septembre 1782 , il nota "Mr. Samborski, aumônier du Grand Duc que mon frère a connu à Londres". Parmi ces visiteurs, nous trouvons aussi les noms des plus grandes familles aristocratiques du pays : Radziwill, Sapieha, Lubomirski. Le 6 novembre 1785, il nota la visite de "M de Rzewuski, grand général de Lituanie [Seweryn Rzewuski (1743-1811)] et Mme née Lubomirska [Konstancja Małgorzata Lubomirska (1761–1840)], fille du Grand maréchal de Pologne avec M. le comte de Pac et M. le comte Olezky du Régiment de Salem-Salem". Grâce à la correspondance entre Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) et Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836), conservée au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, nous savons que Hermann correspondait avec Gilibert et lui envoya de nombreuses graines, contribuant ainsi à la création du premier jardin botanique en Lituanie. Mme Gilibert de Lyon visita le cabinet à Strasbourg le 21 août 1776, probablement sur sa route de retour vers la Lituanie. Le 28 janvier 1783, a été notée la visite de "M. Grognard, natif de Lyon établi à Pétersbourg et qui va se marier Tobolsk, il connaît Gilibert pour lequel je lui ai donné une lettre". Malheureusement, d’éventuelles lettres de Lituanie de Gilibert à Hermann restent de nos jours encore inconnues. Un article de Piotr Daszkiewicz (piotrdas@mnhn.fr) à ce sujet sera publié dans le prochain numéro des Cahiers Lituaniens.Libellés : Daszkiewicz, en_Alsace, Gilibert, Lubomirski, Poniatowski, Radziwill, Sapiega, science/2, Tyzenhauz
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Eugène Louis Melchior Patrin (1742-1815) fut l’un des plus célèbres minéralogistes, naturalistes et voyageurs français du XVIIe siècle. Désireux de connaître le Nord afin de vérifier quelques hypothèses scientifiques, il se rendit au royaume de Pologne et dans le grand-duché de Lituanie où il rencontra Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) à Grodno [illustration]. Ce dernier lui donna des lettres de recommandation pour l’Académie de Saint-Pétersbourg, où Patrin fut accueilli par Peter Simon Pallas (1741-1811). Durant huit ans, ce naturaliste français parcourait la Sibérie en récoltant une importante collection d’Histoire naturelle mais dès son retour à Saint-Pétersbourg, il s’aperçut que Pallas s’était approprié ses plus intéressantes découvertes. Il quitta alors la Russie pour retrouver, après dix ans, sa patrie. En France, il continua ses recherches minéralogiques et entama une carrière politique en devenant député de Lyon à la Convention, pour ensuite être proscrit et être obligé de se cacher sous la Terreur. Il continua par la suite ses recherches à l’École des mines de Saint-Etienne, à laquelle il légua sa riche collection minéralogique. Auteur de nombreux ouvrages considérés comme importants pour la science dont Relation d'un voyage aux monts d'Altaïce en Sibérie, fait en 1781 et les cinq volumes d’Histoire naturelle des minéraux, il mourut le 15 août 1815 à Saint-Vallier, près de Lyon. La Bibliothèque Centrale du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris conserve les riches archives d’Eugène Patrin. Nous en savons cependant très peu au sujet de son passage par la Lituanie. Seul une de ses lettres adressées à sa mère fut envoyée de Grodno. Il est néanmoins certain qu’il resta en très bon terme avec Gilibert. Ce lui-ci fait à plusieurs reprises mention, dans son Histoire des plantes d’Europe à des plantes sibériennes que lui a envoyées Patrin. Nous avons la certitude que Gilibert lui montra la collection naturaliste qu’il avait réunie avec tant de soins en Lituanie. Et c’est à Patrin que nous devons une information sur un des objets bien particuliers de cette collection, information qui fut répétée dans les dictionnaires des sciences naturelles au dix-neuvième siècle : « Les insectes, qui sont dans le succin, lorsqu’ils sont bien conservés deviennent des objets de curiosité. Patrin dit avoir vu dans la Collection de l’Académie de Grodno, en 1777 un chapelet à l’espagnole, dont chaque graine renfermoit un insecte. C’étoit, dit-il une véritable Collection d’Entomologique ». Le célèbre "chapelet de Grodno" fut souvent cité à côté d’autre "objets de curiosités", comme le "lentille de succin faisant l’office d’un verre ardent, qui a un pied de diamètre" du cabinet du roi de Prusse. Il joua un rôle important dans la discussion sur l’origine de l’ambre. Les dires de Patrin sont pourtant l’unique témoignage de son existence. Qu’est devenu cet objet qui fit tant travailler l’imaginaire des naturalistes du XVIIIe et de la première moitié du XIXe siècle ? Les spécimens de Grodno sont rapidement devenus une partie intégrale de la collection de Vilnius, et ce encore du temps de Gilibert et sous sa surveillance. Nous savons que ce naturaliste laissa le cabinet d’Histoire naturelle en grand désordre. Son successeur à Vilnius et compagnon de capitaine Cook, Georg Forster (1754-1794) s’en plaigna dans une lettre envoyée à sir Joseph Banks. Enfin, une grande partie de la collection naturaliste de Vilnius fut pillée, après la fermeture de l’université par les Russes. Le destin du chapelet décrit par Patrin reste, de nos jours, inconnu. Pour en savoir plus, prière de contacter Piotr Daszkiewicz, du Muséum national d’histoire naturelle :Libellés : Daszkiewicz, Forster, Gilibert, science
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La souris blanche est sans doute un des animaux les mieux connus. Elle était utilisée déjà au XIXe siècle comme animal de laboratoire, comme le prouve à titre d’exemple les publications du grand physiologiste François Magendie (1783-1855). Aujourd’hui la grande majorité des souris de laboratoires proviennent d’élevages spécialisés. Il est intéressant de savoir où et quand l’habitude d’élever des souris albinos a commencé. Pour Piotr Daszkiewicz, chargé de mission au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, le botaniste français Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) livre de précieuses informations au sujet de l’élevage des animaux de compagnie dans la Lituanie du XVIIIe siècle. Il écrivit dans Abrégé du Système de la nature, de Linné, histoire des mammaires ou des quadrupèdes et cétacés [1805] : "On trouve fréquemment en Lithuanie des souris blanches comme la neige, à l’iris des yeux rose. Les dames les élèvent ; elles deviennent assez familières pour connoître les personnes qui les nourissent. Dans cet état de domesticité, elles se propagent. Nous en avons conservé plusieurs années ; on les tient dans des boîtes. C’est un joli animal, très propre à poils doux et soyeux. Il ne faut pas croire que le froid de l’hiver produise annuellement cette variété ; ces souris sont aussi blanches en été qu’en hiver. La même cause qui, dans le nord, change la couleur du poil et le rend blanc, influe sur les flocons de l’iris. Les souris élevées dans des boîtes, deviennent si familières, qu’elles mangent tranquillement dans le creux de la main. Les femmes les cachent dans leur sein, elles sortent de leur niche lorsqu’on les appelle. Les nôtres produisoient de quatre à huit petits, elles nous donnoient quatre à cinq portées par an". C’est probablement la plus ancienne information connue au sujet de l’élevage des souris blanches. Le témoignage de Gilibert est malheureusement unique au sujet de cette tradition de l’élevage de ces animaux en Lituanie. Nous en savons donc très peu sur l’histoire de ces pratiques, d’un siècle plus ancien que celle des élevages modernes des souris de laboratoire. Pour en savoir plus, prendre contact avec Piotr Daszkiewicz, du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris :Libellés : Daszkiewicz, Gilibert, science